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Le budget de l’Etat pour l’exercice 2019 a été préparé sur les hypothèses suivantes:
-Croissance économique: 3,1%
-Prix de référence du baril de pétrole (Brent): 75 dollars
-Déficit budgétaire: 3,9% du PIB
-Taux d’endettement: 70% du PIB
-Augmentation des exportations: 8,1%

Rappelons que les hypothèses trop optimistes du projet du budget 2018, notamment un prix du baril de pétrole exagérément bas malgré les alertes des experts, ont valu bien des déboires au chef du gouvernement. Est-ce encore le cas cette fois ? Les analystes ont la parole…

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On parle rarement du déficit budgétaire de la première puissance économique mondiale, les Etats-Unis; on a plutôt l’habitude de les voir, derrière le FMI, faire la leçon aux nations les moins avancées, et pourtant… Le budget des USA pour l’exercice 2018 affiche un trou de 779 milliards de dollars (673 milliards d’euros), un record depuis 2012, rapporte Reuters. Les allégements d’impôts de Donald Trump sont passés par là, ils ont rogné les recettes alors qu’au même moment le coût de la dette publique monte, d’après les chiffres publiés lundi 15 octobre 2018 par le Trésor.

A présent le déficit pèse 3,9% dans le produit intérieur brut (PIB) du pays, contre 3,5% pour l’exercice 2017.
Mais bonne nouvelle : pour le seul mois de septembre 2018, le Trésor signale un excédent budgétaire de 119 milliards de dollars, plus que ce qui était prédit et un record pour un mois de septembre.
Jusqu’au 30 septembre dernier, le déficit de l’exercice 2018 s’est aggravé de 113 milliards de dollars, c’est +17% en comparaison avec 2017.
Mais le directeur du Bureau et de la gestion du budget (OMB) à la Maison blanche, Mick Mulvaney, est d’avis qu’il n’y a pas péril en la demeure. “L’économie américaine en pleine expansion va augmenter les recettes fiscales, une étape importante vers la soutenabilité budgétaire à long terme“, a-t-il indiqué dans un communiqué.

Autre son de cloche du côté du Bipartisan Policy Center, un organe de réflexion indépendant ; selon lui les chiffres communiqués lundi doivent être un “signal d’alarme” pour les dirigeants. “Le fait que notre gouvernement se rapproche d’un déficit de 1.000 milliards de dollars au coeur d’une phase d’expansion économique devrait être considéré comme un problème grave par les électeurs et les candidats“, a déclaré son vice-président William Hoagland, en faisant allusion aux élections de mi-mandat calées pour le 6 novembre 2018.

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Le Fonds monétaire international a rendu public ce lundi 8 octobre son rapport sur la 4ème revue au terme de laquelle il a donné son feu vert au déboursement de la 4ème tranche de son prêt à la Tunisie.

Il a souligné que la reprise s’est poursuivie comme prévu par la troisième revue, nonobstant les préoccupations sociopolitiques élevées et une nouvelle hausse des prix du pétrole. La croissance s’est accélérée pour atteindre 2,8% au cours du deuxième trimestre, tirée par l’agriculture et le tourisme, l’inflation a décéléré à 7,5% en août, et le déficit du compte courant pour le premier semestre s’est amélioré de un pour cent du PIB.

Cependant, l’investissement demeure, le chômage est élevé, en particulier parmi les jeunes et les femmes, et le pouvoir d’achat des Tunisiens s’érode. Le déficit budgétaire à la fin du mois de juillet a été inférieur aux prévisions, en raison du paquet fiscal de 2018 et de l’amélioration de la collecte des impôts. Les autorités ont satisfait à tous les critères de performance quantitatifs et mis en œuvre deux des trois repères structurels prévus pour le quatrième examen, notamment les enchères concurrentielles en devises de la banque centrale.

En 2018, la croissance devrait atteindre au moins 2,6%, l’inflation serait contenue à une moyenne de 7,8%, les déficits, externe et fiscal, se sont améliorés pour la première fois depuis 2014, et les réserves en devises internationales ont progressé à 3,4 mois d’importations.

La poursuite des politiques et des réformes soutenues par la 4ème Revue sera essentielle pour protéger la reprise en cours et affermir la stabilisation dans un contexte difficile tant au niveau national qu’externe. Il s’agit des réformes des subventions énergétiques, des contrôles stricts des recrutements et des salaires dans le secteur public, de la réforme des retraites, du resserrement monétaire pour contenir l’inflation et le refinancement élevé de la banque centrale, et de la mise en œuvre résolue des enchères de devises concurrentielles.

Au titre des risques, le FMI évoque des dérapages dans la mise en œuvre des politiques et des réformes en raison de la persistance des tensions sociopolitiques élevées et de la détérioration de la sécurité qui restent, dit-il, les principaux risques. Les risques externes proviennent notamment de la persistance de prix du pétrole élevés, de la montée des tensions commerciales, de la baisse de confiance vis-à-vis marchés émergents et des conditions de financement globales plus strictes. Ceux-ci pourraient peser sur comptes extérieurs et budgétaires et compromettre les prochaines émissions d’obligations souveraines.

 

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Où Chalghoum trouvera les 9 Milliards DT et à qui les donnera-t-il ?

Le chiffre de 9,307 Milliards DT, équivalents à 2,7 Milliards d’euros, en service de la dette (Principal et intérêts) a fait le tour du monde. L’information a quelque part choqué, au vu des réserves en devises qui fondent chaque jour un peu plus et de la crise, économique et financière, que traverse la Tunisie.

Il s’agirait, selon nos informations, de dettes contractées en 2012 et 2013, dont le 1er crédit américain, la 1ère garantie US qui s’en est suivie, la 1ère tranche du crédit du FMI et une partie du crédit qatari notamment.

Remarque importante, ce chiffre de 9,3 Milliards DT ne représente pas que la dette extérieure. Le montant se décompose en fait en 3 Milliards DT en principal et 6,3 Milliards DT en intérêts. Ce même chiffre des 9,3 Milliards DT, c’est aussi uniquement 6,4 Milliards DT en dette extérieure et le reste en dettes locales contractées sur la place financière locale sous forme de BTA, BTC et autres.

Le chiffre de 9 Milliards DT choque certes, mais il n’est pas nouveau et ne fera certainement pas référence dans l’avenir. En effet, embourbée dans une baisse de ses recettes du fait des difficultés que connaissait le tourisme et les difficultés que connait toujours le secteur des phosphates et la croissance démesurée de la masse salariale par rapport à la croissance, la Tunisie de l’après révolution n’avait plus d’autre choix que de s’endetter.

Force est cependant de constater qu’elle s’endette, mais reste solvable, dans la mesure où elle a toujours payé ses dettes en temps et en heure. En 2017, la Tunisie a ainsi payé un peu plus de 7,3 Milliards DT en service de la dette. En 2018, la Tunisie devrait payer l’équivalent de 7,841 Milliards DT en service de la dette et 9,3 Milliards DT en 2019.

«La Tunisie respectera ses engagements». Ridha Chalghoum, ministre tunisien des Finances, l’a encore confirmé lors de la journée consacrée au projet de loi de finances 2019. Il a même assuré qu’il le fera, tout en restant dans un déficit budgétaire de 3,9 %. «Le seul moyen de faire baisser l’endettement, c’est de payer plus qu’on n’en contracte», affirmait encore le ministre des Finances.

Ce qui a rendu ce remboursement possible selon les experts, c’est d’abord la croissance. Elle est petite et n’a pas encore pu créer la richesse et les emplois, mais elle a permis de stabiliser la situation économique et financière. Une situation qui permet à la Tunisie de rembourser ses dettes sans pouvoir encore se délecter des fruits de cette croissance. Un proverbe bien connu disait «Qui paie ses dettes s’enrichit». Sur une radio privée, Ridha Chalghoum annonce que le taux d’endettement baissera en 2019 ! Un autre proverbe turc dirait «Argent emprunté s’en va riant, revient pleurant». Les Milliards des années 2012 et 2013 qui ont été dépensés, partout sauf dans l’investissement et la création d’emplois, sauf peut-être le fictif, sont désormais exigibles en période de crise, financière et de liquidité.

Mais ce qui aide encore le ministre tunisien des Finances à rester optimiste et à rembourser en temps et en heure, c’est que les recettes de l’Etat ont suivi. En effet, à la lecture du document détaillant le résultat de l’exécution du budget de l’Etat 2018 jusqu’à fin juillet, on constate que le total des ressources propres de l’Etat a augmenté de 20,7%, atteignant déjà presque les 14 Milliards DT en 7 mois, contre seulement 13 Milliards en juillet 2017 et 13,6 Milliards en juin 2018. Dans ces recettes, où les rentrées fiscales ont augmenté de 14,5 % dont 1,712 Milliard DT en fiscalité indirecte (+65 % en Droits de Douane, +22 % en TVA et +16,1 % en Droit de Consommation) et 1,492 Milliard DT en impôts sur les sociétés qui étaient en hausse de 6,5%.

Force est ainsi de constater que la Tunisie de 2018 arrive à trouver le ressort nécessaire, pas encore pour rebondir, mais au moins pour rester sur pied. Elle arrive encore à trouver de quoi payer ses dettes pour ne pas entrer sur la liste noire des bailleurs de fonds, payer ses retraites et ses salaires. Elle vivra encore à l’étroit, mais honorera ses engagements. Entretemps, 600 MDT ont été aussi distribués aux familles nécessiteuses, comme l’exige aussi le FMI.

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La Tunisie envisage d’émettre 1 milliard de dollars

La Tunisie envisage d’émettre 1 milliard de dollars d’euro-obligations au début du mois d’octobre 2018 pour réduire le déficit budgétaire de l’exercice courant, rapporte ce lundi Reuters, citant des sources officielles.

«Nous émettrons un milliard d’euro-obligations au début du mois d’octobre prochain dès que le FMI aura décaissé la prochaine tranche de son prêt à la Tunisie», ont expliqué les sources.

La Tunisie attend l’approbation du FMI pour un nouveau versement de 250 millions de dollars sur un total de 2,8 milliards de dollars, montant du crédit accordé par le Fonds.

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Le ministre des Finances, Ridha Chalghoum, a confirmé, lors de son passage ce lundi 17 septembre 2018, sur Express Fm, que la décision de faire baisser le prix de la voiture populaire à moins de 20 mille dinars sera mise en application grâce à la coordination avec toutes parties prenantes.

Lors de la tenue de la conférence nationale sur le projet de loi de finances 2019 qui a eu lieu vendredi dernier à Tunis, le Chef du gouvernement a annoncé la baisse des prix des voitures populaires, dont les prix ont atteint les 30 mille dinars.

« Les prix actuels des voitures populaires n’ont rien à voir avec le terme ‘populaire’. Nous allons donc prendre les mesures nécessaires pour qu’elles redeviennent à la portée », a ajouté Chahed.

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Le budget de l’Etat pour l’exercice 2019 atteindra les 40 milliards de dinars avec des prévisions de croissance de 3%, a annoncé, vendredi 14 septembre 2019, le ministre des Finances, Ridha Chalghoum.
Dans une déclaration à TAP en marge de la conférence nationale sur les orientations économiques et sociales inscrites dans le cadre de la loi des finances (LF) pour l’année 2019, le ministre a ajouté que le gouvernement œuvrera à réduire le déficit budgétaire qui devra passer de 4,9% en 2018, à 3,9% en 2019 pour atteindre 3% en 2020.
Le gouvernement vise également à réduire le taux d’endettement à moins de 70%, a-t-il encore précisé.

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La Zambie envisage de réduire son déficit budgétaire à 5,1% du produit intérieur brut (PIB) d’ici les trois prochaines années, rapporte Reuters.

Cet objectif ferait partie d’une stratégie globale, visant à améliorer les performances de l’économie du pays d’Afrique australe.

Ainsi, le gouvernement envisage également de maintenir le taux d’inflation entre 6% et 8% et d’accroître les recettes intérieures à au moins 19% du PIB. Cette stratégie, couplée à une hausse des réserves de change, devrait entraîner une croissance économique d’au moins 4% sur les trois prochaines années.

Cette annonce intervient dans un contexte où la Zambie a décidé d’entamer des réformes afin de réduire sa dette extérieure qui s’est établie à 9,3 milliards $ en juin dernier.

Ceci devait permettre au pays d’obtenir entre autres un prêt de 1,3 milliard $ de la part du Fonds Monétaire International (FMI), qui avait émis des inquiétudes quant à la viabilité de la dette du pays.

Notons que pour 2018, l’institution table sur une croissance de l’économie de la Zambie à 4%

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L’économiste et consultant en stratégie d’investissement Sadok Jebnoune a indiqué, dans une interview accordée à Africanmanager, qu’il faut 3000 Millions de dinars pour boucler le budget 2018, sans compter le service de la dette pour l’année 2019 dont le montant s’élève à 9 Milliards de dinars, selon ses dires.

Il a par ailleurs souligné que le déficit commercial de la Tunisie atteindra d’ici la fin de cette année près de 20 Milliards de dinars.

Sadok Jebnoune a ajouté que la crise en Tunisie est financière et s’est aggravée avec la faiblesse des revenus fiscaux.

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Le conseiller économique, directeur du département des études du Fonds Monétaire International (FMI) Maurice Obsfeld a appelé les gouvernements des pays ayant vu leurs marges de manœuvre se rétrécir concernant leurs budgets publics, à mettre en œuvre des politiques monétaires et financières publiques rigoureuses, outre l’impulsion de la coopération internationale pour faire face aux déséquilibres mondiaux.
Dans son article intitulé “Nécessité de coopérer pour faire face aux déséquilibres mondiaux” publié par le FMI sur son site électronique, le conseiller économique a insisté sur la volonté des gouvernements de réduire le déficit budgétaire et d’encourager les ménages à l’épargne dans les pays où les comptes courants extérieurs sont au-dessous du niveau requis. Obsfeld a écrit que “les réformes encourageant l’investissement et l’épargne peuvent favoriser, à travers l’effacement des obstacles de l’entrée au marché ou la solidification de la sécurité sociale, le retour à l’équilibre extérieur dans les pays ayant des taux d’intérêt excessifs”.
L’amélioration de la productivité et des compétences de la main d’oeuvre figure parmi les solutions les plus adéquates dans les pays qui enregistrent de forts déficits extérieurs, a-t-il assuré.

Le représentant du FMI a considéré “que les conflits excessifs restent inchangés généralement, d’autant plus qu’ils se propagent dans les économies les plus avancées et attisent avec le temps les tensions commerciales entre les pays“.
Il a constaté sur la base de l’évaluation des soldes des comptes courants pour les 30 plus fortes économies dans le monde que les excédents et les déficits des soldes courants des pays ne présentent pas de problèmes en eux-mêmes mais peuvent être appropriés et utiles.
A titre d’exemple, les jeunes économies devraient s’appuyer sur les ressources extérieures en important plus qu’en exportant et recourir à l’emprunt pour couvrir le déficit.
En revanche, les pays riches où le phénomène du vieillissement de la population nécessite d’économiser afin d’assurer la retraite des employés peuvent conserver les excédents et prêter aux pays déficitaires.

Obsfeld a attiré l’attention sur le fait que les soldes des comptes courants peuvent toutefois devenir excessifs, soit plus importants que ne le préconisent les principes fondamentaux de l’économie et les politiques économiques adéquates, ajoutant que les déséquilibres externes excessifs, déficits ou excédents présentent des risques pour les pays et pour l’économie mondiale.
Cette situation, a-t-il dit, peut fermer les portes d’emprunt face aux ménages excessivement endettés, et les économies qui ont tendance à trop emprunter de l’extérieur vu les forts déficits dans leur compte courant pourraient encourir un arrêt soudain des flux de capitaux, ce qui pourrait provoquer une instabilité tant au niveau national que mondial.
L’expert a fait observer que les comptes courants sont restés inchangés au cours des cinq dernières années à un niveau de 3,25% du PIB mondial, sachant que les analyses du FMI montrent que près de 40% à 50% de ces comptes mondiaux sont excessifs et concentrés dans les économies les plus avancées.

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“L’amélioration, quoique légère de l’activité économique en 2017 n’a que peu soulagé les finances publiques qui demeurent parmi les préoccupations majeures du pays”, note la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans son dernier rapport relatif à l’année 2017. En effet l’économie nationale a enregistré, en 2017, une croissance de 1,9%, soit un taux bien en deçà des prévisions initiales (2,5%). Cette situation a restreint la marge de manœuvre de l’économie tunisienne pour mieux maîtriser les équilibres macroéconomiques, particulièrement le maintien du déficit budgétaire à un niveau soutenable pour ainsi réduire le niveau de l’endettement public.

“La hausse des dépenses à un rythme plus rapide que celui des ressources propres a engendré un creusement du déficit budgétaire de 475,9 MDT pour atteindre 6,1% du PIB, ce qui a eu pour conséquence l’accélération de l’endettement public qui s’est situé à 69,9%, ajoute la BCT.

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Taoufik Rajhi est ministre en charge des grandes réformes. Il est aussi en charge du dossier des relations avec le FMI, un des principaux bailleurs de fonds de la Tunisie. Pour Africanmanager, il répond  à ceux qui font circuler que les relations du gouvernement tunisien avec le FMI se seraient détériorées.

Question : Tout d’abord vous venez de rentrer de Beyrouth où vous avez présidé la trentième session ministérielle de la Commission Economique et Sociale des Nations Unies de l’Ouest de l’Asie (ESCWA). Quels ont été les résultats ?

Réponse : C’était le tour de la Tunisie de présider pendant trois années cette commission. La réunion a été fructueuse et s’organise habituellement autour de Trois réunions ministérielles de discussion et des réunions parallèles d’experts. Nous avons débattu de la technologie face aux défis du développement durable. Nous avons adopté la déclaration de Beyrouth sur la technologie pour le développement durable qui serait la plateforme Arable des actions fédératrices dans le domaine permettant d’atteindre les objectifs de développement économique et social établis par les nations Unies.

Question : Et la Tunisie dans tout cela ?

Réponse : Au contraire nous avons fait la promotion de l’expérience tunisienne récente en matière de réformes dans le secteur et en particulier l’adoption du Startup Act qui est révolutionnaire à plusieurs égards. Le plus grand défi du monde Arabe est le chômage des jeunes diplômés et le développement de technologies chez les jeunes ne peut se faire que par l’encouragement de la création des startups.  Nous avons insisté sur le rôle de l’Etat d’investir dans l’infrastructure technologique mais aussi sur la réforme du cadre législatif comme la Startup Act en Tunisie mais aussi un cadre fiscal et financier incitatif en même temps que les structures de financement.

Question : Il y a eu beaucoup de désinformation ces jours-ci, sur la relation gouvernement-FMI, allant jusqu’au bruit sur la rupture, le non décaissement et l’annulation de la visite du Directeur de la région MENA. Qu’en est-il au juste ?

Réponse : J’ai suivi tout cela avec amertume car au moment où nous travaillons d’arrache-pied sur le redressement économique du pays et dans une période cruciale de réalisation des financements prévus par la loi de finance 2018, des contrevérités surgissent et parfois manipulées par des médias «professionnels».
Au contraire de tout ce qui a été dit, la visite du Directeur de la région MENA prévue le lundi 25 a été reportée pour le 26 juillet à cause de la visite du Roi de Jordanie à Washington le 25 juin. Il est inconcevable que le Directeur de la région soit à l’étranger au moment de la visite du plus haut responsable du dossier de son pays, qui est en difficulté.  En plus, la Revue était concluante depuis la visite des experts et même en termes de réalisation des objectifs quantitatifs et repères structurels, elle est de loin la meilleure, puisque c’est la première Revue où on ne demande pas de dérogation. En plus la date du Conseil d’Administration était fixée depuis un mois pour le 6 juillet et a été confirmé vendredi dernier avec ironie par le Chef de communication du FMI lors de la conférence habituelle. Personnellement, je prévois comme dans le conseil d’Administration de la Banque Mondiale le 27 juin une décision unanime d’approbation du rapport du staff qui a mis l’accent sur les progrès réalisés en matière de réformes. D’ailleurs je peux vous annoncer que la prochaine revue sera le 15 aout et elle sera concluante inshallah.

Question : Vos détracteurs vous répondent que le gouvernement ne fait qu’appliquer les dictats du FMI ?

Réponse : Cette assertion populiste est une insulte à la Tunisie et en particulier à l’Administration et me fait personnellement rire.  De grâce a-t-on besoin du FMI pour savoir qu’il faudrait réduire le déficit budgétaire, réformer nos caisses, maîtriser nos dépenses de compensation de l’énergie ou encore maitriser la masse salariale ? A-t-on besoin du FMI pour savoir qu’on doit impérativement réformer nos entreprises publiques, moderniser l’administration fiscale, améliorer la collecte d’impôt ? D’ailleurs nulle part vous trouverez une référence à la réforme des entreprises publiques ou les caisses sociales dans le programme du FMI ou la BM.
Parfois je m’amuse à lire que le FMI a demandé la privatisation des entreprises publiques, alors que cette question n’existe nulle part ni dans nos discussions ni dans les documents échangés. C’est de la désinformation et de la manipulation de l’opinion publique et cela nous fait dévier de l’essentiel qui est la réforme et la modernisation de l’Etat. Le FMI vient discuter cette politique budgétaire avec le gouvernement dans un dialogue constructif et d’égal à égal et nous finissons toujours par le convaincre. Sinon comment vous expliquez le paiement des augmentations salariales par le mécanisme de crédit d’impôt, le montant exorbitant de la compensation de l’hydrocarbure ou même le nouveau package social ?  Nous sommes conscients de nos problèmes et nous trouvons toujours des solutions et c’est comme çà que nous avons gardé le FMI à nos côtés,  alors que d’autres pays sont en rupture et en difficulté et dépêchent leurs hauts responsables à Washington pour convaincre. La politique budgétaire de la Tunisie est conçue par le gouvernement tunisien en toute indépendance et aux détracteurs de présenter l’alternative s’ils en ont.

Question : Il y a une avancée qui est celle de l’amélioration des recettes de l’Etat en traquant les fraudeurs, la corruption !

Réponse : Mais cela ne constitue pas en soi une politique budgétaire alternative. Les gouvernements successifs en sont conscients et ont amélioré l’arsenal juridique et répressif et les résultats sont meilleures, bien qu’il reste beaucoup à faire. En tout cas oui à la lutte contre les fraudeurs fiscaux, l’évasion fiscale, la corruption mais ceux qui pensent que les sommes récoltées vont servir à payer les salaires et la compensation de l’énergie se trompent. L’argent dégagé sera consacré aux pauvres et aux classes moyennes. Nous venons de le faire lorsqu’on a constaté une amélioration des recettes fiscales par un package social dont l’intégration de 35.000 familles nécessiteuses et la prime de 500 dinars pour les nouveaux étudiants des classes moyennes pour atténuer leurs dépenses de rentrée universitaire.

Question : Comment vous justifier alors  la hausse des prix de l’Energie ?

Réponse : La facture énergétique est un casse-tête pour les gouvernements tunisiens depuis la révolution. Cette année nous avons projeté dans la LF 2018  sur la base d’un prix du baril de 54$ un coût global de la compensation de l’Energie (gaz, électricité et hydrocarbure) de 2400 Millions. Le budget devrait supporter 1500 millions de dinars et le reste devrait être recherché par des politiques sectorielles et d’ajustement des prix à hauteur de 900 millions. Nous avons annoncé tout cela en décembre 2017 en indiquant qu’on fera un ajustement trimestriel avec la règle d’ajustement automatique des prix dont le passage à un ajustement mensuel était prévu pour juillet 2017 et reporté depuis à juillet 2018.

Question : Mais le prix du baril est loin des 54$ aujourd’hui.

Réponse : Comme le prix du Baril a augmenté dès le début de l’année, le Gouvernement a mis en place en février un task force que je préside qui est consacré au « Suivi des risques budgétaires de la hausse du prix du pétrole ». Nous avons fait une première révision en février sur la base d’un prix moyen de 62$ et nous avons estimé à ce moment le cout total à 3000 MDT et augmenté le poids supporté par le budget de 1500 MD à 2100 MDT pour ne pas affecter davantage le poids des ajustements sur les ménages. Malheureusement en mai et sur la base d’un prix moyen de 70$ la facture est montée à 4035 MD, ce qui est le double de ce qui est prévu par la LF2018. Encore une fois, nous avons décidé d’augmenter la part supportée par le Budget de 1500 et 2100 à 2700 MD soit 1100 supplémentaires supportés par le budget de l’Etat et non prévus par la LF2018 et qui sera financée indirectement par le contribuable tunisien.

Question : Qui va supporter l’augmentation du prix du baril de pétrole ?

Réponse : Le budget ne peut pas supporter plus et nous sommes résolus à ne pas aller au-delà de ce montant de 2700 MD en 2018 quel que soit le prix du baril et de monitorer de près le prix du baril mensuellement et faire les ajustements mensuels nécessaires avec la règle d’ajustement automatique. Notre prochaine évaluation de la situation est en octobre prochain pour voir quelles sont les décisions nécessaires pour rester dans l’enveloppe de 2700 MD. D’ailleurs, le Parlement nous a autorisé uniquement 1500 MD et nous sommes à 2700 DM et nous devons y aller à l’ARP pour une loi de finance complémentaire rien que pour ça. Personne n’accepte que tous les contribuables tunisiens paient 80% de la compensation de l’hydrocarbure au 20% des plus riches. On ne veut pas s’endetter pour payer la compensation de l’hydrocarbure mais pour les écoles, les universités, les hôpitaux, l’infrastructure…. OK.

Question :  Vous n’avez pas d’autres solutions pour résorber la facture énergétique ?

Réponse : Bien sûr que oui. Les énergies non renouvelables tout d’abord et nous avons commencé la rationalisation de la consommation énergétique, surtout pendant l’été y compris par l’administration. Les nouveaux produits non polluants comme le premium car il est inconcevable qu’on continue en Tunisie de consommer le gazoil alors qu’il est banni dans les pays européens et on peine à le trouver sur le marché international. Il faudrait aussi qu’on ait une politique énergétique qui respecte l’environnement et à mon avis il faudrait bannir progressivement le gazoil ordinaire en Tunisie et le remplacer par un produit moins polluant. En plus, le transport commun public et non public y compris les taxis doivent penser à la voiture électrique ou à gaz. Cela nécessite sûrement de l’infrastructure et des incitations mais l’Etat est prêt à le faire pour le bien du pays. Au lieu de négocier des tarifs, négocions stratégie de transport urbain conjointement avec une stratégie d’Energie propre. Ce sont les vraies questions à débattre dans le pays. Nous devons aussi développer des techniques financières de couverture contre risque de la hausse du prix du baril. J’ai mis en place une équipe qui réfléchit sur la question.

Question : Revenons à la question brûlante des retraités qui sont en grogne concernant le paiement de leurs pensions.

Réponse : Sur ce sujet, il y a un malentendu. Il y a deux problèmes. Le premier est celui des paiements des pensions de retraite des caisses de retraites et le second est celui de l’augmentation des pensions. Pour le premier, le problème est structurel et dû à la réforme de 1985 qui a tout fait pour distribuer l’excédent du système à cette époque et n’a pas prévu la transition démographique. Le gouvernement a donné la priorité à ce sujet et a assuré tout d’abord les retraites de 2016, 2017 et encore maintenant 2018 en injectant du transfert direct respectivement de 300 MD, 600 MD et autre cette année. Les difficultés de cette année étaient prévues et le gouvernement avec la participation des partenaires sociaux a préparé une réforme minimaliste mais les partenaires sociaux ont pris du temps pour valider les choix de la commission tripartite à leurs structures malgré de multiples rappels par le gouvernement. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a validé les résultats de la commission tripartite et a envoyé la loi à l’ARP.  La loi était prête depuis l’année dernière et si on avait adopté cette réforme et si on l’avait appliquée depuis janvier on n’en serait pas là.  Alors il fait pas blâmer le gouvernement qui est en avance par rapport aux partenaires sociaux en matière de réforme des caisses et non plus pour son soutien financier au CNRPS pour combler son déficit structurel.

Question : Et pour les augmentations des pensions du CNSS ?

Réponse : Là aussi il y a deux problèmes celui de l’augmentation des pensions du CNSS qui se fait en fonction de l’augmentation du SMIG et celui des pensions du CNRPS qui se fait selon le mécanisme de péréquation. Pour le premier problème, le gouvernement est en train d’étudier la question et d’évaluer l’impact. En effet, le CNSS n’a pas les moyens de financer l’augmentation des pensions du CNSS  car déjà elle  a un déficit structurel et est en train de payer les pension actuelles en grignotant les cotisations de l’assurance maladie du CNAM. Toute décision d’augmentation du SMIG va se traduire par un déficit supplémentaire du CNSS d’où il est nécessaire de prendre la bonne décision mais aussi de l’accompagnera une réforme structurelle. La décision d’augmentation du SMIG est imminente.

Question : Et pour les augmentations des pensions du CNRPS ?

Réponse : Pour l’augmentation des pensions du CNPRS et au-delà du fait que la CNRPS n’a pas les moyens de payer les pensions en soi à cause du déficit structurel, on a eu un problème de la Cour des comptes qui considère que le crédit d’impôt n’est pas une augmentation salariale et par conséquent c’était une faute de gestion d’ajuster les pensions du CNRPS en conséquence en 2017. Rappelons que l’Etat a financé l’application de la péréquation en 2017 qui est proportionnelle à la moitié des augmentations salariales de 2017. EN 2018 nous avons eu le versement sous forme de crédit d’impôt de la deuxième moitié de l’augmentation de 2017 qui a été versée en trois mois (janvier, février et mars) et la dernière tranche de l’augmentation spécifique de 2018.  En temps normal, la CNRPS devrait appliquer la péréquation mais d’une part il n’a pas les ressources financières et d’autre part il se heurte à l’avis de la Cour des comptes. Nous travaillons sur une solution dans les jours qui suivent mais encore c’est l’Etat qui va supporter ce coût. La réforme du CNRPS est plus qu’une urgence, c’est vital. J’espère que l’ARP se saisira rapidement du dossier.

Question : On croit savoir que vous n’appréciez guère la hausse du taux directeur récente de la BCT ?

Réponse : Je n’aime pas du tout commenter la politique monétaire de la BCT car je crois profondément à l’indépendance de la BCT. Fondamentalement, il est légitime qu’une banque centrale s’attaque à l’inflation et peu importe la composante monétaire de l’inflation, la hausse du taux directeur est impopulaire en Tunisie car l’offre des banques tunisiennes en matière de taux d’intérêt du crédit est variable ( TMM+ un taux de marge) à part les banques islamiques et les crédits de plus de 15 ans. En théorie l’objectif de la hausse du taux directeur est de réduire l’octroi de crédit pour financer la nouvelle demande de crédit pour la consommation ou l’investissement. En Tunisie, nous voulons juste qu’elle freine les nouveaux crédits à la consommation et pas l’investissement. Or, comme les banques tunisiennes ne supportent que le risque de crédit et non de taux et n’offrent pas de taux fixes comme la majorité des pays, la majorité des emprunts sont à taux variables et par conséquent la hausse du TMM réduit le pouvoir d’achat des ménages qui ont des emprunts en cours et alourdit la trésorerie des entreprises. C’est un effet collatéral qui rend la décision impopulaire.

Question : Que Faire Alors ?

Réponse : Il faudrait changer la législation pour que les banques offrent aux ménages et entreprises des taux fixes à côté des taux variables dont leur variabilité est limitée comme dans les pays européens, d’autant plus qu’une courbe de taux permet de calculer la prime de risque. Ceux qui sont allergiques au risque choisiront l’emprunt à taux fixe et seront à l’abri de la hausse du TMM, les autres prendront le taux  variable à leurs risques et périls, même s’ils peuvent profiter en cas de baisse, mais tout cela enlèvera à la décision de la hausse du TMM le caractère impopulaire et elle deviendrait une décision technique de politique monétaire.

Question : Mais en tout cas la hausse du TMM  affectera les décisions d’investissement et au-delà la relance ?

Réponse : Vous avez raison et c’est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé de développer des crédits à taux bonifié pour l’investissement des PME afin d’absorber l’effet néfaste de la hausse du TMM. Nous avons même souhaité une sorte de quantitative Easing ciblé à l’investissement des entreprises, ce qui a déjà été décidé. D’autres mesures suivront pour protéger l’investissement qui est le moteur de la croissance.

Question : On a l’impression que vous oubliez l’essentiel, qui est le social.

Réponse : Jamais. Le gouvernement a pris conscience dès janvier 2018 de la nécessité d’atténuer l’impact de l’inflation en augmentant l’allocation des familles nécessiteuses de 30 dinars, d’aligner les pensions dans le privé en-dessous de 180 dinars à ce seuil et de proposer le soin gratuit aux jeunes chômeurs. D’autres mesures ont été prises en Juin, elles concernent l’absorption en une seule fois de la liste d’attente, la prise en charge des abonnements scolaires de leurs enfants ainsi que la prime de 500 dinars pour les nouveaux étudiants afin d’alléger les dépenses des familles concernant la rentrée universitaire occasionnées par la réussite de leurs enfants au bac. N’oubliez pas que deux augmentations salariales programmées ont été servies pendant les quatre premiers mois de 2018. La moitié de l’augmentation de 2017 qui a été servie en janvier, février et mars et l’augmentation spécifique de 50-40 dinars par mois en avril 2018. S’il est possible de faire plus ça sera fait mais maintenant les contraintes financières sont au maximum.

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Le président de la Commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple, Mongi Rahoui a déclaré jeudi 31 mai 2018 sur Express fm, que le taux du déficit budgétaire pour l’année 2018 dépassera de loin ce qui était attendu, faisant référence à la hausse des prix du pétrole et la dépréciation de la monnaie nationale.

Rahwi a qualifié le budget de  2018 comme étant un désastre pour le citoyen, ajoutant que la situation nécessite des ajustements et des révisions des prix, notamment celui du carburant.

Le président de la commission des finances à l’ARP a, par ailleurs, indiqué que” le taux d’inflation enregistre une augmentation mensuelle de 0,5% alors que le gouvernement a confirmé en début d’année que le taux d’inflation ne devrait pas dépasser les 0,8%, soulignant a ce même effet que le volume des prêts de cette année serait d’environ 9550 millions de dinars qui seront alloués au remboursement de la dette et la couverture du déficit budgétaire ce qui signifie l’absence totale d’investissement.

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Et voilà, c’est la Banque Centrale de Tunisie (BCT) qui l’annonce clairement après l’avoir démenti il y a quelques jours, devant une foule de journalistes venus l’interroger sur la question : Il y aura une sortie prochainement sur le marché financier international. Dans un communiqué paru lundi 28 mai 2018 et dont une copie est parvenue à Africanmanager, la BCT a fait savoir qu’elle procédera à l’émission au nom et pour le compte de l’Etat tunisien d’un emprunt obligataire sur le marché financier international aux fins du financement du déficit budgétaire et de la balance des paiements. Il s’agira de lever selon l’agence de presse Reuters, 1 milliard de dollars. Une nouvelle qui semble bonne pour la Tunisie mais des mauvaises surprises ne sont pas à écarter et surtout cette annonce en dit long sur le mauvais état des finances publiques. Nombreux sont les économistes qui ont mis en garde contre cette sortie qui va coûter très cher à la Tunisie, sans pour autant enrayer l’hémorragie budgétaire.

Dans une déclaration ce mardi 29 mai 2018 à Africanmanager, l’économiste et ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda a rappelé que la Banque centrale vient de décider lors de son dernier Conseil d’administration d’autoriser une sortie sur le marché international pour lever la bagatelle de 1 milliard de dollars. Il a souligné que cette étape est nécessaire dans la forme puisqu’elle ouvre la voie à cette opération attendue depuis le début de l’année, même si la date n’est pas encore fixée, selon ses dires.

Ben Hammouda a par ailleurs expliqué cette sortie par le double déficit, celui des finances publiques et du commerce extérieur. “Le creusement de nos réserves et les pressions qu’ils font peser sur le dinar ainsi que le déficit des finances publiques justifient également cette sortie et le recours aux marchés internationaux pour éviter l’assèchement de nos ressources internes“, a-t-il précisé.

Mais, je pense que cette sortie a trop tardé et les débuts d’année sont toujours plus favorables sur les marchés. A cela il faut rajouter les nuages et les incertitudes qui ont augmenté sur le ciel de notre économie et qui font que les conditions seront certainement assez coûteuses“, a affirmé Ben Hammouda, avant d’ajouter : “L’incertitude politique, l’accroissement du prix du baril et ses effets sur notre économie, les résultats économiques modestes et les retards dans les réformes que ne cessent de souligner le FMI et les autres institutions internationales vont peser lourdement sur cette sortie et sur le coût du prêt”, a-t-il dit.

Dans un entretien récent avec Africanmanager, l’expert en économie Ezzedine Saidane avait déclaré sur ce sujet que le gouvernement n’est pas encore sorti sur le marché financier international alors que l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) l’a autorisé à le faire : “La Tunisie aurait dû sortir sur le marché financier international pendant la deuxième moitié du mois de mars pour emprunter 1 milliard de dollars, mais avec les ratios actuels, les indicateurs économiques et financiers et la dernière notation de Moodys, cela comporte un risque important dans le sens où la Tunisie sait qu’il ne lui sera pas possible de trouver le montant demandé, ou que même si elle trouve tout le montant ou une partie, cela se ferra à des taux d’intérêts exorbitants“.

Quant à lui, l’économiste et ancien ministre des Finances Houcine Dimassi a mis en garde contre toute sortie sur le marché financier international. Dans une déclaration accordée à Africanmanager il a dit : “La Tunisie ne doit pas sortir sur le marché international (…) Toute sortie sur le marché financier international est fortement déconseillée pour le moment à cause de son image négative auprès du FMI et de la Banque Mondiale”, a soutenu Dimassi. ”Et si d’aventure elle le faisait , le taux d’intérêt serait beaucoup plus élevé que jamais”, a-t-il ajouté. Cette déclaration vient suite à la hausse des cours pétroliers à l’échelle mondiale, un constat qui devrait se refléter négativement sur la Tunisie, qui va se retrouver obligée de s’endetter pour couvrir le gap budgétaire sachant que le budget de l’État a été élaboré sur un prix de 54 dollars le baril de pétrole alors que le prix du baril de Brent a franchi le seuil des 75 dollars.

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Aux dernières nouvelles, la Tunisie n’a pas reçu un seul sou pour corser son budget depuis la grand-messe des investisseurs, “Tunisia 2020“, en novembre 2016. Pourtant le trésor de guerre de Youssef Chahed en a bien besoin, en dépit de la dernière musique rassurante du ministre des Finances, Ridha Chalghoum, sur une réduction phénoménale du déficit budgétaire. On l’a dit et redit : Le fait d’avoir loupé ses hypothèses dans la loi de Finances 2018, notamment avec le prix du baril du pétrole, coûte cher au gouvernement, et à la Tunisie. Et c’est pas près de s’arranger avec un baril de brut qui a déjà crevé le plafond des 70 dollars et file vers… 100 dollars d’après certains experts. Donc un paquet d’ennuis en perspective pour le pays. Alors si on ne peut pas de suite s’aventurer sur le marché international de la dette, au risque de recevoir une volée de bois vert (taux d’intérêt exorbitants, notamment, après avoir bien mouillé la chemise !) cela ne veut pas dire qu’il faut fermer la porte d’un appui budgétaire par les temps qui courent. Et c’est justement ce que la Tunisie a l’intention de faire. Le programme de la Banque Mondiale (BM) d’appui au budget de l’Etat tunisien sera présenté au Conseil d’administration de la Banque, durant le mois de juin prochain, a fait savoir Marie Françoise Marie Nelly, directrice du département Maghreb et Malte, Moyen-Orient et Afrique du Nord de la BM.

Intervenant, lundi 21 mai 2018, lors d’une rencontre avec le ministre du Développement, de l’Investissement et de la coopération internationale, Zied Laadhari, la responsable a réitéré l’engagement de son institution de continuer à appuyer la Tunisie pour la réalisation de ses projets de développement.
Selon un communiqué, publié par le département du Développement, la rencontre a été axée, également, sur la coopération financière entre la Tunisie et la BM et les projets futurs pour la période 2018-2019, dont notamment ceux relevant des secteurs vitaux (énergie, eau, technologie, infrastructure…)

Laadhari a saisi cette occasion pour présenter un exposé sur l’évolution de la situation économique du pays et l’avancement des réformes engagées dans le dessein de booster le rythme de croissance et de création de richesse.
Les deux parties ont, également, passé en revue l’avancement des préparatifs pour l’organisation, fin du mois de juin, du Forum de l’investissement dans les grands projets et le partenariat public/privé (PPP), et ce, en étroite collaboration avec le groupe de la BM.
Ont pris part à cette rencontre, Georges Ghorra, Représentant résident de la Société financière internationale (Groupe de la Banque mondiale) en Tunisie, et le représentant résident de la BM en Tunisie, Tony Veheijen. Du beau monde quoi, pour des urgences qui n’attendent pas…

S.L.

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Cela faisait longtemps que l’économie du pays n’avait pas enregistré autant de bonnes nouvelles en si peu de temps. D’abord les chiffres de la balance commerciale, plus précisément la réduction du déficit commercial, jusqu’à un niveau notable que ne boude pas un gouvernement aux abois, et pas que sur cette affaire. Et avec les promesses de la Chine, les choses ne pourront que se bonifier. Il y a aussi les indicateurs du tourisme, très bons, les prévisions également, même si on peine encore à franchir le palier supérieur du tourisme haut de gamme, synonyme de jackpot pour les réserves en devises (le voisin marocain en sait quelque chose). On peut évoquer également la reprise de la production de phosphate, malgré quelques accrocs par-ci par-là, une embellie qui enhardit les autorités, jusqu’à les pousser à se lancer dans des prédictions qui font planer. Et puis il y a eu, mardi 15 mai 2018, les chiffres de la croissance, une très bonne surprise, quoi qu’en dise le ministre du Développement, qui faisait la fine bouche en pleurant sur le 0,5% de point de croissance cramé par les protestataires de la CPG et la crise du secteur pétrolier. Enfin ce mercredi 16 mai 2018, on a les dernières données sur le déficit budgétaire. Et elles sont très bonnes, à en croire le rapport sur les “Résultats Provisoires de l’Exécution de Budget de l’Etat, Mars 2018”, publié par le ministère de Finances.

Chalghoum est à la fête !

Le déficit budgétaire, d’après le document émis par le département de Ridha Chalghoum, s’est nettement réduit de 41,7%, à 1079,4 millions de dinars (MD), fin mars 2018, contre 1852,3 MD, à la même date de l’année écoulée.
A ce rythme, au terme de l’année en cours, le déficit budgétaire ne devrait pas atteindre les 5 216 MD, prévus dans la Loi de Finances 2018, soit l’équivalent de 4,9% du PIB.
Selon le raport, cette amélioration a été induite par une progression notable des recettes non fiscales à 901,1 MD, durant le premier trimestre 2018, contre 279,3 MD durant la même période de 2017, et ce, en raison des recettes réalisées essentiellement, en matière de revenus des participations et des entreprises publiques (396 MD en mars 2018, contre 5,9 MD en mars 2017) et de la relance de la commercialisation de carburants (150 MD en 2018, contre des ventes nulles, à la même date en 2017).

Cette évolution des recettes non fiscales, a été accompagnée par une légère baisse des ressources d’emprunt (2111,7 MD), par rapport aux prévisions de la Loi de Finances 2018, et particulièrement les emprunts extérieurs (677,4 MD au cours des trois premiers mois de 2018 contre 879,2 MD, durant la même période de 2017).
Le département des Finances a expliqué le déficit budgétaire par la hausse des charges de remboursement de la dette extérieure (à 458,4 MD, en mars 2018 contre 285,7 MD en 2017), de la dette intérieure (460,6 MD contre 382,3 MD) et des intérêts de la dette (919 MD contre 668 MD).
Par contre, les dépenses de gestion ont baissé de 5 504,2 MD, en mars 2017, à 4 964,7 MD en mars 2018.
Le ministère a révélé, dans ce document, que le déficit est comblé, jusque-là, moyennant des financements intérieurs nets.
S’agissant de la dette extérieure de la Tunisie, le département a fait savoir que 47,8% de l’encours de cette dette sont en euros, 27,3% en dollars, 11,4% en yen et 13,5% en d’autres devises.

Vous avez dit récupération ?

Le débat sur la main du chef du gouvernement, Youssef Chahed, dans cette avalanche d’indicateurs positifs va forcément fuser. D’abord lui, qui ne manquera pas prochainement de communiquer à volonté sur ces bons chiffres, et il ne va pas se gêner pour nous en mettre plein la vue d’autant plus qu’une aile parmi ses soutiens du Pacte de Carthage, l’UGTT, continue de réclamer des offrandes en têtes ministérielles, voire celle du patron. Et Ennahdha, quoi qu’il en dise pour le moment, n’en pense pas moins. Ces bons chiffres, même le camp du chef du gouvernement, où pourtant il n’est pas en odeur de sainteté, les revendiquera, sans le moindre scrupule, surtout dans cette année électorale qui se profile où toutes les munitions, d’où qu’elles viennent, sont valables. Bon, pour que le camp de Chahed puisse faire de la récupération il faudra que la reprise se confirme et s’accélère en 2018-2019…

Chahed fera ce que font tous les politiciens du monde dans sa situation : Se prévaloir des trains qui arrivent à l’heure, même si on sait que ce qui marche est souvent le fait d’opérateurs privés pour qui le gouvernement n’a pas fait grand-chose pour le moment – d’ailleurs les patrons le lui rappellent à chaque rencontre -, même si on sait que les progrès sont pour la plupart les fruits des politiques lancées par les prédécesseurs et que les successeurs récoltent sans vergogne. Mais c’est de bonne guerre, si on endosse la responsabilité de tout ce qui ne va pas quand on est au pouvoir, on doit aussi logiquement être en droit de revendiquer ce qui fonctionne. L’essentiel est ailleurs pour la Tunisie. Il est dans la capacité de l’équipe de Chahed, si elle survit aux attaques sur les flancs, à maintenir le cap, voire mieux, ce qui est loin d’être gagné, quoi qu’en dise Oxford Business Group

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L’Algérie a une fenêtre d’opportunité pour concilier ajustement économique et croissance. Un assainissement soutenu mais graduel des finances publiques est nécessaire, s’appuyant sur une stratégie de financement diversifiée qui exclut l’emprunt auprès de la banque centrale et la diversification de l’économie requiert une masse critique de réformes structurelles, en partageant de manière équitable la charge de l’ajustement. C’est en trois intertitres que le FMI (Fond Monétaire International) résume la visite de ses services du FMI qui achèvent leur visite en Algérie pour la consultation de 2018 au titre de l’article IV.

Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Jean-François Dauphin, a séjourné à Alger du 27 février au 12 mars pour les entretiens relatifs à la consultation de 2018 au titre de l’article IV. Les entretiens ont porté principalement sur le dosage de mesures et de réformes qui permettrait de rétablir l’équilibre macroéconomique et de favoriser une croissance durable et inclusive. À l’issue de la visite, M. Dauphin a publié la déclaration ci-après :

« L’Algérie reste confrontée à des défis importants, posés de la baisse des prix du pétrole il y a quatre ans. En dépit d’un ajustement budgétaire important en 2017, les déficits budgétaire et du compte courant extérieur demeurent élevés. Si les réserves restent abondantes, elles ont diminué de 17 milliards de dollars, pour atteindre 96 milliards de dollars (hors DTS). L’activité économique globale a ralenti, bien que la croissance hors du secteur des hydrocarbures soit restée stable. L’inflation a ralenti de 6,4 % en 2016 à 5,6 % en 2017.

« Face au choc pétrolier, les autorités ont consolidé les finances publiques en 2016–2017. Elles ont oeuvré à définir une stratégie de long terme pour refondre le modèle de croissance du pays, et ont pris un certain nombre de mesures pour améliorer l’environnement de l’entreprise, commencer à réformer les subventions à l’énergie, moderniser les outils de politique monétaire et autoriser l’émergence d’un marché des changes à terme.

« Depuis la fin 2017, les autorités ont modifié leur stratégie macroéconomique à court terme. Pour stimuler la croissance et la création d’emplois, elles ont adopté un budget expansionniste pour 2018, dont le déficit sera financé principalement par la banque centrale, et ont renforcer les barrières à l’importation. Elles entendent reprendre la consolidation budgétaire à compter de 2019, en vue de rétablir l’équilibre budgétaire en 2022.

« La mission partage le double objectif des autorités de stabiliser l’économie et promouvoir d’une croissance plus durable et plus inclusive, mais elle considère que le nouveau dosage de politique économique à court terme est risqué et pourrait entraver la réalisation de ces objectifs. Les nouvelles mesures risquent d’aggraver les déséquilibres, accentuer les tensions inflationnistes et accélérer la perte de réserves de changes. En conséquence, il se peut que l’environnement économique ne devienne propice ni aux réformes, ni au développement du secteur privé.

La mission est d’avis que l’Algérie a toujours une fenêtre d’opportunité pour concilier ajustement économique et croissance. Avec une dette publique relativement basse et une dette extérieure faible, il est possible de renforcer les finances publiques graduellement. La consolidation budgétaire est nécessaire pour ajuster le niveau des dépenses au niveau réduit des recettes, mais elle peut se faire à un rythme régulier sans recourir au financement monétaire de la banque centrale. Il s’agit de recourir à un large éventail d’instruments de financement, notamment l’émission de titres de dette publique au taux du marché, des partenariats publics-privés, des ventes d’actifs et, idéalement, d’emprunts extérieurs pour financer des projets d’investissements bien choisis. La consolidation devrait être menée, d’une part en augmentant les recettes non pétrolières à travers l’élargissement de l’assiette fiscale (réduction des exonérations et renforcement du recouvrement) et, d’autre part, en réduisant graduellement le poids des dépenses courantes dans le PIB et en réduisant les investissements tout en améliorant leur efficacité. Une dépréciation progressive du taux de change combinée à des efforts visant à éliminer le marché parallèle des changes favoriserait aussi l’ajustement. La banque centrale doit être prête à resserrer la politique monétaire si les tensions inflationnistes ne s’atténuent pas. Si le choix est fait de continuer de monétiser le déficit, il conviendrait de mettre en place des sauvegardes robustes, notamment en plafonnant strictement le financement monétaire en volume et en durée, tout en lui appliquant un taux de marché.

« Quel que soit le dosage de politique économique des autorités, une masse critique de réformes structurelles est nécessaire pour promouvoir l’émergence d’une économie tirée par le secteur privé et diversifiée, et réduire ainsi la dépendance au pétrole et au gaz. Il convient d’agir sans tarder sur plusieurs fronts pour simplifier la bureaucratie, améliorer l’accès au crédit, renforcer la gouvernance, la transparence et la concurrence, ouvrir davantage l’économie à l’investissement étranger, améliorer le fonctionnement du marché du travail et l’adéquation entre les emplois et les compétences, et favoriser l’emploi des femmes. Pour accroître l’efficacité de la politique économique, les autorités doivent en renforcer le cadre. Il s’agit notamment de continuer à renforcer la gestion des finances publiques, d’améliorer l’efficience des dépenses publiques, ainsi que de renforcer le cadre prudentiel et le dispositif de préparation aux crises. La politique commerciale doit avoir pour objectif principal d’encourager les exportations plutôt que d’imposer des barrières non tarifaires aux importations, barrières qui créent de distorsions.

« L’équipe du FMI a rencontré le Premier Ministre, Monsieur Ouyahia, le Ministre des Finances, Monsieur Raouia ; le Ministre de la Formation et de l’Enseignement Professionnels, Monsieur Mebarki ; le Ministre de l’Industrie et des Mines, Monsieur Yousfi ; le Ministre du Commerce, Monsieur Benmeradi ; le Ministre des Travaux publics et des Transports, Monsieur Zaâlane ; le Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale, Monsieur Zemali ; et le Gouverneur de la Banque d’Algérie, Monsieur Loukal. L’équipe s’est aussi entretenue avec des hauts fonctionnaires et des représentants de la banque centrale, ainsi qu’avec des représentants des secteurs économique et financier et des partenaires sociaux.

« L’équipe du FMI tient à remercier les autorités et ses autres interlocuteurs de leur hospitalité, de leur coopération et de leur franchise lors des échanges de vues. »

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Mohamed Boussaid, ministre marocain de l’Economie et des Finances, a dévoilé lors d’une conférence de presse, vendredi 26 janvier 2018, les indicateurs macro-économiques phares de l’exercice 2017. On a appris que le royaume a presque multiplié par 4 son taux de croissance cette année : 1,6% en 2016 et 4,6% en 2017, rapporte Médias24. Autre bonne nouvelle : Le gouvernement a atteint ses objectifs dans la réduction du déficit budgétaire. De 4,1% il a été rogné jusqu’à 3,5%, selon le ministre.

Le Maroc doit ces succès à une montée des recettes fiscales, +6,1%, a indiqué Boussaid. Dans le détail, on a :

+16,3% au titre de l’IS

+0,7% au titre de l’IR

+1,6% au titre de la TVA.

+4,6% au titre de la TIC.

Par ailleurs les montants décaissés par les pays du Golfe, des dons, ont culminé à 9,5 milliards de dirhams. Le pactole de 5 milliards de dollars promis par les pays du Golfe a presque été entièrement encaissé. A noter que les quatre pays donateurs sont l’Arabie saoudite, les Emirats, le Koweit et le Qatar, à raison de 1,25 milliard de dollars chacun, sur 5 ans. Le ministre n’a pas indiqué si le royaume allait encore bénéficier de la manne des pétrodollars en 2018, toujours est-il que le budget 2018 a intégré 7 milliards de DH de dons du Golfe.

Boussaid a aussi fait savoir que le taux d’endettement du Trésor a chuté, une première ces dernières années, passant de 64,7% du PIB à 64,5%. D’après les données préliminaires, le déficit du compte courant affiche 4% en 2017 contre 4,4% l’an dernier.

A propos de la montée de fièvre de mai-juin 2017, durant laquelle les investisseurs s’étaient précipités vers les couvertures, ce qui avait fait fondre les réserves de change nettes, le ministre a déclaré : “Il n’y a pas eu spéculation, mais une ruée légale vers les couvertures, de la part d’opérateurs qui n’avaient pas une vision suffisamment claire du marché (…). D’ailleurs, ceux qui ont parié sur une baisse du Dirham ont dû le regretter, puisqu’il n’y a pas eu de baisse et ils ont perdu de l’argent“.

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BCT : Les banques de plus en plus gourmandes

Le déficit budgétaire (hors dons, privatisation et confiscation) s’est élargi au terme des 10 premiers mois de 2017 à 4.420 MDT contre 3.792 MDT une année auparavant. Le financement du déficit a été assuré à hauteur de 88% par des ressources extérieures nettes de l’ordre de 3885.1 MDT contre 1835.8 MDT à fin octobre 2016. C’est ce qui a été indiqué dans la dernière note de conjoncture de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Ainsi, au terme des 11 premiers mois de 2017, les importations totales se sont accrues à un rythme plus accentué que celui des exportations, soit 19,2% et 17,3% respectivement, se traduisant par une détérioration du taux de couverture (68,3 points de pourcentage contre 69,4 points à fin novembre 2016). En effet, les importations ont totalisé 45,3 milliards de dinars à fin novembre 2017contre 38 milliards au terme du mois de novembre 2016, tandis que les exportations de biens n’ont rapporté que 31 milliards de dinars au cours de la même période contre 26,4 milliards une année auparavant.

Cette situation a induit une poursuite du creusement du déficit commercial qui a atteint son niveau historique le plus élevé, soit 14.362 MDT contre 11.628 MDT une année auparavant.

Au total, la balance commerciale a affiché un déficit de 14,4 milliards de dinars au terme des 11 premiers mois de 2017, soit 14,7% du PIB contre 11.6 milliards de dinars et 12,9% respectivement, une année auparavant. Du côté du secteur touristique et après l’embellie du mois d’août, le rythme des recettes s’est ralenti surtout durant les derniers mois sous l’effet du retour timide des touristes européens. Les recettes touristiques ont totalisé 2.579 MDT à fin novembre 2017, soit une hausse de 16,3% par rapport à fin novembre 2016. Hors effet de change, la hausse des recettes touristiques s’est limitée à 1,9%.

De même, les revenus du travail (en espèces) se sont inscrits en hausse de 13,9% en G.A. à fin novembre 2017 grâce à un effet change favorable. Exprimés en euro, ces revenus ont accusé un léger repli de 0,3%.

Compte tenu de ces évolutions, le solde de la balance des opérations courantes s’est davantage détérioré (-9,3,% du PIB au cours des 11 premiers mois 2017 contre -8,1% au cours de la même période une année auparavant), laissant entrevoir un déficit courant annuel autour de 10% du PIB pour toute l’année 2017. L’ampleur de ce déficit met de la pression sur le marché des changes qui souffre d’un déficit structurel de ressources en devises induisant davantage de pressions sur le taux de change du dinar et sur la liquidité bancaire.

Le solde général de la balance des paiements qui s’est établi à -597 MDT contre -1.943 MDT une année auparavant s’est ressenti de l’ampleur du déficit courant. L’atténuation du déficit général a été soutenue par la mobilisation d’importantes ressources extérieures dont tout récemment le crédit accordé par la Commission Européenne en octobre 2017 pour un montant de 571 MDT et l’amélioration des flux des IDE,(+655 MDT).

La persistance des déséquilibres extérieurs a fortement pesé sur les réserves de change qui se sont établies pour la première fois depuis 2006 sous la barre de 5 milliards de dollars américains. Depuis la fin de 2016 et jusqu’au 15 décembre 2017, le dinar a perdu 17,3% et 6,1% de sa valeur vis-à-vis de l’euro et du dollar américain respectivement.

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Alors que les mouvements de contestation se multiplient dans tout le pays contre les augmentations des prix et que des bandes suspectes sortent nuitamment, sous couvert de protestation, pour piller et détruire les biens publics et privés, le ministre du Commerce, Omar El Béhi, considère dans une interview accordée à l’Agence TAP que les récentes augmentations des prix sont “louables”, puisqu’elles visent à réduire les déficits commercial et budgétaire.
Il a rappelé que ces augmentations, qui ne concernent pas les produits subventionnés, “ont été largement discutées dans le cadre de la loi de finances 2018“. Une façon de mettre dans l’embarras le parti qui a voté le texte à l’ARP et le conteste dans la rue

Pourquoi le gouvernement a décidé ces augmentations au lieu d’entreprendre d’autres réformes ?

Depuis sept ans, on vit dans le même cercle vicieux, le pays souffre d’un déficit de la balance commerciale et d’un déficit budgétaire qui créent de l’inflation, aggravent l’endettement et provoquent la dépréciation du dinar. Pour arrêter cette spirale, on prévoit de baisser le déficit du budget à 4,9% en 2018 et 3% en 2020.
Le but est de rétablir les équilibres financiers du pays et de stabiliser le dinar. Nous devons augmenter les taxes pour pouvoir générer plus de ressources au profit de l’Etat. Le fardeau fiscal, qui ne concerne pas les produits de base, est partagé entre tous. Les catégories défavorisées ou la classe moyenne ne sont pas les seules à faire face à ces taxes, les entreprises sont également concernées par ces augmentations, cela veut dire que même la classe aisée est concernée par ces augmentations.

Les augmentations des prix, décidées dans le cadre de la loi des finances 2018, consistent en une augmentation de 1% de la TVA sur plusieurs produits dont les médicaments, la hausse du droit de consommation sur certains produits ainsi que des droits de Douane, surtout pour les produits de luxe.
Les objectifs du gouvernement sont également de limiter les importations et les contrôler, d’où le rétablissement des droits de douane sur les produits d’origine turque à hauteur de 90% des tarifs appliqués dans le régime commun, à partir du 1er janvier 2018.
N’oublions pas que les produits subventionnés ne sont pas concernés par ces augmentations. L’Etat supporte un coût de subvention de 3520 millions de dinars : 1570 MD de subventions des produits de base et un montant de 1500 MD pour les hydrocarbures et un autre de 450 MD pour le transport. Il y a aussi la subvention par l’Etat du sucre qui coûte 100 MD ainsi que celles de l’eau, de l’électricité… Comment un Etat libéral peut supporter un tel niveau de subventions ?

Pour faire baisser les prix pour le consommateur, on est également en train d’importer 2300 tonnes de viandes rouges qui sont vendues à des prix étudiés (17 dinars/kg).
En ce qui concerne les augmentations dans le secteur immobilier, l’instauration d’une TVA de 13% aidera à organiser davantage le secteur et aura réellement un impact de 3% sur le prix de l’immobilier.

Quelles sont les mesures prises par l’Etat pour faire face aux augmentations incontrôlées des prix ?

Ces augmentations sont accompagnées d’une intensification du contrôle des prix. Tout cas de dépassement doit être dénoncé. Les citoyens, les médias et les politiciens sont tous concernés et sont appelés à signaler les cas d’augmentations illégales et dénoncer chaque cas de dépassement, afin de limiter les cas d’augmentation illégale des prix.
L’Etat surveille la distribution de certains produits comme le sucre ou l’huile végétale. De grandes campagnes sont organisées dans les régions pour contrôler la distribution de ces produits. Nous procédons au contrôle continu de tous les produits, même de ceux importés et ce depuis la première ligne, par exemple dans les ports, dans le but de réguler l’importation.
Le but étant de limiter ces importations, surtout que le déficit avec certains pays comme la Turquie a atteint 1850 MD. Nous procédons aussi à l’attribution de certificat de vente libre et à l’augmentation des taxes douanières afin de pouvoir rationaliser les importations et protéger l’industrie locale.
La spéculation est le résultat du manque de la production ou de l’offre, mais l’Etat fait des efforts pour faire face à ce phénomène et intervient à chaque fois pour lutter contre ce fléau. C’est un travail de tous les jours pour le département.

Quelle solution a prévu l’Etat pour faire face au problème du commerce parallèle qui représente plus de 50% de l’économie nationale ?

L’Etat n’épargne aucun effort pour lutter contre ce fléau. Un nouveau décret gouvernemental relatif à la création des bureaux de change a été récemment promulgué, dans ce cadre, par le chef du gouvernement.
Cette mesure permettra l’orientation des opérations de change effectuées illégalement vers les circuits légaux, ainsi que de soutenir les efforts de l’Etat dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Un projet de loi relatif à l’amnistie de change est également proposé à l’ARP. Il est relatif à l’amnistie des infractions de change commises par les Tunisiens résidents à l’étranger.
Il faut créer des alternatives pour les personnes actives dans le secteur informel, la répression n’est pas la seule solution. Il faut les pousser à intégrer le secteur formel et ce en restreignant leurs activités, tout en leur offrant des incitations pour entrer dans la légalité.

L’Etat fait des efforts énormes pour assurer le contrôle économique des importations et aussi pour booster les exportations vu leur importance dans la lutte contre le chômage. Toutes les parties concernées sont appelées à combiner leurs efforts pour améliorer le secteur de l’exportation, essentiel pour la croissance économique du pays.
Au cours de la première réunion du Conseil supérieur de l’exportation, tenue récemment, sous la présidence du chef du gouvernement, Youssef Chahed, 20 mesures importantes en faveur de l’export ont été annoncées. Elles concernent essentiellement l’amélioration du climat général à l’export et l’élimination des obstacles auxquels sont confrontés les exportateurs, outre la mise en place d’un cadre général pour la réforme législative et administrative de l’activité d’exportation.
L’Etat a, ainsi, mis en place un plan qui vise à relever la valeur des exportation à plus de 50 milliards de dinars, d’ici 2020.

Comment évaluez-vous la situation actuelle de l’économie nationale ?

Des signes de reprise économique sont enregistrés, c’est ainsi que nous avons réalisé une croissance de près de 2% et une augmentation des exportations de 4% à prix constants et de 18% à prix courants, en 2017.
Pour l’avenir, l’Inflation étant liée à la dépréciation du dinar, il faut sortir de cette spirale, en maîtrisant les déficits budgétaire et commercial.

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