Emmanuel Macron a salué, le 28 août 2023 notamment le travail de Sylvain Itté, l’ambassadeur de France au Niger. Un diplomate dont le régime militaire, qui a renversé le président Mohamed Bazoum à Niamey, a exigé le départ. « La France et les diplomates ont été confrontés ces derniers mois à des situations dans certains pays particulièrement difficiles, que ce soit au Soudan où la France a été exemplaire, au Niger en ce moment même et je salue votre collègue et vos collègues qui écoutent depuis leur poste », a déclaré le président français dans un discours aux ambassadeurs à l’occasion de leur réunion annuelle.
Le 25 août, le CNSP avait exigé le départ de Niamey du représentant français. Demande à laquelle le ministère français des Affaires étrangères avait répondu : « Les putschistes n’ont pas autorité pour faire cette demande, l’agrément de l’ambassadeur émanant des seules autorités légitimes nigériennes élues. » Le 27 août, des milliers de personnes favorables au coup d’État du 26 juillet contre Mohamed Bazoum, ont manifesté à proximité de la base militaire française à Niamey, brandissant des pancartes demandant notamment le départ des troupes françaises.
L’ambassadeur de France reste donc à Niamey et ce a déclaré le président français « malgré les pressions, malgré toutes les déclarations des autorités illégitimes », a-t-il ajouté. La France ne reconnaît pas les putschistes. Emmanuel Macron l’a répété ce lundi matin, lui qui a défendu la cohérence de sa politique. Politique qui repose, a-t-il dit, sur l’engagement de l’ambassadeur de France, sur celui des militaires français présents dans le pays ainsi que sur le courage du président Bazoum. Face aux critiques, Emmanuel Macron a d’ailleurs tenu à défendre sa stratégie de soutien très affirmé au président nigérien, qu’il a décrit comme « un homme intègre, démocratiquement élu, courageux ». Le locataire de l’Élysée n’a ensuite pas hésité à s’en prendre directement aux militaires nigériens.
La stratégie de la France reste donc inchangée : non-reconnaissances des putschistes, soutien au président Bazoum. « Nous soutenons l’action diplomatique et, quand elle le décidera militaire, de la Cédéao dans une approche de partenariat », a ajouté le président français qui a appelé tous les États de la région à avoir une politique « responsable ». « Parce que il faut être clair, a-t-il mis en garde. Si la Cédéao abandonne le président Bazoum, je pense que tous les présidents de la région sont à peu près conscients du destin qui leur sera réservé ».








