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Le conseil de l’université Ez-zitouna a souligné vendredi l’impératif de consulter les savants islamiques et les experts dans les affaires religieuses en réactivant le rôle des établissements religieux et scientifiques dont l’université Ez-zitouna, le conseil islamique supérieur, le ministère des Affaires religieuses et la maison d’El Iftaa concernant le discours du président de la République, Béji Caid Essebsi, prononcé à l’occasion de la fête de la femme portant sur la question de l’égalité homme-femme en matière d’héritage et le mariage de la femme musulmane avec un non-musulman.
Le conseil a appelé dans un communiqué le mufti de la République à préciser les règles de la chariaa concernant ces deux affaires.
L’initiative du président de la République est contraire aux dispositions de la Constitution, a précisé l’université dans le communiqué, rappelant que les lois régissant la question de l’héritage font objet d’une unanimité irréfutable et ne peuvent en aucun cas faire objet d’ijtihed ou d’interprétation.
Le mariage d’une musulmane avec un non musulman est aussi interdit à l’unanimité, selon le communiqué.

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Après son tonitruant discours du 10 mai 2017, le vieux baroudeur du palais de Carthage, Béji Caïd Essebsi, a encore frappé, là où on s’y attendait le moins dans cette période où le marasme économique occupe tout l’espace : Les droits des femmes. L’opinion publique bruisse encore des propositions sans précédent du président de la République : La légalisation du mariage entre une Tunisienne et un non-musulman mais surtout l’égalité homme-femme dans l’héritage. Tout le monde en parle. Même la célèbre institution égyptien Al-Azhar a été ébranlée, au point qu’elle a fait savoir qu’elle fera feu de tout bois pour barrer la route à BCE. Par quel moyen ? Nul ne le sait pour le moment. En tout cas une chose est sûre : le chef de l’Etat est parvenu à cristalliser toute l’attention des médias, des observateurs, des analystes et de tout le personnel politique. Il a même réussi, même si c’était pas son but, à éclipser l’heureuse nouvelle des bons chiffres de la croissance pour le premier semestre 2017. Et ça politiquement c’est une excellente affaire, car l’enjeu est aussi politique. Il y a beaucoup à gagner… et aussi à perdre.

D’abord il y a le feu que le chef de l’Etat a mis dans les rangs de son allié, Ennahdha. Bon, pour l’instant la grande majorité des leaders du mouvement observent un silence lourd, embarrassé. Le fait le plus aillant est l’étrange absence de Rached Ghannouchi. Il y aussi la réaction du député et ancien ministre de la Santé Abdellatif Mekki, manifestement outré par la sortie du président de la République. Ou celle de l’ancien chef du gouvernement de la Troïka Hamadi Jebali, dans les mêmes dispositions que Mekki. A part ça presque personne n’a moufté chez les nahdhaouis. Sauf peut-être le député Ali Laarayedh, dont le commentaire sur sa page Facebook, qui oscille entre un appui franc à l’initiative de Essebsi et l’impérieuse nécessité de ne pas s’écarter du dogme religieux, est in fine illisible et manque singulièrement de tranchant. Mais silence ne veut pas dire consentement. Et en faisant cavalier seul de la sorte, sans l’assentiment des islamistes, qui manifestement n’ont pas été consultés dans cette affaire, BCE prend un gros risque politique. Il pourrait ramasser toute la mise dans quelques années, s’il va au bout de son projet, mais aussi tout perdre quand la configuration de la prochaine échéance électorale l’obligera à nouer des alliances pour gouverner.

Le dogme religieux a bon dos!

De ce que nous avons lu, vu et entendu, c’est surtout la question de l’égalité homme-femme dans le partage de l’héritage qui déchaine les passions. L’opinion publique s’enflamme littéralement autour de cette proposition. Les détracteurs de BCE arguent la fidélité au sacro-saint texte coranique, dont les préceptes sont sans équivoque sur ce dossier. Pourtant à y regarder de plus près, en toute objectivité, cette affaire d’égalité dans l’héritage n’est qu’une question matérielle, et même bassement matérielle. Et le fait de donner à l’homme et à la femme des parts égales ne bouleverserait en rien l’ordre social. Mis à part le fait de rogner un peu le pré-carré des hommes, il n’y a rien de mortifère pour la société, quoi qu’en disent les adversaires du président de la République. Donc il faut savoir raison garder.

Ce dossier a pris d’énormes proportions car l’enjeu ce sont les intérêts des hommes, et dans certains cas ce sont des millions de dinars. Alors la gente masculine s’excite plus que de raison et brandit le Coran et les dogmes religieux, les mêmes qui ne sont pas troublés outre mesure par le fait de zapper les autres enseignements du saint texte, infiniment plus importants. Par exemple la deuxième proposition de BCE, le mariage entre une Tunisienne et un non-musulman, est à ce titre beaucoup plus problématique pour les plus sourcilleux d’entre nous. En effet cela induit – je précise que c’est du point de vue des plus rigoristes d’entre nous – que les enfants qui naitront de cette union ne peuvent pas être considérés de fait comme des musulmans, d’après le Coran. A moins qu’ils se convertissent formellement après. Voilà une prescription majeure, que BCE propose pourtant de mettre de côté au nom de la modernisation de la société, presque dans l’indifférence générale. Ce qui chauffe surtout les esprits, c’est le partage des sous, des villas, des terres, etc. Cela ne porte pas le nom hypocrisie sociale ?

La plupart des sociétés du monde sont des sociétés d’hommes, bâties par et pour les hommes. Ce n’est que récemment que les femmes se sont glissées, et tous les droits qu’elles ont arrachés aux hommes l’ont été au prix de longs et âpres batailles. Par exemple en France, les femmes n’ont acquis le droit de voter et l’éligibilité le 23 mars 1944, plus de deux siècles et demi après la Révolution (1789) et un siècle après que ces droits ont été accordés aux hommes. Les Françaises ont voté après les Turques, les Espagnoles, les Birmanes, etc. Tout cela pour dire que les droits des femmes ne vont pas de soi et qu’en Tunisie comme ailleurs, c’est une lutte de tous les instants dans laquelle les hommes s’échinent à bloquer toute avancée, par tous les moyens. Cette affaire d’héritage en est la parfaite illustration…

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Le personnel politique commence à se manifester suite au grand virage sur les droits des femmes annoncé par le président de la République, Béji Caid Essebsi, hier dimanche 13 août 2017. Abdellatif Mekki, député et dirigeant d’Ennahdha, a été l’un des premiers à sortir du bois.

Dangereux“, a rétorqué Mekki sur Akher Khabar online. Il est d’avis que le fait de remettre en cause le principe de l’inégalité dans l’héritage entre l’homme et la femme et de casser la circulaire de 1973 interdisant aux Tunisiennes de se marier avec des non-musulmans embarque le pays sur des sentiers périlleux, alors que toutes les énergies devraient se focaliser sur le développement et la relance de l’économie.
D’après Mekki, la jurisprudence islamique a définitivement clos le débat. Et même la Constitution tunisienne, sur laquelle s’est adossé BCE, contient des dispositions sans équivoque qui stipulent que la loi ne doit pas contredire les fondements religieux, toujours selon l’élu.

Le vice-président de l’Assemblée des représentants du peuple, Abdelfattah Mourou, du mouvement Ennahdha également, est quant à lui beaucoup moins radical. Questionné par le même site, il a affirmé que cette proposition du chef de l’Etat mérite un vrai débat de société. Pour Mourou, l’affaire de l’héritage doit être étudiée sous deux angles : celui de la loi et celui de la religion, et aucun changement ne doit être amorcé sans avoir scruté ces deux éléments.

Par contre pour Rym Mahjoub, députée d’Afek Tounes, c’est tout vu : Le président de la République a fait un discours “moderniste, émancipateur, révolutionnaire“, dit-elle sur Shems FM ce lundi 14 août…

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La chancelière allemande, Angela Merkel, maintient le cap de sa politique d’intégration des migrants, en dépit de la montée des contestations, notamment du côte de l’extrême droite. Elle a pu convaincre la coalition gouvernementale de valider hier jeudi 14 avril une batterie de mesures pour donner des perspectives d’insertion aux réfugiés, des droits mais également des devoirs, lit-on dans Le Figaro.

Parmi les nouvelles décisions en direction des demandeurs d’asile il y a la création de 100.000 emplois d’utilité publique. Mais le texte précise que les migrants venant de pays considérés comme sûrs, tels que les pays des Balkans, n’y ont pas droit.

Il a fallu sept heures de négociations pour trouver cet accord, qui sera inscrit noir sur blanc dans la loi. Angela Merkel, visiblement satisfaite d’avoir forcé la main à sa coalition, voit dans ce dispositif «une offre pour chacun, mais aussi des devoirs pour tous ceux qui arrivent». Le social-démocrate Sigmar Gabriel, vice-chancelier et ministre de l’Economie, en a rajouté une louche : «Nous voulons des gens intégrés, fiers ; pas des personnes assimilées de force».

Il est également question de faciliter l’intégration des réfugiés en Allemagne en supprimant pendant trois ans la priorité accordée aux Allemands et aux Européens (UE) pour un emploi.

Certes cette nouvelle loi est une goutte d’eau dans l’océan du million de réfugiés que l’Allemagne a accueillis en 2015, mais enfin c’est un bon début. On n’a pas vu ce volontarisme dans les autres pays européens. Cela se saurait si les autres membres de l’Union européenne se démenaient autant que l’Allemagne pour intégrer les réfugiés…

Les réfugiés devront aussi faire des efforts

Toutefois ces nouveaux droits ne vont pas de soi, ils sont assortis d’un certain nombre d’obligations pour que le dispositif n’explose pas. Par exemple les réfugiés en formation auront droit à un titre de séjour le temps que dure leur apprentissage, de manière à leur laisser du temps pour dénicher un boulot, mais «Celui qui interrompra sa formation se verra retirer son titre de séjour et, par là-même, le droit de rester en Allemagne», a averti la chancelière.

Les demandeurs d’asile seront placés dans des résidences ventilées sur tout le territoire pour éviter la formation de ghettos, mais ceux qui tenteront de sortir de ce cadre en voulant se loger autrement seront sanctionnés. Le texte dit également que ceux qui rechigneront à poser des actes pour s’intégrer dans la société, comme le refus d’apprendre l’allemand, n’auront pas droit à un permis de séjour longue durée. «L’acquisition de la langue est aussi nécessaire pour un séjour provisoire» en Allemagne, dit le document.

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