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L’UE se range à l’idée d’un blocus naval…sous réserve d’un accord de la Tunisie

Un obstacle de moins sur la voie du blocus maritime cher à la Première ministre italienne, Giorgia Meloni.  Le  haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Josep Borrell, a annoncé, ce  vendredi,  qu’il était « prêt à envisager » l’option de lancer une mission navale de lutte contre le trafic d’êtres humains dans le cadre des efforts déployés pour combattre l’immigration irrégulière vers l’Union européenne.

« Nous devons réfléchir au contrôle des frontières extérieures, non seulement en Méditerranée, mais aussi au Sahel », a-t-il a ajouté, cité par l’agence de presse officielle italienne  Ansa ,  à l’occasion de la troisième réunion de la Communauté politique européenne à Grenade, en Espagne.

    « C’est une tâche difficile », a-t-il, cependant reconnu, tout en se déclarant « prêt  envisager cette option », expliquant que « les gens fuient par nécessité ou pour de meilleures opportunités, et l’UE doit avoir une position commune » sur la question.

Le haut représentant s’est dit favorable à l’idée d’utiliser « nos missions navales ou terrestres de la politique de sécurité et de défense commune pour lutter contre les trafiquants ».

« Toutefois, pour ce faire, l’accord de la Tunisie est nécessaire », a ajouté Borrell, citant la mission EUNAVFOR MED IRINI lancée en mars 2020 pour mettre fin à l’embargo sur les armes décrété par l’ONU à l’encontre de la Libye.

« Si nous devons maintenant nous déplacer vers un autre territoire, c’est possible, mais nous avons absolument besoin de l’accord de ce pays », a expliqué  Borrell, ouvrant également la possibilité d’envoyer du personnel de l’UE aux frontières méridionales des pays d’Afrique du Nord pour conseiller les autorités locales sur place.

Les 2 façons de « travailler «  avec la Tunisie

Il y a deux façons de travailler avec la Tunisie, a déclaré Borrell.  « L’une est le mémorandum et l’autre est le Conseil d’association UE-Tunisie, que je préside. Je convoquerai une réunion du Conseil avant la fin de l’année. C’est là que nous discuterons avec la Tunisie de la manière de coopérer sur tous les sujets, y compris l’immigration », a-t-il dit.

Les déclarations de  Borrell interviennent   dans la foulée de celles du président tunisien Kais Saied qui a rejeté mardi une aide budgétaire de 60 millions d’euros de l’UE non liée au protocole d’accord UE-Tunisie signé en juillet, qualifiant ce versement de « charité » au motif qu’il « contredit le protocole d’accord signé à Tunis dans l’esprit qui a prévalu lors de la conférence de Rome en juillet dernier ».

Il s’agit d’une conférence internationale sur les migrations et le développement organisée par le gouvernement italien à Rome pour lancer un « dialogue d’égal à égal » entre les pays des deux rives de la Méditerranée et d’ailleurs.

    « La Tunisie, qui agrée la coopération, n’accepte rien qui ressemble à la charité ou à la faveur, car notre pays et notre peuple ne veulent pas de la sympathie et ne l’acceptent pas lorsqu’elle n’est pas respectée », a déclaré Saied, qui est revenu à la charge, jeudi,  pour réitérer sa position  lors d’une entrevue avec le  ministre des Affaires étrangères, Nabil Ammar. « La Tunisie tient fermement à sa souveraineté et ne cédera pas aux pressions, car la souveraineté de l’État prime sur toute autre considération », a déclaré  Saied, affirmant que « notre pays traitera avec ses partenaires sur un pied d’égalité dans un cadre de respect mutuel ».

Qu’entend-on par « blocus maritime » ?-

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, croit dur comme fer et dit « ne jamais se lasser de le répéter,  que « la seule façon d’arrêter l’immigration clandestine est le blocus maritime, c’est-à-dire une mission européenne en accord avec les autorités nord-africaines. Il n’y a que comme ça qu’on pourra mettre un terme aux départs illégaux vers l’Italie et à la tragédie des morts en mer”,  comme elle l’avait spécifié, le 28 août, sur son compte Instagram.

Que veut dire “blocus maritime” ? Cela peut être soit empêcher les départs depuis le pays de provenance notamment, soit interdire les arrivées en Italie. Dans les deux cas, ce sera difficile, a-t-elle reconnue, citée par Info Migrants, qui souligne, pour sa part, que la question du débarquement des bateaux est  une question tendue pour l’Italie, qui est souvent le plus proche géographiquement de leur lieu de départ. Or, le droit international interdit de refouler un navire en difficulté.

La proximité d’un port n’est pas le seul critère : les États doivent assurer un débarquement “dans les meilleurs délais raisonnablement possibles”  et “en lieu sûr” . Le droit international définit le lieu sûr de débarquement comme un port où  la vie et la sécurité des personnes n’est plus menacée, et où leurs besoins et droits fondamentaux sont respectés. Dans ces conditions, le retour des migrants à leur port de départ peut être considéré comme illicite (c’est-à-dire contraire au droit international) compte tenu des risques que les passagers encourent (maltraitance notamment).

Le blocus maritime pourrait aussi signifier, dans la pensée de Giorgia Meloni, que les bateaux sont empêchés de partir par les autorités du pays concerné et qu’une mission européenne pourrait accompagner ces autorités.

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