La compagnie pétrolière et gazière Royal Dutch Shell a décidé de ne pas prolonger la licence d’exploitation du gisement de gaz naturel offshore « Miskar », au large de la ville de Sfax, pour restituer la concession à l’Etat tunisien, plus précisément à l’ETAP.
Shell a officiellement saisi le ministère de l’Industrie, de l’Energie et des Mines pour l’informer de la décision de quitter la Tunisie en juin 2022, qui est la date d’expiration de la licence d’exploitation du champ de Miskar, en plus de sa demande d’abandon de la concession d’Hasdrubal dans le gouvernorat de Sfax à la même date mentionnée, avant l’expiration de son échéance , l’année 2035.
La société, active en Tunisie depuis près de 90 ans, a demandé l’aide de la banque d’investissement Rothschild & Co aux fins de la vente de ses actifs tunisiens, qui comprennent deux gisements de gaz offshore et une station de production onshore.
Il convient également de noter que les champs offshore de Miskar et d’Hasdrubal fournissent 60 % de la production nationale de gaz de la Tunisie.
D’autres compagnies sur le départ !
« Shell » n’est pas la seule compagnie pétrolière internationale à avoir décidé de quitter la Tunisie, ayant été précédée par « British Gas Group », alors que la pionnière de ces compagnies, l’italienne « ENI » entend également quitter la Tunisie, , tout autant que la société autrichienne OMV , qui a entrepris de céder le reste de se actifs dans le pétrole et le gaz dans le pays , après y avoir progressivement réduit sa présence.
On s’attend à ce que la décision de la compagnie pétrolière Royal Dutch Shell de quitter la Tunisie entraîne des répercussions négatives sur le volume des investissements étrangers qui seront dirigés vers le pays, en particulier à la lumière d’une situation économique et politique incertaine , les milieux internationaux croyant dur comme fer que le retrait d’une entreprise mondiale ayant un poids sur le marché international du pétrole constitue un message négatif, à savoir la Tunisie cesse d’être un « site attractif pour les investisseurs ».
L’ETAP incapable de « reprendre la torche » !
Au rebours de ceux qui ont applaudi à la décision de Shell de ne pas reconduire la licence du champ « Miskar » et d’abandonner celui d’Hasdrubal , la communauté des experts énergétiques pensent que l’Entreprise Tunisienne des Activités Pétrolières (ETAP) ne sera pas en état d’assurer la gestion et l’exploitation de ces gisements offshore, en raison notamment de leur énorme potentiel financier et technique.
L’ETAP est aux prises avec une situation financière délicate, voire critique, qui a nécessairement provoqué une baisse de la production locale d’hydrocarbures, du fait de l’absence d’investissements dans ce domaine et de l’incapacité à attirer les entreprises multinationales. D’autant que ses pertes s’élèvent à environ 1800 millions de dinars compte tenu de ses dettes envers les établissements publics, alors que son passif envers la Société tunisienne de l’électricité et du gaz est estimé à environ 774 millions de dinars et à 1034 millions de dinars envers la Société Tunisienne des Industries de Raffinage jusqu’à fin juillet 2021.
Un défaut de paiement qui s’est traduit par le non-paiement des créanciers de l’ETAP et de ses redevances à l’État, d’un montant de 373 millions de dinars au titre des revenus de la commercialisation des hydrocarbures.
Ce déficit a eu un impact négatif sur la situation des opérateurs étrangers en raison du non-paiement de leurs cotisations, son volume auprès de la Société tunisienne des activités pétrolières s’élevant à 600 millions de dinars.
Tout ceci est de nature à obérer la capacité de l’ETAP d’exploiter de tels puits offshore et s’engager dans de grands projets d’exploration malgré leurs aspects positifs « à la lumière des conditions économiques et politiques fluctuantes et peu claires pour le pays ».
Énorme potentiel financier pour extraire le pétrole, offshore
Le processus d’extraction du pétrole offshore est partie intégrante de l’industrie pétrolière qui n’est pas moins importante que l’activité onshore, et, au demeurant, nécessite une expertise et des techniques particulières qui diffèrent légèrement de celles utilisées on shore, outre les coûts exorbitants de l’extraction.
L’exploration et la production de pétrole se sont étendues de la mer jusqu’à ce qu’elle aient maintenant atteint de grandes profondeurs de plus de deux mille mètres, et avec la sophistication des technologies, le forage horizontal ou dirigé permet de contourner de nombreux obstacles naturels pour atteindre des réserves de pétrole situé loin dans les abysses .
Le déficit énergétique tunisien
Actuellement, le déficit énergétique tunisien est d’environ 53 %, avec un déficit annuel évoluant à 10 %. Si la demande continue au même rythme en conjonction avec l’absence de nouvelles découvertes de valeur, le déficit énergétique atteindra 80 % d’ici 2030.
La production nationale de produits pétroliers en Tunisie est actuellement estimée à environ 35 000 barils par jour, et la consommation de produits pétroliers est d’environ 90 000 barils par jour. En revanche, la production de la Société tunisienne des industries de raffinage est de 32 000 barils par jour.
Il est à noter que le mix énergétique tunisien est composé de 53,4% de pétrole, 46,2% de gaz et 0,5% d’énergies renouvelables, qui sont actuellement en passe de passer à 30% d’ici 2030.









Bonjour
Le journaliste ( dans une autre publication c’est signé Mr Kaïs Ben Mrad!!)qui a rédigé cet article est totalement déphasé par rapport à la réalité.
Le contrat entre BG et l’état tunisien pour l’exploitation du champ miskar et que Shell a repris suite à l’acquisition de la société British Gas en 2015 a expiré le 08 Juin 2022 et Shell a informé l’autorité concédante de sa décision de ne pas renouveler le dit contrat avec les conditions demandées par l’état comme le stipule la loi des hydrocarbures. Les simulations technico-économiques montrent que le dit champ peut être économiquement exploitable pour une période de 6 à 7 ans après quoi il sera abandonné avec un coût assez considérable et don’t Shell s’est engagé de payer sa part du budget d’abandon. Il faut aussi rappeler que ETAP n’était pas partenaire dans ce champ et la décision a été prise par le CCH et entériné par un CM et aussi par la présidence de la république d’octroyer la concession Miskar à ETAP afin d assurer la continuité de la production du Gaz via la société mixte Shell-ETAP (APO) qui opère le champ Hasdrubal et dont Shell a exprimé le désir de partir à la fin 2022 mais des negotiations sont en cours pour d autres possibilités.
Depuis le 09 Juin 2022, APO, filiale de l’ETAP a pris en charge l’ exploitation du champ miskar sans aucun problème ni technique ni financier et avec un personnel totalement tunisien dont plus des 3/4 sont des détachés ETAP. La seule difficulte est STEG ne paie pas la facture du gaz qui l’achète auprès de l’APO et de l’ETAP( en application de la loi tout le gaz produit en Tunisie doit être vendu obligatoirement dan le marché local et exclusivement à la STEG). D’autre part, cette acquisition permettra de récupérer toute la production sans payer le partenaire en devises.
Mr le Journaliste
Vous voyez bien que l’ ETAP est bien capable de “reprendre la torche” aussi bien techniquement que financièrement et elle n’a jamais connue de perte durant toute son histoire depuis sa création en 1974. Son personnel a rayonné et rayonne encore aussi bien en Tunisie chez les opérateurs qu’ a l’ échelle internationale dans les plus grandes sociétés pétrolières mondiales( Shell, Total, Aramco, Adnoc, Petronas, Chevron, Exonmobil, Bp, ENI, conocophilips, Equinor…) et aussi les grandes sociétés de services (Schlumberger, Halliburton, baker huges, CGG, PGS…)
Je souhaite que cet article souffre uniquement de la méconnaissance du sujet et de la réalité et n’était pas le fruit d’autres considérations extra-Business
A bon entendeur.
Partez de Grâce , partez ….
Vous avez siphonné toutes nos ‘ petites ‘ richesses durant une vingtaine d’années avec l’aide des corrompus du Pays , donc plus à rien à tirer , vous partez .
Et basta