AccueilLa UNERestrictions à l’importation: Echange de «bons» procédés!

Restrictions à l’importation: Echange de «bons» procédés!

Simple hasard ou concours de volontés. Quelques jours seulement après l’adoption par le gouvernement tunisien de mesures tendant à rationaliser ses importations dont l’institution d’un instrument de défense commerciale et le contrôle technique préalable à l’importation, l’Union européenne,  principal partenaire commercial de la Tunisie, qui a très mal accueilli ces mesures, n’a pas hésité à en faire autant pour préserver ses intérêts.

Le 11 octobre, en effet, au milieu de l’effervescence causée par l’annonce des mesures tunisiennes signalées chez les importateurs tunisiens, la commission du commerce international du parlement européen «a approuvé un nouvel instrument européen de défense commerciale devant permettre d’élargir les contre-mesures dont dispose la Commission européenne (organe exécutif de l’’Union européenne) pour protéger l’Union européenne contre le chantage économique, en contournant l’Organisation mondiale du commerce (OMC)».

La Tunisie est-elle visée? Car, dans la lettre adressée à la ministre tunisienne du Commerce et du développement des exportations, Fadhila Rabhi suite à l’adoption des mesures restrictives signalées, la directrice générale du commerce de la Commission européenne a usé d’un ton jugé «menaçant» par les commentateurs, réclamant purement et simplement la suspension de telles mesures «qui constituent une importante barrière à l’entrée des produits européens en Tunisie».

Vieux contentieux

Il est vrai que l’Union européenne avait, à maintes reprises et dans des circonstances similaires, exprimé des réserves envers les obstacles techniques auxquels la Tunisie a recours occasionnellement pour limiter ses importations, comme l’y autorisent d’ailleurs les règlements de l’OMC. Ce fut le cas en 2020 lorsque la Tunisie avait décidé de restreindre l’importation du fromage et du chocolat. Mais, cette fois-ci, la réaction européenne est venue comme conforter et soutenir, par son poids, la vive opposition affichée par certains importateurs tunisiens aux mesures gouvernementales signalées. Ils l’ont fait au moment où la balance commerciale tunisienne enregistre un déficit record,  conjuguée à une raréfaction ascendante des avoirs en devises et un marché intérieur inondé littéralement par les produits importés légalement et illégalement, le plus souvent non conformes aux spécificités techniques et aux normes de qualité.

D’ailleurs, dans sa lettre citée, la responsable européenne a dit comprendre les difficultés économiques et financières que connaît, en ce moment, la Tunisie.

A cet égard, il est remarquable que la responsable tunisienne, Dorra Borgi Selmi, directrice générale du commerce extérieur, qui a présenté , pour la première fois, en détail, il y a quelques semaines, à travers African Manager, les nouvelles mesures tunisiennes de restriction des importations, avait , il y a près d’un an, prédit, dans un entretien à African Manager, une explosion des instruments de défense commerciale de par le monde, en raison des dysfonctionnements entravant le bon déroulement des échanges commerciaux mondiaux.

Pratiques illégitimes

C’est d’ailleurs l’avis des spécialistes rompus à ces questions. L’expert économique et ancien ministre tunisien du commerce, Mohsen Hassan, a considéré, dans des déclarations aux médias, que la création d’un organe de défense commerciale auprès du ministère du commerce et du développement des exportations va contribuer à défendre les règles d’une concurrence saine au niveau du commerce international. Il a ajouté que l’organe comportait une mesure contre la possibilité de noyer le marché tunisien, ce qui protège l’économie nationale des pratiques illégitimes de certains importateurs et fournisseurs étrangers.

Le nouveau dispositif tunisien imposait aux importateurs l’obligation d’importer directement de l’usine sans passer par les intermédiaires et les distributeurs et de soumettre la facture de l’usine pour obtenir l’autorisation.

Mohsen Hassan a affirmé que la Tunisie  pays a le droit de prendre des mesures protectrices pour l’économie, ajoutant qu’il existe en Tunisie plusieurs produits de luxe et des produits de consommation qui n’entrent pas dans la boucle industrielle et dont il faut réduire les importations, surtout en provenance de pays avec lesquels la Tunisie a un gros déficit à l’instar de la Turquie.

L’expert économique a expliqué que l’Organisation mondiale du commerce avait plusieurs mécanismes de protection pour ses pays membres comme l’augmentation des taxes douanières sur l’importation de certains produits ou encore la soumission de l’importation de certains produits à un cahier des charges.

Les nouvelles mesures tunisiennes tendant à rationaliser les importations sont entrées en vigueur le 17 octobre.

S.B.H

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