Dans une conjoncture mondiale bouleversée par l’instabilité climatique et les pressions inflationnistes, la Tunisie confirme avec éclat son statut de puissance oléicole. Alors que les prévisions pour la campagne 2025-2026 positionnent le pays au deuxième rang des producteurs mondiaux, la gestion des flux vers les marchés extérieurs devient un enjeu de souveraineté économique majeur. Dans ce panorama, le marché britannique s’affirme comme une destination de choix, encadré par des dispositifs réglementaires précis qui sécurisent les échanges.
L’annonce récente du gouvernement britannique, formalisée à travers la Notice to Traders 33/26, apporte une clarté indispensable aux exportateurs. En pérennisant un quota d’importation de 56 700 tonnes à droit de douane nul, le Royaume-Uni offre à la filière tunisienne une visibilité précieuse. Ce volume, bien que similaire aux quotas européens, représente une opportunité de contourner les circuits traditionnels du sud de l’Europe pour établir une relation directe et privilégiée entre Tunis et Londres.
Les chiffres récents témoignent de cette vitalité : au cours du premier trimestre de l’année 2026, les volumes exportés par la Tunisie ont bondi de près de 50 %, générant des recettes records qui dépassent les 2,2 milliards de dinars. Au-delà de la simple quantité, c’est la structure même de ces exportations qui évolue. On observe une montée en gamme significative avec une progression spectaculaire de 69 % des ventes d’huile conditionnée. Ce virage stratégique permet à la Tunisie de ne plus être perçue comme un simple fournisseur de vrac, mais comme un producteur de terroirs capable de capter une valeur ajoutée supérieure.
Toutefois, cette opportunité s’accompagne d’exigences administratives rigoureuses. La notice britannique rappelle que l’accès à ce tarif préférentiel est conditionné par l’obtention de licences spécifiques et le dépôt de garanties financières, soulignant la nécessité d’une professionnalisation accrue des opérateurs locaux. Pour 2026, l’enjeu sera de transformer ces quotas en partenariats de long terme. En misant sur la traçabilité et la qualité de son huile, la Tunisie dispose de tous les atouts pour transformer cet avantage réglementaire en une domination durable sur les tables britanniques.








