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Pourquoi le Royaume-Uni ne fait pas grand cas du Maghreb et de son importance stratégique?

Ce qui se passe dans le Maghreb, singulièrement la Tunisie, l’Algérie et le Maroc, ne semble pas titiller la curiosité des Britanniques. C’est tout juste s’ils en ont retenu, par un pur hasard  au cours des derniers mois, que le  seul gouvernement islamiste encore en place en Afrique du Nord a été chassé du pouvoir par des élections pacifiques et ordonnées au Maroc, ou qu’en Tunisie, la toute première femme  cheffe du gouvernement a été nommée à la tête d’un cabinet  dans le monde arabe.

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Pourtant, il se passe beaucoup de choses dans cette région, fait remarquer le consultant international et ancien ambassadeur au Maroc, Rupert Joy , dans Prospect Magazine, tout en regrettant que les  événements qui se déroulent dans la partie nord-ouest de l’Afrique, essentiellement francophone, soient systématiquement passés sous silence dans les médias britanniques, sauf lorsque des touristes britanniques en quête de soleil nord-africain sont concernés.

C’est  une région au potentiel économique énorme, avec une population jeune de plus en plus intéressée par la Grande-Bretagne, souligne-t-il. Il existe un appétit, notamment au Maroc et en Tunisie, pour les investissements britanniques, ainsi qu’un intérêt croissant pour l’apprentissage de l’anglais. C’est donc un peu un mystère que la région ait attiré si peu d’attention de la part des gouvernements britanniques successifs. Ayant travaillé au Maghreb en tant que diplomate du Royaume-Uni et de l’Union européenne, a rappelé l’ex diplomate, « j’ai parfois l’impression que les politiciens et les entreprises britanniques considèrent toujours cette région comme une chasse gardée française – une déférence curieuse, nettement absente de l’approche de la France à l’égard des régions d’influence britannique historique »

L’impasse persistante en Algérie entre un régime figé et replié sur lui-même et une population frustrée est préoccupante pour la stabilité de la région, note Rupert Joy. Son économie fermée, largement dépendante du pétrole et du gaz, reste le principal obstacle à la construction d’une prospérité durable dans tout le Maghreb. Comme l’ont montré de nombreuses études, l’intégration économique stimulerait la croissance et créerait des emplois pour les Marocains, les Algériens et les Tunisiens qui constituent une proportion importante des migrants irréguliers traversant la Méditerranée à la recherche d’opportunités en Europe. L’absence de marché régional est un problème particulier pour la Tunisie, qui reste très fragile, prise entre la guerre civile en Libye et un marché algérien fermé.

Le rôle des Européens

Le Royaume-Uni peut jouer un rôle important, avec d’autres pays européens, dans le renforcement de la stabilité du Maghreb par le biais d’un engagement politique accru et de projets de coopération bien pensés, mais surtout par le renforcement des liens économiques avec la région. Il y a quelques signes excitants d’investissements britanniques plus stratégiques au Maroc. Une nouvelle liaison maritime entre Tanger et Poole, exploitée par United Seaways, permettra d’importer des fruits et légumes marocains directement au Royaume-Uni plutôt que de passer par l’Europe, ce qui réduira la bureaucratie et diminuera de moitié le temps de transport. Parallèlement, le promoteur britannique Xlinks vise à approvisionner le Royaume-Uni en énergie renouvelable à partir d’un gigantesque parc éolien et solaire de 1 500 km carrés dans le sud du Maroc, en créant le plus long câble sous-marin du monde entre la côte atlantique sud du royaume et le Devon.

Mais le potentiel est bien plus important. Si le Royaume-Uni veut se construire un avenir prospère en dehors de l’UE et donner corps à son slogan « Global Britain », il doit être prêt à bousculer ses priorités de longue date en matière de politique étrangère. Cela signifie qu’il doit regarder au-delà de ses zones de confort traditionnelles vers des régions stratégiques telles que le Maghreb, où il a eu tendance à ne pas peser lourd dans le passé. Le Maghreb n’est pas seulement un partenaire crucial pour contenir l’extrémisme violent en Libye et au Sahel, et pour gérer les flux migratoires et de drogue ; c’est aussi une région qui offre de réelles opportunités aux entreprises britanniques, conclut Rupert Joy.

1 COMMENTAIRE

  1. En matière indsutrielle, la Grande Bretagne en sortant de l’UE a intérêt de cibler le Magreb comme terre d’investissement présentat des opportunités immenses, ce magreb qui a été délaissé par la France depuis longtemps en faisant remarqué que les investisssements industriels pendant la période des années 70 et 80 ont été réalisés par l’Allemagne, les entreprises allemandes occupaient le premier rang Ce n’est qu’à partir des années 90 que les français et les italiens se sont réveillés pour bousculer les allemands et prendre la première place. Cette période a coincidé avec la suppression de l’agrément industriel et son remplacement par une simple déclaration (1987). Aujourd’hui, la France aurait pu avoir le Magreb comme partenaire sûr pour lui céder cerataines activités de soustraitance, à part le secteur textile, pour développer chez elle l’innovation et certains projets à haute technologie en faisant appel à la matière grise de ces pays magrébins qui ne manquent pas d’autant plus que l’Allemagne s’est retiré de la Tunisie pour orienter ses investissements vers les pays de l’Est notamment la Pologne. Donc le champ est devenu libre pour les britanniques.

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