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Prix Mo Ibrahim : La fondation n’a pas trouvé son chevalier de la bonne gouvernance!

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Cette année vous ne verrez aucun ancien dirigeant d’Afrique subsaharienne parader au motif qu’il a raflé le prix Mo Ibrahim. Et pour cause, la fondation du milliardaire anglo-soudanais n’a pas pu identifier l’oiseau rare remplissant les critères. Résultats des courses : Les 5 millions de dollars du prix vont rester dans les caisses de la fondation.

Il est vrai que la fondation, qui a été créée en 2006 par Mohamed « Mo » Ibrahim, a corsé l’affaire, dans le but, dit-elle, de soigner l’image de l’Afrique et inciter les dirigeants du continent à en faire davantage pour enrayer le fléau de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Première condition pour avoir une chance d’être récompensé : Avoir lâché le pouvoir – présidence ou gouvernement – durant ces trois dernières années. Deuxième critère : Avoir été élu démocratiquement mais aussi avoir exercé son mandat dans les limites définies par la Constitution de son pays. Enfin dernière exigence, et non des moindres : Avoir « fait preuve d’un leadership exceptionnel ».

Autant dire que dans un continent où le tripatouillage de la Constitution pour se maintenir ad vitam aeternam au pouvoir, le bourrage des urnes, le clientélisme politique, la corruption et l’intimidation des opposants font légion, les candidats ne se bousculent pas ! « Lorsque nous avons mis en place ce prix, il y a dix ans, nous avons délibérément placé la barre très haut », a déclaré à cet effet le président de la fondation, Mo Ibrahim. Il a tellement bien fait les choses qu’il n’y a eu que quatre lauréats en 10 ans. C’est bien maigre, mais compréhensible au regard de la situation du continent…

Les perles rarissimes

En 2014, le Namibien Hifikepunye Pohamba a été primé pour son travail « de cohésion et de réconciliation nationales », dit le site de la fondation.

En 2011, « le jury a été impressionné par la capacité visionnaire du président cap-verdien Pedro Pires qui l’a conduit à transformer son pays en un modèle de démocratie, de stabilité et de développement », a affirmé Salim Ahmed Salim, président du Comité indépendant.

En 2008, c’est Festus Mogae, ancien président du Botswana, qui avait été honoré pour avoir « assuré la stabilité et la prospérité durant son mandat », en dépit de la pandémie du sida.

Et en octobre 2007, la première distinction avait été décernée à l’ancien président du Mozambique Joaquim Chissano, qui avait brillé dans son combat pour débarrasser son pays de la famine et de la violence. Il avait également marqué les esprits en boudant un troisième mandat pour se focaliser sur l’amélioration des institutions démocratiques. Les types de sa trempe se comptent sur les doigts de la main dans notre chère Afrique.

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