AccueilChiffreMaghreb : Les hommes d’affaires reprennent le manche

Maghreb : Les hommes d’affaires reprennent le manche

On ne peut que rester pantois devant la léthargie qui frappe depuis des décennies le Maghreb indéfiniment incapable de se fédérer dans une démarche même un tant soit peu économique pour se constituer en un ensemble intégré et suffisamment fort face à des regroupements qui lui imposent leurs diktats et le maintiennent dans un état de végétation à tout le moins lamentable.

Les appels le sommant de se convertir en un marché attractif pour les investisseurs et pourvoyeur d’emplois fusent de toute part, singulièrement de l’Union Européenne qui a hâte de voir dans le Maghreb un vis-à-vis qui compte et même un partenaire viable et indispensable pour son économie. Ceci sans parler des hommes d’affaires des cinq pays maghrébins qui, vivement offusqués par l’indigence des échanges commerciaux et les innombrables obstacles que les politiques y maintiennent en dépit de tout bon sens, commencent à bouger et agir autrement pour se fixer un nouveau cap à la faveur duquel ils pourraient réussir là où les directions politiques ont lamentablement échoué.

C’est sous cet angle qu’il faut considérer le troisième Forum des Entrepreneurs Maghrébins, qui vient de se tenir au Maroc , avec la participation de plus de 600 femmes et hommes d’affaires de tous les pays de l’Union du Maghreb Arabe, des pays de l’Afrique de l’ouest et sub-saharienne, ainsi que des représentants du secteur public, des organisations et institutions maghrébines, régionales et internationales.

Tout naturellement, ce forum maghrébin se tient dans un contexte particulier caractérisé par les évolutions économiques, financières et sociales profondes qui animent actuellement la scène régionale et internationale. A travers cette initiative, ce conclave aspire à contribuer aux stratégies de développement grâce à la dynamisation et l’intensification des échanges commerciaux et des investissements communs interrégionaux, ainsi que l’attraction des investissements vers la région maghrébine.

Et pour cause, l’état des lieux est affligeant : le volume des échanges commerciaux intermaghrébins ne dépassent pas 3% du total des échanges commerciaux avec l’extérieur, alors que pour les autres groupements économiques il est de 60% environ pour les pays de l’Union Européenne, 56% pour l’ALENA, 23% pour l’ASEAN, 13% pour le COMESA et 19% pour le CEN-SAD.

Il n’en fallait pas davantage pour que l’accent soit mis sur « la nécessité d’élaborer les instruments et mécanismes susceptibles d’aider l’UME à assurer pleinement son rôle et être capable d’insuffler une nouvelle dynamique dans l’économie maghrébine et proposer des formules et mécanismes innovants pour créer des projets maghrébins intégrés afin d’atteindre une véritable émergence de la coopération maghrébine ».

Jurant avec les sempiternelles professions de foi sur lesquelles se concluent habituellement les assises de ce type, une étude qui a tout d’être sérieuse et répondant aux attentes des us et des autres a instruit les hommes d’affaires maghrébins sur ce qu’il importe de faire pour revitaliser leurs partenariats et leur donner la dimension qui doit être la leur.

L’étude, réalisée en coopération avec l’ensemble des membres de l’UME (Union Mafgrébine des Entrepreneurs), comporte un plan d’action qui suggère la nécessité de créer les conditions favorables à accélérer le rythme de l’intégration maghrébine, augmenter le niveau des investissements et échanges commerciaux interrégionaux, ainsi que coordonner les politiques et procédures commerciales, douanières et bancaires afin de faciliter le climat des affaires et encourager les prestataires économiques.

Les hommes d’affaires sont invités à accélérer la mise en place d’une politique et stratégie maghrébine commune, pour exploiter tout le potentiel et les opportunités offertes par la zone maghrébine, tout en facilitant et en intensifiant la liaison directe maritime, aérienne, terrestre et ferroviaire pour les prestataires maghrébins et assurer le droit de transit des biens et personnes.

Et afin de garantir une participation effective de l’UME, l’étude a insisté sur l’importance de son opérationnalisation et de sa restructuration pour être à même de créer les opportunités d’intensification des rencontres et évènements entre les hommes d’affaires maghrébins et l’ensemble des pays de l’UMA.

Au rebours de ce qui se faisait lors des assises économiques maghrébines, des initiatives concrètes ont été décidées Par exemple, les membres de l’UME ont convenu d’organiser la première réunion de la commission de restructuration de l’UME et de suivi de ses activités, le 20 mars 2014 à Casablanca. Elle a pour mission d’examiner la méthode de mise en œuvre du plan d’action proposé dans ladite étude.

De même, dans le cadre du renforcement des partenariats, il a été convenu de tenir une réunion de l’UME avec la délégation européenne pour étudier les moyens de coopération, de partenariat et de support entre les deux institutions. En outre, l’UME s’engage à œuvrer au cours de cette année pour renforcer le partenariat avec d’autres communautés régionales.

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