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Moez Labidi : La bataille n’est plus, aujourd’hui, au niveau de la BCT…

« La démocratie s’installe mais la dynamique de réforme économique n’est pas encore au rendez-vous. L’achèvement de la période de transition et la formation du nouveau gouvernement s’ouvrent sur un mur de défis à relever, au premier rang desquels l’assainissement des finances publiques et le contrôle du dérapage alarmant du solde courant (8.9% du PIB en 2014) dans un contexte social miné par des revendications salariales démesurées », c’est ce qu’a indiqué Moez Labidi, universitaire et conseiller économique auprès de Mac sa.

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Selon ses déclarations, les inquiétudes ne sont plus aujourd’hui d’ordre monétaire et la BCT a réussi à ramener la composante monétaire de l’inflation au bercail. Un net recul du taux d’inflation se confirme, 5% en décembre 2014, contre 6% en juillet de la même année. « Une progression modérée de la masse monétaire », explique Moez Labidi, avant de souligner que l’effondrement des prix du pétrole de plus de 50%, et la modération salariale au niveau du budget 2015, renforcent les pressions baissières sur l’inflation. Cependant, la prudence reste de mise surtout avec la forte dépréciation du dinar par rapport au billet vert et le risque d’inflation importée qui en résulte, selon ses dires.

Du côté du marché monétaire, il a indiqué que c’est plutôt l’accalmie qui prime. Les injections de liquidités orchestrées quotidiennement par l’Institut d’émission ont été ramenées à 3.418 milliards de dinars, en moyenne quotidienne, contre 4.352 mds de dinars en décembre 2014.

Il a affirmé, dans le même ordre d’idées qu’en somme, la bataille contre l’inflation ne se loge plus du côté de la Banque centrale mais plutôt sur la table du gouvernement. Elle est aujourd’hui du ressort du ministère du Commerce qui devrait imposer l’ordre dans les circuits de distributions, et du ministère de l’Intérieur qui devrait réussir le contrôle des frontières, et surtout du Premier ministère qui devrait concocter un vrai pacte social (qui n’exclut aucun syndicat et aucune organisation patronale) garantissant l’indexation de la hausse des salaires sur des critères de productivité, -t-il dit.

Le déficit énergétique devient aussi, selon lui, très alarmant (26.7% du déficit de 2014 contre 5 .8% de celui de 2010). « Fort heureusement, la chute des prix du pétrole pourrait atténuer un tel dérapage », a-t-il expliqué, précisant, toutefois, que c’est l’effort d’exportation qui explique plus le gouffre.

Selon ses déclarations, sur le front des paiements extérieurs, les ratios d’endettement méritent plus d’attention surtout que la croissance reste molle. « Avec l’avalanche des capitaux étrangers, dernier en date l’emprunt de un milliard de dollars sur le marché international, les indicateurs du stock des réserves de change perdent leur crédibilité pour évaluer la conjoncture économique. Seul, le chiffre du déficit courant reste le meilleur baromètre de la situation économique », a déclaré Moez Labidi, expliquant, cependant, que le taux de 5.75%, sur le dernier emprunt obligataire de 10 ans répond aux exigences du marché international pour les émissions de même maturité, et reste cohérent avec les fondamentaux d’une économie plombée dans la catégorie « Speculative grade » par les géants de la notation financière.

Il a, à ce propos, indiqué qu’il n’y avait aucune urgence pour sortir dans la précipitation, avant la formation du gouvernement, alors que les dernières dépêches des agences de rating laissent entendre une amélioration très prochaine de la note de la Tunisie, qui pourrait nous faire économiser entre 12.5 et 25 points de base.

Le climat social reste, aussi, très tendu et le feuilleton de formation du gouvernement avec le risque d’une coalition, élargie pour gouverner mais peu efficace pour réformer, semble très probable.

L’universitaire, a dans ce cadre, affirmé que la construction de la Tunisie de demain doit se faire très loin des calculs partisans, mais plutôt ancrée sur les attentes des nouvelles générations, fortement menacées par le chômage et la montée de l’exclusion. L’heure n’est plus aux revendications salariales démesurées. Le syndicalisme responsable doit intégrer dans son radar la productivité et le stock de chômeurs diplômés. « L’heure est plutôt au courage politique pour rétablir la confiance et déminer le climat social afin de pouvoir démarrer la machine des réformes à l’abri de la symphonie populiste. Car, plus les réformes tardent à voir le jour, plus le spectre de la cure d’austérité à la grecque planera sur l’économie tunisienne », a-t-il ajouté.

Kh.T

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