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CEDEAO

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Le ministre du Commerce, Omar El Behi a annoncé que la Tunisie deviendra, à partir du mois de juillet 2018, membre du Marché commun pour l’Afrique orientale et australe (COMESA).

Intervenu lors d’une rencontre organisée, mardi soir, pour présenter les résultats d’une enquête sur les entraves à l’export pour les PME tunisiennes, le ministre s’est félicité de cette nouvelle permettant à la Tunisie de renforcer ses échanges commerciaux avec le continent africain, selon ses dires.

Il a indiqué qu’en 2017, le volume des exportations de biens s’élevait à 35 milliards de dinars et l’objectif est de le porter à 50 milliards de dinars à l’horizon 2020.

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Une délégation de l’Union tunisienne de l’Industrie, du commerce et de l’Artisanat (UTICA) conduite par le président du Conseil d’affaires des pays membres de l’Accord d’Agadir, Mohsen Boujbal, participe au forum d’affaires des pays membres de l’Accord d’Agadir et les pays d’Afrique de l’Ouest, qui se tient les 10 et 11 mai 2018 au Maroc.
Ce forum vise à renforcer et développer le commerce et l’investissement entre les pays membres de l’Accord d’Agadir (Maroc, Tunisie, Egypte et Jordanie) et les pays d’Afrique de l’Ouest.
La délégation tunisienne participe à des rencontres bilatérales portant sur plusieurs secteurs dont l’agroalimentaire, l’industrie pharmaceutique, le textile et le cuir.
Ce forum est organisé par le Centre islamique pour le développement du commerce (CIDC), la Société internationale islamique de financement du commerce (SIFC) et l’Unité technique de l’accord d’Agadir (UTA), sous la tutelle du ministère marocain de l’Industrie, de l’investissement, du commerce et de l’économie numérique et en partenariat avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et la Commission économique pour l’Afrique.

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Le président de la Commission la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Jean-Claude Kassi Brou, et le ministre libérien des Affaires étrangères, Gbehzohngar Milton Findley, ont signé l’accord de siège de la radio de l’organisation régionale ouest-africaine basée à Monrovia.

La cérémonie de signature s’est déroulée, le mardi 1er mai 2018, dans la capitale libérienne.

Les documents de l’accord de siège ont officiellement été paraphés par Jean-Claude Kassi Brou, pour la Commission de la Cedeao, et par Gbehzohngar Milton Findley, pour le gouvernement libérien.

Lors de la conférence de presse qui a suivi la cérémonie de signature de l’accord, M. Brou, répondant aux questions des journalistes, a dit que la radio de la Cedeao devra contribuer à l’intégration régionale et au développement économique de l’espace communautaire.

« Nous devrons faire de la radio de la Cedeao un puissant instrument de transmission de messages aux citoyens ouest-africains pour la promotion de l’intégration régionale ; de la paix ; de la libre circulation des personnes, des biens et des services ; du genre ; ainsi que pour la consolidation de la démocratie et de la bonne gouvernance », a-t-il déclaré.

Il a annoncé la tenue prochaine d’une réunion des ministres de l’Information de la Cedeao, au cours de laquelle il sera sollicité le soutien de chaque Etat membre pour la pérennisation de la radio communautaire.

Pour sa part, le ministre libérien des Affaires étrangères, Gbehzohngar Milton Findley, s’est réjoui du transfert à la Cedeao de la radio de la Mission des Nations unies au Liberia (MINUL) qui s’est retirée définitivement de ce pays en mars 2018.

 « Cette radio doit contribuer à l’éducation des citoyens ouest-africains, permettre aux Etats membres d’échanger des informations entre eux à travers les trois langues officielles de la Cedeao que sont l’anglais, le français et le portugais, promouvoir l’identité culturelle et le développement de l’Afrique de l’Ouest », a affirmé M. Findley.

Juste avant la signature de l’accord de siège, le chef de l’Etat libérien, George Manneh Weah, en recevant le président de la Commission de la Cedeao, a invité l’organisation régionale à faire de cette radio un moyen d’information, d’éducation et de sensibilisation des populations ouest-africaines sur les sujets relatifs à l’intégration, à la paix, à la sécurité et à la stabilité régionales, ainsi qu’au développement de l’espace communautaire.

« Je suis persuadé que ce puissant instrument d’information permettra à la Cedeao de mieux toucher ses populations, notamment à la base », a souligné le président libérien.

Pour rappel, c’est le 23 mars 2018, à Monrovia, que la MINUL a transféré sa radio à la Cedeao, au cours d’une cérémonie présidée par George Manneh Weah.

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Les travaux du Forum économique africain seront ouverts, mardi 24 avril 2018 à Tunis, jusqu’au mercredi 25 avril 2018, avec la participation de 38 Etats africains, 140 personnalités africaines de haut niveau relevant des secteurs public et privé, dont des ministres, conseillers spéciaux auprès de chefs d’Etat et des dirigeants d’institutions financières (BADEA, la BAD, l’ITFC la BEI, l’AFD…), ainsi que des présidents de grands groupes privés.

800 participants sont attendus à ce forum, au cours duquel des rencontres B to B ainsi que des ateliers sectoriels seront organisés sur les thématiques “Construire en Afrique : un marché en expansion”, “Les Tics pour un développement durable en Afrique”, “La santé, vers de nouveaux modèles”, “L’enseignement universitaire et l’employabilité” et “L’Agrobusiness”.

D’après le commissaire général du forum, Radhi Meddeb, “cette rencontre Afrique-Afrique vise à renforcer les fondements du partenariat tuniso-africain, de créer des richesses ensemble ainsi que des opportunités d’emploi et d’investissement“.

Meddeb, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse tenue lundi à Tunis, estime que la Tunisie va récupérer sa place sur le marché africain, dont les perspectives sont prometteuses, malgré les difficultés d’accès à ce marché et son coût élevé.

Bien que nous soyons africains, maghrébins méditerranéens et euro-méditerranéens, nous n’avons pas contribué suffisamment à la construction des ensembles régionaux africains, dont le Marché commun pour l’Afrique orientale et australe (COMESA) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui sont générateurs de croissance en Afrique“, a regretté Radhi Meddeb.
Selon lui, “un des objectifs de ce forum est d’annoncer que la Tunisie intègre la COMESA, qu’elle est en discussion avec la CEDEAO et qu’elle a signé à Kigali, récemment, les accords pour la création de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC)“.

Il s’agit également de montrer aux opérateurs tunisiens que l’Afrique n’est ni difficile ni lointaine et que les gisements de croissance dans ce continent sont énormes. Aujourd’hui, nous ramenons aux Tunisiens l’Afrique en Tunisie, tout en souhaitant que cela leur donne l’envie d’aller vers l’Afrique au départ de la Tunisie et de ne pas aller uniquement pour exporter mais pour créer aussi des relations solidaires et durables“, a encore déclaré le commissaire du Forum.

Hichem Ben Ahmed, secrétaire d ‘Etat chargé du Commerce extérieur a, pour sa part souligné, que la coopération entre la Tunisie et les pays africains s’inscrit dans une approche gagnant-gagnant, visant à développer les échanges entre eux. Il a mis l’accent sur le rôle de l’Etat dans la mise en place des législations appropriées pour faciliter la tâche d’intégration au secteur privé.

D’après ses dires, le forum sera une occasion pour renforcer le partenariat entre le public et le privé, examiner les problèmes auxquels fait face le privé, dans l’objectif d’identifier, ultérieurement, les solutions adéquates.

Un volet éducation sera débattu durant ce forum à travers l’intervention de représentants de l’Université du groupe Honoris, présente en Tunisie, au Maroc, en Côte d’Ivoire et en Afrique de Sud et qui ambitionne d’atteindre 100 mille étudiants sur le continent africain.

Des représentants des groupes algériens Cevital (industrie agroalimentaire) et Condor (domaine électroménagers et électroniques) et aussi des groupes tunisiens actifs en Afrique, la Soroubat (bâtiment) et Comete engineering, seront présents à ce forum, organisé conjointement par le ministère du Commerce, la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA), l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) et la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce (ITFC).

TAP

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La CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc) va donner un coup de main à la diplomatie pour dégripper le dossier d’adhésion du Maroc à la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest). Certes le syndicat patronal marocain et la diplomatie ont l’habitude de travailler ensemble, ce qui explique d’ailleurs les succès du royaume sur les marchés africains mais cette fois le challenge est nettement au-dessus. En effet l’intégration du Maroc dans la communauté ouest-africaine ne va pas aussi vite que Rabat le souhaitait, pire, il y a des obstacles. Alors la CGEM a décidé d’entrer en action. Au menu des réunions avec les organisations patronales des principaux pays d’Afrique de l’Ouest, rapporte Jeune Afrique.

Les chefs d’Etat de la région ont demandé une deuxième étude d’impact histoire d’en savoir plus sur les retombées – positives et négatives pour leurs économies – de l’accueil du Maroc dans la famille. Ce travail devrait être entamé dès ce mois de mars, et il sera certainement décisif dans l’examen de la candidature du Maroc, alors le temps presse ! Le patronat marocain va faire du lobbying auprès des plus grandes économies de la CEDEAO (le Nigéria, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Ghana, de grands “amis” du Maroc). Une source au sien de la CGEM a confié qu’une réunion a été calée dans ce sens avec la Fédération des organisations patronales de l’Afrique de l’Ouest (FOPAO) pour plaider la cause du royaume.
Abdou Diop, président de la Commission Afrique et Sud-Sud de la CGEM, fignole actuellement des missions économiques chez les ténors de la communauté ouest-africaine, a-t-on appris.

Rappelons que la CGEM n’en est pas à ses premières initiatives, déjà en août 2017 elle avait rencontré une délégation de la CEDEAO, qui avait justement pour tâche de mesurer les effets de l’intégration du Maroc sur les économies des 15 pays d’Afrique de l’Ouest.
Au terme de ces travaux, une étude d’impact avait été transmise aux présidents des pays-membres lors du 52e sommet, le 16 décembre dernier à Abuja, au Nigéria. Les dirigeants ouest-africains avait alors demandé un complément d’informations sur ce gros dossier et s’étaient accordés autour d’un comité composé des présidents togolais, ivoirien, ghanéen, guinéen et nigérien pour piloter une deuxième étude d’impact, encore plus exhaustive, sur les conséquences de l’arrivée du Maroc…

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Le Président de la République du Niger, Son Excellence Monsieur Issoufou, Co-président de la Task Force Présentielle sur la Monnaie Unique de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a fortement apprécié la qualité de la contribution technique de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) dans la marche vers la monnaie unique de la CEDEAO.

M. Issouou s’exprime lors de l’ouverture des travaux de la cinquième réunion de la Task Force Présidentielle sur le programme de la monnaie unique de la CEDEAO tenue à Accra, au Ghana, où les dirigeants ouest-africains réaffirment leur volonté politique de respecter l’échéance du programme de la monnaie unique de la CEDEAO d’ici 2020.

Etaient également présents à la réunion d’autres chefs d’États, y compris son Excellence Monsieur Nana Akufo-Addo, du Ghana, M. Faure Gnassingbé du Togo, Son Excellence Monsieur Alassane Dramane Ouattara de la Côte d’Ivoire, M. Marcel de Souza, Président sortant de la Commission de la CEDEAO, Monsieur Dimitri Sanga Directeur du Bureau Sous Régional pour l’Afrique de l’Ouest de la CEA, et plusieurs autres invités.

« Pour atteindre ce résultat, le Comité Ministériel a bénéficié de l’accompagnement technique de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique qui a produit une étude de qualité sur le processus la monnaie unique », déclare le Président Issoufou.

Selon Monsieur Issoufou, cette étude a permis à la CEDEAO d’élaborer une nouvelle feuille de route « qui nous conduit certainement vers la création d’une monnaie unique en 2020 ».

 « Notre monnaie unique nous donnera ainsi l’opportunité de construire un espace économique fort, capable de rivaliser avec les autres espaces économiques en construction à travers le monde » dit-il ajoutant que cela est certain à la suite d’un examen des conclusions de la réunion du Comité ministériel et de l’approbation de ses propositions.

« Nous devons saisir cette occasion historique, nous ne devons pas échouer, car nos populations espèrent déjà depuis trop longtemps », déclare le président Issoufou

Il a conclu en soulignant qu’ « Il est temps d’honorer la mémoire de nos illustre prédécesseur, qui nous ont montré le chemin de l’intégration, de l’union et de la fraternité, il y a de cela bientôt deux générations ».

Le président Akufo Addo exhorte tous les États membres de la CEDEAO à œuvrer en vue de satisfaire aux exigences énoncées pour respecter le délai fixé pour l’introduction de la monnaie unique d’ici 2020.

Il exhorte les États Membres à faire des efforts conscients en faveur de l’industrialisation pour tirer parti des perspectives économiques viables que présenterait une monnaie unique.

“La transformation structurelle de nos économies ne peut plus être reportée si nous voulons répondre aux aspirations de nos jeunes à l’emploi”, déclare-t-il.

“Notre quête d’une monnaie unique ne vise pas à stimuler les échanges de biens produits dans des pays tiers. Il est destiné à encourager la production de biens et de services dans la région. “

Pour sa part, le Directeur du Bureau Sous Régional pour l’Afrique de l’Ouest de la CEA, Monsieur Dimitri Sanga, note que « …dans cette marche vers la monnaie unique de la zone CEDEAO, il y a de plus en plus une convergence ‘’politique’’, telle que manifestée notamment par le renouvellement constant de l’engagement de tous les pays, vers le renforcement de leur convergence économique, basée purement sur les critères de convergence ».

Pour M. Sanga, la combinaison de ces deux formes de convergence est susceptible d’accélérer la marche vers la monnaie unique au sein de la CEDEAO.

La décision d’adopter une feuille de route pour le Programme de la monnaie unique de la CEDEAO, a été prise en 2009 par les chefs d’Etats et de Gouvernements de la CEDEAO avec comme échéance ultime 2020.

La Task Force Présidentielle a donc pour rôle d’accompagner le processus d’intégration monétaire et de suivre l’état d’avancement des travaux pour la création de cette monnaie unique. Elle vient en appui au programme de coopération monétaire de la CEDEAO lancé en 1987, en vue de parvenir à la création d’une zone monétaire unique et de favoriser la libre circulation des personnes et des biens dans la région.

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Au cours de l’année 2018, la Tunisie et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) signeront un protocole d’accord définissant une liste de produits qui bénéficieront d’un régime préférentiel à l’export et à l’import, a déclaré, mercredi, le secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur extérieur Hichem Ben Ahmed.
Intervenant, en marge des travaux du forum de financement de l’investissement et du commerce en Afrique ” FITA 2018 “, Ben Ahmed a souligné que “des pourparlers sont actuellement en cours avec cette organisation en vue de finaliser la liste de produits qui seront exonérés de taxes douanières”.
Nous voulons intégrer le maximum de produits qui seront échangés avec l’ensemble des pays membres de cette institution sous-régionale“, a indiqué le secrétaire d’Etat, appelant les entreprises tunisiennes et africaines à investir dans les deux sens.
Pour la Tunisie, l’accès au continent africain reste tributaire de la mise en place d’une stratégie sur le long terme qui devra être basée non seulement sur le développement des exportations nationales vers ce marché, mais également sur le renforcement de l’importation de produits provenant de ces pays“.

Ben Ahmed a, en outre, rappelé qu’en avril 2018, la Tunisie intégrera le Marché commun de l’Afrique orientale et australe aussi connu sous son acronyme anglais (COMESA), en tant que membre. Cette adhésion permettra tant aux entreprises tunisiennes qu’africaines de s’implanter dans les deux sens, a-t-il encore affirmé.
S’agissant de la politique d’ouverture vers l’Afrique, le secrétaire d’Etat a fait savoir que la compagnie aérienne TUNISAIR devra desservir, d’ici 2020, 14 pays du continent.
Au cours du premier trimestre 2018, la CTN programmera une ligne vers trois pays de l’Afrique de l’Ouest, à savoir le Sénégal, le Bénin et la Côte d’ivoire, a-t-il encore fait savoir.

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Tout le monde se pose des questions sur le contenu de cette étude d’impact qui a valu au Maroc le gel de son adhésion à la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) jusqu’à 2018, le temps justement pour les chefs d’Etat de bien éplucher les 66 pages de ce document. Jeune Afrique s’est procuré ce fameux rapport qu’on peut résumer ainsi : la venue du royaume chérifien est plutôt une bonne nouvelle pour l’organisation, mais cette intégration au marché commun ouest-africain doit se faire de manière graduelle et surtout le Maroc est appelé à donner un certain nombre de gages..

«Pour ce qui est de l’adhésion à part entière du Maroc à la CEDEAO, de la Tunisie en qualité d’observateur et de la Mauritanie comme membre associé, le sommet a mis en place un comité composé des présidents togolais, ivoirien, ghanéen, guinéen et nigérian pour adopter les termes de références et superviser l’étude approfondie des implications de cette adhésion». Ce sont les conclusions des chefs d’État africains au terme du 52ème sommet de la communauté économique, le 16 décembre 2017 à Abuja, au Nigeria

A noter que l’étude d’impact présentée aux chefs d’État à Abuja voit d’un bon oeil l’entrée du Maroc. Mais pour le moment les choses butent sur des écueils soulevés par les experts, en rapport avec les disparités économiques entre le Maroc et certaines nations de la région.
Sur le plan juridique, il n’y a aucun obstacle à l’adhésion du Maroc à la CEDEAO. Un simple acte additionnel au traité fondateur ferait l’affaire, puisque rien dans le texte ne ferme la porte à un nouveau membre. Mais en cas de ‘Oui’ au Maroc, il faudra une période pour la transition, le temps d’accorder les violons sur la libre circulation des biens et personnes, le droit de résidence et d’établissement, la monnaie unique ainsi qu’une pléthore de détails techniques de toutes sortes.

Mais le Maroc a déjà montré sa bonne volonté, sur presque tous les sujets, tempérant ainsi ses ardeurs diplomatiques pour ne pas effaroucher les dirigeants ouest-africains, eux et leurs opinions publiques qu’il faudra convaincre du bien-fondé de cette affaire. Nous prendrons en compte «en compte les préoccupations économiques des pays de la zone en leur permettant de protéger leurs secteurs fragiles», a confié à Jeune Afrique une source diplomatique. Cette dernière, très inspirée, et on le comprend vu les enjeux pour toutes les parties, suggère de marcher sur les pas de l’accord d’association Maroc – Union européenne (UE). Il s’agirait pour les 15 Etats-membres de la CEDEAO d’avoir un accès libre au marché marocain, mais sans réciprocité automatique, et pendant le temps qu’il faut pour que la communauté ouest-africaine prenne ses marques.

Il est dit également dans ce document que l’adhésion du Maroc ferait du bien à l’économie de la région, notamment dans les domaines de l’agriculture et de l’industrie, dans lesquels le royaume a une longueur d’avance sur l’Afrique subsaharienne.
«Le marché de l’élevage et des produits laitiers semble offrir une opportunité lucrative pour les États-membres actuels de la CEDEAO en raison de tarifs d’importation relativement bas. Cependant, il reste beaucoup à faire au niveau des pays de la zone pour que leurs exportations dans ce secteur puissent être compétitives», précise l’étude.

Dans le secteur industriel également les avancées du Maroc sont notoires, il est question de mettre en place des programmes de mise à niveau pour permettre aux pays ouest-africains de réduire l’écart et d’aller vers un développement commun harmonieux. Des sources diplomatiques ont confié que le royaume est disposé à prendre sa part dans la concrétisation des grands projets que la CEDEAO aura défini comme prioritaires ainsi qu’à la propulsion de l’agriculture et la co-localisation dans l’industrie.

Enfin sur l’épineux problème du Sahara occidental, le rapport indique que c’est «un potentiel facteur qui pourrait créer des divisions entre les États membres actuels dans le cas où le Maroc deviendrait membre» et qu’il faut obtenir des gages en la matière…

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Le 52e sommet de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Abuja, au Nigeria, ce samedi 16 décembre, devait être la rencontre de la délivrance pour le Maroc, qui piaffe d’impatience de rejoindre l’organisation. Et bien patatras, le roi Mohammed VI, qui compte pourtant de nombreux et puissants soutiens dans la communauté, devra attendre, au meilleur des cas en 2018, rapporte RFI. Les chefs d’Etat de la région se sont finalement accordé un délai de réflexion, le temps de peser cette décision lourde de conséquences sur une organisation sans doute forte, structurée, mais dont les membres ont leurs problèmes économiques structurels, leurs fragilités. Ils ont sans doute été confortés dans ce recul, ou du moins statu-quo, par les arguments des économistes qui montent au front en ce moment pour exposer les dangers de cette affaire. Il sera justement question ce samedi des retombées de cette intégration, à travers les résultats d’une étude qui sera soumise aux dirigeants ouest-africains.

Pourtant le Maroc tenait le bon bout en juin dernier, quand les chefs d’Etat avaient donné leur accord de principe. Donc la rencontre d’Abuja devait juste être une formalité. Mais voilà, beaucoup de choses se sont passées entre temps, sous les coups de boutoir des experts. Et le charme a été rompu pour enfin jeter un oeil sur les vrais problèmes que pose cette adhésion. On peut déplorer l’insoutenable légèreté des leaders de la CEDEAO, leur indolence, qui s’emballent et s’enflamment pour le royaume chérifien, sans prendre le temps d’étudier cette affaire sous tous ces angles, ce qui a causé ce monumental raté. Officiellement, personne ne ferme la porte au Maroc, mais dans les faits ça parle derrière les murs, et ça aussi il faut le déplorer. Ce sont finalement des analystes qui ont vendu la mèche. Il se dit que le Nigeria voit rouge à l’idée de voir son leadership être bousculé par l’influence marocaine. On murmure également que les milieux d’affaires du Nigeria, mais également du Ghana, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire tremblent à la perspective de voir débouler sur leurs marchés des produits marocains très variés, de qualité supérieure souvent et très compétitifs.

Mais il y a d’autres problèmes de fond. Les Etats de la CEDEAO redoutent que le Maroc débarque dans l’organisation avec ses valises chargées de dossiers lourds et épineux, comme l’affaire Sahara occidental ou les tensions extrêmes avec l’Algérie. Et puis il y a les difficultés intrinsèques de la CEDEAO, dont l’intégration n’est pas encore achevée. Alors si on y ajoute la monnaie unique qui se profile et la problématique de la circulation des biens et personnes avec le Maroc, ça devient vite insoluble. L’économiste Gilles Yabi déplore «l’absence de consultations dans chacun des 15 Etats membres, l’absence d’étude préalable, l’absence de débat». Pape Ibrahima Kane, spécialiste de la CEDEAO, est d’avis que «même s’il est difficile de dire “non” publiquement au roi, ce premier report n’est pas anodin. La partie n’est pas encore perdue pour le Maroc mais elle est loin d’être gagnée».

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L’adhésion du Maroc à la CEDEAO est presque actée. Le royaume chérifien a pris soin de bien bétonner son dossier et d’agiter toutes les carottes qu’il faut sous le nez des dirigeants ouest-africains. Le travail au corps a commencé avec les poids lourds de l’organisation ouest-africaine. D’abord le Sénégal, pays “ami et frère” avec qui le Maroc a déjà d’excellentes rapports, à tous les niveaux et depuis longtemps. Puis la Côte d’Ivoire, avec de solides liens économiques que le roi Mohammed VI et Alassane Ouattara ont tissés au fil du temps. Il y a également le Ghana, avec qui Rabat vient de réchauffer les relations, et les contrats ont tout de suite suivi ! Enfin il y a le Nigeria, avec qui le Maroc va construire un gazoduc, l’un des projets les plus importants du continent. Muhammadu Buhari, à la tête de la première économie du continent, va en fait échanger le gaz contre de l’engrais marocain (le royaume sera bientôt 1er producteur mondial, devant les USA), dont il a cruellement besoin pour nourrir ses 190 millions de concitoyens. Tous ces pays sont autant de soutiens, très forts, du dossier marocain à la CEDEAO. Mais pendant que les chefs d’Etat festoient dans la perspective de cette intégration, les experts s’inquiètent des possibles retombées négatives d’un tel projet. Et ils argumentent. La Tunisie, qui a à peu près le même profil économique que le Maroc et qui file aussi vers la CEDEAO, sera sur le gril prochainement.

«Je ne suis pas pour que le Maroc soit admis dans la CEDEAO. C’est un énorme handicap en tout (…). Nous avons énormément de problème avec ce PIB de 100 milliards. Le PIB du Maroc, c’est la somme du PIB de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Ghana à la fois. Le Sénégal  n’y gagne rien et nous perdons (…). Beaucoup de secteurs vont péricliter. La clémentine sénégalaise, la tomate, les carottes vont disparaître, parce que le Maroc a de meilleures dotations factorielles et une meilleure politique agricole. Le Maroc a plus de 300 barrages. La petite industrie sénégalaise ne pourra pas soutenir cette compétition (…). La compétitivité de l’économie marocaine est plus grande. Je ne vois pas un seul élément où nous pouvons gagner». Ces mots, qu’on n’a pas l’habitude d’entendre, ont été prononcés dans une radio de grande écoute, Sud FM, par le Pr Moustapha Kassé, un éminent économiste sénégalais, par ailleurs membre de l’académie l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques du Maroc. Ces arguments ont été abondamment repris depuis dans des émissions télévisées où des experts ont étalé leur science en la matière, forçant parfois un peu le trait, comme c’est souvent le cas quand il s’agit d’exciter les peurs et flatter la déraison. Cette musique, assurément, va monter à mesure qu’approche l’officialisation de l’adhésion du royaume. Mais il ne faut pas qu’elle nous détourne de la question de fond, à laquelle il faut répondre objectivement : Le Maroc fera-t-il du bien à l’une des communautés économiques les plus structurées et prospères du continent ?

Des enjeux colossaux, pour toutes les parties

Mohammed VI, est parvenu, c’est incontestable, à verrouiller le cadre national – appelez cela protectionnisme si vous voulez – pour laisser le temps aux fleurons locaux d’émerger, grossir et s’imposer dans tous les segments. Au royaume pratiquement dans tous les secteurs clés (BTP, Agroalimentaire, Assurances, Banques, Grande distribution, Hydrocarbures, Transports, etc.), ce sont des sociétés marocaines qui font la loi. A présent les entreprises ont atteint une maturité, un niveau de maitrise, une expertise et une palette d’offres que le marché local de 32 millions de consommateurs n’est plus en mesure d’absorber. Vu que le marché européen s’essouffle, les entreprises du royaume se sont, tout naturellement, tournées vers l’Afrique subsaharienne, avec les succès que l’on sait, adossées sur la puissance financière du ténor continental Attijari Bank. Mais, et là aussi c’est un fait, le Maroc a aussi de gros problèmes, conjoncturels et structurels : Un chômage des jeunes qui monte, notamment dans les villes, des disparités régionales criantes, etc. Le pays a donc besoin de nouveaux marchés pour faire tourner les entreprises, absorber les demandeurs d’emplois et engranger des recettes fiscales pour financer les projets publics.

Le Maroc passera à la vitesse supérieure au niveau de ses exportations, déjà florissantes, une fois membre de la CEDEAO. En effet la disparition des barrières douanières et les accords préférentiels avec les pays ouest-africains permettront à Rabat de damer définitivement le pion à la concurrence : La Chine, la Turquie, la France, l’Italie… Pour le Maroc l’enjeu est donc colossal. Il l’est également pour les nations ouest-africaines…

Un ami qu’il faut surveiller de très près

Si les pays de la CEDEAO ont un tel appétit pour le Maroc, c’est parce qu’ils ont bien perçu le potentiel que représente un plus grand rapprochement avec le royaume. En effet ce sont pour la plupart des pays qui sont dans une belle dynamique de croissance, frôlant très souvent des taux à deux chiffres ; ce sont des pays qui ont des matières premières et ont la confiance des bailleurs de fonds, et donc disposent de capitaux, mais manquent de structures de transformation. Ils ont besoin du coup de main des partenaires, dont le Maroc, pour hausser le niveau de leur industrie, des infrastructures et de leur recherche-développement sans lesquelles aucune économie ne peut véritablement prospérer sur des bases saines. Donc il ne faut pas être effrayé outre mesure par les ambitions marocaines, il faut les voir comme un relais pour le développement de la CEDEAO toute entière. Il faudra juste veiller à ce que le Maroc joue le jeu, sincèrement, pour éviter le syndrome de l’Allemagne au sein de l’Union européenne.

En effet, comme l’Allemagne vis-à-vis de ses partenaires européens, le Maroc est assis sur un gros excédent commercial avec les pays de l’Afrique subsaharienne et est en train de réduire davantage l’espace, déjà minuscule, des produits étrangers sur son marché. Un protectionnisme pour le coup scandaleux sur lequel il va falloir que le Maroc rende des comptes avant d’intégrer la CEDEAO, pour ne pas justement à en arriver à la situation d’une UE dont la croissance est plombée par une Allemagne qui a gigantesques réserves d’argent, du fait des excédents commerciaux, mais qui ne veut pas les injecter dans des méga projets pour relancer la demande dont l’industrie européenne a cruellement besoin. Le Maroc est donc un ami qu’il faut sans doute accueillir dans la famille, mais qu’il faut surveiller de très près…

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C’est un fait : La Tunisie est très en retard en Afrique par rapport à une concurrence qui fait feu de tout bois, depuis des décennies. Cette situation, très préjudiciable à bien des égards, les Tunisiens la doivent à un premier président, Habib Bourguiba, certes visionnaire, là aussi à bien des égards, qui aimait sans nul doute l’Afrique, ses dirigeants, mais avait une relation presque virtuelle avec son continent. Puis est venu Ben Ali, qui avait peur de s’y aventurer. Il avait peur de tout d’ailleurs. La Tunisie paie aussi le prix de son entêtement à entretenir la chimère d’une Union euro-méditerranéenne, boudant ostensiblement l’Afrique et ses opportunités, sa croissance solide – la 2ème la plus forte du monde après l’Asie -, ses chantiers à l’infini, etc. L’Union euro-méditerranéenne n’est jamais venue, surtout à cause de la frilosité et des atermoiements des Européens. Le péril terroriste qui a pris racine au Maghreb a sonné le glas d’un projet mort-né. Et c’est seulement maintenant que la Tunisie regarde vers son prolongement naturel : l’Afrique. Un peu tard !

Entre temps les concurrents, de plus en plus nombreux, ont pris du galon sur le continent. Tunis fait ce qu’elle peut pour se rattraper. On nous annonce une adhésion au COMESA (“Common Market for Eastern and Southern Africa“, composé de 19 pays) pour début 2018. La Tunisie a également frappé à la porte de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, une organisation de 15 nations parmi les lesquelles la première économie du continent, le Nigeria). La volonté est là, indéniablement, mais le pays a-t-il les moyens de ses ambitions ? Çà, c’est beaucoup moins sûr. Le gouvernement tunisien a eu la mauvaise idée de ne pas muscler davantage le budget de sa diplomatie pour 2018, une situation d’ailleurs dont s’est plaint le ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui. Une décision lourde de conséquences, quand on sait que la diplomatie s’est imposée comme le bras armé de l’économie.

Condamnée au rôle du figurant ?

La Tunisie, dont les représentations en Afrique et en Asie sont faméliques, pourrait être contrainte de continuer à faire de la figuration, se réduisant à profiter des rencontres internationales pour glaner quelques contrats, contacts ou de vagues promesses. Comme le fait le président de la République, Béji Caïd Essebsi, à Abidjan, en Côte d’Ivoire, en marge du Sommet Union africaine-Union européenne, les 29 et 30 novembre 2017. Son offensive de charme a été bien reçue par le président ivoirien, Alassane Ouattara, dit-on. C’est toujours bon à prendre dans un pays dont le taux de croissance frôle souvent les deux chiffres ces dernières années, la locomotive de la zone UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine, regroupant 8 Etats) et qui a des coffres bien remplis (avec les recettes du cacao et du café et la confiance quasiment illimitée des bailleurs de fonds). Mais voilà, il y a la concurrence tout près, et qui ne lâche rien : La Chine, la Turquie, la France, le Maroc… D’ailleurs le roi Mohammed VI a débarqué à Abidjan trois jours avant le Sommet UA-UE, et ce n’est certainement pas pour une simple visite de courtoisie ou pour amener des fleurs à Mme Ouattara ! Le roi est sans doute très sympathique, affable et aime sincèrement ce continent, ses cultures, et l’Afrique le lui rend bien. Mais on connait surtout sa redoutable efficacité quand il s’agit de décrocher des contrats. La Tunisie est loin de pouvoir en dire autant.

Le chef du gouvernement tunisien, Youssef Chahed, a fait un voyage (au Soudan en mars 2017) et une tournée en Afrique (Niger, Burkina Faso et Mali, en avril de la même année). Le souci c’est que ce sont ses premières et uniques visites. Les observateurs, aussi bien à Tunis que de l’autre côté du continent, avaient salué chaudement cette virée, escomptant d’autres déplacements. Mais depuis rien. Pas même une bribe d’annonce ou de programme en direction du continent. Faire la tournée des patelins de la Tunisie, comme il l’a fait à Kairouan, c’est bien, personne ne le contestera, mais s’activer sur le continent, qui fait courir l’Italie, l’Allemagne, le Japon, la Corée du Sud, etc., c’est encore mieux ! C’est en Afrique que les choses se passent désormais. La Tunisie l’a bien compris, mais elle peine à embrayer avec les décisions et actes qui s’imposent. Pourtant c’est simplissime : Il suffit de regarder la concurrence et de faire exactement pareil. Certes la Tunisie accuse un gros retard, mais en Afrique il y a à boire et à manger pour tous les convives…

Les businessmen n’attendent pas la diplomatie

Les opérateurs économiques tunisiens s’activent et, heureusement, n’attendent pas la diplomatie. TABC (Tunisia-Africa Business Council) est contraint de mener sa barque en solo et même d’amener dans son sillage les autorités tunisiennes, un faire-valoir qui a son pesant d’or auprès des gouvernements africains, très sensibles, parfois un peu trop, au décorum officiel. L’UTICA (Union Tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat) était au Sommet d’Abidjan pour accorder son violon avec les patronats français et africain. Et la CONECT (Confédération des Entreprises Citoyennes de Tunisie) y est allée de son initiative en mettant le cap sur le Sénégal, un pays dans une belle dynamique de croissance et dont le FMI et la Banque Mondiale disent le plus grand bien. Et pour cause : C’est une nation stable, à tous les niveaux, dont l’économie est portée par le PSE (Plan Sénégal Emergent), un ambitieux programme, sans précédent, axé sur 8 grands chantiers financés jusqu’en 2035. A ajouter à la manne du gaz et du pétrole qui va changer le visage du pays dès 2020. Pour la Tunisie, qui a une solide expertise et des offres dans moult segments industriels, et même meilleures que le rival marocain, le Sénégal est un excellent point de chute. Aux dernières nouvelles, le débarquement des hommes d’affaires tunisiens a été très bien accueilli par les organisations patronales sénégalaises.

C’est ainsi que l’économie tunisienne va, un tant soit peu, briller sur le continent, et pas en attendant une diplomatie amorphe et qui manifestement sera hors du coup pour un bon bout de temps, faute de moyens surtout. Et même une fois dans le COMESA et la CEDEAO, l’élimination des barrières douanières et la libre circulation des biens et personnes ne feront pas tomber du ciel les contrats et partenariats, il va falloir aller les chercher. Et c’est justement le rôle, entre autres, des diplomates des temps modernes. Pour la Tunisie une densification des ambassades et consulats sur le continent urge. Sinon le COMESA et la CEDEAO, même avec ses marchés de centaines de millions de consommateurs et ses innombrables niches, resteront des coquilles vides.

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Une journée d’information sur les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sera organisée bientôt, à Tunis, outre l’organisation d’une réunion inter-patronale Cedeao/UTICA, a annoncé l’organisation patronale tunisienne dans un communiqué publié mardi.
Ces réunions, dont la date n’a pas été précisée, ont été décidées lors de la rencontre qu’a eue lundi, au siège de l’organisation, la présidente de l’UTICA, Wided Bouchamaoui, avec le président de la commission de la Cédéao, Marcel De Souza, en présence notamment de Bashir Mamman Ifo, président de la Banque d’Investissement et de Développement de la Cédéao, d’une délégation de hauts cadres de la commission.
L’entretien a également porté sur le développement de la coopération entre les opérateurs privés à travers le renforcement des liens de partenariat et le partage d’expériences entre l’UTICA et les patronats des 15 pays membres de ce groupement régional.

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Les opportunités de coopération entre le secteur bancaire et financier des Etats CEDEAO et celui de la Tunisie, notamment dans les domaines du financement, de la formation et de la transformation digitale, ont été au centre d’un entretien tenu lundi à Tunis, entre le Président de l’Association Professionnelle Tunisienne des Banques et des Etablissements Financiers (APTBEF), Ahmed El Karm et le Président de la Commission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Marcel De Souza.
De Souza effectue une visite en Tunisie du 19 au 22 Novembre 2017, accompagné d’une forte délégation composée, notamment du président et du vice-président de la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC), ainsi que de son directeur des relations internationales.
Cette visite s’inscrit dans le cadre des démarches faites par la Tunisie pour devenir membre observateur de la CEDEAO.

Selon un communiqué publié mardi par l’APTBEF, De Souza a mis l’accent, à cette occasion, sur l’importance de la CEDEAO, en tant que vaste marché de près de 300 millions d’habitants garantissant la libre circulation des personnes, des marchandises et des capitaux. Ce marché s’organise au moyen des politiques de convergence pour réaliser d’ici 2020 une zone monétaire régionale.
Pour sa part, EL KARM a souligné les avancées du système bancaire tunisien et la forte volonté des banques tunisiennes d’agir comme un acteur efficace de financement et de facilitation des échanges économiques et commerciaux entre la Tunisie et la CEDEAO. Il a également confirmé la disposition de l’APTBEF d’ouvrir ses structures de formation, de télécompensation et de monétique aux banques des pays membres de la CEDEAO.

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Un mémorandum d’entente visant la mise en place d’une feuille de route, pour la promotion de la coopération économique, entre la Tunisie et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) en prévision de la création d’une zone de libre échanges entre les deux parties, a été conclu lundi, a annoncé le ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui.
La Tunisie avait déjà obtenu le statut d’observateur, au sein de cette organisation régionale et participera à ses réunions, prévues au Togo, en novembre 2018, a-t-il ajouté, lors d’une conférence de presse cotenue lundi, à Tunis, avec le Président de la Cedeao, Marcel de Sousa, en visite officielle dans le pays du 19 au 22 novembre.
Le mémorandum favorisera la mise en place d’un cadre général de coopération entre les deux parties dans les secteurs agricole, commercial et de développement, en prévision de la création d’une zone de libre échange, a précisé le ministre.

La Cedeao compte 15 Etats membres liés entre eux par des accords de libre-échange, facilitant la circulation des personnes et des marchandises, a indiqué de Sousa, ajoutant que la Cedeao compte également huit banques centrales et envisage l’adoption d’une monnaie unique, d’ici 2020. La communauté oeuvre à renforcer sa coopération économique avec la Tunisie et à mettre en place une relation gagnant-gagnant, a-t-il dit.
Pour sa part le ministre du Commerce, Omar El-Behi, a exprimé le souhait de voir les échanges commerciaux entre la Tunisie et la Cedeao se développer davantage pour atteindre 10% des échanges du pays au cours des prochaines années, contre 1%, actuellement.

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Si les produits marocains cartonnent dans les pays de l’Afrique de l’Ouest, au point de permettre au royaume de dégager un excédent commercial de 7,5 milliards de dirhams (environ 787 millions $) en 2016, qu’est-ce que ce sera une fois que le Maroc aura officiellement rejoint la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ?! D’après le rapport économique et financier joint au projet de loi de finances 2018, le Maroc a toutes les raisons de se frotter les mains, en attendant la manne que va lui apporter l’élimination des barrières douanières avec les pays de la CEDEAO quand l’adhésion à l’organisation sera officialisée, tout au plus dans 2 mois…

D’après ce document, les échanges commerciaux entre le Maroc et les nations de la CEDEAO ont totalisé 9,5 milliards de dirhams (environ 997 millions $) l’an dernier, rapporte l’Agence Ecofin. Le royaume a massivement exporté vers les pays de la communauté ouest-africaine, pour 8,5 milliards de dirhams (environ 892 millions $), les importations en provenance de cette partie du continent paraissent insignifiantes à côté, à peine 1 milliard de dirhams (environ 105 millions $).

La CEDEAO est, et de très loin, le premier partenaire commercial du Maroc en Afrique, avec une part de 58,2% dans le volume global des échanges. Viennent ensuite les communautés de l’Afrique de l’Est (15,5%), de l’Afrique Australe (13,4%) et de l’Afrique Centrale (12,4%).

A signaler que le boom des échanges commerciaux entre le Maroc et la CEDEAO a été enregistré ces 15 dernières années. En 2000, on en était à un chiffre global de 1,5 milliard de dirhams (environ 157 millions $) ; en 2016 la musique est toute autre avec des échanges d’une valeur de 9,5 milliards de dirhams (environ 997 millions $).

De façon générale, les flux commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne ont connu une croissance moyenne de 9,1% par an depuis 2008, pour se situer à 19,2 milliards de dirhams (environ 2 milliards $) en 2016. Ces échanges pèsent 3% dans le volume global du commerce international du Maroc. Quant à l’excédent commercial de ce dernier, il est de 12 milliards de dirhams (environ 1,2 milliard $).

A noter que depuis 2008, les exportations vers l’Afrique subsaharienne n’ont cessé de prendre du poids dans le total des exportations du Maroc : De 3,5% en 2008 elles sont passées à 7% en 2016. Leur valeur a culminé à 15,6 milliards de dirhams (environ 1,6 milliard $) en 2016.

S’agissant des importations en provenance d’Afrique subsaharienne, elles affichent 3,6 milliards de dirhams (environ 378,3 millions $) en 2016. Elles pèsent 0,9% dans le total des importations en 2016, presque la moitié par rapport à 2008, 1.3% exactement.

Quand le roi Mohammed VI disait dernièrement qu’il n’envisageait pas l’avenir de son pays ailleurs qu’en Afrique, il avait de bonnes raisons !

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Pour un pays qui veut davantage s’ouvrir sur l’étranger et promouvoir son image, ses institutions et ses entreprises auprès de ses principaux partenaires, tel que le cas de la Tunisie, la mise en place d’une stratégie de diplomatie s’impose pour faire la promotion du produit et faire bouger, entre autres, les relations diplomatiques. Cette stratégie devrait être, selon les experts en la matière, élaborée en fonction des spécificités des différentes régions du monde – l’UE, l’Asie, le monde arabe, les Amériques ou encore l’Afrique -, sachant que la diplomatie économique est considérée comme l’interaction entre enjeux économiques et objectifs politiques ainsi que la mise en place de la politique nécessaire pour atteindre les objectif économiques escomptés.

Sur ce sujet, la présidente de CONECT International, Monia Jeguirim Essaidi, a tenu à préciser que la diplomatie économique est à la fois une science et un art ; “La diplomatie existe depuis l’indépendance mais depuis ces dernières années, la diplomatie économique est devenue une des priorités dans ce sens que c’est l’économie qui fait bouger les relations diplomatiques“, a-t-elle estimé.

Elle a par ailleurs confié que la CONECT est en train de faire la promotion du produit tunisien à l’étranger dans plusieurs secteurs d’activités dont le tourisme et ce, malgré l’insuffisance des moyens matériels et immatériels limités en comparaison avec plusieurs autres pays.

La présidente de la CONECT International a par ailleurs appelé à mettre en place une stratégie de diplomatie économique qui tient compte des spécificités de chaque région du monde. L’objectif est de promouvoir l’image de la Tunisie et d’améliorer le positionnement des entreprises nationales à l’étranger, appelant ainsi à engager des réflexions sur les grandes lignes de cette stratégie, sa structure et les moyens nécessaires pour sa mise en oeuvre.

Quant à lui, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ahmed Ounaies, a salué l’adoption d’un plan Afrique fruit d’un effort commun entre les acteurs politiques et opérateurs économiques, soulignant que l’année 2017 marque un tournant et une nouvelle ère avec l’ouverture des ambassades de Ouagadougou (Burkina Faso) et de Nairobi (Kenya) et l’annonce de la candidature de la Tunisie à la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et au Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa). “Nous devons entamer une nouvelle ère de coopération avec l’ensemble de nos partenaires, préparer nos partenaires économiques à une nouvelle ère et une nouvelle diplomatie (…) Nous avons de la confiance dans le potentiel économique de la Tunisie“, a-t-il dit.

Il a recommandé la désignation d’attachés économiques dans les ambassades de l’Afrique subsaharienne et ce, dans l’objectif de suivre les évolutions commerciales, les appels d’offres et les perspectives d’avenir.

Pour sa part, Tahar Souid, président de l’Association tunisiennes des anciens ambassadeurs et consuls généraux, a indiqué que le monde économique actuel est en évolution et impose un regard politique mais essentiellement économique : “Les enjeux économiques sont devenus multiples et la Tunisie est un pays initiateur du phénomène de la démocratisation dans le monde arabe“, a affirmé Souid, avant d’assurer que la Tunisie a plusieurs atouts géopolitiques et culturels, et est connue pour la qualité de ses ressources humaines qu’on doit capitaliser tout  en mettant en place une stratégie de diplomatie économique qui mettra en valeur les enjeux de la diplomatie politique.

Il a souligné la nécessité de promouvoir l’image de la marque de la Tunisie, stimuler le tourisme, accompagner les entreprises dans leur démarches à l’export jusqu’à l’exécution de leurs projets, échanger les expériences, encourager les entreprises étrangères à s’installer en Tunisie.

Pour le président de la Conect, Tarel Cherif, la diplomatie économique nécessite aujourd’hui la création d’un ministère pour le Commerce extérieur. Selon ses déclarations, le ministère du Commerce dans sa forme actuelle passe à côté de la question de la diplomatie économique, d’où son appel à créer un département dédié au Commerce extérieur.

Il a par ailleurs appelé à essayer de faire un vrai diagnostic de la situation et de déterminer l’ensemble des éléments et conditions offrant à la Tunisie la possibilité de dépasser le stade actuel.

Quant à lui, Karim Aouij, vice-président de Conect international chargé des pays de l’Afrique subsaharienne, il a indiqué qu’on ne doit pas parler de diplomatie uniquement dans les ambassades et les consultas, mais aussi dans toutes les institutions de l’État.

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La future monnaie commune de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) comme le sésame de la Tunisie, son graal, comme la fin des tourments, cauchemars et sueurs froides du gouvernement, entre dépréciations et dévaluations du Dinar. Il est permis de le penser, puisque c’est la suite logique du projet tunisien d’intégrer l’organisation ouest-africaine. En effet ambitionner de rejoindre une telle structure c’est en accepter avant tout la charte, les codes, et la monnaie unique sera à terme le poumon de la CEDEAO. Certes pas tout de suite, mais l’affaire est déjà dans les tuyaux. En tout cas le Maroc lui, autre candidat à la CEDEAO, est disposé à enterrer en première classe sa monnaie, le Dirham. Tout un bouleversement pour le royaume, un chamboulement de son économie et de ses finances. Mais une chose est sûre : Rabat ne perdra pas au change. Idem pour la Tunisie, dont l’érosion de la monnaie est, dit-on, inexorable parce que voulue par le FMI. La future monnaie unique de la CEDEAO pourrait très bien être le franc CFA, une monnaie solide que partagent déjà les 8 pays de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), une monnaie garantie par la France. Mais cette fois elle sera garantie par l’Union européenne, ce qui lui donnerait davantage de poids et de stabilité, et permettrait également d’abattre les réticences du Nigeria, du Ghana et du Maroc, à en croire les échos de la dernière rencontre entre les présidents français et ivoirien.

Les Tunisiens méconnaissent tellement leur continent qu’ils parlent des ressortissants de l’Afrique subsaharienne en disant les ‘Africains’, comme si eux, les citoyens tunisiens, appartenaient à une autre entité géographique. Mais cette bizarrerie n’est pas seulement imputable aux Tunisiens, les leaders du pays, de tout temps, ont une grosse responsabilité dans cette affaire. Du temps de Habib Bourguiba, on avait de la partie sud du continent une vision fantasmée, distanciée, au meilleur des cas romancée, et donc forcément fausse. Cela ne permettait pas une interpénétration culturelle, et encore moins le cadre pour bâtir un destin commun. Du temps de Ben Ali, on avait les yeux braqués sur l’Europe et le rêve d’une Union euro-méditerranéenne, une chimère longtemps entretenue par l’ancien ministre des Finances français Dominique Strauss-Kahn. L’idée a fait long feu et le projet a été flingué en plein vol par le péril terroriste qui a gagne l’Afrique du Nord. Le bilan de tous ces errements c’est un paquet d’années perdues par la Tunisie. Autant d’années durant lesquelles le berceau du printemps arabe a snobé son continent, lequel avait entre temps profondément changé, et pas toujours en mal, comme avaient tendance à le dire les afro-pessimistes….

La Tunisie vient à peine de changer son fusil d’épaule et commence à regarder différemment l’Afrique subsaharienne. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a fait quelques virées dans cette partie du continent, des voyages certes trop courts, ramassés, trop mal préparés pour espérer en ramener quelque chose de costaud – des contrats -, mais enfin c’est toujours mieux que le néant qu’on a connu durant des décennies. Par ailleurs c’est un premier pas que Chahed vient de bétonner et même amplifier avec “Tunisian African Empowerment Forum“. Certes la chose n’est pas allée de soi. Chahed, comme tous ses prédécesseurs, n’est pas un “mordu” du continent, sans doute par méconnaissance de son gros potentiel, que pourtant les “étrangers” – les Chinois, les Turcs, les Japonais, et maintenant les Emiratis et les Italiens – connaissent très bien. Alors il a fallu secouer Chahed, par moments lui forcer la main pour l’amener à s’intéresser enfin à ce continent qui peut, et le propos n’est pas exagéré, régler tous les problèmes de la Tunisie. La mayonnaise a vite pris. Jusqu’à donner, à la surprise générale, cette candidature à la CEDEAO.

Les gains pour la Tunisie

Quand le roi du Maroc disait dernièrement qu’il est attaché plus que jamais à ce continent et qu’il ne voyait pas l’avenir de son pays ailleurs qu’en Afrique, il y avait certes derrière cette déclaration enflammée de l’affect, des sentiments, un amour sincère pour ses “amis” africains, mais il y a aussi sans nul doute de la rationalité, de la logique, des intérêts. En effet Mohammed VI est sur un terrain dont il maitrise parfaitement tous les codes, toutes les subtilités et revient de chacun de ses périples africains les valisés bourrées de contrats. Des exploits ? Certainement pas. La chose est aisée dans un continent qui affiche la deuxième croissance la plus forte du monde (après l’Asie), qui regorge de richesses naturelles, et donc de capitaux et où tout est à faire en termes d’équipements industriels, de télécommunications, d’infrastructures routières, de santé, technologiques, etc. C’est sur ce terrain que le Maroc joue, et depuis des décennies. La Tunisie, qui présente les mêmes services et a le même savoir-faire que le Maroc, et même mieux dans certains segments, a tout à gagner en densifiant sa présence en Afrique.

On s’est longtemps demandé pourquoi Chahed, à la tête d’un Etat surendetté et aux finances très mal en point, n’allait pas cueillir l’argent là où se trouve : Son propre continent, où se bousculent les investisseurs du monde entier. Avec l’intégration dans la CEDEAO, la Tunisie ferait un grand bond en avant vers son rayonnement en Afrique. En effet la CEDEAO c’est l’une des organisations les plus solides et les plus prospères du continent, elle regroupe 15 Etats dont des poids lourds tels que le Nigeria, première économie d’Afrique, la Côte d’Ivoire, la championne de l’UEMOA,  le Sénégal, qui a découvert récemment d’énormes quantités de gaz et de pétrole, le Ghana… La CEDEAO c’est un marché de 340 millions de consommateurs. Le fait de commercer et d’échanger avec 15 nations, sans taxes, barrières ou tracasseries administratives, ouvre à la Tunisie, à n’en pas douter, de très larges horizons…

La Tunisie n’a pas encore candidaté à la CEDEAO, mais c’est un dossier qui peut aller très vite. En effet le Maroc a officiellement déposé sa demande le 04 juin 2017 et à peine 6 mois après, en décembre 2017, il aura, officiellement, son agrément. Il n’y a pas de raison de refuser à la Tunisie ce qu’on a accordé au Maroc. Reste à savoir comment le pays du jasmin va se dépatouiller avec son autre dossier du même type : la demande d’adhésion à la COMESA. Il faudra certainement faire un choix entre les deux. Quant à la monnaie commune de la CEDEAO, initialement prévue en 2009, elle a été repoussée à 2020. Aux dernières nouvelles, il faudra attendre encore une dizaine d’années. Cela laisse le temps à la Tunisie de se préparer à cette profonde mutation et aussi d’apprendre de la “science” du Maroc. En effet le roi a soigné sa cote Afrique subsaharienne en régularisant récemment près de 20 000 sans-papiers et en intégrant les immigrés légaux dans son dispositif d’emploi. La Tunisie est-elle prête à suivre ?

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Le point de presse de Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères et de Marcel De Souza, président de la Commission de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), était très attendu. Et pour cause : il y a des rumeurs sur des ratés dans le processus d’intégration du royaume, des bruits qui polluent l’atmosphère alors que le roi du Maroc vient de redire son attachement au continent africain. Bourita et De Souza ont assuré et rassuré, et fait au passage une révélation explosive : Une lettre de Mohammed VI, reprise par De Souza, prend l’engagement formel d’abandonner le cher dirham pour adopter la monnaie unique de la CEDEAO, quand elle verra le jour, rapporte Médias24. Stupeur dans la salle. Effet garanti…

Autre information : Les discussions techniques autour de l’entrée du Maroc seront entamées en décembre 2017, après le sommet de Lomé, au Togo. Par ailleurs le patron de la Commission de la CEDEAO a indiqué ceci : L’adhésion stipule la “libre circulation des biens, des services, des capitaux et… des personnes (…). Si nous décidons qu’il y a libre circulation des personnes“, des Marocains pourront vivre dans chacun des 15 autres pays de l’organisation et vice-versa. “Cela implique un système que nous devrons contrôler, on n’adhère pas à un mariage pour avoir moins, mais plus qu’avant“, a précisé De Souza. Il a ajouté : “Cela signifie des dispositions juridiques et diplomatiques pour compléter le traité et le Maroc deviendra membre part entière.

C’est un mariage sans brexit, sans divorce, il doit être bien préparé.

Le Maroc va adhérer à un marché de 340 millions de consommateurs et à un schéma de libération des échanges ainsi qu’un tarif extérieur commun (douanier). La CEDEAO dispose de 6.000 lignes tarifaires et le Maroc en a 17.800, il faudra harmoniser tout cela dans la durée“.

Bourita a exprimé sa gratitude à la Commission pour l’ambiance très constructive. “Nous sommes très confiants“, a-t-il conclu…

La Tunisie œuvre à devenir, avant la fin de l’année 2017, membre de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) , a affirmé, mardi 22 août, le chef du gouvernement Youssef Chahed.
Intervenant lors de l’ouverture du forum ” Tunisian African Empowerment “, tenu au Palais des congrès, Chahed a souligné que la Tunisie ambitionne de mettre en place un partenariat solidaire avec les pays africains, dont l’objectif est de garantir un développement durable des ressources humaines et préserver la dignité des peuples africains.
” La sécurité, la stabilité et la croissance du continent africain constituent les plus grand défis politiques de nos pays “, a-t-il indiqué, ajoutant que ce forum vise à promouvoir les relations bilatérales entre la Tunisie et les pays africains.

Le repositionnement de la Tunisie sur le continent africain reste tributaire d’une action diplomatique globale qui accorde une place de choix à la communication culturelle et les échanges économiques, a estimé Chahed.
Il a, dans le même cadre, annoncé que le gouvernement tunisien a décidé d’ouvrir deux ambassades, la première à Ouagadougou (Burkina Faso) et la deuxième à Nairobi (Kenya) ainsi que cinq représentations commerciales dans les pays de l’Est, de l’Ouest et du centre de l’Afrique.
Il a en outre ajouté qu‘au cours des quatre prochaines années, la compagnie aérienne Tunisair ouvrira sept nouvelles lignes aériennes desservant le Bénin, le Soudan, le Cameroun, le Gabon, le Congo, le Nigeria et la Guinée.

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On le sait depuis vendredi 24 février 2017 : Le Maroc a transmis à Ellen Johnson Sirleaf, présidente en exercice de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) sa requête pour devenir membre « à part entière » de l’organisation ouest-africaine, « dans la droite ligne de la politique africaine du Souverain, couronnée par le retour du Royaume au sein de l’Union Africaine », dit le document envoyé par Rabat. Donc de ce point de vue, le Maroc, qui n’a d’yeux que pour l’Afrique subsaharienne ces dernières années, a une démarche très logique. On va vous en dire un peu plus sur les enjeux de cette affaire…

Le Maroc lorgne une organisation regroupant 15 Etats, et qui est de fait celle qui marche le mieux et pèse le plus lourd économiquement sur le continent. Le Nigeria, un ténor de l’Afrique et la Côte d’Ivoire, véritable locomotive de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine, qui compte 8 Etats membres), en font partie. A ajouter au Sénégal et au Ghana, dont les institutions financières internationales disent le plus grand bien et auxquels elles prédisent un avenir florissant. La CEDEAO c’est aussi 320 millions d’habitants, la population la plus jeune de la planète, qui occupe 5,1 millions de km2,  affiche un PIB global supérieur à 700 milliards $. La libre circulation des biens et des personnes commence à être une réalité et une monnaie unique est en orbite, pour une entrée en vigueur en 2020. Mais avec le Maroc sur la balance, la CEDEAO serait la 16ème puissance économique mondiale, damant le pion à la Turquie et titillant l’Indonésie en termes de PIB !

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