AccueilMondeLe basculement israélien qui terrorise les Palestiniens et l'ONU

Le basculement israélien qui terrorise les Palestiniens et l’ONU

Comment contrer la menace de « l’occu-annexion » de jure et de facto du Territoire palestinien occupé et son impact sur la solution des deux États?  C’est la question à laquelle a tenté de répondre, aujourd’hui, le Forum des Nations Unies sur la question de Palestine qui s’est attaqué, cette année, au thème « La menace de l’annexion de facto – Quel avenir pour la Palestine? ».

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L’« occu-annexion » est le terme que le Rapporteur spécial sur les droits Palestiniens a emprunté à la société civile.  Nous en sommes, a-t-il expliqué, à une phase où ce n’est plus une annexion « rampante » mais une occupation-annexion.  Le Rapporteur spécial était l’un des experts de renom que le Forum a entendu présenter des stratégies pour inverser les tendances négatives et préserver la solution des deux États.

Pendant des années, a rappelé le Président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, M. Cheikh Niang du Sénégal, nous avons assisté à des mesures délibérées de la part d’Israël pour modifier de manière permanente le caractère et la démographie du Territoire palestinien occupé.  Ces mesures ont accru le risque de voir l’occupation perpétuelle se transformer en une annexion de facto et ont systématiquement érodé la possibilité de créer un État palestinien contigu et viable.  La croissance des colonies a profondément fragmenté la terre de Palestine et rendu plus difficile la solution des deux États et la décision de certains États de transférer leur ambassade à Jérusalem est un autre fait « déconcertant », avec de graves conséquences pour un futur État de Palestine qui aurait Jérusalem-Est pour capitale.

Les États-Unis, a ajouté l’ancien Ambassadeur et militant israélien, M. Ilan Baruch, ont déjà reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, écarté la question du droit au retour des réfugiés palestiniens, coupé les fonds à l’UNRWA* et reconnu l’autorité d’Israël sur le plateau du Golan.  Ils parlent aujourd’hui d’un « deal sans négociation », ce qui fait craindre, a souligné le Rapporteur spécial, une voie royale pour qu’Israël revendique l’annexion de la Cisjordanie.  Dès mars 2009, a affirmé l’ancien Ministre israélien, le Premier Ministre Benjamin Netanyahu avait proclamé sans équivoque son divorce « irrévocable » avec le « paradigme des deux États ».  L’ancien Ministre s’est attardé sur la Loi de 2018 qui proclame « Israël en tant qu’État-nation juif », reléguant à un statut de citoyen de seconde zone les Palestiniens israéliens.

Contrairement aux apparences, a alerté la spécialiste des droits de la personne à Tel-Aviv, Mme Schaeffer Omer-Man, les avancées « les plus dangereuses » sur la voie de l’annexion ne sont pas les plus évidentes.  Elles sont plutôt le fait d’arrêts à première vue sans importance de la Cour suprême israélienne, voire même de tribunaux inférieurs, qui contribuent à donner des idées aux législateurs du pays.  À titre d’exemple, elle a mentionné la tendance à se référer aux colons israéliens, dans les jugements des cours, par le terme de « population locale ».

« Cette situation ne peut durer.  Quelque chose doit changer », s’est alarmé l’Observateur permanent de l’État de Palestine.  « Notre peuple en a assez que l’on répète les propos du Secrétaire général ou du Conseil de sécurité alors que sur le terrain rien ne change », a dit celui qui s’est présenté comme le « Porte-parole des déçus ».  M. Riyad H. Mansour a ajouté: le peuple palestinien sait qu’il y a un « consensus mondial » sur la manière de régler le conflit et il sait aussi qu’à cause de la position d’un État, rien ne bouge. Il déplacer le champ de bataille sur le terrain juridique, a préconisé la spécialiste des droits de la personne à Tel-Aviv.

Un projet de loi irlandais sur les territoires occupés a d’ailleurs été présenté par la Sénatrice de Seanad Éireann, Mme Frances Black.  Le texte prévoit l’interdiction d’importer des biens des colonies de peuplement car « ceux qui ne respectent pas le droit international doivent en subir les conséquences ».  La Sénatrice a dit son intention de se rendre aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Norvège, lesquels ont exprimé leur intérêt pour des textes comparables.

À la communauté internationale, a conclu le Président du Comité sur les droits des Palestiniens, je voudrais dire que vous devez arrêter l’attitude de laissez-faire qui ferme les yeux sur l’indifférence d’Israël à l’égard des questions plus larges de la paix.  Israël doit être tenu pour responsable de ses actes.  La communauté internationale doit se lever comme un seul homme pour défendre le droit du peuple palestinien à un État indépendant et renoncé au « traitement préférentiel » qu’il réserve à Israël, a dit à son tour l’ancien Ministre israélien.

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