Le rideau va tomber dans quelques heures sur la campagne électorale des Présidentielles qui auront lieu, dimanche 15 septembre. Un scrutin qui sera, à ne pas en douter, très disputé, et nul n’est en mesure d’en prédire l’issue. Ce qui est donné pour hautement probable, c’est qu’aucun des 26 candidats en lice n’est en état d’émerger du lot pour remporter les suffrages exigés dès le premier tour.
Les débats, grands et petits, qui ont ponctué la campagne électorale n’ont pas été d’une quelconque utilité, n’ayant pas permis de départager les postulants qui ont, pourtant, sillonné le pays tenu de nombreux meetings, et dont certains ont fait du porte-à porte pour convaincre les électeurs du bien-fondé de leurs programmes, qui, faut-il le relever, n’ont pas prise sur les véritables soucis, préoccupations et problèmes qui tourmentent le citoyen tunisien. Il s’agit, de toute évidence, de ceux qui touchent à ses finances, son pouvoir d’achat, à l’emploi, au développement, en un mot à tout ce qui est d’essence économique.
La campagne électorale commence à peser lourd sur la conjoncture économique dans la mesure où le comportement des preneurs de décision est dicté par l’attentisme, souligne d’ailleurs une analyse que vient de publier « Tunisie Valeurs ». Selon cette analyse sur la » Conjoncture économique nationale : Des marges de manœuvre de plus en plus limitées « , du département Etudes et Recherches, parues dans la revue de recherches de l’intermédiaire en bourse et reprise par TAP, « même les investisseurs, manifestent un comportement d’attentisme, en limitant leurs investissements, restreignant leurs stocks, ajustant leurs effectifs et leurs coûts de production « .
Les analystes de « Tunisie Valeurs », ont noté que » neuf ans après la Révolution, l’économie tunisienne ne s’est toujours pas fixée de cap « , soulignant que » la marge de manœuvre des autorités publiques ne cesse de rétrécir pour gérer les contraintes macroéconomiques « . « L’instabilité politique, les résistances sociales, les corporatistes et l’absence d’une vision réformiste ont creusé les défaillances structurelles de l’économie tunisienne ».
« Croissance molle »
La Tunisie souffre d’une » croissance molle et insuffisante pour résorber le chômage et rétablir les équilibres macroéconomiques …..Les derniers chiffres de croissance ne sont pas rassurants et rendent l’objectif de 3,1% de croissance du gouvernement difficilement atteignable « .
Dans ce même contexte, les analystes ont rappelé que la croissance du PIB a été nulle au premier trimestre 2019 et que l’évolution défavorable des industries manufacturières (-0,2% pour le secteur des Industries Mécaniques et Electriques et le secteur du Textile, Habillement et Cuir) a tiré la croissance globale du PIB vers le bas, en liaison avec la fragilité de la conjoncture dans les principaux pays partenaires de la Tunisie, notamment l’Allemagne pour le secteur automobile.
La Tunisie souffre, aussi, d’une « inflation qui érode le pouvoir d’achat et la capacité d’épargne des ménages « , et d’un » investissement plus déprimé en raison de la politique monétaire et budgétaire restrictive « .
L’économie du pays fait face, également, à » un déficit budgétaire élevé quoiqu’en amélioration » et à » un déséquilibre extérieur qui s’accentue malgré un dinar plus compétitif « .
En attendant la reprise du phosphate
En fait, le dinar est en train de prendre de la vigueur depuis le début de l’année grâce, notamment, à une amélioration conjoncturelle de l’offre sur le marché des changes.
Les analystes de « Tunisie Valeurs » ont affirmé, par ailleurs, que » le salut du secteur extérieur ne pourrait provenir que d’une reprise du secteur des phosphates et dérivés « .
Et de rappeler que le secteur extérieur a profité, en 2018, de la bonne performance du secteur de l’agriculture et des industries agro-alimentaires et celui des services marchands. Toutefois, la persistance des tensions sociales au niveau des sites de distribution des phosphates et la faiblesse de la production des produits énergétiques dont les cours se sont fortement amplifiés sur les marchés internationaux au cours de 2018, ont manifestement affecté l’équilibre de la balance commerciale des industries extractives.
Partant, ils ont recommandé aux preneurs de décision de » mettre le cap sur les réformes et les annonces fortes pour restaurer le moral des investisseurs et déclencher le cercle vertueux de l’investissement « .
Tunisie Valeurs & TAP








