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Langage de vérité tous azimuts. C’est ce qui définit le mieux en ce moment les ministres de Youssef Chahed. Le ministre de l’Investissement, Fadhel Abdelkefi, a été le premier à sortir du bois en dénonçant tout à tour le caractère mortifère des lourdeurs administratives, qu’il accuse de briser net l’élan de “Tunisia 2020” et le dilettantisme de nos chers députés qui se sont assis plus que de raison sur la loi de l’investissement et la loi d’urgence économique, qui n’a d’urgent que le nom puisqu’il roupille au Parlement depuis septembre dernier. Ridha Saïdi, conseiller auprès du chef du gouvernement, en charge des grands projets, vient, à son tour, de fustiger la longueur des procédures qui porte un sérieux coup aux méga programmes. Preuve que le problème d’Abdelkefi n’est toujours pas résolu. La même musique, celui de la plainte, s’entend cette fois chez la ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables, Hela Cheikhrouhou, mais pas pour les mêmes raisons. A-t-elle plus de chances d’être entendue que son collègue des Investissements ? Rien n’est moins sûr…

La contribution des sociétés pétrolières au budget de l’Etat a régressé de 3 milliards de dinars, en 2009-2010, à 1 milliard de dinars en 2017, a fait savoir, lundi 08 mai 2017, la ministre de l’Energie, des Mines et des Energies renouvelables, Hela Cheikhrouhou, notant que 80% des recettes de ces sociétés reviennent au trésor public.
Bien que la Tunisie ne figure pas parmi les grands producteurs d’hydrocarbures, le secteur de distribution des produits pétroliers, qui compte au total 800 points de vente, offre 15 mille emplois et peut offrir 500 postes supplémentaires “, a-t-elle ajouté devant les médias, en marge des premières journées de distribution des produits pétroliers tenues sur le thème ” Vers la mise en place d’un accord cadre pour la pérennité du secteur “.
D’après Cheikhrouhou, cette manifestation vise à définir une feuille de route afin de donner une nouvelle impulsion à l’investissement dans le domaine de la distribution des hydrocarbures, lequel souffre de plusieurs difficultés, dont la hausse du coût de réalisation de ce genre de projets, engendrant une baisse de la marge bénéficiaire.

Concernant la régression de la production tunisienne de pétrole, la ministre a noté que cette régression est devenue de plus en plus perceptible durant les six dernières années, “en raison de la multiplication des mouvements sociaux, pour se situer au niveau de 40 mille barils de pétrole quotidiennement et une quantité similaire de gaz naturel“, a-t-elle dit.
Elle a noté que l’absence d’un cadre juridique clair après 2012, en attendant l’adoption de la nouvelle Constitution et l’adadaptation du code des hydrocarbures à ses dispositions outre la baisse continue des prix du pétrole (depuis 2014) ont aggravé les difficultés du secteur, estimant que la situation s’améliore aujourd’hui, après l’adoption par l’ARP de la loi visant l’adaptation du code d’hydrocarbures avec la Constitution tunisienne.
Les revendications et le blocage de la production ont aggravé le problème du chômage, ce qui s’est répercuté négativement, sur l’image du pays en tant que destination touristique et l’investissement, causant des pertes de centaines de millions de dinars “a-t-elle dit, exprimant le souhait de voir le dialogue contribuer à en venir à bout.

L’optimisme n’est pas de rigueur!

Les 1ères Journées de distribution des produits pétroliers constituent une occasion pour s’accorder sur une vision globale et commune à toutes les parties prenantes du secteur, sur un horizon de 10 ans. Les objectifs étant d’évaluer les risques et les performances, de favoriser l’investissement dans l’infrastructure dédiée à l’acconage, la manutention, le stockage et la distribution, afin d’atteindre l’efficacité requise en termes d’approvisionnement du marché local“, a indiqué ce lundi Hela Cheikhrouhou.
La ministre a également fait savoir, lors de l’ouverture de ces journées, que le secteur de stockage et de distribution des produits pétroliers souffre actuellement d’une mauvaise gouvernance, d’autant plus nuisible que les distributeurs assurent des services d’intérêt public et de première importance pour l’économie nationale. Elle a aussi, évoqué le poids de la charge fiscale dans ce secteur, estimée à 38,25% dont 35% à titre d’impôts sur les bénéfices, contre 25% appliqués pour les autres activités.
Elle a rappelé la proposition d’une révision annuelle de la marge bénéficiaire, indépendamment des exigences de la politique de subvention publique, étant donné que les sociétés de distribution des hydrocarbures évoluent dans un cadre libre et concurrentiel et ne bénéficient d’aucun mécanisme de subvention.

De son côté, le membre du bureau exécutif de l’UTICA Bechir Boujdai, a considéré que la contrebande, le rétrécissement des marges bénéficiaires des sociétés de distribution et la forte pression fiscale ont lésé les distributeurs des produits pétroliers, surtout dans les régions frontalières.
Et d’ajouter que “l’ouverture du secteur de distribution des hydrocarbures sur la recherche et l’innovation permettra de redynamiser l’économie nationale à travers la création d’emplois, le renforcement du réseau des stations d’approvisionnement en carburant et l’amélioration des services”.
Il est à noter que, d’après des études récentes, citées par le ministère de l’Energie, des Mines et des Energies Renouvelables, la contrebande représente 30% du total de la consommation de carburant et de gasoil, soit l’équivalent d’1 million de m3 / an, ce qui engendre des pertes pour le secteur estimées à 61 millions de dinars annuellement et en termes d’impôt direct, un manque à gagner pour l’Etat de 222 millions de dinars/an.
La part du marché structuré dans les ventes de lubrifiants accuse également une baisse annuelle de 5%, en raison de l’ampleur prise par la contrebande de ces produits.

TAP

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La ministre tunisienne de l’Energie et des Mines, Héla Cheikhrouhou, a indiqué ce lundi 8 mai 2017, en marge des «Journées de distribution du pétrole» qui se tiennent à Tunis, que la production pétrolière en Tunisie a drastiquement baissé. Selon la ministre, elle serait revenue de 110 mille barils par jour au cours de l’année 2010 à seulement 40 mille barils par jour actuellement.

Directe et sans mâcher ses mots, la ministre a expliqué cette chute de la production par «les mouvements sociaux, les campagnes de dénigrement et de diabolisation du secteur pétrolier » et de ses opérateurs.

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Le secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) Bouali Mbarki a mis en garde, mardi 25 avril 2017, à Médenine, contre le risque d’extension des mouvements sociaux dans la pays et la possibilité de leurs instrumentalisation politique.
Mbarki a appelé le gouvernement à intervenir et à prendre des mesures urgentes “redonnant de l’espoir et de la confiance au citoyen”.
Dans une déclaration à la presse, lors des travaux de la commission administrative de l’Union régional du travail de Médenine, Bouali Mbarki a rappelé l’appel lancé par la centrale syndicale pour un dialogue économique et social impliquant tous les intervenants dans le but de s’accorder sur une feuille de route permettant de faire sortir le pays de sa situation difficile.
“Ce qu’il faut c’est une politique économique et sociale claire capable de limiter l’amplification des protestations et la dépréciation du dinar”, a souligné Mbarki qui invité la Banque Centrale à assumer sa responsabilité pour limiter la détérioration de la valeur du dinar et arrêter l’importation anarchique.
Evoquant les protestations survenues à Tataouine et dans d’autres régions, le responsable syndical a estimé “légitimes” les protestations tant qu’elles ne portent pas préjudice aux biens publics et n’entravent pas le bon déroulement des services.

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Des activistes de la société civile ont annoncé, dans un communiqué, la création du comité national de défense des mouvements sociaux.

Le Comité se donne pour tâche d’œuvrer à la libération de tous les militants détenus pour avoir participé dans les mobilisations sociales, l’annulation des jugements à leur encontre et l’abandon du harcèlement judiciaire et du tout sécuritaire pour traiter les problèmes sociaux ;

Le comité tient le gouvernement, et toutes les autorités officielles, pour responsables de la dégradation de la situation sociale qui ne cesse de produire du désespoir chez les citoyens. Il exhorte ces autorités à opter pour une politique de dialogue sérieux et de traitement positif et constructif des revendications sociales aussi urgentes que légitimes.

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Nous sommes incapables de dire si les rumeurs de démission ont été lâchées à dessein par le chef du gouvernement, Youssef Chahed, pour lancer un appel à l’aide face à ce que tous les observateurs, même les moins avisés, ont constaté : Chahed est désespérément seul face aux soubresauts d’une jeunesse exigeante et qui n’a pas conscience des limites des caisses publiques. Mais il n’est pas certain que son intervention d’hier dimanche 16 avril 2017 à la télévision nationale ait mis du plomb dans la tête des protestataires, manifestement ce ne sera pas le cas non plus pour les partis politiques qui l’ont adoubé, à en croire l’étrange communiqué d’Ennahdha ce lundi 17 avril 2017 après la sortie de Chahed.

Quand Chahed a convoqué les signataires du Pacte de Carthage, récemment, c’était certes pour faire le point sur les réalisations de son équipe 6 mois après son intronisation, mais c’était surtout pour que chacune des parties renouvelle son engagement à naviguer à ses côtés. En d’autres mots à le soutenir, fermement et publiquement. Raté puisqu’après cette grand-messe, chacun est retourné à ses occupations, dont la plus saillante, pour les partis politiques, est l’étripage mutuel et le pugilat dans les médias, très loin des intérêts suprêmes de la nation et des citoyens. Après le bruit sur la démission de Chahed, le démenti formel de sa garde rapprochée et le constat de la solitude de l’occupant de la Kasbah, exactement comme l’avait été son prédécesseur, Habib Essid, on avait cru que les soutiens officiels de Chahed – Nidaa Tounes et Ennahdha en premier – allaient se ressaisir et se ranger résolument et sincèrement derrière leur poulain. Mais quand le mouvement de Rached Ghannouchi dit dans son texte qu’il “comprend ces revendications et ces protestations et considère qu’il s’agit des acquis de la Révolution, de la dignité qui inciteront le gouvernement et les partis politiques à soutenir les régions et les catégories qui n’ont pas bénéficié du développement”, on se dit qu’on est loin du soutien franc et massif.

Un ami de Chahed qui ne lui veut pas que du bien

Encore plus déboussolant pour ce pays, qui manque déjà de cap clair et encore plus usant pour les nerfs de Chahed, il y a cet exemple frappant du double discours, dans le même communiqué : “le mouvement Ennahdha réitère sa compréhension pour ces protestations” mais “appelle les citoyens à préserver cet acquis à travers le respect de la loi et les activités de l’institution publique”. Comme exemple de clarté il y a mieux ! Voilà une phraséologie qui ne fait que brouiller les cartes et le message dans la tête des jeunes. Cela n’aide en rien le travail de Chahed. Idem quand le texte dit : “Nous incitons le gouvernement à réagir d’une manière positive concernant les revendications des protestataires, ce qui permettra de trouver des solutions concrètes”, alors que Chahed s’est échiné à marteler qu’il n’avait pas une baguette magique et que les ressources de l’Etat était limitées…

Et que dire de la théorie du complot, qui déjà fait beaucoup de dégâts sur la place publique, avec ces déballages explosifs tous les jours dans les médias, sans jamais, et c’est la loi du genre, désigner nommément les coupables. “Le mouvement Ennahdha a remarqué ces derniers temps qu’il y a une tentative visant à affecter le climat de consensus politique que connait notre pays et ce depuis la réunion de Paris entre Beji Caïd Essebsi et Rached Ghannouchi. Ce consensus a protégé notre pays et son expérience démocratique contre une guerre civile et un renversement du pouvoir, comme cela s’est passé dans un pays frère”. Le pays frère c’est l’Egypte, pays dont d’ailleurs les milieux financiers disent le plus grand bien en ce moment et qui emprunte sur le marché de la dette très facilement, ce à quoi ne peut pas prétendre la Tunisie. Mais le plus grave, c’est de souffler sur les braises et d’entretenir l’idée qu’il y a des complotistes partout, tapis dans l’ombre. En procédant ainsi, on explose le peu de vernis de cohésion nationale qu’il y a et on sème la méfiance mutuelle dans la tête des citoyens. Très corrosif pour le travail de rassemblement des Tunisiens, vers un même idéal.

Au secours, la théorie du complot revient!

“Ceux qui visent la politique de consensus ce sont des parties qui ont divers agendas politiques mais ils ont le même objectif. Certains d’entre eux n’ont ni des solutions, ni des suggestions, ils veulent juste profiter des situations difficiles dans le pays, notamment dans certaines régions”. Mais qui précisément ? Là, encore une fois, Ennahdha en a trop dit, ou pas assez. Si des dossiers bien ficelés, des informations crédibles existent, alors il faut les transmettre illico à la justice, à défaut de les exposer sur la place publique. Cela rendrait un grand service à Chahed et au pays. C’est ça ou alors on se tait. Mais on ne lâche pas des propos incendiaires de ce type sans aller au bout de sa démarche. C’est proprement irresponsable et archi dangereux. Mais en Tunisie tout passe en ce moment, hélas, les citoyens étant anesthésiés par toutes les tuiles qui leur tombent sur la tête au quotidien, du fait notamment d’une classe politique en-dessous de ce qu’on attend d’elle…

Quand le mouvement Ennahdha déclare, dans le même communiqué, “qu’il œuvre davantage afin de protéger le pays contre le terrorisme, le crime, pour le renforcement des réformes, la tenue des élections municipales dans les délais qui ont été fixés” et qu’il lance “des initiatives afin de réaliser les attentes du peuple au niveau du développement, de l’emploi, de la santé, de l’enseignement”, on peut être sûr qu’on tient là un des axes des campagnes pour les prochaines échéances électorales. Mais en fait, à la décharge d’Ennahdha, Nidaa Tounes aurait très bien pu pondre cet argument, comme beaucoup d’autres points de cet étrange communiqué qui souffle le chaud et le froid. Et c’est justement ça le drame de la Tunisie actuellement : Les partis politiques, au pouvoir comme ceux qui aspirent à y être, ont chacun un agenda qui est souvent très loin des besoins et demandes des citoyens, guettant le faux pas fatal de Chahed pour se placer. Ce dernier devra, très certainement, sortir du bois prochainement pour une autre explication de texte. Et surtout poser des actes qui indiquent clairement la cap. Ce qu’il a dit hier, et qu’il pensait sans doute, on peut lui en faire crédit, ne sera en rien suffisant pour ramener tout ce beau monde à la raison…

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Le député du Front Populaire Ammar Amroussia a déclaré que les symptômes d’une explosion sociale sont très visibles, notamment avec la montée de la grogne sociale et la mobilisation de plusieurs secteurs pour protester contre le projet de la loi des finances pour l’exercice 2017.

L’opposant a par ailleurs accusé le chef de l’Etat, Beji Caid Essebssi, le rendant responsable de la crise profonde qui secoue la Tunisie.

Sur un autre plan, il a estimé que la Tunisie ne pourra jamais bénéficier des retombées de la Conférence internationale sur l’investissement, prévue les 29 et 30 novembre courant. Inteview :

Ce climat actuel marqué par la multiplication des mouvements de protestation pourrait-il affecter la tenue de la Conférence internationale sur l’investissement, prévue les 29 et 30 novembre courant ?

Dans cette conjoncture où le projet de la loi des finances continue de provoquer la colère de plusieurs secteurs et organismes, et même les partenaires du gouvernement en place à l’instar de l’UGTT et de l’UTICA, la Tunisie ne pourra jamais bénéficier des retombées de la Conférence internationale sur l’investissement.

Comme tous les Tunisiens, on espère une amélioration de la situation, mais avec cette coalition au pouvoir les choses vont se détériorer de plus en plus et la crise sera plus profonde.

Que faire alors ?

Cette conjoncture nous pousse à réviser de manière structurelle le projet de la loi de finances pour l’exercice 2017 car le texte dans sa version actuelle est rejeté par l’ensemble des acteurs. Le rassemblement des avocats et des pharmaciens aujourd’hui devant le siège de l’ARP en est une preuve, sans oublier l’appel de la centrale patronale à la mobilisation et la menace de l’UGTT d’observer un grand rassemblement devant l’Assemblée des représentants du peuple et à la Kasbah dans un délai d’une semaine et ce, afin de “faire pression sur le gouvernement » tout en appelant ses partisans à “se préparer à une grève générale” avant le 8 décembre prochain.

Dans l’histoire de la Tunisie, tous les gouvernements qui ont essayé de provoquer l’UGTT ont échoué. C’est le cas du GUN, qui risque de vivre le même scénario, surtout dans ce climat tendu.

Comment vous jugez le rendement de ce gouvernement ?

C’est un gouvernement irresponsable et il est en train de flouer l’opinion publique sur la question des majorations salariales. La politique héritée de l’ancien chef du gouvernement est le bon exemple : il a signé un accord avec l’UGTT autour des majorations et en même temps il s’est engagé auprès du FMI sur le fait qu’aucune majoration ne sera programmée en 2016 et 2017.

De même, la pratique de la manipulation est observée aussi dans le projet de la loi de finances pour 2017.

Comment ?

Ce budget s’étale sur dix mois, plusieurs questions se posent à ce niveau, par exemple le gouvernement ne va plus payer les salaires des fonctionnaires dans deux mois ?

A travers ces manoeuvres, le gouvernement a voulu convaincre son premier patron « le FMI » en procédant à la baisse de son budget pour l’année prochaine.

Cependant, je pense qu’il s’agit d’un projet de loi qui irrite l’ensemble des acteurs et partenaires sociaux qui l’ont fortement critiqué. C’est tout simplement un budget qui va à l’encontre des principes de la révolution et qui vise à encourager la corruption contre une aggravation de la situation des couches populaires.

Avec cette démarche, le gouvernement est en train de faire exploser le pays.

Peut-on parler d’une explosion sociale en Tunisie dans pareille condition ?

Les indices de l’explosion existent en réalité et sur le terrain… On est en train de suivre une montée de la grogne sociale avec plusieurs mouvements de protestation observés par plusieurs secteurs et métiers, dont notamment les avocats, les médecins, les agriculteurs, sans oublier la colère des anciens étudiants fichés par la police qui continuent de souffrir et qui sont au bord de l’explosion.

Ces mouvements viennent dans une conjoncture délicate marquée par la persistance du chômage, les inégalités régionales, alors qu’il y a une recrudescence de la corruption et la contrebande.

Avec ces éléments, ce mois de novembre risque d’être chaud et par conséquent la Tunisie risque de faire face à une explosion sociale.

Votre lecture pour le discours de Beji Caied Essebssi ?

Ce discours prouve que le chef de l’Etat est très loin des problèmes actuels de la Tunisie, et son lien avec ce pays demeure très faible…

Pourquoi vous dites ça?

Tout simplement parce qu’il est à l’origine de la crise profonde qui secoue la Tunisie, et plus précisément le premier parti au pouvoir, Nidaa Tounes, qui est affaibli déjà par son départ.

Ses propos dans l’interview accordée hier soir à la chaine Al Hiwar Ettounssi viennent prouver cette hypothèse et démontrent qu’il est en soi une erreur dans l’histoire de la Tunisie.

Et pour sa position par rapport à la justice transitionnelle ?

Je peux comprendre la position du chef de l’Etat et surtout son absence lors des premières séances d’écoute. Car il est concerné par ce processus important. Plusieurs crimes de torture ont eu lieu quand il était à la tête du ministère de l’Intérieur, sous le régime de Bourguiba.

Personne ne peut ignorer l’histoire de la Tunisie… Un petit rappel pour notre président : le militant Lazhar Chraieti a été exécuté le 24 janvier 1963, mais jusqu’à ce jour sa famille n’a pas reçu sa dépouille…

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Le moins qu’on puisse dire est que le communiqué de l’UGTT de Gafsa invitant les protestataires de la Compagnie de phosphate de Gafsa (CPG) à lâcher du lest et à accorder du temps au gouvernement pour répondre à leurs doléances est étrange et inhabituel. On était plutôt habitué à une attitude plus va-t-en guerre de la part de la centrale syndicale. L’UGTT a même demandé aux employés mécontents de la CPG de temporiser pour donner aux autorités de la latitude afin de solutionner le retard pris en matière de développement. Enfin le syndicat a appelé les employés de la CPG à retourner au travail. Tout cela fait un peu beaucoup et tranche avec les postures de l’UGTT, surtout ces dernières années où elle en a fait voir de toutes les couleurs aux gouvernants, bloquant toute velléité de relance économique franche. Alors, qu’est-ce qui explique ce revirement citoyen de l’UGTT ?

La raison est dans le texte du communiqué publié hier samedi 03 septembre 2016. Pas besoin de procéder à une explication très savante, l’UGTT a elle-même dit qu’il faut reprendre le boulot pour éviter la faillite de la société, ce qui ne ferait pas les affaires de la région, ni celles du pays. Voilà, le motif est là. Ce que l’UGTT n’a pas précisé, c’est que les mouvements de protestation, pour diverses raisons, ont tellement affaibli ce fleuron de l’industrie tunisienne qu’il est au bord du précipice. Ce n’est pas pour rien que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, en avait fait la tête de gondole de son discours devant les parlementaires pour illustrer cette Tunisie qui ne tourne pas rond et qu’il faut de toute urgence remettre sur orbite. Mais fallait-il attendre que la situation de la CPG atteigne cette gravité pour faire preuve, a minima, de sens des responsabilités ? Fallait-il attendre quasiment un point de non retour, avec des mauvaises habitudes qui se sont cimentées, pour sonner le branle-bas de sauvetage ? Nous posons la question à l’UGTT…

Mais à y regarder de plus près, l’UGTT a maintenant toutes les raisons de demander à ses troupes de regagner leurs postes de travail. En effet, dans la même matinée où elle pond son fameux communiqué, on apprend que la CPG et le Groupe Chimique Tunisien vont embaucher près de 2800 agents et cadres. Que demande le peuple ? Tout cela va se faire dans une société, la CPG, qui est à l’arrêt depuis des jours, plombée par les mouvements sociaux. Essayez de trouver de la logique là-dans. Bon, il y a bien l’unité de Mdhila qui a poussivement repris la production hier samedi, mais c’est une broutille au regard de tous les problèmes endémiques du secteur. Tout cela n’a pas empêché les autorités de continuer à se nourrir déraisonnablement de la bête, au risque de la tuer avec des vagues incessantes de recrutements. Mais l’essentiel est ailleurs : Eviter que le feu prenne dans cette redoutable région de Gafsa.

On marche sur la tête !

La CPG, de l’aveu même de son PDG, Romdhane Souid, c’est une entreprise qui tourne à 40% de sa capacité de production, et cela fait cinq ans que cela dure. La CPG c’est une boîte qui a cumulé un déficit de 5 milliards de dinars du fait de la chute continue de la production. On peut aussi évoquer la fonte des réserves de phosphate commercial, qui sont passées de 7,2 millions de tonnes en 2010 à 2 millions présentement. On peut aussi parler de la baisse vertigineuse des recettes d’exportation du phosphate et dérivés, qui étaient de 1,2 milliard de dollars en 2010 et à peine 351 millions l’an dernier. Depuis le début de cette année jusqu’au 18 juillet, seuls 2 millions de tonnes de phosphate commercial sont sortis des usines de la CPG, alors qu’on en attendait 3,6 millions, ce qui fait un déficit de 44%. Si on fait la comparaison avec la même période de 2010, la production s’était établie à 4,3 millions de tonnes.

Quand Ammar Amroussia, député du FP, parlait (sur Africanmanager le 31 août 2016) de consacrer une part des recettes de la CPG aux habitants de Gafsa, il parlait des revenus d’une société malade au point qu’on ne sait plus par quel bout la prendre pour la sauver du naufrage. Tant pis, la bête est mourante certes, mais tant qu’il lui reste un peu de chair dont on peut se repaître, on peut s’en accommoder. Par ailleurs, il faut croire que les propos d’Amroussia, qui agitait la menace, à peine voilée, d’un soulèvement à Gafsa de la même ampleur que celui de 2008 ont fait mouche. En effet, Sofiène Toubel, député de Nidaa Tounes pour la circonscription de Gafsa, a demandé, le 02 septembre 2016, que 20% des recettes de la production du phosphate restent dans le gouvernorat de Gafsa. Mais il n’est pas le premier dirigeant politique éclairé à nous éblouir avec sa science, l’ex-président de la République, Moncef Marzouki, avait suggéré exactement la même chose, à l’unité près, en juin 2012. Rached Ghannouchi, le chef de file du mouvement Ennahdha, avait abondé dans le même sens, mais s’était gardé d’avancer un pourcentage. « Il est inconcevable que Gafsa dispose de richesses et que ses jeunes chôment », s’était-il borné à dire.

Tout ce beau monde n’a pas pensé une seconde au fait que cette forme de discrimination positive qu’il propose est la meilleure manière de craqueler le ciment de l’unité de nationale, déjà malmenée par la post-révolution. Imaginez le tableau si toutes les régions de la Tunisie exigeaient le même traitement.

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Le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES)organise une Conférence de presse pour présenter son rapport sur : Le suicide et tentatives

Le Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux (FTDES) a rendu public son rapport relatif au mois de juin sur les mouvements sociaux, les actes de suicide et de violences. Un rapport qui semble pessimiste à tous les niveaux. S’agissant des mouvements de protestation, il en ressort  un recul important durant le mois de juin 2016. Ce recul a été accompagné par une modification des revendications et de l’architecture régionale et des acteurs de ces actes de protestations comme c’est le cas dans les gouvernorats de Gafsa, Kasserine, Kairouan et Sidi Bouzid.
En effet, les régions du Sud, Sud-Est et Sud-Ouest connaissent une évolution des actes de protestations contextuels vers une forme d’accumulation de protestations commençant à défragmenter les principes de la société traditionnelle et classique et faisant émerger une culture protestataire différente en forme et en nature signant l’avènement d’une étape historique.

Le seul mois de juin 2016 a enregistré une accalmie dans les mouvements de protestations collectives et une évolution sensible à la hausse des mouvements individuels enregistrant, ainsi, un taux historique de 20 % par rapport au total des protestations enregistrées par l’Observatoire Social Tunisien.

Selon le FTDES, 319 mouvements de protestations collectives ont eu lieu dans 21 gouvernorats du pays. Le gouvernorat de Sidi Bouzid a connu le plus de mouvements collectifs, suivi par ceux de Kairouan, Kasserine, Médenine, Gafsa et Jendouba. Les gouvernorats côtiers ont toutefois connu moins de mouvements collectifs que ceux de l’intérieur du pays. Le gouvernorat de Médenine a enregistré une modification dans l’architecture des mouvements de protestations ainsi que le gouvernorat de Sfax qui n’a vu aucun événement protestataire collectif. Les îles de Kerkennah continuent à être le témoin d’un climat tendu.Le secteur administratif et institutionnel a connu le plus de mouvements de protestations durant le mois de Juin 2016.

Concernant les suicides, le rapport note que le paysage des mouvements de suicides et tentatives de suicides actuel ne permet pas d’établir des règles ni de résultats anticipés puisqu’il possède la caractéristique essentielle de volatilité et de variabilité extrême aussi bien par tranches d’âge, que par genre et  par région. Un recul important a été enregistré dans les actes de suicides et les tentatives chez les enfants de moins de 15 ans avec 3 actes et ce suite à la fin de l’année scolaire.

Selon les termes du rapport, une évolution à la hausse des actes de suicide et tentatives a été notée chez les jeunes entre 16 et 25 ans et les résultats de l’épreuve nationale de baccalauréat peut en être la cause. Il en résulte également une forte régression des actes de suicides et tentatives chez les jeunes de 26-35 ans. Les adultes dans la tranche d’âge entre 46 et 60 ans ont connu le plus fort nombre de suicides, essentiellement masculins, dont la raison essentielle est la précarité socio-économique. La tranche d’âge de plus de 60 ans a gardé la même architecture que les mois précédents .

Le gouvernorat de Nabeul a connu le plus grand nombre de suicides et tentatives de suicides, suivi par les gouvernorats de Kairouan, Jendouba, Kasserine et Sidi Bouzid.

Quant aux violences conjugales, familiales et sexuelles, le rapport révèle que ces dernières continuent à être ce que l’on relève le plus souvent au sein de l’Observatoire Social Tunisien et ce, même durant le mois de Juin 2016.La violence familiale a connu une augmentation en intensité et en nature durant ce mois de juin, allant jusqu’à l’assassinant de la mère et de la grand-mère par un jeune au moment de la rupture du jeûne.

Les agressions sexuelles ont connu un recul relatif contre les enfants mais une augmentation envers les jeunes filles et les femmes.
Les violence physiques, verbales, psychologiques ont été très présentes dans les médias durant le mois de Ramadhan, ce qui a poussé la HAICA à intervenir en retardant l’horaire de diffusion d’un feuilleton télévisé sur une chaîne privée en l’obligeant à mettre une étiquette de limitation d’âge, précise la rapport.

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Une nouvelle coordination visant à consolider les mouvements sociaux vient de voir le jour.  L’annonce a été faite ce mardi 26 avril lors d’un point de presse organisé par le Forum Tunisien des Droits Économiques et Sociaux (FTDS) en collaboration avec le Réseau Euromed.

D’après le président du Réseau Euromed, Rami Salhi, cette coordination aura pour objectif de soutenir les mouvements sociaux observés dans plusieurs régions de la Tunisie. ” Notre but est de soutenir les revendications des protestataires sur tout le territoire tunisien”, a précisé le président dans une déclaration à Africanmanager pointant du doigt la politique menée par le gouvernement en place.

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«La politique africaine ne peut se développer uniquement avec les visites, sporadiques et de courte durée ou seulement à travers le seul ministre des...

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