Alors qu’une grande mobilisation populaire se prépare pour samedi à Khartoum et dans plusieurs autres villes du Soudan, afin d’exiger le retour des civils au pouvoir, la diplomatie internationale est cette fois entrée en action, face au chef de l’armée Abdel Fattah al-Burhan, qui semble de plus en plus isolé et dont la marge de manœuvre s’est encore rétrécie ce jeudi du fait de cette résolution au Conseil de sécurité de l’ONU.
Après la suspension de l’aide financière internationale, après la condamnation en des termes sévères par l’Union africaine, le Conseil de sécurité des Nations unies a exigé, dans une déclaration laborieusement discutée mais finalement unanime, le rétablissement d’un « gouvernement de transition dirigé par des civils », exprimant sa « vive préoccupation face à la prise de pouvoir militaire ». Il a également dénoncé les arrestations et la dissolution des institutions transitoires du pays. Et de demander « un dialogue sans pré-conditions » pour résoudre la crise ouverte par le coup d’État de lundi.
Pour certains observateurs, la Russie, qui a fait traîner les négociations sur la déclaration, voulait peut-être attendre que l’Union africaine se prononce d’abord, rapporte notre correspondante à New York, Carrie Nooten. Moscou aurait été fidèle à son principe de laisser les projecteurs sur la région d’une crise en premier lieu. Et surtout l’expression du communiqué a été fortement diluée, puisque la Russie a obtenu gain de cause et fait supprimer les termes de « condamnation » et de « coup d’État » du texte. Mais dans ce contexte d’un Conseil de sécurité si polarisé, obtenir un consensus, faire que le Conseil s’exprime d’une seule voix, même a minima, est le véritable but des diplomates. Cela n’a d’ailleurs pas empêché l’ambassadeur russe adjoint de Twitter un appel à la désescalade. Il a par ailleurs taclé les autorités de transition les jugeant « incapables de régler les problèmes », et dénoncé des tentatives « d’ingérence » – une critique à peine voilée contre les États-Unis








