Le Soudan traverse actuellement une grave crise économique qui nécessite la mise en œuvre urgente de réformes de la part des autorités et le soutien de la communauté internationale avec notamment une admission à l’initiative pays pauvres très endettés (PPTE), en vue de réduire un niveau de dette devenu insoutenable, nous apprend Ecofin.
Selon le FMI, l’économie du Soudan se contracte et le taux de croissance devrait ressortir à -2,5% du PIB en 2019, reflétant la faible compétitivité, le mauvais environnement des affaires et les turbulences sociales.
De plus, le déficit budgétaire a augmenté de près de trois points de pourcentage pour atteindre 10,8% du PIB en 2019, reflétant ainsi la montée en flèche des subventions énergétiques et la faible mobilisation des revenus. L’inflation a atteint 60% en novembre 2019, tandis que le taux de change du marché parallèle continue de se déprécier fortement.
Par ailleurs, la position extérieure du pays reste faible, le déficit du compte courant s’établissant à 7,8% du PIB en 2019 et les faibles réserves internationales (1,4 milliard $ en octobre 2019 ; soit 2 mois d’importations). Les réserves de change limitées pour les importations de carburant ont entraîné un rationnement, des pénuries persistantes et des perturbations dans l’approvisionnement en électricité et en nourriture. Les ratios d’endettement public et extérieur restent élevés et intenables, et s’élevaient respectivement à 211,7% du PIB et 198,2% du PIB en 2019.
Pour le FMI, en l’absence de réformes, les faiblesses de la compétitivité et de l’environnement des affaires persisteront. La croissance du PIB resterait alors probablement négative à court terme, avec un investissement minimal et une consommation modérée, tandis que la fragilité des banques augmentera.








