Le PDG de la BIAT, Mohamed Agrebi, a accordé à Africanmanager une interview exclusive où il a évoqué plusieurs questions dont principalement la stratégie de développement de la banque, sa contribution dans l’économie nationale ainsi que son rôle en matière de soutien aux entreprises en difficulté. La stratégie de la banque et son intention d’investir en Afrique ont été aussi évoquées.; Y a-t-il une stratégie de développement bien précise à la BIAT ?; À la BIAT, on travaille sur la base de tout un plan stratégique. Après les plans stratégiques qui se sont étalés sur 2008-2012 et 2012-2016, aujourd’hui nous sommes sur un autre plan s’étalant sur les années 2016-2019. Mais d’un plan à l’autre, il y a toujours des améliorations et des ambitions par rapport à ce qui a été déjà réalisé. C’est la continuité de toute une stratégie et d’un plan stratégique qui concerne aussi bien la direction générale que le conseil d’administration et toutes les ressources de la banque. Nous tenons compte en premier lieu des besoins des clients (accompagnement, conseil, prise en charge…).; La BIAT met chaque année sur les rails une nouvelle initiative pour aider les entreprises à rembourser leurs dues parce que nous considérons que notre rôle est plutôt social. En 2016, le choix qui avait été fait est d’aller vers le recouvrement au lieu du contentieux. On est convaincu du fait qu’on doit accompagner l’entreprise.; Quelles sont les principales réalisations de la banque en 2016?; En matière de crédits, entre 2015 et 2016, la banque a fait à peu prés 850 Millions de dinars (MD). Sur le plan investissement, bien que notre objectif n’est pas d’être un actionnaire dans l’entreprise, on a fait 110 MD d’entrées en capital pour soutenir l’entreprise mais aussi l’investissement et créer de l’emploi. Ajoutons à cela le rôle de la banque dans les crédits d’exploitation, lesquels sont des crédits au jour au jour par rapport aux besoins de l’entreprise. Sur le plan des crédits en devise, la banque a soutenu les entreprises qui sont actives à l’international dont principalement l’Afrique. En 2016, 700 MD de crédits en devises ont été accordés aux entreprises résidentes.; Est-ce qu’on peut parler de difficultés liées au système bancaire tunisien?; Le problème qui se pose actuellement au niveau du système bancaire tunisien c’est la liquidité. Il y a un gros problème de liquidité, mais au niveau de la BIAT nous sommes en train de gérer cette question. Entre 2014 et 2015, la banque a franchi près de 800 MD de collecte supplémentaire pour arriver pour la première fois de son histoire à un niveau de 8 milliards de dinars au niveau des encours des dépôts. Cette année aussi on est passé de 8 Milliards de dinars à plus de 9 milliards de dinars en termes de dépôts.; En 2016, la BIAT a créé son « Pôle conseil et restructuration » pour appuyer les entreprises en difficulté. Où en est-on actuellement?; 90 entreprises en difficulté sont actuellement entre les mains de ce pôle, et le taux de satisfaction est de 70%. Maintenant, on est en train de voir comment augmenter les moyens de ce pôle là afin d’aller un peu plus vite en matière d’accompagnement des entreprises en difficulté.; Nous avons organisé récemment un évènement et il y avait beaucoup de gens qui sont venus témoigner de ce que la BIAT a fait pour eux et comment elle les a aidés par ses conseils et ses financements.; Toutes ces entreprises sont entre les mains de ce pôle là, il y a des choses qui ont été déjà faites et d’autres sont toujours en attente. C’est tout un plan d’assainissement. Certains éléments nécessitent quelques mois alors que d’autres nécessitent un délai de 3 à 4 ans pour achever tout ce projet d’assainissement.; Nous venons d’apprendre que la BIAT a abandonné sa stratégie d’investir en Afrique. Pouvez-vous nous donner plus de détails?; Le taux d’intérêt bancaire en Tunisie est compris entre 5 et 7% alors qu’en Afrique, on parle de 20 à 25% et le taux minimum entre 16 et 17%. Il y a vraiment du risque en Afrique. Notre premier souci est d’avoir les meilleurs fondamentaux, notamment en matière de gestion du risque. Nous devons bien nous préparer pour pourvoir gérer le risque, voire le supporter, mais pour le moment l’Afrique est impossible. L’avenir de notre investissement en Afrique dépendra de l’évolution du marché.








