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La Tunisie vue par la BAD : Plus d’inflation, plus de déficit et une croissance moue

La croissance du PIB de la Tunisie devrait atteindre 2,5% en 2022 et 3,2% en 2023, selon le rapport sur les Perspectives économiques africaines 2022, présenté mercredi à Accra, capitale du Ghana, lors des Assemblées annuelles du Groupe de la BAD (du 23 au 27 mai 2022).

L’inflation devrait être plus élevée en 2022, en raison du conflit russo-ukrainien, qui a provoqué une flambée des prix du pétrole et des denrées alimentaires sur les marchés mondiaux. Toutefois, elle devrait diminuer en 2023, grâce à une politique monétaire prudente et à l’apaisement des tensions inflationnistes extérieures, selon ce rapport.

Les projections montrent également « une détérioration du déficit budgétaire et du déficit des comptes courants en 2022, avant une amélioration en 2023. Toutefois, ces perspectives pourraient se dégrader en raison du risque élevé de surendettement, lequel pourrait avoir un impact négatif sur les entrées de capitaux et l’accès au financement extérieur », d’après cette publication phare de la Banque africaine de développement, parue le 24 mai 2022.

En outre, « l’instabilité politique et la lenteur des réformes entraînent une réticence des bailleurs de fonds à soutenir financièrement le pays (…). La reprise pourrait également, être ralentie par des tensions sociales causées par la hausse des prix dans un contexte économique difficile pour les ménages, par une politique fiscale restrictive, pénalisant davantage les investissements publics, par une perte de confiance des investisseurs privés ou par de nouvelles variantes du COVID-19. Le rétablissement de finances publiques viables, une gestion prudente de la dette et la disponibilité de denrées alimentaires de base à des prix abordables seront nécessaires pour atténuer les risques ».

  • La Tunisie, 130e sur l’Indice mondial des risques climatiques

Toujours selon ce rapport, la Tunisie se classe 130ème sur l’Indice mondial des risques climatiques 2021. L’impact du changement climatique épuise les ressources en eau et provoque la perte de la biodiversité, la dégradation des côtes et la désertification.

L’agriculture, fortement soumise à des précipitations erratiques, est particulièrement vulnérable au stress hydrique. Plus de 3 000 ha de zones côtières urbaines sont menacés d’inondation par l’élévation du niveau de la mer.

Pourtant, la Tunisie progresse dans la réalisation de l’ODD 13 (Objectifs de développement durable) sur l’action climatique. Pour amorcer sa transition énergétique, elle a lancé le Plan solaire tunisien qui, d’ici 2030, vise à réduire l’intensité carbone de 41 % par rapport à 2010 et à atteindre une part de 30 % d’énergies renouvelables dans le mix énergétique. Mais sa mise en œuvre a été retardée.

« Une étude Eau 2050 est en cours et propose des mesures d’adaptation aux pénuries d’eau. Cependant, la mobilisation des ressources pour les fonds climatiques a été faible en raison d’un manque, à la fois de personnel spécialisé dans les ministères et d’agences responsables ».

Les projets actuels de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie visent « à doter le pays d’instruments basés sur les mécanismes du marché pour lutter contre le changement climatique, tels qu’une taxe sur le carbone, des tarifs sur le carbone et des lignes de crédit. Les secteurs du ciment et de l’énergie seraient particulièrement appropriés pour tester ces instruments ».

  • Le PIB de l’Afrique pourrait ralentir à 4,1% en 2022

Mais, en Afrique, la croissance pourrait ralentir à 4,1 % en 2022 et rester « gelée » à ce niveau en 2023, en raison de la persistance de la pandémie et des pressions inflationnistes causées par la guerre entre la Russie et l’Ukraine, principaux fournisseurs de céréales au continent africain.

A cet égard, le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a souligné, que le continent a besoin d’urgence d’une politique anticyclique, outre l’octroi de subventions, pour atténuer l’impact de la hausse des coûts alimentaires et de l’énergie.

Il a rappelé que la Banque a vite riposté, avec la création de la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence de 1,5 milliard de dollars, approuvée la semaine dernière, visant à éviter une éventuelle crise alimentaire.

« Grâce à la collaboration des partenaires de développement bilatéraux et multilatéraux, du secteur privé et des gouvernements africains, le continent sortira plus fort des conséquences socio- économiques liées à la pandémie de Covid-19, au conflit Russie-Ukraine et au changement climatique », a déclaré Adesina.

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