AccueilLa UNEL’indépendance de la BCT, un faux problème, tranche son gouverneur

L’indépendance de la BCT, un faux problème, tranche son gouverneur

Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Marouan El Abassi, était, ce mercredi, à l’hémicycle du Parlement  pour des plaidoyers sui generis dont il n’avait pas eu à parler dans d’autres enceintes, comme par exemple l’indépendance de la BCT et la lenteur que mettent les députés pour voter des législations, pour la plupart, économiques et financières, cruciales pour le pays. Surtout, il a préconisé  un « changement radical du système administratif tunisien entravant les investissements ».

C’était à l’occasion d’une  journée parlementaire sur la BCT, tenue à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), un parterre idoine pour recommander  à la Représentation nationale d’accélérer l’approbation des projets de loi qui seront soumis par le gouvernement, notamment le code des changes, la loi sur l’inclusion financière et la loi sur l’investissement, estimant que ces textes juridiques sont à même de changer radicalement, la réalité de l’investissement et de libérer l’initiative dans le pays. Il a appelé, également, à identifier des solutions pour surmonter les problématiques économiques, critiquant un certain nombre d’experts qui se contentent de présenter un diagnostic de la situation économique sans proposer des solutions ou des mécanismes à même d’aider à s’en sortir.

Mais comme de bien entendu, c’est la question de l’indépendance de l’Institut d’émission qui s’est taillée le primat du débat, une question éminemment polémique, cela s’entend, alors que font florès les appels à la révision du statut de la Banque centrale en vue de lui permettre de financer directement l’Etat, sans recourir aux banques commerciales. » Il est important de restaurer la confiance dans l’Etat, et la confiance dans l’économie nationale, tout en apportant un changement profond et radical dans l’administration tunisienne « , a affirmé Marouan El Abassi, réitérant l’impératif de libérer l’initiative et l’investissement. Et d’ajouter que  » la Tunisie peut réaliser de performances économiques, étant donné qu’elle dispose de grandes opportunités pour réussir sa relance économique ».

Des baisses à la chaîne !

Le gouverneur de la BCT  a abordé  la question de la chute de la valeur des obligations tunisiennes de 130%, en 2010, à environ 60% actuellement, ce qui reflète, d’après lui, les craintes des investisseurs et des bailleurs des fonds étrangers de l’économie tunisienne, et le manque de la visibilité politique et économique. Il a noté, également, la chute de taux d’investissement de 24% à 16% et du taux d’épargne de 21,3% à 8,7%, durant la période 2010 et 2023, outre la baisse de la production et des exportations de phosphate, malgré l’énorme potentiel du secteur minier du pays. Il a pointé du doigt, aussi, l’aggravation du déficit commercial et du déficit budgétaire, ce qui a affecté les taux d’inflation et le taux de change du dinar.

Il s’est vivement élevé contre le retard accusé dans la réalisation des projets d’énergies renouvelables, notamment ceux relatifs à la production d’électricité à partir d’énergie renouvelable, soulignant la difficulté de réaliser l’objectif de 30% de renouvelable à l’horizon 2030. Pour lui, il aurait été possible de produire l’électricité à bas prix ne dépassant pas 70 millimes/ kilowatt alors que la Tunisie l’importe actuellement, à 400 millimes/ kilowatt.

Le gouverneur a défendu la politique monétaire visant à maîtriser l’inflation, faisant remarquer que l’augmentation du taux directeur engendrant une hausse des taux d’intérêt sur le marché monétaire, avait notamment, pour objectif de contenir les tensions inflationnistes qui auraient atteint des niveaux de loin plus élevés, si cette mesure n’a pas été prise.

Il a estimé  que le l’augmentation du taux directeur n’a pas dissuadé les investisseurs qui sont plutôt sensibles à la situation de stagnation économique et à l’absence de vision économique.

Le gouverneur a évoqué les efforts déployés pour préserver la stabilité du cours du dinar au cours des quatre dernières années.

Le financement  par la BCT a été souvent conjoncturel!

Revenant plus en détail sur  l’indépendance de la Banque centrale, il a affirmé qu’il s’agit d’un faux problème assurant que la BCT cordonne quotidiennement et étroitement avec le ministère des Finances sur toutes les questions financières.

Il a indiqué que la décision de prêter directement à l’Etat dépend de l’approbation du Conseil d’administration, du Comité de la politique monétaire et du comité de refinancement de la BCT.

Il a rappelé que l’interdiction du financement direct de l’Etat par la BCT n’est pas nouvelle et n’a pas été instaurée par la loi n° 2016-35 du 25 avril 2016, portant fixation du statut de la Banque centrale, mais qu’elle remonte à 2006 avec la Loi n° 2006-26 du 15 Mai 2006, modifiant et complétant la loi no 58-90 du 19 septembre 1958,portant création et organisation de la BCT.

 » Même avant 2006, le recours au financement direct de l’Etat par la Banque centrale était conjoncturel et limité en temps et en volume  » a-t-il aussi rappelé.

Et d’ajouter que  » l’article 25 de la loi n° 2016-35 du 25 Avril 2016 portant fixation du statut de la Banque Centrale qui interdit le financement direct de l’Etat par la BCT n’est que la continuité de loi de 2006 « .

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1 COMMENTAIRE

  1. Ces chiffres de la croissance pour 2023 annoncés par la BCT sont erronés et manipulés , car les chiffres réels sont certainement bien meilleurs. Pour commencer la BERD à fin septembre prévoyait une croissance de 1,9%, on ne voit pas comment ils auraient pu se tromper à ce point. Ensuite, quand on regarde les chiffres de progression des différents secteurs de l’économie, il y a de quoi remettre en doute les prévisions de la BCT.
    ON prétend que le tourisme représente plus de 14% de l’économie ; or ce secteur a progressé de plus de 50% en 2023, ce qui impacte l’économie globale d’un gain de 7%, on peut également évoquer l’amélioration notable des indicateurs du phosphate, des exportations de l’industrie textile, sans oublier la hausse globale des exportations de plus de 10%, et l’augmentation de 4,8 % des transferts des TRE, et même si certains secteurs ont pu régresser, ce chiffre de 0,9% paraît pour le moins irréaliste, voire fantaisiste.
    Derrière cela, je ne serais pas étonné que le FMI, soit impliqué, ayant mal supporté le fait que l’économie de la Tunisie soit encore debout malgré l’absence d’accords. ce qui l’a amené à prédire un effondrement qui ne s’est pas produit. Le FMI s’en trouve décrédibilisé, sans compter qu’il a très mauvaise réputation auprès de nombreux pays.
    Du coup ON SABOTE. On cherche à provoquer un effondrement qui n’est pas survenu de lui-même, avec la complicité manifeste des responsables de la BCT.
    La BCT indépendante, on peut donc en douter.

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