Le FMI, la BM, la BCT… : Tous pointent le gros gâchis...

Le FMI, la BM, la BCT… : Tous pointent le gros gâchis au Maghreb

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Les travaux du Sommet bancaire Maghrébin ont démarré ce mercredi 7 novembre 2018, à Tunis en la présence du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Marouane El Abassi ainsi que les dirigeants de plus de 100 banques et cinq sociétés monétiques.

Ouvrant les travaux du sommet, le gouverneur de la BCT a déclaré que la seule chose qui marche au niveau maghrébin est le commerce parallèle, appelant ainsi à multiplier les efforts et travailler pour minimiser l’impact de ce phénomène qui prend de l’ampleur à grande vitesse. “Il faut travailler davantage sur ce créneau (…) il y a beaucoup de fonds et nous devons en profiter“, a-t-il assuré.

Dans une déclaration aux médias en marge de cette rencontre, Marouane El Abassi a démenti la mise en place d’une nouvelle devise pour faire face au marché parallèle. L’idéal, selon ses dires, est de donner les moyens aux gens qui travaillent sur le marché parallèle d’intégrer l’économie formelle. “Le problème du marché parallèle s’est propagé rapidement peut-être parce qu’on n’a pas trouvé les moyens permettant à ceux qui travaillent sur le marché parallèle de travailler dans le formel“, a-t-il expliqué.

Interrogé sur la proposition de transférer les fonds gelés de la Libye en Tunisie ou dans un pays maghrébin, le gouverneur de la BCT a tenu à préciser qu’il s’agit là d’une proposition positive, expliquant toutefois que les fonds sont gelés depuis 2011 suite à une décision des Nations Unies, ce qui rend difficile le processus de déblocage de ces fonds. Il a par ailleurs assuré que si le problème du gel est résolu, la Tunisie aura de grandes chances de recouvrer cet argent.

Il a tenu par ailleurs à préciser que l’intégration bancaire maghrébine est très faible et que selon des études réalisées par des institutions internationales comme le FMI ou la Banque Mondiale (BM), le Maghreb perd de 1 à 2 points de croissance par an suite à l’absence d’intégration régionale. “Cela fait des années qu’on parle d’intégration mais rien n’a été fait jusqu’à ce jour et les pays maghrébins se classent parmi les nations ayant les plus faibles taux d’intégration bancaire dans le monde, et le trafic dans ce domaine n’a pas dépassé les 5%, voire même 3% selon d’autres études“, a encore martelé El Abassi.

Le gouverneur de la BCT a dévoilé qu’une circulaire va être envoyée aux banques tunisiennes pour faciliter le travail du jeune Tunisien voulant investir et faire des affaires au Maghreb. Le projet est en phase d’élaboration et il s’agit de doter le jeune Tunisien de tous les moyens pour qu’il puisse travailler et investir sans difficultés dans les 5 pays du Maghreb. Il a par ailleurs expliqué que cela ne concerne que les jeunes intégrés dans le projet Start’up Act dont les textes d’application ont été approuvés. De manière plus précise, les banques tunisiennes seront appelées à aider le jeune et lui éviter le problème de la devise et de transfert d’argent, et faire des transactions avec des entreprises maghrébines.

Sur le dinar maghrébin unifié, Marouane El Abassi a indiqué que cela reste toujours un rêve et qu’il faut avant tout donner les capacités et encourager l’intégration économique maghrébine, booster les échanges entre les pays du Maghreb et encourager l’investissement entre les régions, et c’est à partir de ce moment qu’on pourra parler du dinar maghrébin unifié.

Walid Belghith, ingénieur ENSIIE, a indiqué que les groupes bancaires sont amenés à renforcer leur présence sur le web, notamment sur les médias et réseaux sociaux pour s’adapter aux besoins de leurs clients et ce, en optimisant leur mode de gestion, et en véhiculant des valeurs telles que la réactivité, la disponibilité et la transparence.

Il a en outre indiqué que de nouveaux enjeux s’imposent dans la relation client, à savoir les nouvelles technologies qui obligent les groupes bancaires à renforcer leur présence sur le Web.

Quant à lui, Mohamed Safouane Ben Aissa, Docteur en Économie et Directeur Advisory chez KPMG Tunisie, a expliqué que l’intégration économique maghrébine demeure faible et que l’ouverture progressive à la liberté de circulation tarde à se réaliser. D’autre part, la coopération maghrébine en matière de sécurité a bien fonctionné. Par ailleurs, les réseaux autoroutiers maghrébins sont en train de se consolider afin de compléter l’axe central de l’autoroute trans-maghrébine, à l’horizon 2020. Cette perspective ainsi que les niveaux record des déplacements touristiques entre ces pays marquent une progression des flux financiers et de la mobilité intra-maghrébine. Plusieurs arguments plaident pour la promotion du secteur bancaire maghrébin.

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