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CEDEAO

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Pour un pays qui veut davantage s’ouvrir sur l’étranger et promouvoir son image, ses institutions et ses entreprises auprès de ses principaux partenaires, tel que le cas de la Tunisie, la mise en place d’une stratégie de diplomatie s’impose pour faire la promotion du produit et faire bouger, entre autres, les relations diplomatiques. Cette stratégie devrait être, selon les experts en la matière, élaborée en fonction des spécificités des différentes régions du monde – l’UE, l’Asie, le monde arabe, les Amériques ou encore l’Afrique -, sachant que la diplomatie économique est considérée comme l’interaction entre enjeux économiques et objectifs politiques ainsi que la mise en place de la politique nécessaire pour atteindre les objectif économiques escomptés.

Sur ce sujet, la présidente de CONECT International, Monia Jeguirim Essaidi, a tenu à préciser que la diplomatie économique est à la fois une science et un art ; “La diplomatie existe depuis l’indépendance mais depuis ces dernières années, la diplomatie économique est devenue une des priorités dans ce sens que c’est l’économie qui fait bouger les relations diplomatiques“, a-t-elle estimé.

Elle a par ailleurs confié que la CONECT est en train de faire la promotion du produit tunisien à l’étranger dans plusieurs secteurs d’activités dont le tourisme et ce, malgré l’insuffisance des moyens matériels et immatériels limités en comparaison avec plusieurs autres pays.

La présidente de la CONECT International a par ailleurs appelé à mettre en place une stratégie de diplomatie économique qui tient compte des spécificités de chaque région du monde. L’objectif est de promouvoir l’image de la Tunisie et d’améliorer le positionnement des entreprises nationales à l’étranger, appelant ainsi à engager des réflexions sur les grandes lignes de cette stratégie, sa structure et les moyens nécessaires pour sa mise en oeuvre.

Quant à lui, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ahmed Ounaies, a salué l’adoption d’un plan Afrique fruit d’un effort commun entre les acteurs politiques et opérateurs économiques, soulignant que l’année 2017 marque un tournant et une nouvelle ère avec l’ouverture des ambassades de Ouagadougou (Burkina Faso) et de Nairobi (Kenya) et l’annonce de la candidature de la Tunisie à la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et au Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa). “Nous devons entamer une nouvelle ère de coopération avec l’ensemble de nos partenaires, préparer nos partenaires économiques à une nouvelle ère et une nouvelle diplomatie (…) Nous avons de la confiance dans le potentiel économique de la Tunisie“, a-t-il dit.

Il a recommandé la désignation d’attachés économiques dans les ambassades de l’Afrique subsaharienne et ce, dans l’objectif de suivre les évolutions commerciales, les appels d’offres et les perspectives d’avenir.

Pour sa part, Tahar Souid, président de l’Association tunisiennes des anciens ambassadeurs et consuls généraux, a indiqué que le monde économique actuel est en évolution et impose un regard politique mais essentiellement économique : “Les enjeux économiques sont devenus multiples et la Tunisie est un pays initiateur du phénomène de la démocratisation dans le monde arabe“, a affirmé Souid, avant d’assurer que la Tunisie a plusieurs atouts géopolitiques et culturels, et est connue pour la qualité de ses ressources humaines qu’on doit capitaliser tout  en mettant en place une stratégie de diplomatie économique qui mettra en valeur les enjeux de la diplomatie politique.

Il a souligné la nécessité de promouvoir l’image de la marque de la Tunisie, stimuler le tourisme, accompagner les entreprises dans leur démarches à l’export jusqu’à l’exécution de leurs projets, échanger les expériences, encourager les entreprises étrangères à s’installer en Tunisie.

Pour le président de la Conect, Tarel Cherif, la diplomatie économique nécessite aujourd’hui la création d’un ministère pour le Commerce extérieur. Selon ses déclarations, le ministère du Commerce dans sa forme actuelle passe à côté de la question de la diplomatie économique, d’où son appel à créer un département dédié au Commerce extérieur.

Il a par ailleurs appelé à essayer de faire un vrai diagnostic de la situation et de déterminer l’ensemble des éléments et conditions offrant à la Tunisie la possibilité de dépasser le stade actuel.

Quant à lui, Karim Aouij, vice-président de Conect international chargé des pays de l’Afrique subsaharienne, il a indiqué qu’on ne doit pas parler de diplomatie uniquement dans les ambassades et les consultas, mais aussi dans toutes les institutions de l’État.

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La future monnaie commune de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) comme le sésame de la Tunisie, son graal, comme la fin des tourments, cauchemars et sueurs froides du gouvernement, entre dépréciations et dévaluations du Dinar. Il est permis de le penser, puisque c’est la suite logique du projet tunisien d’intégrer l’organisation ouest-africaine. En effet ambitionner de rejoindre une telle structure c’est en accepter avant tout la charte, les codes, et la monnaie unique sera à terme le poumon de la CEDEAO. Certes pas tout de suite, mais l’affaire est déjà dans les tuyaux. En tout cas le Maroc lui, autre candidat à la CEDEAO, est disposé à enterrer en première classe sa monnaie, le Dirham. Tout un bouleversement pour le royaume, un chamboulement de son économie et de ses finances. Mais une chose est sûre : Rabat ne perdra pas au change. Idem pour la Tunisie, dont l’érosion de la monnaie est, dit-on, inexorable parce que voulue par le FMI. La future monnaie unique de la CEDEAO pourrait très bien être le franc CFA, une monnaie solide que partagent déjà les 8 pays de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), une monnaie garantie par la France. Mais cette fois elle sera garantie par l’Union européenne, ce qui lui donnerait davantage de poids et de stabilité, et permettrait également d’abattre les réticences du Nigeria, du Ghana et du Maroc, à en croire les échos de la dernière rencontre entre les présidents français et ivoirien.

Les Tunisiens méconnaissent tellement leur continent qu’ils parlent des ressortissants de l’Afrique subsaharienne en disant les ‘Africains’, comme si eux, les citoyens tunisiens, appartenaient à une autre entité géographique. Mais cette bizarrerie n’est pas seulement imputable aux Tunisiens, les leaders du pays, de tout temps, ont une grosse responsabilité dans cette affaire. Du temps de Habib Bourguiba, on avait de la partie sud du continent une vision fantasmée, distanciée, au meilleur des cas romancée, et donc forcément fausse. Cela ne permettait pas une interpénétration culturelle, et encore moins le cadre pour bâtir un destin commun. Du temps de Ben Ali, on avait les yeux braqués sur l’Europe et le rêve d’une Union euro-méditerranéenne, une chimère longtemps entretenue par l’ancien ministre des Finances français Dominique Strauss-Kahn. L’idée a fait long feu et le projet a été flingué en plein vol par le péril terroriste qui a gagne l’Afrique du Nord. Le bilan de tous ces errements c’est un paquet d’années perdues par la Tunisie. Autant d’années durant lesquelles le berceau du printemps arabe a snobé son continent, lequel avait entre temps profondément changé, et pas toujours en mal, comme avaient tendance à le dire les afro-pessimistes….

La Tunisie vient à peine de changer son fusil d’épaule et commence à regarder différemment l’Afrique subsaharienne. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a fait quelques virées dans cette partie du continent, des voyages certes trop courts, ramassés, trop mal préparés pour espérer en ramener quelque chose de costaud – des contrats -, mais enfin c’est toujours mieux que le néant qu’on a connu durant des décennies. Par ailleurs c’est un premier pas que Chahed vient de bétonner et même amplifier avec “Tunisian African Empowerment Forum“. Certes la chose n’est pas allée de soi. Chahed, comme tous ses prédécesseurs, n’est pas un “mordu” du continent, sans doute par méconnaissance de son gros potentiel, que pourtant les “étrangers” – les Chinois, les Turcs, les Japonais, et maintenant les Emiratis et les Italiens – connaissent très bien. Alors il a fallu secouer Chahed, par moments lui forcer la main pour l’amener à s’intéresser enfin à ce continent qui peut, et le propos n’est pas exagéré, régler tous les problèmes de la Tunisie. La mayonnaise a vite pris. Jusqu’à donner, à la surprise générale, cette candidature à la CEDEAO.

Les gains pour la Tunisie

Quand le roi du Maroc disait dernièrement qu’il est attaché plus que jamais à ce continent et qu’il ne voyait pas l’avenir de son pays ailleurs qu’en Afrique, il y avait certes derrière cette déclaration enflammée de l’affect, des sentiments, un amour sincère pour ses “amis” africains, mais il y a aussi sans nul doute de la rationalité, de la logique, des intérêts. En effet Mohammed VI est sur un terrain dont il maitrise parfaitement tous les codes, toutes les subtilités et revient de chacun de ses périples africains les valisés bourrées de contrats. Des exploits ? Certainement pas. La chose est aisée dans un continent qui affiche la deuxième croissance la plus forte du monde (après l’Asie), qui regorge de richesses naturelles, et donc de capitaux et où tout est à faire en termes d’équipements industriels, de télécommunications, d’infrastructures routières, de santé, technologiques, etc. C’est sur ce terrain que le Maroc joue, et depuis des décennies. La Tunisie, qui présente les mêmes services et a le même savoir-faire que le Maroc, et même mieux dans certains segments, a tout à gagner en densifiant sa présence en Afrique.

On s’est longtemps demandé pourquoi Chahed, à la tête d’un Etat surendetté et aux finances très mal en point, n’allait pas cueillir l’argent là où se trouve : Son propre continent, où se bousculent les investisseurs du monde entier. Avec l’intégration dans la CEDEAO, la Tunisie ferait un grand bond en avant vers son rayonnement en Afrique. En effet la CEDEAO c’est l’une des organisations les plus solides et les plus prospères du continent, elle regroupe 15 Etats dont des poids lourds tels que le Nigeria, première économie d’Afrique, la Côte d’Ivoire, la championne de l’UEMOA,  le Sénégal, qui a découvert récemment d’énormes quantités de gaz et de pétrole, le Ghana… La CEDEAO c’est un marché de 340 millions de consommateurs. Le fait de commercer et d’échanger avec 15 nations, sans taxes, barrières ou tracasseries administratives, ouvre à la Tunisie, à n’en pas douter, de très larges horizons…

La Tunisie n’a pas encore candidaté à la CEDEAO, mais c’est un dossier qui peut aller très vite. En effet le Maroc a officiellement déposé sa demande le 04 juin 2017 et à peine 6 mois après, en décembre 2017, il aura, officiellement, son agrément. Il n’y a pas de raison de refuser à la Tunisie ce qu’on a accordé au Maroc. Reste à savoir comment le pays du jasmin va se dépatouiller avec son autre dossier du même type : la demande d’adhésion à la COMESA. Il faudra certainement faire un choix entre les deux. Quant à la monnaie commune de la CEDEAO, initialement prévue en 2009, elle a été repoussée à 2020. Aux dernières nouvelles, il faudra attendre encore une dizaine d’années. Cela laisse le temps à la Tunisie de se préparer à cette profonde mutation et aussi d’apprendre de la “science” du Maroc. En effet le roi a soigné sa cote Afrique subsaharienne en régularisant récemment près de 20 000 sans-papiers et en intégrant les immigrés légaux dans son dispositif d’emploi. La Tunisie est-elle prête à suivre ?

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Le point de presse de Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères et de Marcel De Souza, président de la Commission de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), était très attendu. Et pour cause : il y a des rumeurs sur des ratés dans le processus d’intégration du royaume, des bruits qui polluent l’atmosphère alors que le roi du Maroc vient de redire son attachement au continent africain. Bourita et De Souza ont assuré et rassuré, et fait au passage une révélation explosive : Une lettre de Mohammed VI, reprise par De Souza, prend l’engagement formel d’abandonner le cher dirham pour adopter la monnaie unique de la CEDEAO, quand elle verra le jour, rapporte Médias24. Stupeur dans la salle. Effet garanti…

Autre information : Les discussions techniques autour de l’entrée du Maroc seront entamées en décembre 2017, après le sommet de Lomé, au Togo. Par ailleurs le patron de la Commission de la CEDEAO a indiqué ceci : L’adhésion stipule la “libre circulation des biens, des services, des capitaux et… des personnes (…). Si nous décidons qu’il y a libre circulation des personnes“, des Marocains pourront vivre dans chacun des 15 autres pays de l’organisation et vice-versa. “Cela implique un système que nous devrons contrôler, on n’adhère pas à un mariage pour avoir moins, mais plus qu’avant“, a précisé De Souza. Il a ajouté : “Cela signifie des dispositions juridiques et diplomatiques pour compléter le traité et le Maroc deviendra membre part entière.

C’est un mariage sans brexit, sans divorce, il doit être bien préparé.

Le Maroc va adhérer à un marché de 340 millions de consommateurs et à un schéma de libération des échanges ainsi qu’un tarif extérieur commun (douanier). La CEDEAO dispose de 6.000 lignes tarifaires et le Maroc en a 17.800, il faudra harmoniser tout cela dans la durée“.

Bourita a exprimé sa gratitude à la Commission pour l’ambiance très constructive. “Nous sommes très confiants“, a-t-il conclu…

La Tunisie œuvre à devenir, avant la fin de l’année 2017, membre de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) , a affirmé, mardi 22 août, le chef du gouvernement Youssef Chahed.
Intervenant lors de l’ouverture du forum ” Tunisian African Empowerment “, tenu au Palais des congrès, Chahed a souligné que la Tunisie ambitionne de mettre en place un partenariat solidaire avec les pays africains, dont l’objectif est de garantir un développement durable des ressources humaines et préserver la dignité des peuples africains.
” La sécurité, la stabilité et la croissance du continent africain constituent les plus grand défis politiques de nos pays “, a-t-il indiqué, ajoutant que ce forum vise à promouvoir les relations bilatérales entre la Tunisie et les pays africains.

Le repositionnement de la Tunisie sur le continent africain reste tributaire d’une action diplomatique globale qui accorde une place de choix à la communication culturelle et les échanges économiques, a estimé Chahed.
Il a, dans le même cadre, annoncé que le gouvernement tunisien a décidé d’ouvrir deux ambassades, la première à Ouagadougou (Burkina Faso) et la deuxième à Nairobi (Kenya) ainsi que cinq représentations commerciales dans les pays de l’Est, de l’Ouest et du centre de l’Afrique.
Il a en outre ajouté qu‘au cours des quatre prochaines années, la compagnie aérienne Tunisair ouvrira sept nouvelles lignes aériennes desservant le Bénin, le Soudan, le Cameroun, le Gabon, le Congo, le Nigeria et la Guinée.

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On le sait depuis vendredi 24 février 2017 : Le Maroc a transmis à Ellen Johnson Sirleaf, présidente en exercice de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) sa requête pour devenir membre « à part entière » de l’organisation ouest-africaine, « dans la droite ligne de la politique africaine du Souverain, couronnée par le retour du Royaume au sein de l’Union Africaine », dit le document envoyé par Rabat. Donc de ce point de vue, le Maroc, qui n’a d’yeux que pour l’Afrique subsaharienne ces dernières années, a une démarche très logique. On va vous en dire un peu plus sur les enjeux de cette affaire…

Le Maroc lorgne une organisation regroupant 15 Etats, et qui est de fait celle qui marche le mieux et pèse le plus lourd économiquement sur le continent. Le Nigeria, un ténor de l’Afrique et la Côte d’Ivoire, véritable locomotive de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine, qui compte 8 Etats membres), en font partie. A ajouter au Sénégal et au Ghana, dont les institutions financières internationales disent le plus grand bien et auxquels elles prédisent un avenir florissant. La CEDEAO c’est aussi 320 millions d’habitants, la population la plus jeune de la planète, qui occupe 5,1 millions de km2,  affiche un PIB global supérieur à 700 milliards $. La libre circulation des biens et des personnes commence à être une réalité et une monnaie unique est en orbite, pour une entrée en vigueur en 2020. Mais avec le Maroc sur la balance, la CEDEAO serait la 16ème puissance économique mondiale, damant le pion à la Turquie et titillant l’Indonésie en termes de PIB !

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Le royaume chérifien a fait sa demande officielle d’intégration de la communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest, la CEDEAO. Trouvant en l’Afrique noire, une opportunité de développer de plus en plus son économie, le Maroc affirme ainsi sa volonté à apporter sa plus-value à la structure sous-régionale, rapporte Latribune.fr

Le Maroc revient en force sur la scène communautaire africaine. Après avoir réintégré l’Union africaine, le royaume se prépare à faire une autre entrée, relativement inattendue. D’après le ministère des Affaires étrangères et de la coopération, les autorités marocaines viennent de faire officiellement la demande de devenir membre à part entière de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), indique la même source.

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Le Maroc a fait sensation le vendredi 24 février 2017 en présentant une demande officielle pour adhérer à la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les intentions du royaume sont claires : Bétonner sa position en Afrique de l’Ouest pour mieux assurer son rayonnement dans l’Union africaine (UA), que le Maroc vient de réintégrer – le 30 janvier 2017 -, après l’avoir boudée pendant 32 ans en réaction à l’admission de la République arabe sahraouie démocratique…

L’affaire est d’importance pour le Maroc, qui avait déjà le statut d’observateur au sein de la CEDEAO. En franchissant ce cap, le royaume met le pied dans une communauté économique forte, composée de 15 Etats membres, dont des poids lourds en Afrique de l’Ouest – le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Ghana -, et qui sont du reste de “grands amis” du Maroc. Le Ghana par exemple vient de parapher 25 accords de partenariat avec le Maroc ; le Sénégal et la Côte d’Ivoire, deux membres très influents de l’UA, ont des liens historiques et très solides avec le royaume ; quant au géant économique le Nigeria, le pont est déjà établi avec le projet d’extension du pipeline ouest-africain, conclu en décembre dernier…

L’UMA est morte, vive la CEDEAO!

Au dernier sommet de l’UA, en Ethiopie, le roi du Maroc, Mohammed VI, avait sonné le glas de l’Union du Maghreb arabe (UMA), en assénant que « sa flamme s’est éteinte parce que la foi dans un intérêt commun a disparu». Pour son pays dorénavant, « la famille africaine est sa famille de référence ». Bien entendu le roi a provoqué de la sorte le courroux de l’Algérie et de la Mauritanie, qui continuent d’entretenir la flamme de l’UMA, une affaire qui a plus que jamais des allures d’utopie au regard de l’incapacité chronique des Etats du Maghreb à concéder le moindre effort dans le sens d’une réelle intégration. Alors Rabat a tourné casaque, un revirement du reste qui ne surprend personne puisque cela fait des années que le royaume ne regarde que vers l’Afrique subsaharienne, qui lui rend bien cette sollicitude avec des contrats par dizaines chaque fois que Mohammed VI fait un déplacement…

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Le président gambien, Yahya Jammeh, qui tient le pays d’une main de fer depuis 22 ans, s’est enfin plié à l’injonction de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et a accepté de lâcher son fauteuil, sans qu’aucun coup de feu ne soit tiré, contrairement à la menace qu’il a brandie. Il a déclaré hier vendredi 20 janvier au soir à la télévision publique qu’il allait céder le pouvoir au vainqueur de la présidentielle de décembre 2016, Adama Barrow, qui avait déjà été investi officiellement le 19 janvier à Dakar, au Sénégal, où il s’est réfugié, craignant les foudres du terrible Jammeh.

«J’ai décidé aujourd’hui en conscience de quitter la direction de cette grande nation, avec une infinie gratitude envers tous les Gambiens (…). Ma décision d’aujourd’hui n’a pas été dictée par quoi que ce soit d’autre que l’intérêt suprême du peuple gambien et de notre cher pays», a dit le désormais ex-président à la télévision.

Certes Jammeh a soigné les apparences, prétextant un retour à la raison suite à la médiation des présidents mauritanien et guinéen, Mohamed Ould Abdel Aziz et Alpha Condé, mais personne n’est dupe, le fait est qu’il avait les canons des troupes de la CEDEAO pointés vers son palais et que sa propre armée l’avait lâché. On a même vu son chef d’Etat major faire la fête avec les partisans du président élu, une scène ahurissante qui en dit long sur la cote d’amour du dictateur de Banjul (la capitale).

Une source mauritanienne impliquée dans ces tractations avait déjà indiqué à l’AFP hier dans la soirée que l’affaire était presque pliée et que Jammeh avait “accepté de quitter le pouvoir. Les tractations tournent autour d’un point de chute pour son exil et des conditions qui doivent accompagner cet exil », avait-elle ajouté. On devrait donc voir Jammeh prochainement sous le soleil, quelque part dans le monde, jouir d’une retraite dorée, un sort nettement plus enviable que la fin atroce qu’ont eue certains dictateurs tristement célèbres du continent…

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Bruits de bottes hier mercredi 18 janvier 2017 à la frontière gambienne, où des troupes militaires sénégalaises ont pris position, rapporte l’agence Reuters, aux côtés d’unités armées nigérianes, ghanéennes, maliennes et togolaises. Ces bataillons ont été mandatés par la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) pour forcer Yahya Jammeh à quitter le pouvoir suite à sa défaite à l’élection présidentielle de décembre 2016, qu’il a reconnue dans un premier temps avant de faire volte-face, une attitude condamnée par la communauté internationale…

« Nous nous préparons très sérieusement », a confié à Reuters une source militaire à Dakar, au Sénégal. Si demain vendredi 20 janvier Jammeh s’obstine à garder son fauteuil, l’assaut pourrait être donné. Mais vu le déséquilibre des forces, les opérations, si opérations il y a, ne devraient pas s’éterniser. En attendant des dizaines de milliers de citoyens gambiens ont déserté le pays…

Le 02 décembre 2016, Jammeh, après 22 ans de règne absolu, avait agréablement surpris la communauté internationale en reconnaissant publiquement – à la télévision – sa défaite. Il avait même soigné les apparences en téléphonant en direct à son adversaire, Adama Barrow, pour le féliciter. Les Gambiens commençaient à croire au crépuscule du dictateur, et ont manifesté bruyamment cette libération. Puis patatras, le 10 décembre 2016, Jammeh revient sur sa décision et conteste la victoire de Barrow, sous prétexte qu’il y aurait eu des fraudes massives. Depuis il s’accroche à son fauteuil, défie la communauté internationale et dit haut et fort qu’il ne craint pas de croiser le fer avec les troupes de la CEDEAO. Il a décrété l’état d’urgence dans le pays et se prépare au pire, malgré les appels à la raison des chefs d’Etat africains venus le voir récemment…

En tout cas sur le plan politique les choses avancent. Le président gambien déclaré vainqueur par les urnes, qui s’est réfugié au Sénégal, va être installé officiellement à la tête du pays ce jeudi 19 Janvier 2017, depuis l’ambassade de Gambie. Il a fait savoir sur son compte Twitter qu’il prêtera serment cet après midi à 16 heures. Il y aura donc de fait deux présidents de la République, mais pas pour longtemps…

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