Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Fathi Zouhair Nouri a annoncé la création d’un groupe de travail sous la supervision du Conseil bancaire et financier, chargé d’élaborer une feuille de route opérationnelle dans un délai ne dépassant pas un mois. C’était lors d’une réunion ayant groupé les principaux responsables des banques, consacrée à l’échange d’idées autour du rôle des banques dans le financement de l’économie nationale et des perspectives du secteur bancaire en Tunisie.
L’économiste Aram Belhadj, souligne à cet égard, que le tissu économique tunisien repose principalement sur les petites et moyennes entreprises, mais que celles-ci rencontrent d’importantes difficultés d’accès au financement, notamment bancaire. Selon lui, la réunion de la banque centrale reflète l’existence d’un véritable problème dans le financement de cette catégorie d’entreprises.
Cette initiative, a-t-il expliqué, sur Express fm, à définir des engagements clairs pour le secteur bancaire afin de renforcer le financement de l’économie nationale, soutenir les PME et impulser une nouvelle phase de développement du secteur bancaire.
43,75 % des entreprises font face à l’exclusion bancaire
Ila fait observer qu’environ 43,75 % des entreprises font face à ce qu’on appelle « l’exclusion bancaire », tandis que près de la moitié des entreprises souffrent de difficultés de financement. En parallèle, les banques indiquent que le taux des créances impayées atteint parfois 26 %, contre une moyenne générale avoisinant les 14 %.
Il a également souligné l’orientation croissante des banques vers le financement du budget de l’État, ce qui affecte négativement le financement des entreprises.
Il a précisé qu’il existe plusieurs mécanismes pouvant être adoptés pour financer les PME à travers le secteur bancaire, dont le rôle principal devrait être le financement de l’économie. Il a estimé que l’orientation de la banque centrale visant à pousser les banques à financer davantage les entreprises constitue une mesure positive et va dans le bon sens.
Le recours au « scoring de crédit »
Par ailleurs, Belhadj a indiqué qu’un certain nombre de banques ne respectent pas certaines dispositions du Code de commerce, qui prévoit l’affectation de 8 % des bénéfices nets au financement des PME, ainsi que l’article 412 imposant le rééchelonnement des crédits dont la durée dépasse sept ans.
Il a insisté sur le fait que la première mesure que devrait prendre la Banque centrale consiste à obliger les banques à appliquer les lois en vigueur, tout en soulignant la nécessité d’adopter des solutions supplémentaires pour encourager le financement de l’économie.
Parmi celles-ci figurent le recours aux mécanismes de « scoring de crédit » (Credit Scoring), la réduction du financement des banques au profit du Trésor public et l’élargissement des opportunités de financement pour les entreprises.
Enfin, il a mis l’accent sur l’importance de réduire les obstacles auxquels sont confrontées les PME, tels que la complexité des procédures administratives et la multiplication des autorisations, ainsi que sur la nécessité de baisser le taux directeur.








