Si leur utilité a changé au cours des siècles, les perles ont de tout temps été estimées par la population malgache. Aujourd’hui, elles constituent une part de la culture matérielle comme immatérielle de Madagascar.
En pierre, en verre, en corail ou en plastique, les perles renferment en elles des vertus, des pouvoirs magiques puissants, pour quiconque y croit. « Toutes ont des significations», raconte Bako Rasoarifetra, l’historienne spécialiste des « vakana malagasy », les perles malgaches.
Les plus anciennes découvertes sur l’île lors de fouilles archéologiques auxquelles l’historienne a participé datent du IXe siècle et sont les témoins d’un trafic commercial important dans la zone océan indien. « Ce que l’on sait, grâce à des documents anciens, c’est qu’à partir du Xe siècle, ces perles avaient servi comme troc, comme monnaie d’échange », raconte l’enseignante chercheuse. Un zébu, par exemple, s’échangeait contre sept perles de cornaline.
« Plus tard, quand elles ont perdu leur valeur commerciale, ces perles sont devenues des objets culturels. Enfin, il y a encore deux siècles, les perles servaient de parure funéraire, aujourd’hui, elles sont portées et exhibées sur des parties du corps pour faire passer des messages à sa communauté.








