« L’annonce du dernier chiffre du taux de croissance par l’Institut national de la statistique (INS), a fait l’effet d’une douche froide », c’est ce qu’a affirmé l’universitaire et l’expert économique Moez Labidi dans une note de conjoncture publiée ce lundi 3 août 2015 par l’intermédiaire en bourse MacSA sous le thème : « Économie mondiale à la recherche de la lumière au bout du tunnel ». En effet, au cours du 1er trimestre de cette année, le taux de croissance de l’économie tunisienne enregistre une hausse de 1,7% (en glissement annuel) largement en dessous des prévisions, soit une chute de 0,2% par rapport au quatrième trimestre 2014.
Il a, dans ce cadre, expliqué que les résultats des industries non manufacturières ont beaucoup pesé sur le chiffre du premier trimestre 2015. Du coup, l’objectif d’un taux de croissance de 3% du ministère des Finances, ou de 2,8% de la BERD, pour l’année 2015 semble être inaccessible, surtout avec l’arrêt de la production du phosphate durant le deuxième trimestre et les retombées négativess de l’attentat du Bardo et de Sousse sur l’industrie du tourisme.
En effet, et selon ses déclarations, l’attentat de Sousse est venu compliquer davantage les perspectives de croissance. « Le feuilleton des révisions à la baisse a démarré, du côté officiel, lorsque le ministère des Finances avance un taux de croissance proche de 1% pour l’année 2015 », a-t-il dit, ajoutant que la multiplication des actes terroristes risque de compromettre l’agenda des réformes en piégeant l’économie tunisienne dans un sentier de croissance atone, très insuffisante pour corriger les inégalités sociales et régionales.
Labidi a dans le même contexte indiqué que plusieurs obstacles érodent le potentiel de croissance à long terme de la Tunisie, citant la qualité médiocre de l’infrastructure, les défaillances du système éducatif et la dégradation de la qualité du capital humain, la mauvaise gouvernance administrative, le poids des lobbies dans plusieurs secteurs économiques, la faiblesse du taux d’investissement. « Autant d’éléments qui nous poussent à réfléchir sur la capacité des autorités à engager une dynamique de réforme pour pouvoir redresser l’économie », a-t-il dit.
L’expert économique a dans ce cadre évoqué un double scénario qui semble se dessiner en fonction de la détermination politique et des évolutions de la conjoncture internationale. C’est ainsi qu’il a déclaré que sous réserves d’une stabilité des cours des matières premières et d’une reprise de la demande dans la zone euro, la Tunisie pourrait rebondir en 2016. A l’inverse, Labidi a indiqué que si les autorités n’arrivent pas à résoudre l’équation sécuritaire dans un contexte de retournement du cycle des cours des matières premières, et de reprise molle en Europe, les risques qui pèseraient sur la Tunisie seraient très élevés et les déficits jumeaux ouvriraient la porte à une cure d’austérité déstabilisante pour une démocratie naissante.
En Tunisie, a-t-il dit, les autorités sont forcées de revisiter l’agenda des réformes structurelles. Or, il est impératif, selon lui, de résoudre l’équation sécuritaire et de stabiliser le climat social pour pouvoir renouer avec une dynamique de réforme (gouvernance, secteur bancaire, système éducatif, fiscalité, …) débouchant sur un modèle de développement économique générateur d’une croissance inclusive.
Il a dans le même cadre indiqué qu’en Tunisie, l’avalanche de revendications salariales, la multiplication des grèves dans plusieurs secteurs stratégiques et l’attentat du musée de Bardo et de l’unité hôtelière de Sousse ont atténué l’optimisme suscité par la réussite des élections. « Du coup, l’action gouvernementale se retrouve en mauvaise posture pour pouvoir démarrer les grandes réformes », a-t-il conclu.
Rappelons que le taux de croissance de la Tunisie dans la lettre de conjoncture de la Banque centrale de Tunisie (BCT) relative au mois de juillet a été révisé à la baisse pour la deuxième fois pour passer de 1,7% à 1% contre 3% prévu initialement.









En Français ça donnerait :« Les risques pour la Tunisie seraient très élevés si l’équation sécuritaire N’ÉTAIT pas résolue>>…..