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Saied pris en étau entre ses partisans effarouchés et des partenaires étrangers inquiets!

Porté par la vague d’adhésion populaire que lui ont valu ses décisions du 25 juillet, le président de la République, Kais Saied, s’est autorisé, un mois et demi plus tard, à abonder dans ce sens en esquissant par procuration les ingrédients d’un exercice du pouvoir qui, visiblement, lui  tient particulièrement à cœur.

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Une architecture qui doit forcément prendre forme sur les décombres du régime politique en place depuis 2011, et constitutionnellement consacré par la Loi fondamentale de 2014 instaurant un système de pouvoir bricolé , sans une claire identité où s’enchevêtrent les prérogatives des uns est des autres, le tout au détriment d’un président de la République ayant vocation plus à inaugurer les chrysanthèmes qu’à exercer une effective magistrature suprême qui réponde à son statut de président élu au suffrage universel direct.

Tel  semble être le ressort premier de la vision que son conseiller Walid Hajjem a brossée, jeudi,  à grands traits dans ses  déclarations à Reuters , incluant l’instauration d’un régime présidentiel et non présidentialiste et  la suspension  de la Constituions par voie de référendum. Elle s’inscrirait dans le droit fil des décisions annoncées le 25 juillet dernier que  Saied  a tenu à préciser, ce vendredi, en expliquant  que  « la situation exigeait des mesures exceptionnelles dans le cadre de la Constitution pour rectifier le processus et sauver le pays ». Il a assuré, en outre,  qu’il n y a aucune menace pour les libertés, ni de repli au niveau des acquis accomplis dans le pays avant d’ajouter que ces mesures seront suivies par d’autres décisions destinées à consolider le processus démocratique en Tunisie.

Le chef de l’Etat tenait ces propos en présence du Haut représentant pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Vice-président de la Commission européenne, Josep Borrell qui, en retour, lui  a fait part des préoccupations de l’Union Européenne dans la foulée de la suspension du Parlement et la révocation du chef du gouvernement.

« J’ai fait part au président des appréhensions de l’Europe quant à la préservation des acquis démocratiques en Tunisie », a-t-il  déclaré au sortir de son entretien avec le chef de l’Etat au palais de Carthage, soulignant que « le libre exercice du pouvoir législatif et la reprise de l’activité parlementaire font partie de ces acquis et doivent être respectés ».

Il est « important de conduire le pays vers le rétablissement de la stabilité institutionnelle, en préservant ses fondements démocratiques », a déclaré Borrell, appelant la Tunisie  à « reprendre le chemin de la consolidation démocratique ».

Et tout en soulignant le « respect (…) de la souveraineté de la Tunisie », Borrell a fait part à Saied de « l’attachement de l’Union européenne à l’ancrage démocratique de la Tunisie ainsi qu’au respect de l’État de droit et des libertés fondamentales ».

L’UE attend de voir « des actions et des mesures concrètes dans les prochaines semaines », a-t-il averti en guise de conclusion.

Non aux mauvaises solutions

Cette position est à rapprocher des appels locaux et internationaux lancés à Saied pour qu’il rétablisse un régime démocratique. Lundi, le groupe G7 des économies avancées l’a exhorté à nommer un nouveau chef de gouvernement et à « revenir à un ordre constitutionnel ».

« Nous demandons instamment un retour rapide à un ordre constitutionnel, dans lequel un parlement élu joue un rôle important », indique la déclaration.

« Nous soulignons la nécessité urgente de nommer un nouveau chef de gouvernement pour former un gouvernement capable de faire face aux crises économiques et sanitaires immédiates auxquelles la Tunisie est confrontée. »

Pendant ce temps, les rapports sur un éventuel changement de constitution ont été accueillis par de nombreuses critiques parmi les politiciens tunisiens.

Mohamed Abbou, un homme politique connu pour son soutien au président et son utilisation de l’article 80 de la constitution, a vivement critiqué l’idée de suspendre la constitution.

« Non aux mauvaises solutions, et non à l’amendement de la constitution en dehors de la constitution », a-t-il écrit sur Facebook.

« Que Dieu protège la Tunisie du retour d’un pouvoir corrompu, des aventures et des mauvaises voies basées sur une lecture erronée de la réalité. La constitution actuelle n’est pas le péril imminent. »

Le parti du Courant démocratique, qui est pro-Saied, a également condamné les déclarations de Hajjem à Reuters. Il a affirmé  qu’il « rejette les tentatives individuelles de changer le contrat social et d’utiliser la colère populaire légitime pour imposer des choix politiques qui ne font pas consensus ».

1 COMMENTAIRE

  1. Clairement, l’attitude de l’union européenne, des Etats Unis et du G7 fait hésiter notre Président et complique la recherche d’une solution à l’actuelle crise politique qui secoue le pays. Il est vrai que les partenaires mentionnés peuvent se permettre de faire pression sur le Président Saïed vu l’endettement du pays et son besoin urgent en liquidités supplémentaires. A lire entre les lignes, ils exigent le retour à la situation qui prévalait avant le 25 juillet ce qui est ni acceptable, ni souhaitable pour la majorité du peuple tunisien. Dans une telle situation, où il faut ménager la chèvre et le chou, et à défaut de référendum difficile à mettre en œuvre, une solution serait de designer un nouveau Chef de Gouvernement et de permettre la reprise des activités parlementaires, après avoir fait le ménage parmi les partis. Les partis qui ont commandité des assassinats, qui ont eu recours à la violence physique et verbale, qui ont bénéficié de financements illégaux ou qui se payent, en toute illégalité, les services de sociétés de lobbying pour influencer ou infléchir la politique extérieure des Etats Unis envers la Tunisie, ces partis devraient être interdis ou suspendus en attendant l’instruction de leurs dossiers. Leurs députés ne devront plus pouvoir siéger en attendant des élections partielles pour les remplacer. Ces dossiers existent et attendent des juges courageux et une volonté politique.

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