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Mondial-2026/Tunisie : Ellyes Skhiri, le soldat discret, rejoint le cercle fermé des triples mondialistes

S’il est un joueur qui constitue le point d’ancrage de la sélection tunisienne de football, autour duquel se construit le dispositif collectif, c’est bien Ellyes Skhiri.
Le milieu défensif de l’Eintracht Frankfurt s’impose une nouvelle fois comme une évidence et l’un des repères du groupe retenu par l’entraîneur national Sabri Lamouchi pour la Coupe du monde 2026, prévue du 11 juin au 19 juillet au Canada, aux Etats-Unis et au Mexique.
Skhiri rejoint ainsi le cercle fermé des joueurs tunisiens sélectionnés trois fois pour un Mondial de football. Il a déjà disputé les deux dernières Coupes du monde (Russie 2018 et Qatar 2022), comme son coéquipier Dylan Bronn, également convoqué pour ce rendez-vous nord-américain.
Le club des triples mondialistes compte également Riadh Bouazizi, Kaïs Ghodhbane, Hatem Trabelsi et le gardien Ali Boumnijel, tous appelés pour France 1998, Corée-Japon 2002 et Allemagne 2006.
« C’est toujours un rêve et une grande chance de pouvoir participer à la plus grande compétition de football mondial. C’est une opportunité incroyable de pouvoir rivaliser avec les meilleurs, d’être fier de soi et surtout, d’écrire une page de l’histoire du football tunisien. », a confié le joueur à l’agence TAP à quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du Monde.
« Rejoindre le cercle très privé des joueurs tunisiens qui ont trois mondiaux, bien sûr que c’est une fierté. Ce n’était pas forcément un objectif au départ, mais ça a toujours été un rêve. J’en suis très fier, très honoré. », a-t-il renchéri.
Sur le terrain, le N.17 tunisien incarne un footballeur moderne, humble et indispensable ; une force tranquille qui ne cherche pas à faire de bruit mais à être utile.
« Cela fait partie de mon caractère, je suis de nature assez réfléchie, assez calme. J’ai eu une éducation qui mise sur les valeurs du respect et du travail. Je me concentre beaucoup sur mon travail, pour être irréprochable au quotidien », révèle-t-il.
Né le 10 mai 1995 à Lunel en Occitanie, dans le sud de la France, il grandit entre deux cultures et choisit de défendre les couleurs de la Tunisie, le pays de son père.
Cet artisan discret a été formé au Montpellier HSC, où il a construit sa carrière avec patience et persévérance. Son passage en Allemagne, d’abord au FC Cologne (2019) puis à l’Eintracht Frankfort (2023), a forgé son profil de joueur fiable, toujours au service du collectif.
La première sélection de Skhiri sous les couleurs nationales fut en équipe olympique (U23) en 2015, lorsqu’il a été appelé par l’entraîneur Maher Kenzari pour la préparation des éliminatoires des JO 2016.
Puis arrive sa première sélection en équipe de Tunisie A, en mars 2018, pour un match amical contre l’Iran (1-0), donnant raison au sélectionneur Nabil Maaloul d’avoir parié sur lui.
Avec les Aigles de Carthage, il devient rapidement un repère dans l’entrejeu, ce qui lui a valu 83 sélections où il a marqué 4 buts. Titulaire indiscutable, il l’était lors des deux derniers matches amicaux de préparation au Mondial, contre l’Autriche (0-1) et la Belgique (0-5), mais également contre Haïti (1-0) et le Canada (0-0) en mars dernier.
« Ça va être mon troisième Mondial, je connais donc ce genre d’échéances », souligne-t-il, assurant avoir acquis « de l’expérience et de la maturité » grâce aussi à ses participations à de grandes compétitions européennes en club.
Skhiri compte par ailleurs à son actif quatre Coupes d’Afrique des Nations : Egypte 2019, Cameroun 2021, Côte d’Ivoire 2023 et récemment Maroc 2025, où il a marqué le 100e but de la Tunisie en CAN lors du match contre l’Ouganda (3-1), lui permettant de devenir la 6e Nation africaine à atteindre cette barre symbolique.
Son expérience et son tempérament, il veut les mettre au service du groupe lors du Mondial. « J’espère apporter du calme, et une bonne lecture du jeu. Il faut savoir contrôler les matches, contrôler le tempo. Beaucoup de choses se jouent sur des détails ; j’espère être en mesure de les anticiper et de faire les bons choix pour aider mes coéquipiers. »
Ses performances et ses qualités sur le terrain lui ont également valu une reconnaissance nationale lorsqu’il a été plébiscité, en 2021, meilleur footballeur tunisien à l’occasion du Référendum annuel de l’agence TAP.
Au-delà des statistiques, l’international de 31 ans représente une forme de constance et de dignité sportive très recherchées, un profil qui fait de lui un joueur respecté autant par ses coéquipiers que par ses adversaires.
Le statut de capitaine et le rôle de leader, Ellyes Skhiri les aborde avec la tête froide. « Etre capitaine est un très grand honneur et une responsabilité que j’assume. Il y a différents profils de leaders : certains parlent beaucoup, moi j’essaie de parler quand il le faut et surtout de montrer l’exemple au quotidien, dans le respect, dans mon attitude et dans mon travail. Être un exemple pour mes coéquipiers, pour inspirer et motiver mon équipe. »
S’exprimant sur son rapport à l’équipe, il a évoqué des relations « très bonnes » avec le sélectionneur Sabri Lamouchi, « comme avec tout le monde ».
« On échange beaucoup, on essaie de bien se préparer et j’espère que le groupe sera uni et fort pour cette compétition », a-t-il indiqué.
Au Mondial, la Tunisie évoluera dans le groupe F avec la Suède, le Japon et les Pays-Bas.  
« On a un groupe très relevé, avec de très bons adversaires. On ne souhaite pas se cacher, avoir peur d’eux. On sait que ça va être très difficile, mais on essaie de se préparer de la meilleure des manières, d’être prêt à répondre à l’intensité dans les duels », a-t-il indiqué.
Selon le capitaine, « ce qui pourra faire la différence pour la Tunisie, ce sera clairement notre état d’esprit, notre solidarité. On aura des cartes à jouer et les chances sont présentes. On est dans un format de Coupe du Monde différent avec la possibilité aussi des meilleurs 3es. Il y a encore plus de chances et on espère saisir cette opportunité. »
Interpellé sur ses projets personnels, alors que son contrat avec l’Eintracht Frankfort arrive à échéance en juin 2027, Ellyes Skhiri a préféré rester concentré sur le Mondial.
 « Il me reste encore un an de contrat avec l’Eintracht Frankfort. Il y aura forcément des discussions à entamer cet été. Pour l’instant, je suis clairement focalisé sur la Coupe du monde, très engagé pour cette compétition. Les discussions viendront plus tard. Il y aura pas mal de changements au club avec un nouveau coach, donc beaucoup de choses sont possibles, mais ce n’est pas ma priorité actuelle », a-t-il conclu.
 

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