AccueilLa UNEStress hydrique: Ce que propose l’UTAP pour sortir de l'ornière ! 

Stress hydrique: Ce que propose l’UTAP pour sortir de l’ornière ! 

La situation de l’eau est en tout point critique en Tunisie. Avec une baisse continue des niveaux des barrages et face à un stress hydrique accentué, l’eau se raréfie jour après l’autre. Si à tort ou à raison, on a tendance à accuser les comportements insoucieux et irresponsables des citoyens, les autorités ont également une part de responsabilité. D’ailleurs, le dossier, décrit comme une  urgence, est traité au plus haut niveau de l’Etat.

La commission technique de planification et de prospection dans le secteur de l’eau, relevant de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP), a appelé à engager un dialogue entre l’organisation et le ministère de l’Agriculture, dans les plus brefs délais, afin d’identifier des solutions urgentes, pour assurer une meilleure gestion des ressources disponibles en eau d’une manière juste et équitable et garantir la durabilité du secteur agricole, face aux changements climatiques, ainsi que préserver la sécurité alimentaire.

La commission a examiné au cours de la réunion, mercredi, la situation hydrique et son impact négatif sur l’agriculture tunisienne suite aux années successives de sécheresse et l’absence d’alternatives pour réduire les effets du changement climatique sur les systèmes de production, a indiqué l’UTAP dans un communiqué.

La commission a considéré que le taux important (50%) de perte des eaux d’irrigation, la régression record des réserves en eau dans les barrages à cause des résidus et du manque de maintenance, sont les principaux facteurs du gaspillage des ressources en eau.

Elle a également mis en garde contre la complexité des procédures administratives, au niveau de l’attribution des permis de forage des puits après la finalisation des démarches techniques, représentant une des entraves à la durabilité de la production agricole et à la préservation des cultures qui ne peuvent pas résister face à la rareté de l’eau.

Le taux de remplissage des barrages à 23,2%

Selon l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri),  le taux de remplissage des barrages tunisiens a encore baissé atteignant 23,2% au 27 août contre 23,8% au 20 août 2024.

Les réserves d’ eau dans les barrages tunisiens affichent une baisse de 1,15 milliards de m3, soit -63,47% par rapport à la moyenne saisonnière de la période, atteignant 659,36 millions de m3 contre 1809,27 millions de m3.

A noter que le taux de remplissage des barrages atteignait 34,8%, à la date du 6 mai dernier, 33,5% au 24 mai dernier, et 28,3% au 13 juillet, soit une baisse continue qui rend la situation hydrique critique en Tunisie.

En comparaison avec à la moyenne des trois dernières années, les réserves d’eau sont aussi en baisse de 190,95 millions de m3, soit -25,92% enregistrant 545,68 millions de m3 contre 736,63 millions de m3 en moyenne.

La situation hydrique est d’autant plus préoccupante que le taux de remplissage des barrages tunisiens les plus importants oscille entre 3 et 36%.

Des défis énormes

Inutile de rappeler que la Tunisie est confrontée à des défis importants en matière de gestion de l’eau en raison de son climat aride et semi-aride, ainsi que de la croissance rapide de sa population et de son économie.

Selon les rapports de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la Tunisie est l’un des pays les plus pauvres en eau du monde, avec une disponibilité en eau de moins de 400 mètres cubes par personne et par an, soit bien en dessous de la norme de stress hydrique de 1000 mètres cubes par personne et par an.

De plus, la Tunisie est confrontée à des problèmes de qualité de l’eau, avec des niveaux élevés de pollution des eaux souterraines et de surface. Les sources d’eau naturelles sont souvent surexploitées et épuisées, ce qui entraîne une diminution de la quantité et de la qualité de l’eau disponible.

L’Etat a mis en place un certain nombre de politiques et de programmes pour améliorer la gestion de l’eau, y compris la construction de barrages et de stations de dessalement d’eau de mer, l’adoption de techniques d’irrigation plus efficaces et l’encouragement de pratiques de gestion de l’eau durables. Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour garantir une utilisation efficace et durable de l’eau en Tunisie.

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