Les prix encore et toujours à la galopade

Les prix encore et toujours à la galopade

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Faut-il ronger son frein face à une inflation à la galopade alors que s’enchaînent pourtant les relèvements du taux directeur de la Banque centrale ? Le dernier en date, de 100 points de base, ne semble pas encore avoir produit ses effets escomptés, ne remontant qu’à quelques semaines. Mais les chiffes du mois de février livrés ce mercredi par l’Institut national de la statistique n’ont pas de quoi réjouir le consommateur. La courbe de l’inflation s’est lestée de deux décimales passant de 7,1 à 7,3% en l’espace d’un mois.

Heureux que l’on ne soit pas allé à davantage, et en bonne logique économique, il faut y voir l’estampille de la politique du resserrement mise en œuvre par l’institut d’émission dont le gouverneur avait affirmé que sans l’augmentation du taux directeur, l’inflation se serait ouvert un boulevard vers un taux à deux chiffres.

De toute évidence, il va falloir attendre les chiffres des lois de mars et d’avril pour devoir s’instruire de la pertinence ou non de l’approche faite sienne par la Banque centrale qui croit dur comme fer que telle est la voie idoine pour ramener les prix à des niveaux tolérables, quitte à nourrir encore plus le mécontentement presque général, s’agissant surtout la valse des étiquettes qui frappent plus durement encore le couffin de la ménagère où les prix des produits de l’alimentation ont enregistré une remarquable envolée de 8,2% sur un an.

L’alimentation en haut du spectre

C’est qu’en février, les composantes de ce groupe ont sans exception explosé. Les prix des viandes ont grimpé de 15,4%, ceux des fromages et œufs de 12,0%, des légumes de 11,2% et des poissons de 4,8%. Hors produits frais, les prix de l’alimentation sont en hausse sur un an de 5,8%. Ceux du groupe transport n’étaient pas en reste. Ils ont fait un bond de 10,1% dû à la hausse des prix des véhicules de 11,2%, du coût d’utilisation des véhicules (pièces de rechanges et carburants) de 10,0% et des services de transport de 8,7%.

Il n’en a cependant pas été de même du taux d’inflation sous-jacente (hors produits alimentaires et énergie) qui s’est établi à 6,9% contre 7,1% en janvier 2019, contrairement aux prix des produits libres (non administrés) qui ont évolué de 8,2% contre 4,4% pour les prix administrés. Les produits alimentaires libres ont connu une hausse de 9,3% contre 2,4% pour les produits administrés.

Le tableau de la mercuriale est tout de même beaucoup moins sombre pour les prix à la consommation qui ont signé une petite hausse de 0,1% en février 2019, après 0,8% en janvier 2019. Une augmentation imputable, à titre principal, de l’évolution des prix des produits alimentaires de 0,7% et les prix des transports de 0,7%. En revanche, les prix des produits d’habillement se sont repliés de 4,6% en raison des soldes d’hiver.

En variation mensuelle, les prix des produits alimentaires ont enregistré une évolution de 0,7% suite à la hausse des prix des viandes rouges de 2,4%, des œufs de 2,7% et les fruits frais de 1,2%. Par contre, les prix des volailles ont baissé de 2,7%. Ceux du transport ont augmenté de 0,7% en raison de la hausse des prix des véhicules de 1,2% et des services de transport privé de 0,3%.

Des signes de détente autre part

Surtout, les prix des produits d’habillement ont connu un repli de 4,6% en février 2019 (0,3% le mois précédent) en raison du début de la saison des soldes d’hiver, ainsi les prix des articles d’habillement baissent de 5%, des chaussures de 4,6% et des tissus de 0,3%.

Pour si vivement recommandé qu’il soit, le relèvement à répétition du taux directeur de la Banque centrale n’a pas vocation, à lui seul, à endiguer la flambée des prix et maîtriser l’inflation, même s’il demeure en l’état actuel des choses l’unique outil, certes orthodoxe, mais universellement reconnu et disponible. Il y a toute une autre palette de mécanismes imaginables, mais pour l’heure irréalisables, comme la maîtrise des salaires, le contrôle des prix, la lutte contre les circuits informels. Autant d’actions que le gouvernement n’est pas en état de mettre en chantier. Et cela est une autre histoire !

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