Les vergers d’agrumes des délégations de Soliman, Béni Khalled, Menzel Bouzelfa et Bou Argoub, dans le gouvernorat de Nabeul, font face à d’importantes difficultés en raison du retard enregistré dans le démarrage de la campagne d’irrigation, habituellement lancée à la mi-mai.
Cette situation affecte négativement les plantations agrumicoles et risque d’accentuer la propagation de la maladie du dépérissement rapide des agrumes (Tristeza), en raison du déficit hydrique.
Dans une déclaration à l’Agence TAP, le président de l’Union locale de l’agriculture et de la pêche à Béni Khalled, Béchir Aounallah, a attribué ce retard à la vétusté des conduites de distribution d’eau et aux nombreuses défaillances enregistrées sur le réseau depuis plusieurs années.
Il a précisé qu’environ 33 pannes ont été recensées, précisant que les travaux de réparation, engagés depuis le début du mois de mai, sont encore en cours, avec des répercussions directes sur la saison agricole.
Les autorités concernées avaient été alertées dès le mois de mars de la nécessité de procéder à des essais techniques sur les conduites existantes, mises en service à la fin des années 1960, afin d’évaluer leur état et d’envisager leur réhabilitation ou leur renouvellement pour limiter les pertes d’eau, selon la même source.
Le responsable a formulé l’espoir d’un démarrage de l’irrigation au cours de cette semaine, soulignant que ce retard intervient dans un contexte marqué par une hausse des températures, alors que les agrumes nécessitent des apports hydriques réguliers pour assurer le maintien des fruits et limiter le phénomène de chute physiologique, observé actuellement à un rythme important.
Il a appelé les autorités de tutelle à mobiliser des financements supplémentaires pour le renouvellement des infrastructures hydrauliques, rappelant l’importance stratégique du gouvernorat de Nabeul dans la production agricole nationale, notamment dans la filière agrumicole.
De son côté, le président de l’Union locale de l’agriculture et de la pêche de Bou Argoub, Sami Houidi, a appelé à une réforme durable des systèmes d’irrigation, au-delà des interventions ponctuelles, afin de préserver les intérêts des agriculteurs et d’assurer la pérennité de la filière.
Il convient de rappeler que le gouvernorat de Nabeul a bénéficié cette année de précipitations exceptionnelles ayant permis aux grands barrages de la région d’atteindre un taux de remplissage de 100%, avec des réserves estimées à 48 millions de mètres 3. Les barrages collinaires totalisent, quant à eux, près de 24 millions de mètres 3, tandis que les lacs collinaires stockent environ 4 millions de mètres 3 d’eau.
Nabeul : La filière agrumicole confrontée aux défaillances des réseaux d’irrigation
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