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déficit budgétaire

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Taoufik Rajhi est ministre en charge des grandes réformes. Il est aussi en charge du dossier des relations avec le FMI, un des principaux bailleurs de fonds de la Tunisie. Pour Africanmanager, il répond  à ceux qui font circuler que les relations du gouvernement tunisien avec le FMI se seraient détériorées.

Question : Tout d’abord vous venez de rentrer de Beyrouth où vous avez présidé la trentième session ministérielle de la Commission Economique et Sociale des Nations Unies de l’Ouest de l’Asie (ESCWA). Quels ont été les résultats ?

Réponse : C’était le tour de la Tunisie de présider pendant trois années cette commission. La réunion a été fructueuse et s’organise habituellement autour de Trois réunions ministérielles de discussion et des réunions parallèles d’experts. Nous avons débattu de la technologie face aux défis du développement durable. Nous avons adopté la déclaration de Beyrouth sur la technologie pour le développement durable qui serait la plateforme Arable des actions fédératrices dans le domaine permettant d’atteindre les objectifs de développement économique et social établis par les nations Unies.

Question : Et la Tunisie dans tout cela ?

Réponse : Au contraire nous avons fait la promotion de l’expérience tunisienne récente en matière de réformes dans le secteur et en particulier l’adoption du Startup Act qui est révolutionnaire à plusieurs égards. Le plus grand défi du monde Arabe est le chômage des jeunes diplômés et le développement de technologies chez les jeunes ne peut se faire que par l’encouragement de la création des startups.  Nous avons insisté sur le rôle de l’Etat d’investir dans l’infrastructure technologique mais aussi sur la réforme du cadre législatif comme la Startup Act en Tunisie mais aussi un cadre fiscal et financier incitatif en même temps que les structures de financement.

Question : Il y a eu beaucoup de désinformation ces jours-ci, sur la relation gouvernement-FMI, allant jusqu’au bruit sur la rupture, le non décaissement et l’annulation de la visite du Directeur de la région MENA. Qu’en est-il au juste ?

Réponse : J’ai suivi tout cela avec amertume car au moment où nous travaillons d’arrache-pied sur le redressement économique du pays et dans une période cruciale de réalisation des financements prévus par la loi de finance 2018, des contrevérités surgissent et parfois manipulées par des médias «professionnels».
Au contraire de tout ce qui a été dit, la visite du Directeur de la région MENA prévue le lundi 25 a été reportée pour le 26 juillet à cause de la visite du Roi de Jordanie à Washington le 25 juin. Il est inconcevable que le Directeur de la région soit à l’étranger au moment de la visite du plus haut responsable du dossier de son pays, qui est en difficulté.  En plus, la Revue était concluante depuis la visite des experts et même en termes de réalisation des objectifs quantitatifs et repères structurels, elle est de loin la meilleure, puisque c’est la première Revue où on ne demande pas de dérogation. En plus la date du Conseil d’Administration était fixée depuis un mois pour le 6 juillet et a été confirmé vendredi dernier avec ironie par le Chef de communication du FMI lors de la conférence habituelle. Personnellement, je prévois comme dans le conseil d’Administration de la Banque Mondiale le 27 juin une décision unanime d’approbation du rapport du staff qui a mis l’accent sur les progrès réalisés en matière de réformes. D’ailleurs je peux vous annoncer que la prochaine revue sera le 15 aout et elle sera concluante inshallah.

Question : Vos détracteurs vous répondent que le gouvernement ne fait qu’appliquer les dictats du FMI ?

Réponse : Cette assertion populiste est une insulte à la Tunisie et en particulier à l’Administration et me fait personnellement rire.  De grâce a-t-on besoin du FMI pour savoir qu’il faudrait réduire le déficit budgétaire, réformer nos caisses, maîtriser nos dépenses de compensation de l’énergie ou encore maitriser la masse salariale ? A-t-on besoin du FMI pour savoir qu’on doit impérativement réformer nos entreprises publiques, moderniser l’administration fiscale, améliorer la collecte d’impôt ? D’ailleurs nulle part vous trouverez une référence à la réforme des entreprises publiques ou les caisses sociales dans le programme du FMI ou la BM.
Parfois je m’amuse à lire que le FMI a demandé la privatisation des entreprises publiques, alors que cette question n’existe nulle part ni dans nos discussions ni dans les documents échangés. C’est de la désinformation et de la manipulation de l’opinion publique et cela nous fait dévier de l’essentiel qui est la réforme et la modernisation de l’Etat. Le FMI vient discuter cette politique budgétaire avec le gouvernement dans un dialogue constructif et d’égal à égal et nous finissons toujours par le convaincre. Sinon comment vous expliquez le paiement des augmentations salariales par le mécanisme de crédit d’impôt, le montant exorbitant de la compensation de l’hydrocarbure ou même le nouveau package social ?  Nous sommes conscients de nos problèmes et nous trouvons toujours des solutions et c’est comme çà que nous avons gardé le FMI à nos côtés,  alors que d’autres pays sont en rupture et en difficulté et dépêchent leurs hauts responsables à Washington pour convaincre. La politique budgétaire de la Tunisie est conçue par le gouvernement tunisien en toute indépendance et aux détracteurs de présenter l’alternative s’ils en ont.

Question : Il y a une avancée qui est celle de l’amélioration des recettes de l’Etat en traquant les fraudeurs, la corruption !

Réponse : Mais cela ne constitue pas en soi une politique budgétaire alternative. Les gouvernements successifs en sont conscients et ont amélioré l’arsenal juridique et répressif et les résultats sont meilleures, bien qu’il reste beaucoup à faire. En tout cas oui à la lutte contre les fraudeurs fiscaux, l’évasion fiscale, la corruption mais ceux qui pensent que les sommes récoltées vont servir à payer les salaires et la compensation de l’énergie se trompent. L’argent dégagé sera consacré aux pauvres et aux classes moyennes. Nous venons de le faire lorsqu’on a constaté une amélioration des recettes fiscales par un package social dont l’intégration de 35.000 familles nécessiteuses et la prime de 500 dinars pour les nouveaux étudiants des classes moyennes pour atténuer leurs dépenses de rentrée universitaire.

Question : Comment vous justifier alors  la hausse des prix de l’Energie ?

Réponse : La facture énergétique est un casse-tête pour les gouvernements tunisiens depuis la révolution. Cette année nous avons projeté dans la LF 2018  sur la base d’un prix du baril de 54$ un coût global de la compensation de l’Energie (gaz, électricité et hydrocarbure) de 2400 Millions. Le budget devrait supporter 1500 millions de dinars et le reste devrait être recherché par des politiques sectorielles et d’ajustement des prix à hauteur de 900 millions. Nous avons annoncé tout cela en décembre 2017 en indiquant qu’on fera un ajustement trimestriel avec la règle d’ajustement automatique des prix dont le passage à un ajustement mensuel était prévu pour juillet 2017 et reporté depuis à juillet 2018.

Question : Mais le prix du baril est loin des 54$ aujourd’hui.

Réponse : Comme le prix du Baril a augmenté dès le début de l’année, le Gouvernement a mis en place en février un task force que je préside qui est consacré au « Suivi des risques budgétaires de la hausse du prix du pétrole ». Nous avons fait une première révision en février sur la base d’un prix moyen de 62$ et nous avons estimé à ce moment le cout total à 3000 MDT et augmenté le poids supporté par le budget de 1500 MD à 2100 MDT pour ne pas affecter davantage le poids des ajustements sur les ménages. Malheureusement en mai et sur la base d’un prix moyen de 70$ la facture est montée à 4035 MD, ce qui est le double de ce qui est prévu par la LF2018. Encore une fois, nous avons décidé d’augmenter la part supportée par le Budget de 1500 et 2100 à 2700 MD soit 1100 supplémentaires supportés par le budget de l’Etat et non prévus par la LF2018 et qui sera financée indirectement par le contribuable tunisien.

Question : Qui va supporter l’augmentation du prix du baril de pétrole ?

Réponse : Le budget ne peut pas supporter plus et nous sommes résolus à ne pas aller au-delà de ce montant de 2700 MD en 2018 quel que soit le prix du baril et de monitorer de près le prix du baril mensuellement et faire les ajustements mensuels nécessaires avec la règle d’ajustement automatique. Notre prochaine évaluation de la situation est en octobre prochain pour voir quelles sont les décisions nécessaires pour rester dans l’enveloppe de 2700 MD. D’ailleurs, le Parlement nous a autorisé uniquement 1500 MD et nous sommes à 2700 DM et nous devons y aller à l’ARP pour une loi de finance complémentaire rien que pour ça. Personne n’accepte que tous les contribuables tunisiens paient 80% de la compensation de l’hydrocarbure au 20% des plus riches. On ne veut pas s’endetter pour payer la compensation de l’hydrocarbure mais pour les écoles, les universités, les hôpitaux, l’infrastructure…. OK.

Question :  Vous n’avez pas d’autres solutions pour résorber la facture énergétique ?

Réponse : Bien sûr que oui. Les énergies non renouvelables tout d’abord et nous avons commencé la rationalisation de la consommation énergétique, surtout pendant l’été y compris par l’administration. Les nouveaux produits non polluants comme le premium car il est inconcevable qu’on continue en Tunisie de consommer le gazoil alors qu’il est banni dans les pays européens et on peine à le trouver sur le marché international. Il faudrait aussi qu’on ait une politique énergétique qui respecte l’environnement et à mon avis il faudrait bannir progressivement le gazoil ordinaire en Tunisie et le remplacer par un produit moins polluant. En plus, le transport commun public et non public y compris les taxis doivent penser à la voiture électrique ou à gaz. Cela nécessite sûrement de l’infrastructure et des incitations mais l’Etat est prêt à le faire pour le bien du pays. Au lieu de négocier des tarifs, négocions stratégie de transport urbain conjointement avec une stratégie d’Energie propre. Ce sont les vraies questions à débattre dans le pays. Nous devons aussi développer des techniques financières de couverture contre risque de la hausse du prix du baril. J’ai mis en place une équipe qui réfléchit sur la question.

Question : Revenons à la question brûlante des retraités qui sont en grogne concernant le paiement de leurs pensions.

Réponse : Sur ce sujet, il y a un malentendu. Il y a deux problèmes. Le premier est celui des paiements des pensions de retraite des caisses de retraites et le second est celui de l’augmentation des pensions. Pour le premier, le problème est structurel et dû à la réforme de 1985 qui a tout fait pour distribuer l’excédent du système à cette époque et n’a pas prévu la transition démographique. Le gouvernement a donné la priorité à ce sujet et a assuré tout d’abord les retraites de 2016, 2017 et encore maintenant 2018 en injectant du transfert direct respectivement de 300 MD, 600 MD et autre cette année. Les difficultés de cette année étaient prévues et le gouvernement avec la participation des partenaires sociaux a préparé une réforme minimaliste mais les partenaires sociaux ont pris du temps pour valider les choix de la commission tripartite à leurs structures malgré de multiples rappels par le gouvernement. C’est la raison pour laquelle le gouvernement a validé les résultats de la commission tripartite et a envoyé la loi à l’ARP.  La loi était prête depuis l’année dernière et si on avait adopté cette réforme et si on l’avait appliquée depuis janvier on n’en serait pas là.  Alors il fait pas blâmer le gouvernement qui est en avance par rapport aux partenaires sociaux en matière de réforme des caisses et non plus pour son soutien financier au CNRPS pour combler son déficit structurel.

Question : Et pour les augmentations des pensions du CNSS ?

Réponse : Là aussi il y a deux problèmes celui de l’augmentation des pensions du CNSS qui se fait en fonction de l’augmentation du SMIG et celui des pensions du CNRPS qui se fait selon le mécanisme de péréquation. Pour le premier problème, le gouvernement est en train d’étudier la question et d’évaluer l’impact. En effet, le CNSS n’a pas les moyens de financer l’augmentation des pensions du CNSS  car déjà elle  a un déficit structurel et est en train de payer les pension actuelles en grignotant les cotisations de l’assurance maladie du CNAM. Toute décision d’augmentation du SMIG va se traduire par un déficit supplémentaire du CNSS d’où il est nécessaire de prendre la bonne décision mais aussi de l’accompagnera une réforme structurelle. La décision d’augmentation du SMIG est imminente.

Question : Et pour les augmentations des pensions du CNRPS ?

Réponse : Pour l’augmentation des pensions du CNPRS et au-delà du fait que la CNRPS n’a pas les moyens de payer les pensions en soi à cause du déficit structurel, on a eu un problème de la Cour des comptes qui considère que le crédit d’impôt n’est pas une augmentation salariale et par conséquent c’était une faute de gestion d’ajuster les pensions du CNRPS en conséquence en 2017. Rappelons que l’Etat a financé l’application de la péréquation en 2017 qui est proportionnelle à la moitié des augmentations salariales de 2017. EN 2018 nous avons eu le versement sous forme de crédit d’impôt de la deuxième moitié de l’augmentation de 2017 qui a été versée en trois mois (janvier, février et mars) et la dernière tranche de l’augmentation spécifique de 2018.  En temps normal, la CNRPS devrait appliquer la péréquation mais d’une part il n’a pas les ressources financières et d’autre part il se heurte à l’avis de la Cour des comptes. Nous travaillons sur une solution dans les jours qui suivent mais encore c’est l’Etat qui va supporter ce coût. La réforme du CNRPS est plus qu’une urgence, c’est vital. J’espère que l’ARP se saisira rapidement du dossier.

Question : On croit savoir que vous n’appréciez guère la hausse du taux directeur récente de la BCT ?

Réponse : Je n’aime pas du tout commenter la politique monétaire de la BCT car je crois profondément à l’indépendance de la BCT. Fondamentalement, il est légitime qu’une banque centrale s’attaque à l’inflation et peu importe la composante monétaire de l’inflation, la hausse du taux directeur est impopulaire en Tunisie car l’offre des banques tunisiennes en matière de taux d’intérêt du crédit est variable ( TMM+ un taux de marge) à part les banques islamiques et les crédits de plus de 15 ans. En théorie l’objectif de la hausse du taux directeur est de réduire l’octroi de crédit pour financer la nouvelle demande de crédit pour la consommation ou l’investissement. En Tunisie, nous voulons juste qu’elle freine les nouveaux crédits à la consommation et pas l’investissement. Or, comme les banques tunisiennes ne supportent que le risque de crédit et non de taux et n’offrent pas de taux fixes comme la majorité des pays, la majorité des emprunts sont à taux variables et par conséquent la hausse du TMM réduit le pouvoir d’achat des ménages qui ont des emprunts en cours et alourdit la trésorerie des entreprises. C’est un effet collatéral qui rend la décision impopulaire.

Question : Que Faire Alors ?

Réponse : Il faudrait changer la législation pour que les banques offrent aux ménages et entreprises des taux fixes à côté des taux variables dont leur variabilité est limitée comme dans les pays européens, d’autant plus qu’une courbe de taux permet de calculer la prime de risque. Ceux qui sont allergiques au risque choisiront l’emprunt à taux fixe et seront à l’abri de la hausse du TMM, les autres prendront le taux  variable à leurs risques et périls, même s’ils peuvent profiter en cas de baisse, mais tout cela enlèvera à la décision de la hausse du TMM le caractère impopulaire et elle deviendrait une décision technique de politique monétaire.

Question : Mais en tout cas la hausse du TMM  affectera les décisions d’investissement et au-delà la relance ?

Réponse : Vous avez raison et c’est la raison pour laquelle le gouvernement a décidé de développer des crédits à taux bonifié pour l’investissement des PME afin d’absorber l’effet néfaste de la hausse du TMM. Nous avons même souhaité une sorte de quantitative Easing ciblé à l’investissement des entreprises, ce qui a déjà été décidé. D’autres mesures suivront pour protéger l’investissement qui est le moteur de la croissance.

Question : On a l’impression que vous oubliez l’essentiel, qui est le social.

Réponse : Jamais. Le gouvernement a pris conscience dès janvier 2018 de la nécessité d’atténuer l’impact de l’inflation en augmentant l’allocation des familles nécessiteuses de 30 dinars, d’aligner les pensions dans le privé en-dessous de 180 dinars à ce seuil et de proposer le soin gratuit aux jeunes chômeurs. D’autres mesures ont été prises en Juin, elles concernent l’absorption en une seule fois de la liste d’attente, la prise en charge des abonnements scolaires de leurs enfants ainsi que la prime de 500 dinars pour les nouveaux étudiants afin d’alléger les dépenses des familles concernant la rentrée universitaire occasionnées par la réussite de leurs enfants au bac. N’oubliez pas que deux augmentations salariales programmées ont été servies pendant les quatre premiers mois de 2018. La moitié de l’augmentation de 2017 qui a été servie en janvier, février et mars et l’augmentation spécifique de 50-40 dinars par mois en avril 2018. S’il est possible de faire plus ça sera fait mais maintenant les contraintes financières sont au maximum.

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Le président de la Commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple, Mongi Rahoui a déclaré jeudi 31 mai 2018 sur Express fm, que le taux du déficit budgétaire pour l’année 2018 dépassera de loin ce qui était attendu, faisant référence à la hausse des prix du pétrole et la dépréciation de la monnaie nationale.

Rahwi a qualifié le budget de  2018 comme étant un désastre pour le citoyen, ajoutant que la situation nécessite des ajustements et des révisions des prix, notamment celui du carburant.

Le président de la commission des finances à l’ARP a, par ailleurs, indiqué que” le taux d’inflation enregistre une augmentation mensuelle de 0,5% alors que le gouvernement a confirmé en début d’année que le taux d’inflation ne devrait pas dépasser les 0,8%, soulignant a ce même effet que le volume des prêts de cette année serait d’environ 9550 millions de dinars qui seront alloués au remboursement de la dette et la couverture du déficit budgétaire ce qui signifie l’absence totale d’investissement.

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Et voilà, c’est la Banque Centrale de Tunisie (BCT) qui l’annonce clairement après l’avoir démenti il y a quelques jours, devant une foule de journalistes venus l’interroger sur la question : Il y aura une sortie prochainement sur le marché financier international. Dans un communiqué paru lundi 28 mai 2018 et dont une copie est parvenue à Africanmanager, la BCT a fait savoir qu’elle procédera à l’émission au nom et pour le compte de l’Etat tunisien d’un emprunt obligataire sur le marché financier international aux fins du financement du déficit budgétaire et de la balance des paiements. Il s’agira de lever selon l’agence de presse Reuters, 1 milliard de dollars. Une nouvelle qui semble bonne pour la Tunisie mais des mauvaises surprises ne sont pas à écarter et surtout cette annonce en dit long sur le mauvais état des finances publiques. Nombreux sont les économistes qui ont mis en garde contre cette sortie qui va coûter très cher à la Tunisie, sans pour autant enrayer l’hémorragie budgétaire.

Dans une déclaration ce mardi 29 mai 2018 à Africanmanager, l’économiste et ancien ministre des Finances Hakim Ben Hammouda a rappelé que la Banque centrale vient de décider lors de son dernier Conseil d’administration d’autoriser une sortie sur le marché international pour lever la bagatelle de 1 milliard de dollars. Il a souligné que cette étape est nécessaire dans la forme puisqu’elle ouvre la voie à cette opération attendue depuis le début de l’année, même si la date n’est pas encore fixée, selon ses dires.

Ben Hammouda a par ailleurs expliqué cette sortie par le double déficit, celui des finances publiques et du commerce extérieur. “Le creusement de nos réserves et les pressions qu’ils font peser sur le dinar ainsi que le déficit des finances publiques justifient également cette sortie et le recours aux marchés internationaux pour éviter l’assèchement de nos ressources internes“, a-t-il précisé.

Mais, je pense que cette sortie a trop tardé et les débuts d’année sont toujours plus favorables sur les marchés. A cela il faut rajouter les nuages et les incertitudes qui ont augmenté sur le ciel de notre économie et qui font que les conditions seront certainement assez coûteuses“, a affirmé Ben Hammouda, avant d’ajouter : “L’incertitude politique, l’accroissement du prix du baril et ses effets sur notre économie, les résultats économiques modestes et les retards dans les réformes que ne cessent de souligner le FMI et les autres institutions internationales vont peser lourdement sur cette sortie et sur le coût du prêt”, a-t-il dit.

Dans un entretien récent avec Africanmanager, l’expert en économie Ezzedine Saidane avait déclaré sur ce sujet que le gouvernement n’est pas encore sorti sur le marché financier international alors que l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) l’a autorisé à le faire : “La Tunisie aurait dû sortir sur le marché financier international pendant la deuxième moitié du mois de mars pour emprunter 1 milliard de dollars, mais avec les ratios actuels, les indicateurs économiques et financiers et la dernière notation de Moodys, cela comporte un risque important dans le sens où la Tunisie sait qu’il ne lui sera pas possible de trouver le montant demandé, ou que même si elle trouve tout le montant ou une partie, cela se ferra à des taux d’intérêts exorbitants“.

Quant à lui, l’économiste et ancien ministre des Finances Houcine Dimassi a mis en garde contre toute sortie sur le marché financier international. Dans une déclaration accordée à Africanmanager il a dit : “La Tunisie ne doit pas sortir sur le marché international (…) Toute sortie sur le marché financier international est fortement déconseillée pour le moment à cause de son image négative auprès du FMI et de la Banque Mondiale”, a soutenu Dimassi. ”Et si d’aventure elle le faisait , le taux d’intérêt serait beaucoup plus élevé que jamais”, a-t-il ajouté. Cette déclaration vient suite à la hausse des cours pétroliers à l’échelle mondiale, un constat qui devrait se refléter négativement sur la Tunisie, qui va se retrouver obligée de s’endetter pour couvrir le gap budgétaire sachant que le budget de l’État a été élaboré sur un prix de 54 dollars le baril de pétrole alors que le prix du baril de Brent a franchi le seuil des 75 dollars.

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Aux dernières nouvelles, la Tunisie n’a pas reçu un seul sou pour corser son budget depuis la grand-messe des investisseurs, “Tunisia 2020“, en novembre 2016. Pourtant le trésor de guerre de Youssef Chahed en a bien besoin, en dépit de la dernière musique rassurante du ministre des Finances, Ridha Chalghoum, sur une réduction phénoménale du déficit budgétaire. On l’a dit et redit : Le fait d’avoir loupé ses hypothèses dans la loi de Finances 2018, notamment avec le prix du baril du pétrole, coûte cher au gouvernement, et à la Tunisie. Et c’est pas près de s’arranger avec un baril de brut qui a déjà crevé le plafond des 70 dollars et file vers… 100 dollars d’après certains experts. Donc un paquet d’ennuis en perspective pour le pays. Alors si on ne peut pas de suite s’aventurer sur le marché international de la dette, au risque de recevoir une volée de bois vert (taux d’intérêt exorbitants, notamment, après avoir bien mouillé la chemise !) cela ne veut pas dire qu’il faut fermer la porte d’un appui budgétaire par les temps qui courent. Et c’est justement ce que la Tunisie a l’intention de faire. Le programme de la Banque Mondiale (BM) d’appui au budget de l’Etat tunisien sera présenté au Conseil d’administration de la Banque, durant le mois de juin prochain, a fait savoir Marie Françoise Marie Nelly, directrice du département Maghreb et Malte, Moyen-Orient et Afrique du Nord de la BM.

Intervenant, lundi 21 mai 2018, lors d’une rencontre avec le ministre du Développement, de l’Investissement et de la coopération internationale, Zied Laadhari, la responsable a réitéré l’engagement de son institution de continuer à appuyer la Tunisie pour la réalisation de ses projets de développement.
Selon un communiqué, publié par le département du Développement, la rencontre a été axée, également, sur la coopération financière entre la Tunisie et la BM et les projets futurs pour la période 2018-2019, dont notamment ceux relevant des secteurs vitaux (énergie, eau, technologie, infrastructure…)

Laadhari a saisi cette occasion pour présenter un exposé sur l’évolution de la situation économique du pays et l’avancement des réformes engagées dans le dessein de booster le rythme de croissance et de création de richesse.
Les deux parties ont, également, passé en revue l’avancement des préparatifs pour l’organisation, fin du mois de juin, du Forum de l’investissement dans les grands projets et le partenariat public/privé (PPP), et ce, en étroite collaboration avec le groupe de la BM.
Ont pris part à cette rencontre, Georges Ghorra, Représentant résident de la Société financière internationale (Groupe de la Banque mondiale) en Tunisie, et le représentant résident de la BM en Tunisie, Tony Veheijen. Du beau monde quoi, pour des urgences qui n’attendent pas…

S.L.

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Cela faisait longtemps que l’économie du pays n’avait pas enregistré autant de bonnes nouvelles en si peu de temps. D’abord les chiffres de la balance commerciale, plus précisément la réduction du déficit commercial, jusqu’à un niveau notable que ne boude pas un gouvernement aux abois, et pas que sur cette affaire. Et avec les promesses de la Chine, les choses ne pourront que se bonifier. Il y a aussi les indicateurs du tourisme, très bons, les prévisions également, même si on peine encore à franchir le palier supérieur du tourisme haut de gamme, synonyme de jackpot pour les réserves en devises (le voisin marocain en sait quelque chose). On peut évoquer également la reprise de la production de phosphate, malgré quelques accrocs par-ci par-là, une embellie qui enhardit les autorités, jusqu’à les pousser à se lancer dans des prédictions qui font planer. Et puis il y a eu, mardi 15 mai 2018, les chiffres de la croissance, une très bonne surprise, quoi qu’en dise le ministre du Développement, qui faisait la fine bouche en pleurant sur le 0,5% de point de croissance cramé par les protestataires de la CPG et la crise du secteur pétrolier. Enfin ce mercredi 16 mai 2018, on a les dernières données sur le déficit budgétaire. Et elles sont très bonnes, à en croire le rapport sur les “Résultats Provisoires de l’Exécution de Budget de l’Etat, Mars 2018”, publié par le ministère de Finances.

Chalghoum est à la fête !

Le déficit budgétaire, d’après le document émis par le département de Ridha Chalghoum, s’est nettement réduit de 41,7%, à 1079,4 millions de dinars (MD), fin mars 2018, contre 1852,3 MD, à la même date de l’année écoulée.
A ce rythme, au terme de l’année en cours, le déficit budgétaire ne devrait pas atteindre les 5 216 MD, prévus dans la Loi de Finances 2018, soit l’équivalent de 4,9% du PIB.
Selon le raport, cette amélioration a été induite par une progression notable des recettes non fiscales à 901,1 MD, durant le premier trimestre 2018, contre 279,3 MD durant la même période de 2017, et ce, en raison des recettes réalisées essentiellement, en matière de revenus des participations et des entreprises publiques (396 MD en mars 2018, contre 5,9 MD en mars 2017) et de la relance de la commercialisation de carburants (150 MD en 2018, contre des ventes nulles, à la même date en 2017).

Cette évolution des recettes non fiscales, a été accompagnée par une légère baisse des ressources d’emprunt (2111,7 MD), par rapport aux prévisions de la Loi de Finances 2018, et particulièrement les emprunts extérieurs (677,4 MD au cours des trois premiers mois de 2018 contre 879,2 MD, durant la même période de 2017).
Le département des Finances a expliqué le déficit budgétaire par la hausse des charges de remboursement de la dette extérieure (à 458,4 MD, en mars 2018 contre 285,7 MD en 2017), de la dette intérieure (460,6 MD contre 382,3 MD) et des intérêts de la dette (919 MD contre 668 MD).
Par contre, les dépenses de gestion ont baissé de 5 504,2 MD, en mars 2017, à 4 964,7 MD en mars 2018.
Le ministère a révélé, dans ce document, que le déficit est comblé, jusque-là, moyennant des financements intérieurs nets.
S’agissant de la dette extérieure de la Tunisie, le département a fait savoir que 47,8% de l’encours de cette dette sont en euros, 27,3% en dollars, 11,4% en yen et 13,5% en d’autres devises.

Vous avez dit récupération ?

Le débat sur la main du chef du gouvernement, Youssef Chahed, dans cette avalanche d’indicateurs positifs va forcément fuser. D’abord lui, qui ne manquera pas prochainement de communiquer à volonté sur ces bons chiffres, et il ne va pas se gêner pour nous en mettre plein la vue d’autant plus qu’une aile parmi ses soutiens du Pacte de Carthage, l’UGTT, continue de réclamer des offrandes en têtes ministérielles, voire celle du patron. Et Ennahdha, quoi qu’il en dise pour le moment, n’en pense pas moins. Ces bons chiffres, même le camp du chef du gouvernement, où pourtant il n’est pas en odeur de sainteté, les revendiquera, sans le moindre scrupule, surtout dans cette année électorale qui se profile où toutes les munitions, d’où qu’elles viennent, sont valables. Bon, pour que le camp de Chahed puisse faire de la récupération il faudra que la reprise se confirme et s’accélère en 2018-2019…

Chahed fera ce que font tous les politiciens du monde dans sa situation : Se prévaloir des trains qui arrivent à l’heure, même si on sait que ce qui marche est souvent le fait d’opérateurs privés pour qui le gouvernement n’a pas fait grand-chose pour le moment – d’ailleurs les patrons le lui rappellent à chaque rencontre -, même si on sait que les progrès sont pour la plupart les fruits des politiques lancées par les prédécesseurs et que les successeurs récoltent sans vergogne. Mais c’est de bonne guerre, si on endosse la responsabilité de tout ce qui ne va pas quand on est au pouvoir, on doit aussi logiquement être en droit de revendiquer ce qui fonctionne. L’essentiel est ailleurs pour la Tunisie. Il est dans la capacité de l’équipe de Chahed, si elle survit aux attaques sur les flancs, à maintenir le cap, voire mieux, ce qui est loin d’être gagné, quoi qu’en dise Oxford Business Group

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L’Algérie a une fenêtre d’opportunité pour concilier ajustement économique et croissance. Un assainissement soutenu mais graduel des finances publiques est nécessaire, s’appuyant sur une stratégie de financement diversifiée qui exclut l’emprunt auprès de la banque centrale et la diversification de l’économie requiert une masse critique de réformes structurelles, en partageant de manière équitable la charge de l’ajustement. C’est en trois intertitres que le FMI (Fond Monétaire International) résume la visite de ses services du FMI qui achèvent leur visite en Algérie pour la consultation de 2018 au titre de l’article IV.

Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Jean-François Dauphin, a séjourné à Alger du 27 février au 12 mars pour les entretiens relatifs à la consultation de 2018 au titre de l’article IV. Les entretiens ont porté principalement sur le dosage de mesures et de réformes qui permettrait de rétablir l’équilibre macroéconomique et de favoriser une croissance durable et inclusive. À l’issue de la visite, M. Dauphin a publié la déclaration ci-après :

« L’Algérie reste confrontée à des défis importants, posés de la baisse des prix du pétrole il y a quatre ans. En dépit d’un ajustement budgétaire important en 2017, les déficits budgétaire et du compte courant extérieur demeurent élevés. Si les réserves restent abondantes, elles ont diminué de 17 milliards de dollars, pour atteindre 96 milliards de dollars (hors DTS). L’activité économique globale a ralenti, bien que la croissance hors du secteur des hydrocarbures soit restée stable. L’inflation a ralenti de 6,4 % en 2016 à 5,6 % en 2017.

« Face au choc pétrolier, les autorités ont consolidé les finances publiques en 2016–2017. Elles ont oeuvré à définir une stratégie de long terme pour refondre le modèle de croissance du pays, et ont pris un certain nombre de mesures pour améliorer l’environnement de l’entreprise, commencer à réformer les subventions à l’énergie, moderniser les outils de politique monétaire et autoriser l’émergence d’un marché des changes à terme.

« Depuis la fin 2017, les autorités ont modifié leur stratégie macroéconomique à court terme. Pour stimuler la croissance et la création d’emplois, elles ont adopté un budget expansionniste pour 2018, dont le déficit sera financé principalement par la banque centrale, et ont renforcer les barrières à l’importation. Elles entendent reprendre la consolidation budgétaire à compter de 2019, en vue de rétablir l’équilibre budgétaire en 2022.

« La mission partage le double objectif des autorités de stabiliser l’économie et promouvoir d’une croissance plus durable et plus inclusive, mais elle considère que le nouveau dosage de politique économique à court terme est risqué et pourrait entraver la réalisation de ces objectifs. Les nouvelles mesures risquent d’aggraver les déséquilibres, accentuer les tensions inflationnistes et accélérer la perte de réserves de changes. En conséquence, il se peut que l’environnement économique ne devienne propice ni aux réformes, ni au développement du secteur privé.

La mission est d’avis que l’Algérie a toujours une fenêtre d’opportunité pour concilier ajustement économique et croissance. Avec une dette publique relativement basse et une dette extérieure faible, il est possible de renforcer les finances publiques graduellement. La consolidation budgétaire est nécessaire pour ajuster le niveau des dépenses au niveau réduit des recettes, mais elle peut se faire à un rythme régulier sans recourir au financement monétaire de la banque centrale. Il s’agit de recourir à un large éventail d’instruments de financement, notamment l’émission de titres de dette publique au taux du marché, des partenariats publics-privés, des ventes d’actifs et, idéalement, d’emprunts extérieurs pour financer des projets d’investissements bien choisis. La consolidation devrait être menée, d’une part en augmentant les recettes non pétrolières à travers l’élargissement de l’assiette fiscale (réduction des exonérations et renforcement du recouvrement) et, d’autre part, en réduisant graduellement le poids des dépenses courantes dans le PIB et en réduisant les investissements tout en améliorant leur efficacité. Une dépréciation progressive du taux de change combinée à des efforts visant à éliminer le marché parallèle des changes favoriserait aussi l’ajustement. La banque centrale doit être prête à resserrer la politique monétaire si les tensions inflationnistes ne s’atténuent pas. Si le choix est fait de continuer de monétiser le déficit, il conviendrait de mettre en place des sauvegardes robustes, notamment en plafonnant strictement le financement monétaire en volume et en durée, tout en lui appliquant un taux de marché.

« Quel que soit le dosage de politique économique des autorités, une masse critique de réformes structurelles est nécessaire pour promouvoir l’émergence d’une économie tirée par le secteur privé et diversifiée, et réduire ainsi la dépendance au pétrole et au gaz. Il convient d’agir sans tarder sur plusieurs fronts pour simplifier la bureaucratie, améliorer l’accès au crédit, renforcer la gouvernance, la transparence et la concurrence, ouvrir davantage l’économie à l’investissement étranger, améliorer le fonctionnement du marché du travail et l’adéquation entre les emplois et les compétences, et favoriser l’emploi des femmes. Pour accroître l’efficacité de la politique économique, les autorités doivent en renforcer le cadre. Il s’agit notamment de continuer à renforcer la gestion des finances publiques, d’améliorer l’efficience des dépenses publiques, ainsi que de renforcer le cadre prudentiel et le dispositif de préparation aux crises. La politique commerciale doit avoir pour objectif principal d’encourager les exportations plutôt que d’imposer des barrières non tarifaires aux importations, barrières qui créent de distorsions.

« L’équipe du FMI a rencontré le Premier Ministre, Monsieur Ouyahia, le Ministre des Finances, Monsieur Raouia ; le Ministre de la Formation et de l’Enseignement Professionnels, Monsieur Mebarki ; le Ministre de l’Industrie et des Mines, Monsieur Yousfi ; le Ministre du Commerce, Monsieur Benmeradi ; le Ministre des Travaux publics et des Transports, Monsieur Zaâlane ; le Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité Sociale, Monsieur Zemali ; et le Gouverneur de la Banque d’Algérie, Monsieur Loukal. L’équipe s’est aussi entretenue avec des hauts fonctionnaires et des représentants de la banque centrale, ainsi qu’avec des représentants des secteurs économique et financier et des partenaires sociaux.

« L’équipe du FMI tient à remercier les autorités et ses autres interlocuteurs de leur hospitalité, de leur coopération et de leur franchise lors des échanges de vues. »

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Mohamed Boussaid, ministre marocain de l’Economie et des Finances, a dévoilé lors d’une conférence de presse, vendredi 26 janvier 2018, les indicateurs macro-économiques phares de l’exercice 2017. On a appris que le royaume a presque multiplié par 4 son taux de croissance cette année : 1,6% en 2016 et 4,6% en 2017, rapporte Médias24. Autre bonne nouvelle : Le gouvernement a atteint ses objectifs dans la réduction du déficit budgétaire. De 4,1% il a été rogné jusqu’à 3,5%, selon le ministre.

Le Maroc doit ces succès à une montée des recettes fiscales, +6,1%, a indiqué Boussaid. Dans le détail, on a :

+16,3% au titre de l’IS

+0,7% au titre de l’IR

+1,6% au titre de la TVA.

+4,6% au titre de la TIC.

Par ailleurs les montants décaissés par les pays du Golfe, des dons, ont culminé à 9,5 milliards de dirhams. Le pactole de 5 milliards de dollars promis par les pays du Golfe a presque été entièrement encaissé. A noter que les quatre pays donateurs sont l’Arabie saoudite, les Emirats, le Koweit et le Qatar, à raison de 1,25 milliard de dollars chacun, sur 5 ans. Le ministre n’a pas indiqué si le royaume allait encore bénéficier de la manne des pétrodollars en 2018, toujours est-il que le budget 2018 a intégré 7 milliards de DH de dons du Golfe.

Boussaid a aussi fait savoir que le taux d’endettement du Trésor a chuté, une première ces dernières années, passant de 64,7% du PIB à 64,5%. D’après les données préliminaires, le déficit du compte courant affiche 4% en 2017 contre 4,4% l’an dernier.

A propos de la montée de fièvre de mai-juin 2017, durant laquelle les investisseurs s’étaient précipités vers les couvertures, ce qui avait fait fondre les réserves de change nettes, le ministre a déclaré : “Il n’y a pas eu spéculation, mais une ruée légale vers les couvertures, de la part d’opérateurs qui n’avaient pas une vision suffisamment claire du marché (…). D’ailleurs, ceux qui ont parié sur une baisse du Dirham ont dû le regretter, puisqu’il n’y a pas eu de baisse et ils ont perdu de l’argent“.

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Le déficit budgétaire (hors dons, privatisation et confiscation) s’est élargi au terme des 10 premiers mois de 2017 à 4.420 MDT contre 3.792 MDT une année auparavant. Le financement du déficit a été assuré à hauteur de 88% par des ressources extérieures nettes de l’ordre de 3885.1 MDT contre 1835.8 MDT à fin octobre 2016. C’est ce qui a été indiqué dans la dernière note de conjoncture de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Ainsi, au terme des 11 premiers mois de 2017, les importations totales se sont accrues à un rythme plus accentué que celui des exportations, soit 19,2% et 17,3% respectivement, se traduisant par une détérioration du taux de couverture (68,3 points de pourcentage contre 69,4 points à fin novembre 2016). En effet, les importations ont totalisé 45,3 milliards de dinars à fin novembre 2017contre 38 milliards au terme du mois de novembre 2016, tandis que les exportations de biens n’ont rapporté que 31 milliards de dinars au cours de la même période contre 26,4 milliards une année auparavant.

Cette situation a induit une poursuite du creusement du déficit commercial qui a atteint son niveau historique le plus élevé, soit 14.362 MDT contre 11.628 MDT une année auparavant.

Au total, la balance commerciale a affiché un déficit de 14,4 milliards de dinars au terme des 11 premiers mois de 2017, soit 14,7% du PIB contre 11.6 milliards de dinars et 12,9% respectivement, une année auparavant. Du côté du secteur touristique et après l’embellie du mois d’août, le rythme des recettes s’est ralenti surtout durant les derniers mois sous l’effet du retour timide des touristes européens. Les recettes touristiques ont totalisé 2.579 MDT à fin novembre 2017, soit une hausse de 16,3% par rapport à fin novembre 2016. Hors effet de change, la hausse des recettes touristiques s’est limitée à 1,9%.

De même, les revenus du travail (en espèces) se sont inscrits en hausse de 13,9% en G.A. à fin novembre 2017 grâce à un effet change favorable. Exprimés en euro, ces revenus ont accusé un léger repli de 0,3%.

Compte tenu de ces évolutions, le solde de la balance des opérations courantes s’est davantage détérioré (-9,3,% du PIB au cours des 11 premiers mois 2017 contre -8,1% au cours de la même période une année auparavant), laissant entrevoir un déficit courant annuel autour de 10% du PIB pour toute l’année 2017. L’ampleur de ce déficit met de la pression sur le marché des changes qui souffre d’un déficit structurel de ressources en devises induisant davantage de pressions sur le taux de change du dinar et sur la liquidité bancaire.

Le solde général de la balance des paiements qui s’est établi à -597 MDT contre -1.943 MDT une année auparavant s’est ressenti de l’ampleur du déficit courant. L’atténuation du déficit général a été soutenue par la mobilisation d’importantes ressources extérieures dont tout récemment le crédit accordé par la Commission Européenne en octobre 2017 pour un montant de 571 MDT et l’amélioration des flux des IDE,(+655 MDT).

La persistance des déséquilibres extérieurs a fortement pesé sur les réserves de change qui se sont établies pour la première fois depuis 2006 sous la barre de 5 milliards de dollars américains. Depuis la fin de 2016 et jusqu’au 15 décembre 2017, le dinar a perdu 17,3% et 6,1% de sa valeur vis-à-vis de l’euro et du dollar américain respectivement.

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Alors que les mouvements de contestation se multiplient dans tout le pays contre les augmentations des prix et que des bandes suspectes sortent nuitamment, sous couvert de protestation, pour piller et détruire les biens publics et privés, le ministre du Commerce, Omar El Béhi, considère dans une interview accordée à l’Agence TAP que les récentes augmentations des prix sont “louables”, puisqu’elles visent à réduire les déficits commercial et budgétaire.
Il a rappelé que ces augmentations, qui ne concernent pas les produits subventionnés, “ont été largement discutées dans le cadre de la loi de finances 2018“. Une façon de mettre dans l’embarras le parti qui a voté le texte à l’ARP et le conteste dans la rue

Pourquoi le gouvernement a décidé ces augmentations au lieu d’entreprendre d’autres réformes ?

Depuis sept ans, on vit dans le même cercle vicieux, le pays souffre d’un déficit de la balance commerciale et d’un déficit budgétaire qui créent de l’inflation, aggravent l’endettement et provoquent la dépréciation du dinar. Pour arrêter cette spirale, on prévoit de baisser le déficit du budget à 4,9% en 2018 et 3% en 2020.
Le but est de rétablir les équilibres financiers du pays et de stabiliser le dinar. Nous devons augmenter les taxes pour pouvoir générer plus de ressources au profit de l’Etat. Le fardeau fiscal, qui ne concerne pas les produits de base, est partagé entre tous. Les catégories défavorisées ou la classe moyenne ne sont pas les seules à faire face à ces taxes, les entreprises sont également concernées par ces augmentations, cela veut dire que même la classe aisée est concernée par ces augmentations.

Les augmentations des prix, décidées dans le cadre de la loi des finances 2018, consistent en une augmentation de 1% de la TVA sur plusieurs produits dont les médicaments, la hausse du droit de consommation sur certains produits ainsi que des droits de Douane, surtout pour les produits de luxe.
Les objectifs du gouvernement sont également de limiter les importations et les contrôler, d’où le rétablissement des droits de douane sur les produits d’origine turque à hauteur de 90% des tarifs appliqués dans le régime commun, à partir du 1er janvier 2018.
N’oublions pas que les produits subventionnés ne sont pas concernés par ces augmentations. L’Etat supporte un coût de subvention de 3520 millions de dinars : 1570 MD de subventions des produits de base et un montant de 1500 MD pour les hydrocarbures et un autre de 450 MD pour le transport. Il y a aussi la subvention par l’Etat du sucre qui coûte 100 MD ainsi que celles de l’eau, de l’électricité… Comment un Etat libéral peut supporter un tel niveau de subventions ?

Pour faire baisser les prix pour le consommateur, on est également en train d’importer 2300 tonnes de viandes rouges qui sont vendues à des prix étudiés (17 dinars/kg).
En ce qui concerne les augmentations dans le secteur immobilier, l’instauration d’une TVA de 13% aidera à organiser davantage le secteur et aura réellement un impact de 3% sur le prix de l’immobilier.

Quelles sont les mesures prises par l’Etat pour faire face aux augmentations incontrôlées des prix ?

Ces augmentations sont accompagnées d’une intensification du contrôle des prix. Tout cas de dépassement doit être dénoncé. Les citoyens, les médias et les politiciens sont tous concernés et sont appelés à signaler les cas d’augmentations illégales et dénoncer chaque cas de dépassement, afin de limiter les cas d’augmentation illégale des prix.
L’Etat surveille la distribution de certains produits comme le sucre ou l’huile végétale. De grandes campagnes sont organisées dans les régions pour contrôler la distribution de ces produits. Nous procédons au contrôle continu de tous les produits, même de ceux importés et ce depuis la première ligne, par exemple dans les ports, dans le but de réguler l’importation.
Le but étant de limiter ces importations, surtout que le déficit avec certains pays comme la Turquie a atteint 1850 MD. Nous procédons aussi à l’attribution de certificat de vente libre et à l’augmentation des taxes douanières afin de pouvoir rationaliser les importations et protéger l’industrie locale.
La spéculation est le résultat du manque de la production ou de l’offre, mais l’Etat fait des efforts pour faire face à ce phénomène et intervient à chaque fois pour lutter contre ce fléau. C’est un travail de tous les jours pour le département.

Quelle solution a prévu l’Etat pour faire face au problème du commerce parallèle qui représente plus de 50% de l’économie nationale ?

L’Etat n’épargne aucun effort pour lutter contre ce fléau. Un nouveau décret gouvernemental relatif à la création des bureaux de change a été récemment promulgué, dans ce cadre, par le chef du gouvernement.
Cette mesure permettra l’orientation des opérations de change effectuées illégalement vers les circuits légaux, ainsi que de soutenir les efforts de l’Etat dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Un projet de loi relatif à l’amnistie de change est également proposé à l’ARP. Il est relatif à l’amnistie des infractions de change commises par les Tunisiens résidents à l’étranger.
Il faut créer des alternatives pour les personnes actives dans le secteur informel, la répression n’est pas la seule solution. Il faut les pousser à intégrer le secteur formel et ce en restreignant leurs activités, tout en leur offrant des incitations pour entrer dans la légalité.

L’Etat fait des efforts énormes pour assurer le contrôle économique des importations et aussi pour booster les exportations vu leur importance dans la lutte contre le chômage. Toutes les parties concernées sont appelées à combiner leurs efforts pour améliorer le secteur de l’exportation, essentiel pour la croissance économique du pays.
Au cours de la première réunion du Conseil supérieur de l’exportation, tenue récemment, sous la présidence du chef du gouvernement, Youssef Chahed, 20 mesures importantes en faveur de l’export ont été annoncées. Elles concernent essentiellement l’amélioration du climat général à l’export et l’élimination des obstacles auxquels sont confrontés les exportateurs, outre la mise en place d’un cadre général pour la réforme législative et administrative de l’activité d’exportation.
L’Etat a, ainsi, mis en place un plan qui vise à relever la valeur des exportation à plus de 50 milliards de dinars, d’ici 2020.

Comment évaluez-vous la situation actuelle de l’économie nationale ?

Des signes de reprise économique sont enregistrés, c’est ainsi que nous avons réalisé une croissance de près de 2% et une augmentation des exportations de 4% à prix constants et de 18% à prix courants, en 2017.
Pour l’avenir, l’Inflation étant liée à la dépréciation du dinar, il faut sortir de cette spirale, en maîtrisant les déficits budgétaire et commercial.

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En marge des travaux du 17e congrès régional de l’Utica (Union tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat) à Nabeul, la présidente de la centrale patronale, Wided Bouchamaoui, a déclaré à Express fm que son organisation n’est pas responsable de l’instabilité économique du pays.

Bouchamaoui a par ailleurs appelé à passer en revue les lois structurant l’économie tunisienne afin d’assurer un climat propice à l’investissement et également à lutter contre le phénomène de la contrebande, et ce pour préserver la viabilité des entreprises, en soulignant que c’est la responsabilité de tout le monde.

Dans le même contexte, la présidente de l’Utica a évoqué les divers problèmes que rencontrent les entreprises aujourd’hui dans les différents secteurs, à savoir la pérennité dans tous les secteurs, surtout avec la nouvelle loi de finances 2018 qui impose des hausses diverses de droits, taxes et impôts.

Elle a appelé les signataires de l’Accord de Carthage à se mettre autour de la table pour fixer le cap et déterminer la responsabilité de chacun.

Cependant elle a indiqué qu’il est inacceptable que l’Utica paye à chaque fois le prix du déséquilibre du budget de l’Etat.

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Un responsable gouvernemental de “haut niveau” a annoncé que la Tunisie va demander aux Etats-Unis une garantie de prêt d’une valeur de 500 millions de dollars (environ 1245 millions de dinars), a rapporté l’agence Reuters.
Selon le même responsable, la Tunisie a, également, programmé le départ volontaire de la fonction publique de 16 500 fonctionnaires, au cours de ces deux années 2017 et 2018, et ce dans le cadre des réformes engagées visant à réduire le déficit budgétaire.
“Cette demande de garantie intervient au moment où la Tunisie se prépare à sortir, en 2018, sur le marché financier international, étant donné que ses besoins en matière de financement extérieur ne cessent de s’accroître”, a noté Reuters, précisant que la Tunisie a besoin d’emprunter près de 7,4 milliards de dinars (environ 3 milliards de dollars) de l’extérieur, dont 1,4 milliard de dinars sous forme d’obligations.
“Les USA ont déjà octroyé à la Tunisie, depuis 2011, des garanties de prêts d’une valeur de 1 milliard de dollars”, a rappelé l’agence, soulignant les difficultés que connait le pays, en matière d’équilibre budgétaire et les pressions qu’elle a qualifiées de “fortes” exercées par “les bailleurs de fonds internationaux (Banque Mondiale et FMI) pour entamer la réalisation d’un ensemble de réformes qui ont beaucoup tardé, et ce, dans le domaine de la réduction de la compensation, de la réforme de secteur bancaire, de la fiscalité et de l’abaissement de la masse salariale, considérée comme l’une des plus élevées au monde”.

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À fin août 2017, le creusement du déficit budgétaire, hors amortissement de la dette, s’est accentué, pour s’établir à 3.814 MDT contre 3.124 MDT une année auparavant. Cette évolution a été induite par une progression notable des dépenses courantes et des intérêts de la dette publique qui a largement dépassé la hausse des ressources propres. C’est ce qui a été indiqué par la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans sa dernière note relative aux huit premiers mois de cette année.

S’agissant des ressources propres de l’Etat, elles ont accumulé, au terme des huit premiers mois 2017, un montant de 15.149 MDT, en progression de 8,5% par rapport aux réalisations de la même période en 2016, tirées par la bonne performance des recettes fiscales qui ont totalisé 14.052 MDT, en hausse de 15,3%. En revanche, les recettes non fiscales ont accusé une baisse pour s’établir à 1.097 MDT, contre 1.775 MDT une année auparavant, cette dernière ayant été caractérisée par l’encaissement du produit de cession de la licence 4G de téléphonie mobile pour un montant de 471 MDT.

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Le déficit budgétaire s’est aggravé, à fin juillet 2017, pour atteindre 3 177 millions de dinars -MD (environ plus de 3% du PIB de la Tunisie), alors que la Loi de Finances 2017 (LF) table sur un déficit budgétaire, pour toute l’année, de 5 345 MD ( 5,4% du PIB). L’année dernière, il s’est élevé à 2 755 MD au cours des 7 premiers mois, d’après un document sur ” les résultats provisoires de l’exécution du budget de l’Etat – juillet 2017 “, publié, au mois de Septembre, par le ministère des Finances.
Selon le document, cette aggravation est due à la hausse des dépenses, notamment les dépenses de gestion, et plus spécialement celles réservées au paiement des salaires de la fonction publique, qui ont enregistré un bond de 11,4%, à fin juillet 2017, alors que les prévisions de la LF, limitaient cette progression à 4,1% pour toute l’année en cours.
Pis encore, le ministère des Finances a fait état de la non réalisation de recettes non fiscales prévisionnelles, étant donné que les recettes collectées jusqu’à juillet (789 MD) ne représentent que le 1/3 des recettes prévues pour toute l’année (2195 MD). En fait, alors que les prévisions tablaient sur des recettes à hauteur de 200 MD, provenant de la vente de biens confisqués, et de 250 MD, provenant de dons extérieurs, pour l’année 2017, nous avons comptabilisé 0 millime pour ces deux rubriques, jusqu’à ce jour, mais la donne peut encore, changer d’ici la fin de l’année.
De même, les revenus des participations des sociétés publiques n’ont pas dépassé, durant les sept premiers mois de l’année, les 19 MD, alors qu’on tablait sur des recettes à hauteur de 220 MD pour 2017.
Par ailleurs, la LF 2017 ciblait la réalisation de revenus provenant de la commercialisation de carburants de l’ordre de 500 MD, à fin décembre, alors que jusqu’en juillet nous n’en avons collecté que 200 MD.
A cela, s’ajoute les prévisions erronées relatives au remboursement des intérêts de la dette, puisque nous avons remboursé 1502 MD jusqu’à fin juillet, alors que les estimations dans la Loi de Finances tablaient sur un total d’intérêts à payer pour 2017, de 2215 MD. Ceci est du notamment au phénomène de la dépréciation du dinar par rapport aux devises étrangères, notamment l’euro et le dollar, surtout que l’emprunt étranger constitue la principale composante de nos sources de financement. En fait, depuis le début de l’année jusqu’au 19 Septembre courant, le dinar a chuté de 18% par rapport à l’euro, et de 10% par rapport au dollar.
Dans ce contexte, les tirages budgétisées ont atteint 4478,8 MD, sur un total prévu jusqu’à la fin de l’année de 5246,6 MD.
D’après le département de Finances, ce déficit est comblé, jusque-là, moyennant des financements extérieurs à hauteur de 2 618 MD et des financements intérieurs, de l’ordre de 558 MD.

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“Le recul de la fiscalité pétrolière a généré des déficits budgétaires répétés, entraînant la consommation de la totalité de l’épargne du Trésor qui était logée au FRR, épuisé en février 2017”, rapporte El Watan.

Les réserves de change de l’Algérie étaient à 105 milliards de dollars (mds USD) en juillet 2017 alors que le Fonds de Régulation des Recettes (FRR) s’est totalement épuisé en février, révèle le document portant Plan d’action du Gouvernement, évoquant des “difficultés réelles” au niveau du Budget de l’Etat actuellement, indique la même source.

Le document du Gouvernement, adopté mercredi par le Conseil des ministres, précise que ces réserves “fondent sans cesse, passant de 193 mds USD en mai 2014 à 105 mds USD en juillet 2017”. Au niveau extérieur, l’Algérie demeure “économiquement souveraine” grâce à l’accumulation de ses réserves de changes durant les années passées.

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Le conseiller auprès du chef du gouvernement, Fayçal Derbel a déclaré, lors d’une table ronde organisée, ce mardi 8 août 2017 à l’Utica sur la loi de finances 2018, que la contribution conjoncturelle imposée sur les entreprises au titre de l’année 2017 a permis à l’État de disposer de ressources supplémentaires de près de 700 millions de dinars.

Il a précisé ue ce montant pourrait facilement atteindre les 800 Millions de dinars, du fait que plusieurs sociétés pétrolières n’ont pas encore honoré leurs engagements.

Il convient de rappeler à ce propos que la loi n°2016-78 du 17 décembre 2016, portant loi de finances pour l’année 2017 avait institué une contribution conjoncturelle exceptionnelle au profit du budget de l’Etat de l’année 2017.

La contribution conjoncturelle avait été fixée à 7.5% des bénéfices servant de base pour le calcul de l’impôt sur les sociétés dont le délai de déclaration intervient au cours de l’année 2017 pour les personnes morales soumises à l’impôt sur les sociétés avec un minimum de :

– 5.000 dinars pour les personnes soumises à l’impôt sur les sociétés au taux de 35%,
– 1.000 dinars pour les personnes soumises à l’impôt sur les sociétés au taux de 25% ou de 20%,
– 500 dinars pour les personnes soumises à l’impôt sur les sociétés au taux de 10%.

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Le Nigeria, on le sait, trinque en ce moment avec une sévère récession, chose que le pays n’a pas connue depuis 25 ans, vivant grassement des recettes du pétrole exporté vers les quatre coins du monde. Ce même pétrole, qui pesait avant la fonte des cours 70% dans les revenus globaux et à peu près 90% dans les rentrées en devises, est la cause des tourments des Nigérians. Et pourtant c’est le même pays qui refuse la main tendue du Fonds monétaire international (FMI) pour sortir, un tant soit peu, la tête de l’eau. Certes pas un refus frontal ou catégorique, sait-on jamais, mais refus tout de même…

En effet la ministre nigériane des Finances, Kemi Adeosun, a affirmé que son pays n’a pas besoin de faire appel au FMI pour résorber son déficit budgétaire, 7 milliards $ en 2016. « Nous considérons le FMI comme une solution de dernier recours, notamment en cas de difficultés avec les balances de paiement. Et le Nigeria n’en a pas. Ce que nous avons maintenant, c’est plus un problème fiscal », a indiqué la ministre, rapporte l’Agence Ecofin. Elle a ajouté que le gouvernement s’active actuellement pour mettre sur les rails son plan de réformes économiques afin d’éviter le recours aux institutions financières internationales.

«Nous mettons en place autant de réformes que ce que le FMI nous aurait imposé dans le cadre d’un financement. Les Nigérians veulent être responsables de leur propre futur. Nous voulons concevoir notre plan de réformes par nous-mêmes», a déclaré Mme Adeosun dans une interview diffusée mardi 21 février 2017.

Par ailleurs elle a livré les principaux indicateurs de l’économie nigériane ; elle a fait état d’une bonne tenue des recettes non-pétrolières et de changements dans la batterie de réformes économiques pour s’assurer que les prêts de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement vont être utilisés de manière optimale afin de doper la croissance. La ministre  des Finances a précise que ce dispositif sera fin prêt ce mois de février.

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“L’examen des résultats provisoires de l’exécution du budget de l’Etat, à fin novembre 2016,  fait apparaître une détérioration du déficit budgétaire (4.058  MDT contre 1.865 MDT au cours de la même période de l’année 2015), suscitée par l’accélération des dépenses hors principal de la dette à un rythme plus élevé que celui des recettes propres”, c’est ce qu’a été révélé dans une note de conjoncture qui vient d’être publiée par la Banque centrale de Tunisie (BCT). En effet, les dépenses de fonctionnement se sont accrues de 9,7%  durant cette période (contre -0,1% une année auparavant), portant la marque de l’accélération  des dépenses de rémunération (+16,8% contre +12,7%).

Quant aux dépenses de subvention, elles se sont établies à un niveau nettement inférieur à celui de 2015. Par ailleurs, on notera une nette reprise des dépenses en   capital qui est due, principalement, à l’accélération de l’exécution des projets d’investissement qui a atteint presque 82% du montant programmé dans la LF2016.

S’agissant des ressources propres de l’Etat, elles se sont accrues durant les onze premiers mois de 2016  (+5,3%  contre  +1,1%)  tout  en  demeurant en deçà du taux de progression prévu dans la loi des  finances  2016  (LF2016),  soit  12,4%  pour l’ensemble de l’année. Leur évolution est due à une hausse considérable et exceptionnelle des recettes non fiscales (cession de la licence 4G et dinarisation de la dernière tranche des recettes de privatisation de 35%  du  capital  de  Tunisie Télécom). En revanche, les recettes fiscales n’ont progressé que très modérément (0,5% comparé au taux de 11,4% prévu  dans  le  cadre de la LF2016). Traduisant une conjoncture économique morose, les recettes au titre d’impôts directs se sont inscrites, au cours des onze premiers  mois  de 2016, en baisse de 3,7% par rapport à la même période de l’année précédente, reflétant une évolution contrastée de leurs composantes. En  effet,  la  hausse de 19,6% des impôts sur le revenu a été plus que neutralisée par l’effet de la baisse des impôts sur les  sociétés  (-43,1%), laquelle baisse  a  touché aussi bien les compagnies pétrolières que les sociétés non-pétrolières. Cependant, les recettes d’impôts indirects ont enregistré une hausse de 3,6  %, grâce à la progression des droits de consommation (+23,4%) qui a compensé la baisse des droits de douane (- 24,8%) et la faible performance de la TVA (+0,7%).

Toujours selon le même rapport, le financement du déficit durant les  onze premiers mois de 2016  a été,  principalement, assuré grâce à un recours  intensif au financement intérieur pour combler le gap dû à la non mobilisation de certaines ressources extérieures prévues dans le cadre de la LF 2016.

Par ailleurs, l’évolution  des  paiements  extérieurs en 2016 s’est fortement ressentie de la poursuite de la morosité de la conjoncture économique, de la persistance  d’un climat social tendu et des incertitudes  entourant  le rétablissement de la stabilité sécuritaire.  Ainsi, les pressions sur le solde des opérations courantes se sont poursuivies en  2016 avec un déficit  légèrement supérieur à celui de l’année  précédente, soit 8,9% du PIB contre 8,8% en 2015. Cette contre performance porte la marque du creusement, en niveau, du solde commercial qui, en dépit de la reprise de la demande en provenance de la Zone Euro, demeure fortement fragilisé par la persistance du déficit énergétique (qui  semble désormais revêtir un caractère « structurel  »)  et par la  hausse  des  importations de biens de consommation face à des exportations très vulnérables.

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Achraf Ayadi, expert financier résident en France a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs points. il a parlé de la situation économique actuelle du pays, l’économie informelle, la dette extérieure, le chômage, la détérioration du pouvoir d’achat et de plusieurs autres questions . Il a aussi évoqué le problè du déficit budgétaire qui ne cesse de plomber l’activité économique mais aussi la baisse de la notation de la Tunisie par Fitch Ratings et le dernier rapport du Fonds Monétaire International (FMI) sur la Tunisie. Interview:

Comment vous  voyez la situation économique actuelle du pays?

Compliquée. La dégradation du pouvoir d’achat, l’explosion de l’économie informelle, l’incapacité de l’administration à assurer un service de qualité aux citoyens et aux investisseurs, la déliquescence des hôpitaux publics, de l’école publique, la détresse de la jeunesse,… L’économie est un tout qui ne se résume pas à quelques indicateurs macroéconomiques. C’est parfois à se demander si la Tunisie fait encore rêver, y compris ses propres enfants. C’est dommage car nous avons l’un des potentiels économiques les plus élevés d’Afrique et du mondearabe.

La Tunisie pourra-t-elle facilement maîtriser le déficit budgétaire qui ne cesse de se creuser au fil des années?

Le déficit budgétaire et la dette extérieure sont des maladies incurables pour un pays incapable d’augmenter les recettes sans plomber l’activité économique, ou de baisser les emplois sans causer de crise sociale. En la matière, nos gouvernants successifs n’ont fait que fuir leurs responsabilités et faire de la politique sur le dos de l’argent public. Fuir l’austérité est une chose, fuir ses responsabilités face aux déséquilibres macroéconomiques en est une autre. Notre économie n’est pas pilotée car, tout simplement, il n’y a pas d’autres projets économiques pour nos gouvernants que d’arriver avec le moins de dégâts possibles aux prochaines élections. Pas de cap, pas de stratégie, pas de vision et fort probablement pas les bons profils aux affaires pour faire face aux challenges immenses auxquels la Tunisie fait face.

Fitch Ratings a abaissé la note de la dette, quel effet sur la Tunisie? Et si notre pays sort sur le marché international, quel sera la réponse, selon vous? Est-il toujours simple pour la Tunisie de mobiliser des ressources de l’étranger?

La notation attribuée par les agences internationales à la Tunisie a valeur d’indice de crédibilité pour les bailleurs de fonds internationaux. Plus cette notation est favorable, plus la Tunisie serait capable de lever des montants significatifs à un coût soutenable. Le taux d’intérêt à servir aux investisseurs dans la dette tunisienne irait crescendo avec chaque dégradation de cette note. Il est certain que l’exercice budgétaire 2017 sera affecté par cette dégradation.

Les déséquilibres macroéconomiques actuels sont intenables à moyen terme : un accroissement non maîtrisé des dépenses publiques, une croissance économique faible, des déficits jumeaux chroniques, et une part significative de l’économie qui échappe à la contribution fiscale. Une augmentation des taux d’intérêts sur les levées de fonds en devises aggraverait la situation du service de la dette et pourrait, potentiellement, hypothéquer les possibilités futures de croissance.

Que proposez-vous pour sortir de cette situation ?

Pour moi, il y a deux urgences absolues : recrédibiliser l’Etat et rendre l’espoir à la jeunesse. Ce ne sont certes pas des choses faciles à faire, mais celui qui s’attend à ce que la tâche soit aisée ne devrait pas accepter de gouverner. Premièrement, redécrédibiliser l’Etat nécessiterait de porter plusieurs coups de taille à des cas avérés de corruption et de les utiliser pour donner l’exemple. Depuis les hauts fonctionnaires véreux qui ont pillé l’argent public, aux oligarques du stockage et de la distribution des produits frais qui font flamber les prix, en passant par quelques têtes de pont de la contrebande frontalière. L’État devrait également démontrer sa capacité à réformer et à se transformer. Il y a des entreprises publiques dans le secteur financier, dans celui des transports et de l’énergie qui attendent des décisions pas évidentes lorsqu’on n’a pas le courage politique de décider. Il y a un moment où les finances publiques ne peuvent plus se contenter de constater les pertes puis d’emprunter pour les éponger. Pour ce qui est de la jeunesse, l’autre urgence absolue, l’accélération du départ massif des plus qualifiés et dynamiques d’entre eux sous d’autres cieux, devrait nous interpeller fortement. Notre pays doit continuer à nous faire rêver et à nous dire que nous avons un avenir sur son sol auprès des nôtres. Il nous faut repositionner les programmes de formations pour donner plus de place à l’anglais et aux soft skills. Rapprocher les universités des entreprises est un impératif. Si on veut que le chômage devienne l’exception, il faut que la formation par alternance devienne la norme. Notre pays doit continuellement remobiliser ses compétences à l’étranger et leur proposer une voie de retour aux sources. Ils sont l’investissement de la société dans son propre avenir. Avec ce qu’ils ont appris, avec leurs réseaux, ce qu’ils peuvent apporter au quotidien ressemblerait, à mon sens, à un forum d’investissement permanent qui coûterait zéro au contribuable. Ne pas être capable de donner un nouvel espoir pour la jeunesse, c’est condamner la croissance économique et l’innovation de demain, et peut-être, l’incapacité de payer les retraites de ceux qui sont aujourd’hui en activité.

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Le Nigeria avait lancé un eurobond d’un milliard de dollars pour résorber son déficit budgétaire, les investisseurs se sont bousculés, ce sera finalement 7,7 milliards de dollars. Une excellente nouvelle annoncée par la ministre nigériane des Finances, Kemi Adeosun.

Mais le bonheur des uns faisant le malheur des autres, les investisseurs ne sont pas à la fête. En effet cet afflux d’argent a eu un effet mécanique : Le taux de l’emprunt, d’une maturité de 15 ans, est descendu à 7,875%, en-dessous des prévisions des investisseurs. «Beaucoup d’investisseurs espéraient un taux de plus de 8%, mais le carnet de commande final qui a dépassé les 7 milliards de dollars a finalement ramené le taux à 7,875%», a expliqué Michael McGill, gestionnaire de portefeuille des marchés émergents chez Aviva Investors, cité par l’agence Reuters.

Pour Delphine Arrighi, gestionnaire de portefeuille des marchés émergents chez Old Mutual Global Investors, «le Nigeria a émis son emprunt au bon moment, et le marché était clairement favorable aux investissements à risque»…

Le géant pétrolier va très mal, il fait face à une terrible récession, ce qui n’était pas arrivé depuis 25 ans. Le pays paie le prix fort de sa très forte dépendance des recettes du pétrole, qui pèsent 70% dans les revenus globaux et à peu près 90% dans les rentrées en devises. Et puisque les cours du brut ont fondu depuis quelques années, le PIB du Nigeria a été rogné de 1,7% l’an dernier, d’après les données du Fonds monétaire international (FMI).

Les choses iront à peine mieux cette année, avec une prévision de croissance de 0,8% dit le FMI, un niveau inférieur à la dernière prévision de la Banque mondiale, 1%. Il n’est pas exclu que le chiffre du FMI soit encore revu à la baisse au cours de l’année si les réformes promises et sans cesse repoussées ne sont pas au rendez-vous…

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M. Björn Rother, Chef de mission pour la Tunisie, a fait la déclaration suivante au terme d’une visite des services du FMI destinée à examiner les perspectives économiques et les politiques que les autorités entendent mener dans le cadre du programme de réformes économiques appuyé par un accord quadriennal au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC) approuvé en mai 2016 (voir communiqué de presse 16/238).

«L’économie tunisienne continue de faire preuve de résilience dans une conjoncture nationale et internationale difficile. Le taux de croissance devrait rebondir à 2,5 % en 2017, contre 1,3 % en 2016, impulsé par le regain de confiance suscité par la réussite de la conférence Tunisia 2020 en novembre dernier et par l’adoption de textes de loi essentiels liés au secteur privé.

«De redoutables défis macroéconomiques subsistent. La dette publique a continué de s’alourdir, dépassant 60 % du PIB en 2016. Les mesures adoptées par les autorités dans le cadre de la loi de finances de 2017 réduiront le déficit budgétaire global de manière modeste à 5,6 % du PIB, contre une estimation de 6 % en 2016, niveau supérieur à l’objectif visé initialement dans le cadre du MEDC, en raison d’une croissance plus faible et de dérapages de la politique budgétaire. La masse salariale de la fonction publique en pourcentage du PIB est parmi les plus élevées au monde et le déficit des transactions courantes reste considérable.

«L’équipe du FMI et les autorités conviennent que des actions urgentes sont nécessaires pour protéger la santé des finances publiques, accroître l’investissement public et accélérer les progrès des réformes structurelles qui ont été retardées. Les autorités ont énoncé leurs priorités à court terme, dont une plus grande mobilisation des recettes fiscales de manière juste et efficiente, la rationalisation de la masse salariale du secteur public afin de dégager une plus grande marge de manœuvre en faveur des investissements publics, et la mise en place du mécanisme d’ajustement des prix des carburants. Les mesures destinées à assurer la viabilité du système de sécurité sociale représentent une autre priorité importante. Ces initiatives sont vitales pour faire en sorte que l’économie tunisienne connaisse une croissance plus forte et crée davantage d’emplois et pour veiller à ce que tous les Tunisiens continuent à bénéficier de services de base adéquats.

«L’équipe salue la détermination du gouvernement à avancer dans la modernisation de la fonction publique. Des travaux ont en outre été engagés pour veiller à la santé des banques publiques et des entreprises d’État, établir une haute autorité indépendante de lutte contre la corruption et mettre en place des dispositifs efficaces de protection des couches de population les plus vulnérables.

«L’équipe a eu des entretiens constructifs avec le Chef du gouvernement , M. Youssef Chahed, la Ministre des Finances, Mme Lamia Zribi, le Ministre de l’Investissement, M. Fadhel Abdelkefi, le Ministre de la Fonction publique, M. Abid Briki, et le Gouverneur de la Banque centrale, M. Chedly Ayari, ainsi qu’avec leurs collaborateurs, et elle continuera d’entretenir un dialogue de politique générale rapproché sur la réduction des déséquilibres budgétaire et extérieur et sur la redynamisation des réformes structurelles.»

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