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Tunisie : « Manger à tous les râteliers », c’est risqué !

Du vide, ou presque, au trop-plein, c’est un peu ce qu’est en train de vivre la diplomatie tunisienne en ce moment. En effet pendant longtemps Tunis a fait le service minimum, se contenant d’être « drivé » par ce qui se présentait à lui, par ce que ses liens historiques avec la France et d’autres pays européens avait mis sur sa route, par son prolongement naturel qu’est le Maghreb arabe et son Union qu’on attend toujours, par le rêve d’une Union Euro-Méditerranéenne qui n’existe que sur le papier… Bref, l’exécutif tunisien a longtemps joué petit bras, complètement dépassé par les évolutions géostratégiques de ces dernières décennies, sclérosé pendant 23 ans par les réflexes de recroquevillement de la dictature de Ben Ali. Mais tout ça c’est fini. D’abord parce qu’on a changé d’époque depuis que ce dernier est parti, mais surtout parce que le monde tout autour de la Tunisie a muté : l’Afrique s’impose à la diplomatie économique tunisienne comme une réalité incontournable, très courue par les puissances du monde entier ; l’Asie affiche un développement formidable qui la rend tout aussi incontournable ; enfin la Tunisie, secouée par une crise ces dernières années, n’a plus les moyens de regarder les trains passer et doit absolument monter à abord, et les dirigeants actuels semblent l’avoir bien compris.

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Le COMESA, la CEDEAO, la ZLECA, l’UMA… La diplomatie tunisienne veut « manger à tous les râteliers« , au risque de choper une indigestion. Car pour ingurgiter tout ça, il faut des moyens, des gros, et la Tunisie n’en a pas. Ses caisses publiques sont vides et elle a beaucoup de retard à rattraper dans le maillage du continent africain et en Asie, pour commencer. On ne s’improvise pas poids lourd de la diplomatie comme ça, la chose se travaille, dans la durée, et il faut au préalable une stratégie finement élaborée. C’est ce qui se joue justement en ce moment entre le département des Affaires étrangères et le patronat. Pourvu que cette affaire aille à son terme et que les engagements pris soient tenus, car il y a beaucoup à y gagner. Mais attention à la boulimie, car à force de « courser » plusieurs gros projets, on finit par se perdre et ne plus pouvoir consolider les acquis. La Tunisie ne doit pas oublier qu’elle est, tout de même, un petit pays et qu’elle ne doit pas perdre de vue ses moyens…

Bonne nouvelle : l’UpM refait surface !

Le secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée (UpM), Naceur Kamel, a salué jeudi 2 août 2018 l’engagement « remarquable » de la Tunisie dans toutes les activités de l’UpM.
« La Tunisie est un membre actif dans 39 projets sur 51 réalisés dans la région euro-méditerranenne« , s’est-il félicité à l’issue de son entretien avec le ministre des Affaires étrangères, Khemaïes Jhinaoui.
Selon Kamel, la rencontre a permis d’examiner les principales actions à entreprendre par l’UpM, afin d’assister la complémentarité régionale entre les pays des deux rives de la Méditerranée.

De son côté, Khemaies Jhinaoui a souligné l’engagement de la Tunisie à sous-tendre les efforts de l’UpM pour le développement des projets euro-méditerranéens.
« La Tunisie est un acteur actif dans la majorité des projets de l’UpM« , a-t-il tenu à préciser.
Selon Jhinaoui, une rencontre de l’Union pour la Méditerranée aura lieu en octobre prochain à Barcelone. Elle offrira l’occasion de présenter la vision de la Tunisie sur les moyens de renforcer la coopération euro-méditerranéenne, dont notamment le projet d’assainissement du lac de Bizerte et la réhabilitation de l’infrastructure de Sfax.
Fondée en 2008, l’Union pour la Méditerranée (UpM) est une organisation intergouvernementale qui regroupe 43 pays dont les 28 Etats membres de l’Union européenne.
Basée sur une co-présidence paritaire entre les deux rives sud et nord de la mer Méditerranée, l’UpM a pour objectif de promouvoir le dialogue et la coopération dans la région euro-méditerranéenne. Son siège est situé à Barcelone.

L’ancien ministre français de l’Economie et ex-patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, était un fervent défenseur de l’UpM, mais une vraie union, une vraie entité dans laquelle les pays du Maghreb seraient des membres à part entière et dans laquelle ils pouvaient se bâtir un avenir. Mais le péril terroriste dans les pays nord-africains est passé par là et a torpillé le rêve. Depuis le réflexe de peur des Européens a été amplifié par l’arrivée de la droite et même de l’extrême un peu partout. Ce que vient de faire l’Italie, en renvoyant sans ménagement et au mépris des conventions internationales des migrants en Libye, en est la parfaite illustration. On est bien loin des idéaux de Strauss-Kahn. La Tunisie et ses voisins du Nord devront se contenter de ce que l’UE veut bien lui offrir, très en-dessous des aspirations du projet euro-méditerranéen et des besoins réels des Maghrébins.

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