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Perception du climat des affaires 2020: Le taux de satisfaction des entreprises en baisse de 30,1%

L’indicateur synthétique de perception du climat des affaires ( IPCA ) a atteint, pour la première fois, un niveau inferieur au seuil de 50 (48,6), en 2020, ce qui est synonyme « d’une moindre satisfaction quant au climat des affaires », selon la 21ème enquête annuelle sur le climat des affaires et la compétitivité des entreprises, réalisée par Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ).

En 2019, cet indicateur était de 59,5, sachant que plus l’IPCA, se rapproche de 100, plus le climat des affaires est jugé favorable.

Les principales contraintes impactant le climat des affaires sont le climat politique, la corruption, le climat social, le financement bancaire, les pratiques dans le marché et le cadre macro-économique et juridique.

Cette enquête qui couvre la période du premier semestre 2021 a été effectuée sur un échantillon de 1726 entreprises pour ce qui est du climat des affaires, et de 1350 entreprises en ce qui concerne les stratégies compétitives.

L’indicateur du climat politique dont le niveau a accusé la plus forte baisse à 30,1, s’est positionné comme étant la principale cause de la détérioration de la perception du climat des affaires en 2020. Ainsi, 70% des entreprises considèrent le climat politique comme une contrainte majeure et son instabilité s’avère une raison pour laquelle près du tiers des entreprises n’ont pas investi en 2020.

Les autres domaines à l’instar de la corruption, du climat social, des pratiques dans le marché, des procédures administratives et du financement bancaire ont également, contribué à cette baisse, avec des niveaux oscillant entre 52,3 et 34,1.

La corruption, une contrainte majeure

En ce qui concerne la corruption, 69% des entreprises perçoivent la corruption comme une contrainte majeure et seules 6% trouvent que le phénomène de la corruption s’est atténué en 2020, par rapport à 2019. Plusieurs raisons expliquent l’évolution de ce phénomène, dont certaines incombent à l’entreprise, et d’autres à l’administration publique.

Pour les entreprises interrogées, la digitalisation des services administratifs est le principal moyen de lutte contre la corruption.

Sur la question de l’impact du COVID-19, la majorité des entreprises déclarent avoir été négativement impactées par le Covid-19. Ainsi, leurs indicateurs d’activité ont connu pour la plupart une baisse que ce soit au niveau de la production/activité (-70%) et du chiffre d’affaires (-72%), qu’au niveau des exportations (-71%) et des parts de marché (-61%).

La crise sanitaire a aussi, impacté négativement l’investissement. Ainsi, plus de 80% des entreprises n’ont pas réalisé d’investissement en 2020, dont près du tiers l’expliquent par le Covid-19. Plus des deux tiers des entreprises signalent avoir dû suspendre leur activité en 2020 pour des raisons directement (confinement obligatoire) ou indirectement liées au Covid-19.

Seules 30% révèlent avoir bénéficié des mesures de soutien au titre du Covid-19. Ces mesures se résument pour l’essentiel dans l’appui financier (crédit covid-19) et les mesures sociales (indemnisation des salariés et report des cotisations CNSS ).

Pour celles qui n’ont en pas bénéficié, 30% ont cité la complexité des procédures, le quart n’en ont pas besoin et 18% ont vu leur demande rejetée.

Au sujet de la résilience des entreprises, suite à la pandémie, Il ya des entreprises qui ont recouru à la réorganisation du travail en optant pour la réduction de l’horaire (29%), le travail par équipe (21%) et, pour la première fois, pour le télétravail (14%).

Dans ce contexte marqué par la pandémie, plus de la moitié des entreprises ont rencontré des problèmes d’approvisionnement. Pour faire face à ces risques, 57% ont préconisé la diversification des sources d’approvisionnement. D’autres stratégies plus coûteuses (surstockage) sont préconisées par 37% des entreprises.

Optimisme manifeste pour 2021

Sur la question du renforcement de leur position compétitive et parmi plusieurs actions proposées, celles qui sont estimées prioritaires par les entreprises sont la formation des employés suivie de l’innovation et de la transformation numérique.

Au niveau des exportateurs, plus de la moitié (52%) pensent que la prospection de nouveaux marchés serait la stratégie à adopter pour la promotion de leurs exportations.

Après les résultats moroses de 2020 par rapport à 2019, les chefs d’entreprise affichent un optimisme clair quant à l’évolution future de leurs indicateurs d’activité en 2021.

Le manque de visibilité qui a marqué les anticipations futures des chefs d’entreprise révélé dans les enquêtes des dernières années s’est amélioré selon les résultats de l’enquête 2020. Aujourd’hui, tellement l’entreprise a vécu des situations extrêmes (pandémie, inondation pour certaines, cyber attaque pour d’autres), qu’elle voit plus clair et peut anticiper les hausses, baisses et stagnations.

De même pour les anticipations en matière d’emploi et d’investissement, l’incertitude qui a marqué les dernières enquêtes s’est convertie en un certain optimisme notamment à moyen et long termes.

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