AccueilLa UNEL'OpenGov, un chantier sans lendemain.... Jusqu'à quand ?

L’OpenGov, un chantier sans lendemain…. Jusqu’à quand ?

Cela fait bientôt sept ans que  Tunisie a  adhéré au Partenariat pour un gouvernement ouvert ((Open Government Partnership OGP), mais les fruits d’une telle initiative tardent à murir.

Selon un membre du comité de pilotage de l’OpenGov, Asma Chrifi, le programme de l’OpenGov n’est pas parvenu à produire des services concrets, ni à apporter des changements palpables au sein des administrations et à améliorer la relation entre l’administration et les citoyens.

Ce programme, regrette-t-elle s’est limité, jusqu’à ce jour, à vulgariser certain concepts, à l’instar de la transparence et de la redevabilité. Le problème est d’ordre purement structurel et il dépasse la Tunisie estime-t-elle, citée par TAP. De plus, les principes et les valeurs prônés par  l’OpenGov ne sont pas concrétisés, ce qui a ébranlé la confiance du citoyen quant à l’utilité des projets et programmes proposés dans ce cadre, ce qui dicte « une réforme fondamentale pour rétablir la confiance dans l’administration, ses plans et ses programmes ».

Dans le secteur public, l’OpenGov nécessite plusieurs projets de réformes à placer tous dans la case du développement des services publics et l’optimisation de leur qualité. Il est question, également, d’adopter une approche participative entre administration et citoyen, outre le partenariat  qui doit accompagner tous les processus de prise de décisions, la qualification de l’agent public et la sensibilisation du citoyen afin de lui permettre de tirer le meilleur profit de ce mécanisme.

 La Tunisie a œuvré à consacrer les principes de l’OpenGov qui repose sur des technologies de pointe en vue de consolider la gouvernance et fournir des services de qualité. Décliné en plans d’action biennaux mis en place depuis 2014, l’OpenGov est ainsi devenue une partie intégrante de ses politiques nationales.

Une initiative isolée de son environnement

 Malgré les espoirs placés dans l’OpenGov et ses ambitieux objectifs, 82,2 pc des répondants à un sondage réalisé dans le cadre de ce travail journalistique, estiment que ce processus reste faible et claudiquant, contre 16,7 pc qui le jugent  passable. Mais la majorité des interviewés, parmi un échantillon de 100 personnes de plusieurs régions, critique la lenteur et le non sérieux dans l’exécution des engagements. La plupart des répondants regrette, également, l’absence de soutien politique du à l’instabilité gouvernementale.

 Il ressort de ce sondage que 7,9 pc seulement des répondants estiment avoir été concernés par l’OpenGov ou avoir eu une expérience dans ce domaine, ce qui reflète, selon une analyse des résultats du sondage, le faible intérêt accordé par les médias à ce domaine et aux opportunités de changement qu’il offre pour améliorer la relations administration-administrés.

 D’ailleurs 60,4 pc des personnes interviewées proposent, pour une meilleure visibilité de ce mécanisme, d’intensifier les spots de sensibilisation et d’impliquer davantage les moyens d’information pour faire connaitre l’OpenGov  et ses nouveautés à une plus large échelle.

 Les répondants jugent nécessaire le changement du plan de communication adopté jusque-là et l’élaboration d’une note de concepts définissant l’OpenGov, ses principes et ses composantes. En ce qui concerne la démarche participative dans la mise en place de politiques publiques touchant de près les citoyens, 24,5 pc des interviewés jugent cette question prioritaire. Ils ont insisté sur la nécessité de permettre un meilleur accès aux données relatives aux secteurs étroitement liés au quotidien des citoyens comme l’éducation et la santé (85 pc des répondants) l’agriculture (77 pc), l’énergie et les mines (74 pc), l’action municipale (69 pc) et, loin derrière, la sécurité et la défense  réclamés par, respectivement, 48 et 44 pc des répondants.

 L’openGov, un processus bancal

 Malgré la riche expérience acquise par le ministère des finances dans ce domaine au double plan national et international, l’on assite, aujourd’hui, d’un côté, à une faible maîtrise, par les citoyens, du concept de l’OpenGov et de l’autre, à la  complexité des procédures administratives et l’absence d’une volonté politique d’impulser ce créneau.

 Il faut noter que le département des Finances à joué un rôle majeur en matière de transparence financière et de partenariat avec la société civile, à travers notamment, la création depuis 2013, d’une commission commune pour la transparence financière.

 Une initiative qui œuvre en vue de garantir l’accès à l’information et à asseoir les bases de l’OpenGov, explique le Directeur général au comité général d’administration du budget de l’état au ministère des Finances, El Assad El Khalil, cité par TAP.

 Dans le cadre de ses engagements, le département à également lancé une plate-forme électronique « Mizaniatouna » qui fait l’objet d’un travail de rénovation et dont la nouvelle version sera fin prête durant le premier semestre de 2022.  La plateforme fournit, depuis 2008, des données et indicateurs financiers concernant le budget de l’Etat ainsi que des informations détaillées sur les ressources et dépenses de l’Etat et les comptes du trésor et des entreprises publiques à caractère administratif, selon le responsable.

Le choix de publier les données relatives aux  finances publiques est une décision politique et non administrative, a-t-il précisé, faisant observer que l’instabilité politique et gouvernementale constitue le principal obstacle qui freine toute avancée en matière de gouvernance et de transparence.

Pour ce qui est de l’accès à l’information, une des composantes de l’OpenGov, le président par intérim de l’Instance d’accès à l’information, Adnane Belassoued, a indiqué que le retard dans l’exécution de certains projets s’explique par le manque de ressources humaines. Seul le président de l’instance et son adjoint y travaillent à plein temps. Les membres ne sont présents que pendant les réunions, a-t-il confié, ce qui explique, a-t-il révélé, la difficulté pour l’instance à honorer ses engagements.

- Publicité-

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Réseaux Sociaux

108,654FansJ'aime
480,852SuiveursSuivre
5,135SuiveursSuivre
624AbonnésS'abonner
- Publicité -