AccueilLa UNETaux directeur : L’inflation mais aussi le Dinar, les IDE ….

Taux directeur : L’inflation mais aussi le Dinar, les IDE ….

Il est dans les attributions fondamentales et premières d’une banque centrale où qu’elle opère d’assurer la stabilité du système bancaire et, en cas de risque systémique, de jouer le rôle de prêteur en dernier ressort. Pour ce faire, elle dispose d’une gamme d’outils dont le plus crucial est le taux d’intérêt qu’elle gère d’une façon discrétionnaire et en toute indépendance, soit en l’augmentant soit en l’abaissant suivant la conjoncture du moment.

Une vocation dont il importe de souligner l’étendue pour comprendre la finalité de l’augmentation du taux directeur de la Banque centrale de Tunisie de 100 points de base. Il s’agit, comme le veut la théorie quantitative de la monnaie, de réduire la masse monétaire disponible et donc l’inflation. Ce faisant, le coût du crédit sera renchéri, la demande de crédit diminuera, la masse monétaire diminuera et le taux d’inflation diminuera. Et avec des taux d’intérêt plus forts, les consommateurs ont tendance à épargner davantage pour profiter de rémunérations plus importantes et leurs revenus disponibles sont donc plus faibles. Avec moins de dépenses, l’économie a tendance à ralentir et l’inflation à diminuer. Au demeurant, les décisions de politique monétaire de l’institut d’émission ont ceci d’avantageux qu’elles attirent les investisseurs étrangers dont les placements tunisiens deviendront plus rémunérateurs.

La BCT, sapeur-pompier !

Le taux directeur de la BCT avait déjà été augmenté l’année dernière, et il semble que l’Institut d’émission fasse office de sapeur-pompier, a déclaré Hamish Kinnear, analyste pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord chez Verisk Maplecroft, une société de conseil en évaluation des risques basée au Royaume-Uni, cité par Bloomberg. Les finances sont sous pression car les principales sources de devises du pays, telles que la production de pétrole, de gaz et de phosphate, «en souffrent depuis 2011», a-t-il ajouté.

Axel Dalman, analyste du risque-pays chez Fitch Solutions, cité par la même source, estime pour sa part que « le relèvement du taux directeur semble être un moindre mal pour le moment avec la dépréciation continue du dinar qui affaiblit le pouvoir d’achat des consommateurs ». « Il est donc logique de donner la priorité à la réduction de l’inflation pour le moment», ajoute-t-il.

Impérieuse, la décision de relever le taux directeur n’a pas vocation à être suffisante, le gouverneur de la BCT, Marouane Al Abassi y ajoute d’autres mesures, telles que la lutte contre la contrebande et les pratiques non compétitives dans certaines industries, qui ont entraîné une pénurie de biens essentiels. La Tunisie doit augmenter les niveaux de production de phosphate et de tourisme aux niveaux de 2010, a-t-il déclaré.

Inflation d’origine monétaire !

Le moment choisi par la BCT pour prendre et annoncer sa décision serait liée à la visite imminente d’une mission du Fonds monétaire international, note Bloomberg. Il s’agira d’examiner au cours du mois de mars le programme économique de la Tunisie, dans le cadre de la revue trimestrielle. Une évaluation positive pourrait permettre de débloquer le versement de la prochaine tranche du prêt de 2,9 milliards de dollars approuvé par le bailleur de fonds en 2016. Le paiement a été retardé de plusieurs mois, le gouvernement et le puissant syndicat UGTT ayant été en désaccord sur les augmentations salariales dans le secteur public.

L’observatoire Tunisien de l’Economie a rappelé à cet égard que le FMI avait déclaré, dans un communiqué publié le 30 mai 2018, que «  des mesures décisives sont nécessaires cette année pour lutter contre l’inflation « , laquelle avait atteint 7,7 %, un niveau jamais atteint depuis 1991, année où la Tunisie était également sous ajustement structurel du FMI dans le cadre d’un Mécanisme élargi de crédit (1988-1992) « .

Il a expliqué que le FMI a estimé que l’inflation en Tunisie est d’origine monétaire (provenant d’une trop grande distribution de crédits), et ainsi, a préconisé d’augmenter les taux d’intérêt, alors qu’en réalité, l’inflation est le résultat de « la libéralisation du dinar en avril 2016 et encore à son décrochage en mars 2017.

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