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Le processus d’élaboration du Plan National d’Adaptation (PNA) aux changements climatiques a été lancé officiellement jeudi 16 août 2018 à Tunis, dans le but de réduire la vulnérabilité des pays à ces changements, de renforcer la capacité d’adaptation de l’activité agricole et garantir la sécurité alimentaire, la protection du littoral et des ressources hydrauliques, de la santé et de l’infrastructure et ce moyennant 3 millions de dollars (8,29 millions de dinars) déboursés par le Fonds vert.

Il s’agit du coup d’envoi de la préparation du 2ème axe du plan relatif à la sécurité alimentaire et à l’adaptation au secteur agricole, qui sera dirigé par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture), en coordination avec les ministères de l’Agriculture, des Affaires locales et de l’Environnement, moyennant 1 million de dollars (2,77 millions de dollars) .

Pour le ministre de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, Samir Taïeb, l’agriculture compte parmi les secteurs les plus vulnérables et affectés par les changements climatiques, d’autant que le pays compte parmi les plus exposés aux changement climatiques. Il a noté que des études seront lancées faisant remarquer les principales menaces concernent la rareté de l’eau, l’érosion du sol et les richesses animales du pays .

Il a souligné la disposition de toutes les institutions internationales concernées par le dossier des changements climatiques à aider la Tunisie, exprimant la disposition des autorités tunisiennes à appliquer ce qui est dans l’intérêt de l’agriculture et du pays.

De son côté, le représentant de la FAO, coordinateur du bureau de l’Afrique du Nord, Michael George Elhaj, a fait savoir que les objectifs du PNA concernent surtout la réduction de la vulnérabilité du secteur agricole aux changements climatiques à travers le renforcement de la capacité de son adaptation et de son intégration dans les stratégies du développement.

Il convient de signaler que le programme d’action de la FAO a ciblé ces trois dernières années l’exploitation durable des ressources naturelles, dont les ressources en eau, l’adaptation aux changements climatiques et la réduction de ses impacts, la participation à l’élaboration du troisième rapport national sur les changements climatiques et la préparation de deux projets d’investissement dans les régions les plus vulnérables et les plus affectées par le climat.

La coopération entre la Tunisie et la FAO sera renforcée grâce à de nouveaux projets, portant sur la mise à jour de la carte agricole et l’amélioration de la qualité de ses services en vue d’une meilleure exploitation des ressources naturelles particulièrement hydrauliques.

Outre l’axe relatif à la sécurité alimentaire et l’adaptation de l’activité agricole, le PNA comprend deux autres axes dont le premier porte sur l’inclusion des questions relatives au climat dans la planification et l’aménagement urbain aux niveaux interrégional, régional et national alors que le deuxième axe porte sur l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie nationale visant l’intégration des questions relatives à la politique de développement économique et social en Tunisie.

TAP

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Selon les modèles numériques des climatologues, l’année 2019 sera une année pluvieuse en Tunisie, après trois années sèches, dont les impacts ont été fortement ressentis par la population. Le spectre de “révolte de la soif“, plane déjà sur plusieurs localités du pays et l’absence de l’eau suscite davantage de protestations sociales.
Bien que l’histoire des pluviométries en Tunisie, pour plus d’un siècle, révèle que la fréquence de trois ans de sécheresse est rare et même risquée, car elle épuise les stocks en eau, la réalité des changements climatiques a changé la donne, ces dernières années et les effets de ce phénomène planétaire ne sont plus prévisibles.

Le plan climat pour la Tunisie table sur une diminution des ressources en eau conventionnelles de la Tunisie de 30% d’ici 2030 et sur une baisse des ressources en eau de surface d’environ 5%. La Tunisie perdra, ainsi, environ 150 millions de mètres cubes (m3) de ses ressources actuelles en raison de l’élévation du niveau de la mer et de l’augmentation de la salinité dans les aquifères côtiers, selon le plan climat présenté par la Tunisie à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCUNCC).
Le pays devrait, donc, se préparer à des phénomènes extrêmes, non seulement, au niveau des politiques de l’Etat, mais aussi à une échelle plus restreinte (communautés locales, individus) pour prévenir les risques des changements climatiques et en atténuer les impacts, en particulier en ce qui concerne la ressource en eau, vitale pour la survie et pour la croissance économique.

La pénurie de l’eau, premier danger des changements climatiques

Les changements climatiques en Tunisie seront perceptibles à travers une augmentation de la température de deux degrés dans l’extrême Sud et Sud-est du pays, entraînant des précipitations plus faibles et une augmentation du taux d’évaporation et une réduction du volume des eaux des barrages et des ressources en eau mobilisées.
L’Observatoire National de l’Eau avait déjà mis en garde contre une “révolte de la soif“, et contre les “protestations dans diverses régions du pays“, dans lesquelles des coupures d’eau ont duré plus qu’un mois.
La situation risque de s’aggraver, parce qu’au moment où les ressources en eau diminuent en Tunisie, à cause de la baisse des précipitations, les besoins en cette ressource rare augmentent, compte tenu du développement du mode de vie de la population et de l’expansion urbaine.
Cela pourrait mener à un déséquilibre entre l’offre et de la demande et à la perturbation de l’approvisionnement et de la distribution de l’eau, ce qui engendrera inévitablement, plus de protestations sociales.

L’expertise des ancêtres pour protéger les droits des générations futures

Les ancêtres ont laissé de nombreuses techniques traditionnelles de récupération de l’eau, dont les “feskias”, des bassins construits par les aghlabides et qui constituent les plus importants ouvrages hydrauliques de l’histoire du monde islamique servant à lutter contre la sécheresse et à la pénurie d’eau. Les bassins des Aghlabides de Kairouan sont les plus célèbres en Tunisie. Il s’agit d’une série de réservoirs constitués d’un petit bassin de décantation, d’un grand bassin pour l’emmagasinage des eaux et de deux citernes de puisage, d’une capacité de plus de 900m3.
Ces ouvrages et d’autres systèmes adoptés par la Tunisie depuis les années 1970, tels que les “Tabias”, peuvent contribuer à la conservation de l’eau et aussi du sol ainsi qu’à la réalisation d’une autonomie pour les familles et les agglomérations, notamment dans les zones rurales.

Les Tunisiens doivent penser, désormais, à récolter l’eau pluviale en hiver pour lutter contre la soif et la pénurie d’eau en été. Ils ont déjà l’habitude de préparer leur réserve alimentaire appelée “El Oula”, pour la consommation pendant l’hiver.
Car, d’ici 2050, les réserves en eau de la Tunisie vont connaitre une réduction de plus de 50% à cause du déficit pluviométrique, de la prolongation des périodes de sécheresse et du changement climatique.

La récolte des eaux de pluie, une technique fréquente dans plusieurs pays

Selon une étude de l’ITES, intitulée “L’eau à l’horizon 2050 “, il tombe sur la Tunisie en année moyenne environ 36 milliards de m3, avec une très forte variabilité entre 11 et 90 milliards de m3. Or, les eaux de surface mobilisées dans les lacs, les barrages et dans les nappes aquifères ne totalisent qu’environ 4,8 milliards de m3 /an.
Il reste donc pour clore le bilan 31,2 milliards de m3 /an. Il est légitime de se demander si l’on peut récupérer une partie additionnelle de cette pluviométrie non mobilisée. Le réexamen du bilan consiste à chercher à identifier les emplois de ces 31,2 milliards de m3 afin d’en récupérer le maximum soit sous forme directe ou indirecte.
Une part de ces ressources peut être récupérée à travers la technique de récolte des eaux de pluie, déjà utilisée dans des pays comme l’Inde ou le Mexique où, une organisation mexicaine a réussi à installer un système de récupération des eaux pluviales au profits des logements, des écoles et des établissement de santé.
Ce système a permis de garantir des sources d’eau durales à environ 12 millions de mexicains, selon l’organisation Isla Urbana.

Des données de l’Observatoire National de l’Eau montrent, déjà, ce jeudi 26 juillet 2018, que les ressources des barrages tunisiens, estimées, à ce jour, à 869,917 millions de m3 sont en baisse de 91,816 m3 par rapport à la moyenne de 3 ans auparavant (le même jour).
A cet effet, il est plus que jamais recommandé de préserver l’eau. Tout citoyen peut jouer son rôle et penser à récolter les eaux de ruissellement pour ses besoins domestiques. L’Etat est appelé, pour sa part, à imposer aux promoteurs immobiliers et à toutes les nouvelles constructions, des ouvrages de collecte des eaux.
Car, les eaux de pluie sont des eaux gratuites qui peuvent être utilisées pour l’irrigation des jardins, le nettoyage des surfaces et du linge et partant réduire la pression sur les eaux du réseau de la SONEDE.
Les industriels et hôteliers peuvent, eux aussi, penser à des systèmes de collecte des eaux de pluie, à travers des réservoirs et des citernes, pour réduire leur consommation d’eau.

Une pauvreté hydrique qui impose la révision des politiques agricoles

La Tunisie fait aujourd’hui partie du club des 20 pays les plus vulnérables et les plus exposés aux impacts des changements climatiques. Cette réalité doit pousser les décideurs à repenser la politique agricole pour l’adapter à la nouvelle donne climatique.
Car, l’agriculture demeure l’un des premiers secteurs consommateurs d’eau, en particulier, les cultures irriguées qui accaparent 80% des ressources en eau mobilisées, soit 2,2 milliards m3 par an, dont 75% provenant de la nappe souterraine. Les cultures irriguées occupent une superficie de 450 000 hectares en Tunisie, soit 8% des superficies cultivées du pays.
Concrètement, ceci veut dire qu’il faut abandonner certaines cultures consommatrices de l’eau telle que les fraises, sachant que pour la production d’un seul kilogramme de ce fruit, il faut consommer 380 litres d’eau. L’Etat gagnerait à promouvoir, à contrario, des cultures adaptées au climat aride et semi-aride qui ne nécessitent pas de grandes quantités d’eau telles que la figue de barbarie, les oliviers et d’autres cultures à sec.

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Ce mercredi 27 septembre s’est tenue, à la Cité des Sciences de Tunis, une conférence proposée par l’Agence Française de Développement et le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche sur la transition agroécologique et l’adaptation aux changements climatiques, mettant en avant les défis auxquels l’agriculture tunisienne doit faire face dans les prochaines années.

A cette occasion, Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur de France en Tunisie, Olivier Poivre d’Arvor, a rappelé les actions menées par l’agence dans le secteur agricole, avec une mobilisation de plus de 270 millions d’euros depuis 1994. M. Abdallah Rabhi, Secrétaire d’Etat chargé des Ressources Hydrauliques et à la Pêche, a mis en exergue le partenariat étroit entre Ministère et l’Agence pour la mise en œuvre de réponses appropriées aux grands enjeux de l’agriculture tunisienne. Parmi eux, la dégradation et la rareté des ressources naturelles (sol et eau) constituent une problématique centrale.

La conférence a donné lieu à deux tables rondes, faisant intervenir des experts français et tunisiens : M. Christian Fusillier, responsable de la division Agriculture, Développement Rural et Biodiversité de l’AFD ; M. Eric Scopel, directeur de recherche au CIRAD ; M. Karim Daoud, président du SYNAGRI ; M. Salah Lamouchi, président de l’APAD (Association pour la Promotion de l’Agriculture Durable) ; Mme Samia Maamer, Directrice Générale en charge de l’Agriculture Biologique ; Mme Murielle Trouillet, cheffe de projet de l’initiative 4p1000 (visant des méthodes de séquestration du carbone dans les sols) ; et M. Hassen Chourabi, Directeur Général de l’Aménagement et la Conservation des Territoires Agricoles.

Ces interventions ont porté dans un premier temps sur la définition du concept de l’agroécologie et son inscription dans une logique de durabilité des systèmes de production : l’agriculture, au-delà de sa fonction économique, a également des fonctions sociales (emploi, maintien des activités des territoires ruraux) et environnementales (préservation du capital naturel). Ont ensuite été présentées des initiatives concrètes issues du terrain, menées en Tunisie. La projection d’un film est venue enrichir les échanges avec la salle en présentant les résultats d’expériences de diffusion de techniques agroécologiques à travers le Monde (Cameroun, Cambodge, Madagascar).

Cette conférence s’inscrit dans la série des évènements organisés par l’Agence de Tunis dans le cadre du 25ème anniversaire de son engagement en Tunisie.

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Au cours du mois d’octobre 2016, le ministère de l’agriculture présentera au conseil d’administration du Fonds vert pour le climat, un projet de lutte contre les changements climatiques, nécessitant des financements de plus de 20 millions d’euros, a indiqué le directeur général de l’aménagement et de la conservation des terres agricoles au ministère de l’agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche Hassen Chourabi.
Dans le cadre de Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), le fonds vert pour le climat fournit aux pays en voie de développement des financements de près de 100 milliards de dollars par an, pour la réalisation de projets de lutte contre les changements climatiques.
Intervenant en marge d’un atelier de travail tenu, lundi, sur le thème ” l’agriculture tunisienne et la lutte contre les changements climatiques : orientations, priorités et dispositions futures”, le responsable a indiqué que son département a achevé l’étude du projet, en coopération avec l’Agence française de développement (AFD).
Le projet, dont le coût frôle les 20 millions d’euros en plus de 6 millions euros sous forme de dons, concernera les gouvernorats de Zaghouan, Mahdia et Kasserine. Il comporte plusieurs techniques de lutte contre les changements climatiques et leurs impacts sur les ressources naturelles et hydrauliques et sur la terre, a indiqué Chouarbi, ajoutant que le projet sera lancé en 2017, au plus tard 2018, après l’obtention du financement par le fonds vert pour le climat.
La coordinatrice des projets au sein du “Partenariat Mondial de l’Eau – Méditerranée (Global Water Partnership) ” Sarra Touzi, a, pour sa part, précisé que le gouvernement, notamment, le ministère de l’agriculture est responsable de la mise en place des lignes directrices et des programmes d’action visant à mettre à niveau toutes les personnes concernées ainsi que les opérants dans le secteur agricole, pour lutter contre les dangers des changements climatiques.
Le ministre de l’agriculture Saâd Seddik a souligné que le stock des eaux des barrages qui représentent 25% du stock total des eaux, a régressé de 450 millions de mètres cubes à cause des changements climatiques qui impactent directement l’agriculture, notamment les ressources hydrauliques.

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