AccueilLa UNECrise du sucre: L’arrière-goût amer d’une pénurie!

Crise du sucre: L’arrière-goût amer d’une pénurie!

Face à l’aggravation des répercussions économiques et sociales de la pénurie de sucre, ces derniers jours, les ONG concernées et les acteurs socio-économiques intéressés ont appelé le gouvernement et l’Etat à promouvoir la production nationale de sucre en vue de réaliser l’autosuffisance en cette matière stratégique.

Or, cette autosuffisance existe, à vrai dire.

Selon les statistiques disponibles, la raffinerie de sucre de Béjà (entreprise publique) produit et assure plus de 150 mille tonnes, par an, l’usine GINOR à Jendouba (privée) produit quelque 10 mille tonnes et l’usine de Bizerte dont 24% du capital sont détenus par l’Etat, produit entre 500 mille et 600 mille tonnes, mais, ayant le statut d’entreprise exportatrice, elle ne peut théoriquement écouler que 30% de sa production sur le marché local.

La consommation locale de sucre, (domestique et industrielle) est estimée à près de 370 mille tonnes par an, soit mille tonnes par jour, environ.

Après les consommateurs ordinaires, les effets de la pénurie de sucre qui se poursuit par intermittence depuis le mois de juillet, se sont fait durement sentir, ces derniers jours, au niveau du secteur économique. Les établissements industriels de l’agroalimentaire utilisant le sucre comme ingrédient dans leur production, la filière des boissons gazeuses, les biscuiteries, et la fabrication de yaourt, notamment, ont été contraints, soit à fermer leurs portes, soit à réduire leurs activités, entraînant la mise en chômage technique d’une partie de leurs travailleurs.

Lobbys profiteurs

La société civile, par la bouche des ONG concernées, notamment l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC) et l’Organisation « Tunisie Produce » (La Tunisie produit) a vivement réagi, s’indignant que le problème qui couve depuis des mois, voire des années, soit resté sans solutions. D’autant qu’il s’agit moins de production que d’encadrement.

« Tunisie Produce » qui œuvre à la promotion et la protection des produits tunisiens et du « made in Tunisia », a demandé à l’Etat et au gouvernement d’assumer leur responsabilité en recherchant une solution radicale à la question relative à la réforme de la filière du sucre, et ce à travers la promotion de la production locale de sucre grâce au soutien des producteurs de la betterave à sucre et des entreprises tunisiennes opérant dans la production de sucre.

Le président de l’OTIC, Lotfi Riahi, a insisté sur la nécessité de distinguer entre les quantités de sucre consacrées à l’usage domestique et familial et celles destinées  à l’usage industriel afin de rationaliser les subventions consenties dans ce domaine et barrer la route aux lobbys profiteurs.

Les dessous d’un imbroglio savamment distillé

La crise actuelle a commencé au mois de février dernier avec le refus de la Société nationale de distribution de pétrole de continuer à fournir du fuel à la raffinerie de sucre de Béja pour défaut de paiement de factures précédentes. Pourtant, les deux entreprises sont des entreprises publiques.

L’entreprise GINOR de Jendouba, à travers des déclarations et des mises en garde répétées de son directeur, a attiré l’attention sur des velléités de sabotage de la production nationale de sucre et de la culture de betteraves. Cette entreprise assure simultanément la culture de la betterave à sucre et la raffinerie.

Son directeur a révélé, aux médias dont, entre autres, le média « Tounès el Khadhra » (La Tunisie verte) que « la filière du sucre en Tunisie, à l’instar d’autres filières de production, est la cible d’un sabotage systématique de la part de lobbys parce le succès enregistré par la culture de la betterave à sucre en Tunisie signifie le recul de l’importation du sucre et des aliments pour bétail.

A vrai dire, d’après ce même opérateur et autres acteurs concernés, ce sabotage avait commencé avant la révolution, sous la houlette du clan corrompu des Trabelsia, gendres de l’ancien président Ben Ali et iI continue à vue d’œil, avec le risque évident de transformer la Tunisie en un simple pays importateur dans tous les domaines.

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