Le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, vient d’effectuer une visite de travail en Tunisie, la première depuis le 25 juillet , date à laquelle le président de la République, Kais Saied, a proclamé l’état d’exception , puis décrété toute une série de mesures qui n’ont pas eu l’heur d’être appréciées par les partenaires, notamment européens de la Tunisie. L’Italie en fait notoirement partie, et ses dirigeants ont, à maintes reprises, dit ce qu’ils pensent de ce qui se passe chez leur voisin du Sud, soit individuellement, soit dans le cadre de l’Union européenne.
Le chef de la diplomatie italienne vient de le redire de vive au chef de l’Etat tunisien qui l’a reçu au palais de Carthage, mais aussi sur Facebook où il a affirmé que « garantir la stabilité de la Tunisie est fondamental également pour lutter contre les flux migratoires irréguliers en Méditerranée ».
Forçant en quelque sorte le trait, il a fait savoir que le gouvernement italien souhaitait voir la Tunisie « retrouver une pleine normalité démocratique avec le respect total des droits fondamentaux et la promotion de la stabilité » après des mois de troubles civils et d’incertitude quant à l’orientation future du pays.
Il s’agit d’un élément clé de la « lutte contre les flux migratoires irréguliers », tandis que le président tunisien Kais Saied a informé le ministre italien des affaires étrangères en réponse qu’il adopterait des « mesures exceptionnelles pour protéger l’État tunisien » en 2022.
Après son retour de Tunisie, le ministre italien a écrit qu’il avait rencontré « les principales autorités locales afin de renforcer davantage la collaboration entre les deux pays en Méditerranée ». Il a également souligné que « la Tunisie représente un partenaire stratégique pour notre pays. »
Le président tunisien Saied a quant à lui « exprimé la ferme volonté de la Tunisie d’entretenir des relations plus étroites avec l’Italie à l’avenir » afin de « consolider les liens historiques d’amitié », comme le rapporte un communiqué publié par la Présidence tunisienne.
Saied aurait déclaré que « les politiques traditionnelles de gestion du phénomène de l’immigration irrégulière ont été limitées dans la lutte contre le trafic d’êtres humains sur les deux rives de la Méditerranée. »
Des gages italiens pour la Tunisie
Surtout, le ministre italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a assuré la Tunisie que son pays « a agi avec ses partenaires et le Fonds monétaire international (FMI) pour mettre en évidence la nécessité de soutenir la Tunisie afin qu’elle puisse surmonter la situation économique qu’elle traverse et qui s’est aggravée à cause du Coronavirus. »
Le gouvernement tunisien a du mal à emprunter des devises étrangères en raison de l’échec des négociations avec le FMI sur un programme de réforme économique et de la dégradation successive de la note souveraine.
Dans une autre affaire, Di Maio a exprimé la « compréhension » des autorités de son pays pour la position de la Tunisie « concernant le règlement du dossier des déchets. »
En juillet 2020, les autorités douanières du port de Sousse (est) ont saisi 282 conteneurs contenant des « déchets plastiques toxiques » en provenance d’Italie qui ne correspondaient pas aux normes mondiales d’importation de déchets.
Dans un troisième dossier, Di Maio a souligné que l’Italie était d’accord avec la Tunisie sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes de la migration et de lutter contre les réseaux de trafic d’êtres humains.
Selon un rapport du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, le nombre de migrants tunisiens irréguliers arrivés en Italie depuis le début de l’année jusqu’en septembre dernier a atteint 11 000, contre 7 961 personnes au cours de la même période en 2020.








