Les combats meurtriers entre l’armée régulière et les paramilitaires sont entrés ce samedi dans la deuxième semaine. Mais les deux camps se disent prêts à faciliter les évacuations d’étrangers. Plus de 150 civils, de nationalités diverses, ont pu quitter le pays.
C’est la première grande évacuation d’envergure. Elle a été menée samedi par l’Arabie saoudite. Elle concerne à la fois des Saoudiens et des ressortissants de 12 autres pays, notamment du Koweït, du Qatar, des Émirats, de l’Égypte, du Burkina Faso ou encore de l’Inde et du Pakistan.
Les évacués ont été transportés dans un convoi de véhicules jusqu’à Port-Soudan. Puis ont traversé la mer Rouge à bord des navires saoudiens. Samedi, cinq bateaux sont arrivés à Jeddah, ville portuaire de l’Arabie saoudite. Au total, 91 citoyens saoudiens ainsi que 66 ressortissants de « pays frères » ont été évacués. « Des diplomates et des fonctionnaires internationaux », a précisé le ministère saoudien des Affaires étrangères.
Des images d’une chaîne de télévision saoudienne montrent aussi des femmes et des enfants arborant le drapeau vert saoudien à bord de l’un de ces navires. Un équipage d’un avion de ligne saoudien qui avait été touché au début du conflit par des coups de feu fait aussi partie des évacués.
L’armée soudanaise affirme que quatre pays s’apprêtent également à évacuer leurs diplomates et ressortissants avec leurs propres avions militaires : les États-Unis, la France, la Chine et le Royaume-Uni, où le gouvernement assure faire « tout [son] possible », alors que des citoyens britanniques, piégés par les combats, se disent abandonnés par les autorités. Le ministre d’État en charge du Développement et de l’Afrique Andrew Mitchell reconnaît une « situation extrêmement préoccupante pour les ressortissants britanniques piégés par les combats ». Il assure que les autorités se « préparent actuellement à plusieurs éventualités ».
Pour l’heure, les belligérants se montrent plutôt coopérants. L’armée soudanaise s’est engagée à fournir son aide et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) se disent prêts à ouvrir tous les aéroports du Soudan pour évacuer les étrangers. Reste à savoir qui contrôle quel aéroport. Très difficile, à ce stade, d’avoir des informations fiables puisque les deux camps se livrent aussi à une bataille de communication.








