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Le médicament pour soigner nos politiciens débarque

Le nombre des mouvements de protestation enregistrés en 2018 est en hausse par rapport à celui enregistré au mois de septembre 2017 (370 mouvements sociaux), c’est un bond en avant de 33%, a confié à la TAP Najla Arfa, membre de l’Observatoire social tunisien. Vous me direz que la tendance n’est pas nouvelle et que depuis un fameux 14 janvier 2011, les citoyens manifestent pour un oui ou pour non. Mais attendez de connaitre les raisons pour lesquelles les Tunisiens battent le pavé : Des revendications ayant trait au délabrement des infrastructures, aux tares du système éducatif, aux dégâts infligés par les inondations dans certaines régions… Et ça pour le coup c’est nouveau. On peut s’en désoler, en y voyant une paupérisation de notre cadre de vie, en y voyant un affaiblissement de cet Etat censé nous protéger, mais on peut aussi y voir un sursaut citoyen pour des sujets autres que les doléances liées aux salaires, au chômage, aux prestations sociales, etc. Bref, cette affaire a quelque chose de rafraichissant et de rassurant quant à l’ancrage de vertus citoyennes qui pourraient être salvatrices, surtout dans la perspective de la décentralisation. Ces formes de protestations nouvelles sont peut-être la meilleure ordonnance pour une société malade, et surtout pour sa classe politique qui a tendance à s’étriper autour de dossiers mineurs – les chaises, les maroquins, le consensus, les élections, le gouvernement… -, oubliant l’essentiel, comme vient de le souligner très justement le secrétaire général de l’UGTT, pour une fois!

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Le nombre des protestations sociales enregistrées durant le mois de septembre 2018 s’élève à 591, dont 547 mouvements de protestation collectifs, dix individuels et 34 suicides et tentatives de suicide, a affirmé Najla Arfa, lors d’une conférence de presse tenue lundi 29 octobre 2018 au siège du Forum Tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) à Tunis.
La région du Kairouan a enregistré le nombre le plus élevé de protestations sociales (125 mouvements), suivie de la région de Gafsa (61), puis Sidi Bouzid (60) et enfin Sousse (49), a-t-elle précisé.

En ce qui concerne les cas de tentatives de suicide, Arfa a indiqué que la catégorie d’âge de 16 à 35 ans est la plus touchée, soit 55% de l’ensemble des cas enregistrés, suivi de la catégorie d’âge de 36 à 60 ans avec un taux de 35%.
La région de Gafsa a enregistré 13 cas de suicides et tentatives de suicide, puis le gouvernorat de Kairouan, avec 4 cas, suivi de la région de Nabeul, trois cas de tentatives de suicide, ensuite la région de Monastir avec deux cas et enfin un seul cas de tentative de suicide enregistré dans les régions de Tozeur, Ben Arous, Bizerte, Tunis, Médenine, Tataouine, Kasserine, Sidi Bouzid et Jendouba, a-t-elle fait savoir.

Sur un autre plan, des actes de violence ont été enregistrés dans les rues, les moyens de transport public, les locaux administratifs, les espaces publics, touristiques, sportifs et virtuels, le milieu professionnel et des commerces, a-t-elle signalé. Cette propagation et cette banalisation de la violence sont peut-être les problèmes les plus épineux pour une société enivrée par cette liberté qui lui est tombée sur la tête brutalement. Les derniers épisodes dans le foot, malheureux et consternants, nous le rappellent. Donc il y a cette conscience citoyenne qui émerge et fait du bien, mais il y a aussi ces débordements violents, quotidiens, comme les dernières éruptions tragiques à Sidi Hassine, juste parce que des douaniers sont venus faire leur boulot. Quand l’uniforme, quel qu’il soit, devient un ennemi, c’est la porte ouverte à tous les drames dans certains coins du pays. C’est un problème que la Tunisie devra régler, et rapidement.

S.L.

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