Tags Posts tagged with "libre circulation"

libre circulation

Décidément l’Union du Maghreb Arabe (UMA) n’a pas bonne presse en ce moment. Après les tirs nourris du roi du Maroc, Mohammed VI, c’est au tour du Forum économique mondial (FEM) de canarder le rêve du Grand Maghreb Arabe, lequel a plus que jamais des allures de chimère. Le FEM n’a pas été tendre avec l’UMA : «il est aberrant que des biens échangés entre le Maroc et l’Algérie doivent transiter par le port de Marseille, alors qu’ils pourraient simplement passer la frontière terrestre».

Le FEM, dont les conclusions sont guettées par les pays du monde entier, recommande aux pays du Maghreb de s’oxygéner en ouvrant les frontières internes à la libre circulation des biens et des personnes. Pour l’institution, des économies complémentaires telles que celles de la Tunisie et du Maroc, spécialisées dans les services et l’agriculture, celles de la Libye et de l’Algérie, assises sur d’immenses ressources naturelles, doivent pouvoir se rapprocher, pour le meilleur et bâtir un espace régional costaud capable de protéger leurs populations contre les ravages de l’économie mondialisée.

Mise sur pied en 1989 à Marrakech, au Maroc, l’UMA – composée de l’Algérie, du Maroc, de la Mauritanie, de la Tunisie et de la Libye – était pourtant un projet archi séduisant sur le papier. A terme, elle devait déboucher sur «une zone de libre-échange avec le démantèlement de l’ensemble des obstacles tarifaires et non tarifaires au commerce» ainsi que «la création d’une union douanière […] avec adoption d’un tarif extérieur commun vis-à-vis du reste du monde». En 2010, la Banque mondiale a pondu un rapport qui soulignait avec moult détails les formidables retombées d’une libéralisation des échanges entre les pays du Maghreb. Mais voilà, les bisbilles entre le Maroc et l’Algérie, qui relèvent de l’irrationnel et qui sont un non sens absolu, ajoutées aux égos surdimensionnés des leaders de la région, ont étouffé dans l’oeuf ce très beau projet…

par -
Johannes Hahn, Member of the EC in charge of Regional Policy

Le Commissaire européen pour la politique européenne de voisinage et des négociations d’élargissement, Johannes Hahn, a annoncé, jeudi, son intention d’effectuer la semaine prochaine une visite en Tunisie.
Selon lui, ” cette visite sera l’occasion pour examiner avec le chef du gouvernement, Youssef Chahed, les différents points soulevés au cours de la semaine de la Tunisie au Parlement européen et les moyens de les mettre en application “.
” La mise en œuvre de ces différents points, particulièrement la libre circulation des Tunisiens exige du courage des pays de l’Union européenne (UE) “, a-t-il souligné au terme de la semaine de la Tunisie au Parlement européen.
Toutefois, il a réaffirmé l’engagement à tout mettre en œuvre pour apporter un surcroit de soutien à la Tunisie. A la cérémonie de clôture de cette semaine, le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Mohamed Ennaceur, a renouvelé son appel aux partenaires européens pour apporter un soutien plus conséquent à la Tunisie et honorer leurs engagements à son égard.” Adoptée en septembre 2016 à l’unanimité des députés du Parlement européen, la résolution sur les relations de l’UE avec la Tunisie dans le contexte régional actuel n’a été appliquée que par un petit nombre de pays de l’Union européenne “, a-t-il regretté, sollicitant, à ce propos, un soutien des eurodéputés auprès de leur pays pour que cette résolution soit mise en œuvre dans les plus brefs délais.
” Cette résolution prévoit notamment la conversion des dettes tunisiennes en projets d’investissement “, a-t-il rappelé.

par -
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) lance un appel à candidatures en vue de la nomination de personnes

En matière de développement économique, le continent africain fait ce qu’on appelle  ‘mettre la charrue avant les boeufs’. C’est-à-dire que les experts et les dirigeants sont très prompts à parler d’intégration africaine, de décollage économique, en occultant complètement un facteur essentiel : La libre circulation des biens et des personnes, formidable accélérateur de croissance. Le dernier rapport élaboré par le cabinet McKinsey, la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et la Banque africaine de développement (BAD) a pointé du doigt les tracasseries administratives et autres obstacles qui font un mal fou à l’économie du continent.

Le document a établi, avec moult détails, que l’Afrique est l’un des continents les plus restrictifs quand il s’agit de délivrer un visa pour aller d’un pays à un autre. Ceux qui veulent se déplacer sont assommés par des procédures administratives complexes et très souvent complètement illogiques, incohérentes. Le rapport évalue à des milliers de milliards de franc CFA la perte des économies africaines du fait des ces entraves, qui n’ont souvent d’autre fondement que de chercher à compliquer le plus possible la vie des habitants du continent. Alors que la logique économique voudrait qu’il y ait plus d’exemptions de visas pour dynamiser le tourisme d’affaires, doper le flux des travailleurs qualifiés et faciliter les mouvements des capitaux – les investissements potentiels. La BAD et ses partenaires ont décidé de pondre périodiquement un « indice d’ouverture sur les visas », une manière de décerner des bons et des mauvais points et de forcer les autorités du continent à faire des progrès.

Les Africains ne sont pas à un paradoxe près !

Etrangement, pour circuler plus facilement sur le continent, il vaut mieux avoir un passeport américain. Les auteurs de cette enquête ont établi qu’un Africain doit détenir un visa pour aller dans 55% des pays du continent, alors que ce chiffre tombe à 45% pour un Nord-Américain. La tendance est la même quand il s’agit d’obtenir un visa à son arrivée ; cette possibilité n’est offerte aux Africains que dans 25% des nations africaines, là où les Nord-Américains peuvent en bénéficier dans 35% des pays africains. Autre chiffre très parlant : Les citoyens du continent ne peuvent se rendre que dans 13 pays du continent sans visa.

Et puis il y a les disparités régionales, qui sont criantes. L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est sont les meilleurs élèves du continent en matière de circulation des biens et des personnes. Et pour cause, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est en place depuis le 28 mai 1975 et regroupe présentement 15 pays membres. On peut aussi évoquer l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui a presque 22 ans d’existence et assemble 8 pays. Cela fait quand même un gros capital d’expérience dans le domaine de la libre circulation.

Le tableau est tout autre en Afrique centrale. L’accord autour de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) était censée entrer pleinement en vigueur en janvier 2014, mais la Guinée équatoriale ne joue pas le jeu et s’entête à filtrer les entrées en imposant des visas aux ressortissants des autres pays membres tels que le Cameroun, la Centrafrique, le Gabon, le Tchad ou encore la République du Congo. En réalité la Guinée équatoriale, sous prétexte de combattre l’immigration clandestine et de veiller à sa sécurité, redoute d’être assaillie par les migrants qui viendraient profiter de la manne pétrolière. Par ailleurs il est vrai que les assauts meurtriers du groupe terroriste Boko Haram ou le violent conflit en Centrafrique ne sont pas de nature à encourager les investisseurs. Ce sont des facteurs de tassement des échanges économiques, financiers et qui ne militent pas en faveur d’une modification des pratiques dans la délivrance des visas.

Enfin sachez que les pays africains qui facilitent le plus l’entrée aux ressortissants du continent sont les Seychelles, puis le Mali, ensuite l’Ouganda, après viennent le Cap-Vert et le Togo. L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est ont la palme des régions les plus accueillantes, alors que l’Afrique du Nord et l’Afrique centrale ont le statut très peu enviable de nations les plus fermées pour les habitants du continent.
C’est que dit l’« indice d’ouverture sur les visas » de cette année. D’ici la publication du prochain, peut-être que les mauvais élèves de la classe feront des efforts. En tout cas c’est l’objectif visé par la BAD…

INTERVIEW

«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

AFRIQUE

Le président français, Emmanuel Macron, est décidément très actif sur le contient africain. Après avoir parrainé la force conjointe anti-djihadiste des pays du Sahel,...

Reseaux Sociaux