Le commerce florissant sur les réseaux sociaux a laissé, en Tunisie, la porte grande ouverte aux arnaques et à l’escroquerie. Bien que plusieurs pages cultivent une réputation de fiabilité, en expédiant souvent des produits conformes à la description annoncée, d’autres, en revanche, ont choisi la voie du gain facile.
Sur la toile, plusieurs groupes ont été créés par les internautes pour dénoncer les arnaques et les mauvais plans qu’on peut souvent croiser sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook, premier réseau utilisé par les Tunisiens où ils sont présents avec 7.625.400 utilisateurs locaux, représentant 64 % des internautes du pays.
Des arnaqueurs utilisent les réseaux sociaux pour écouler leurs marchandises douteuses. Ils promettent monts et merveilles avec des messages publicitaires trompeurs. Mais une fois le consommateur pris dans leurs filets, il saura à quoi s’en tenir.
L’OTIC met en garde !
L’Organisation Tunisienne pour Informer le Consommateurs (OTIC) envisage le lancement d’une plateforme nationale, en coordination avec les médias, et ce, afin de permettra aux citoyens de signaler des contenus trompeurs sur les réseaux sociaux.
D’après un communiqué, publié mardi, l’OTIC prévoit, également, de mettre en place des réseaux de vigilance numérique et d’organiser des campagnes de sensibilisation continues, dans le but de renforcer la confiance des Tunisiens dans les produits nationaux et de promouvoir une culture de consommation responsable.
En fait, l’Organisation a fait état de la propagation de campagnes sur les réseaux sociaux, véhiculant des images et des vidéos illustrant une pénurie ou une hausse des prix de certains produits, ce qui incite les consommateurs à stocker ces produits, entraînant une perturbation des marchés.
« Lesdites campagnes œuvrent à détourner les citoyens des produits nationaux, en convaincant les consommateurs que la qualité des produits étrangers est meilleure que les produits localement, ce qui nuit à l’économie nationale », a encore souligné l’Organisation.
En outre, elle a pointé du doigt la diffusion de contenus numériques, destinés aux jeunes, avec pour finalité la normalisation des comportements violents et hors la loi.
Pour de mesures de protection nationales
Par conséquent, l’Organisation a relevé l’impératif d’instaurer des mesures de protection nationales, dont l’adoption d’une législation spécifique contre la désinformation, la mise en place d’un observatoire national pour faire face à l’ingénierie sociale (l’ensemble des techniques psychologiques et manipulatrices utilisées pour tromper les gens), le renforcement de la transparence de la publicité et des contenus sponsorisés, et l’intégration de la sensibilisation au numérique dans les programmes scolaires dès le collège.
Parallèlement, l’OTIC a invité les consommateurs à vérifier toute information avant de la partager et à veiller à protéger leurs données personnelles, ainsi qu’à privilégier les produits nationaux.
Difficile de contrôler l’ensemble de ces opérations électroniques !
Le ministère du Commerce définit le commerce électronique comme étant les opérations et transactions commerciales effectuées à partir des technologies de l’information et de la communication, notamment via Internet.
Dans une récente étude sur les réformes économiques, le département a mis en évidence l’économie parallèle en Tunisie et abordé spécifiquement la question du commerce électronique illégal. Les statistiques officielles du ministère du Commerce recensent, en 2020, autour de 2182 sites de commerce électronique alors que le nombre de transactions électroniques a connu une augmentation notable de 67%, atteignant 6,4 millions de transactions en raison de la pandémie du Covid.
Le ministère a également avoué des difficultés à contrôler l’ensemble de ces opérations électroniques, car la plupart d’entre elles échappent à la législation en vigueur.
En effet, selon la chambre syndicale nationale du commerce électronique et de la vente à distance, relevant de l’UITCA, environ 70% des transactions dans le commerce électronique se déroulent sur le marché parallèle. Le volume total des chiffres d’affaires du commerce électronique en 2020 est estimé à environ 200 millions de dinars, dont seulement le tiers est réalisé de manière légale.








