AccueilCe que je croisPour ne pas rater le coche !

Pour ne pas rater le coche !

Après plusieurs essais sporadiques et non concluants, la mobilité électrique s’installe enfin, et installe avec elle son modèle économique. Loin d’être le fruit d’un romantisme écologique, l’industrie de la mobilité électrique se dirige vers la position de levier des économies de plusieurs pays .

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Il faut savoir que La voiture électrique a été produite bien avant la voiture thermique : 

la « jamais contente » produite en 1899, a été la première voiture à franchir le cap des 100 km/h. Un autre fameux essai, cette fois par la firme munichoise BMW, s’est fait remarqué lors des jeux olympiques en Allemagne 1972 en produisant une 1602 électrique, qui atteint les 60 km d’autonomie avec un poids de batteries avoisinant les 350 kg des batteries au plomb à l’époque  lourdes, et pauvres en capacité de stockage. 

L’électrique ne faisait pas aussi  les affaires d’un écosystème régi par l’industrie du pétrole et des sept sœurs, un écosystème économique créé autour de l’industrie des voitures thermiques couplé a l’extraction du pétrole presque gratuite de cette l’énergie fossile .

–          Le minerai miracle 

100 ans de recherche et développement, toutes marques confondues, n’ont pas réussis a venir a bout d’une problématique majeure ; l’autonomie ou la distance maximale parcourue par une voiture rechargée. Un seul frein à la course aux kilomètres, le poids des batteries et leurs capacités à retenir et libérer l’énergie plusieurs fois sans aucune obsolescence ou altération. 

Jusqu’à l’apparition des batteries au lithium en 1991, plus efficaces, moins lourdes, ayants un cycle de vie nettement plus long que les batteries au plomb. Promues par l’industrie de la téléphonie mobile et sa course vers la miniaturisation, elles se sont positionnées comme les accumulateurs clés pour tous nos appareils ménagers et industriels non filaires.

–          Le Génie d’Elon Musk 

En effet, la création de Tesla est un point charnière dans l’industrie automobile. Menée par un entrepreneur charismatique, la firme américaine a su imposer la voiture électrique là où tous les constructeurs centenaires ont échoué, ou occulté cette industrie par conservatisme . 

Au lieu de miser sur le romantisme vert, Tesla a mis la barre haute. Elle s’est mise à produire des voitures électriques, plus puissantes et plus performantes que les gros V8 de ses concitoyennes, pour battre une culture américaine de muscle-cars, et s’est comportée en leader et levier de tout un secteur . 

Tout de suite, on a vu les grandes firmes symboles réagir, et vite, après des tentatives de transitions, plus ou moins réussies, dans l’hybride .

Mais la plus grande symbolique dans le secteur a été la Hummer, symbole de puissance energivore évoquant la guerre du pétrole des années 90, qui arborait fièrement l’électrification de ses modèles. Mustang suivra par la E-MACH. 

du côté allemand, symbole de la rigeur et de la performance, Porsche s’est lancé dans l’électrique par le modèle Taycan ( plus performant que ses modèles thermiques). Les asiatiques commencent aussi à passer vers l’électrique, bien qu’ils aient misé sur l’hybride. Quant aux français ils ont choisit un autre modèle économique, et je pense qu’ils vont créer une révolution par la Citroën ami, à 6 milles euros et sans permis, pour une utilisation urbaine (80 % de l’utilisation mondiale). Elle va se vendre au Fnac, et même louée a 19 euros par mois. 

Tous les constructeurs mondiaux ou presque font partie de la course, et ca ne fait que commencer. En face,  les moteurs thermiques commencent à souffler suite aux nombreuses lois de ( downsizing ) et limitation de cylindrée ainsi que les malus écologiques. 

–          Et la Tunisie ?  

La part des subventions en hydrocarbures en Tunisie, représente 45 % du budget des subventions qui se monte à1880 MDT pour l’exercice 2020, et reste tributaire des fluctuations des marchés. 

La première mesure à prendre est de rationaliser cette consommation, en migrant vers l’électrique. Les sceptiques diront que la voiture électrique a besoin d’une énergie pour la recharger, et que cette énergie nécessitera forcément une production accrue d’électricité, et encore une dépense en hydrocarbures pour la produire. Eh bien, justement la solution réside ici ! 

L’état doit profiter de cette demande naissante, pour la transformer en manne énergétique, avant qu’elle ne se trouve devant la réalité d’un marché majoritairement électrique et sans moyens logistiques pour l’affronter. 

Il faut aussi conditionner le droit d’importer une voiture électrique, gratuitement et sans redevances douanières, à une installation photovoltaïque et un nombre de kilowatt produit par foyer.

Ce n’est pas de la science-fiction. C’est un processus, facilement faisable pour les logements individuels et collectifs. L’électricité produite, suffirait pour alimenter les voitures, et la surproduction alimenterait le réseau général. Donc, l’impact serait bien plus grand que sur le secteur lui-même. Il suffirait pourtant de : 

Miser sur l’industrie des batteries lithium 

ü  La Tunisie et la porte de l’Afrique, et le dos de l’Europe. Sa position stratégique lui permet d’être le carrefour des composants des batteries de lithium. Le minerai se trouve en Afrique, et la technologie se trouve en Europe et en chine. Toutes les parties prenantes rêveraient d’un emplacement comme le nôtre pour sortir le produit fini et desservir le monde entier. 

ü  Miser sur l’assemblage 

Même modèle pour les batteries. La technologie d’assemblage des voitures électriques est même plus simple que les voitures thermiques. Il faut savoir que ces véhicules ont moins de pièces à assembler. 

ü  Miser sur la formation professionnelle 

Il faut créer et promouvoir les unités de formation en d’entretien et de réparation. Cette main d’œuvre aura de la valeur en Tunisie et à l’étranger. 

ü  Encourager la recherche et développement 

Beaucoup de startups commencent à voir le jour aux Etats-Unis, et qui se spécialisent en SWAP. Elles électrifient les voitures thermiques, en les recyclant en voitures électriques. Les pièces deviennent de plus en plus standardisées et sont disponibles. Faire de la Tunisie un terreau d’électrification de voitures européennes, peut aussi être très intéressant et source de devises. 

Mon approche est plus pragmatique qu’écologiques, car j’ai l’intime conviction que le développement durable et l’écologie est en soi un modèle économique.

Par de simples mesures courageuses, on pourrait laisser un meilleur environnement pour nos enfants, ainsi qu’un savoir faire et un nouvel écosystème économique profitable, et éviter de se trouver devant le fait accompli et consommer tout simplement sans être acteur et bénéficiaire. 

Riadh Ben Om Heni

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