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« Tout est disponible, et les marges et prix sous contrôle », dixit le ministère du commerce

Le directeur de l’Observatoire national de l’approvisionnement et des prix au ministère du Commerce et du Développement des Exportations, Ramzi Trabelsi, a confirmé la disponibilité de tous les produits de consommation et agricoles pendant le mois de Ramadan. Il a précisé que le ministère a pris une série de mesures, notamment le plafonnement des marges bénéficiaires et le contrôle des prix de nombreux produits, dans le but de lutter contre la hausse des prix.

Trabelsi a indiqué, dans un entretien avec African Manager, que la crise des viandes rouges se poursuit. À cet égard, la Société des Viandes a commencé à fournir des quantités de viande rouge locale — mouton et bœuf — au prix de 42,9 dinars le kilogramme.

Notre interlocuteur a insisté sur le fait que le recours à l’importation reste une solution exceptionnelle et que le principe demeure de s’appuyer sur la production nationale.

Voici le texte intégral de l’entretien :

Comment le ministère du Commerce s’est-il préparé pour le mois de Ramadan ?

Le mois de Ramadan est considéré comme une période de forte consommation. Le ministère s’y est préparé en garantissant un approvisionnement régulier en divers produits de consommation et en adaptant l’offre pour les produits dont la demande augmente particulièrement pendant ce mois. Cela s’est traduit par la mise en œuvre de programmes spéciaux et correctifs pour soutenir l’offre, notamment pour le café familial, le sucre familial et artisanal, les œufs, les huiles végétales et les dérivés de céréales subventionnées, en donnant la priorité aux zones populaires et rurales, tout en veillant à l’équilibre entre les différentes délégations.

Par ailleurs, une vigilance accrue a été mise en place pour suivre l’évolution de l’approvisionnement en fruits et légumes, en viandes de volaille, et pour détecter rapidement tout problème.

Les entrepôts frigorifiques ont également été sollicités pour augmenter le rythme d’approvisionnement des marchés et suivre le respect des délais.

Quelles mesures ont été prises pour assurer l’approvisionnement en produits agricoles et en produits essentiels ?

Les services du ministère poursuivent leurs efforts pour garantir la régularité de l’approvisionnement du marché local en produits agricoles et en produits de première nécessité.

20 millions d’œufs ont été stockés, avec une production mensuelle d’environ 165 millions d’œufs. Une partie de ces stocks a été mise en vente depuis la semaine dernière pour soutenir l’offre. Les prix des œufs ont baissé de 10 à 15 % par rapport à l’année précédente.

14 000 tonnes de viandes de volaille et 6 500 tonnes de dindes ont été fournies, en plus des stocks suffisants de sucre, riz, thé et café. Contrairement aux années précédentes, il n’y a pas eu de fluctuation importante ou de pénurie notable.

Il est à noter que le mois de Ramadan coïncide avec la période hivernale, caractérisée par une production abondante de fruits et légumes.

Pourquoi les prix des viandes rouges restent-ils élevés malgré l’amélioration climatique et les pluies abondantes ?

Il existe un déficit structurel en viandes rouges en Tunisie depuis plusieurs années. Même si les pluies ont été abondantes, la reconstitution des troupeaux de moutons et de bovins prend du temps.

On espère une amélioration de la situation et une augmentation de la production de viande rouge dans les années à venir.

Afin de réguler le marché, la Société des Viandes a commencé à fournir de la viande locale à un prix préférentiel de 42,9 dinars le kilogramme, inférieur aux prix courants du marché.

La Société des Viandes va-t-elle importer pour faire baisser les prix, qui ont dépassé 60 dinars ?

Le recours à l’importation reste exceptionnel ; le principe est de s’appuyer sur la production nationale.

Le ministère suit de près l’approvisionnement en viandes rouges et exercera un contrôle sur les commerces pour rationaliser les prix, surtout après les hausses excessives constatées récemment.

Actuellement, des quantités de viande locale correctives (mouton et bœuf) sont disponibles à 42,9 dinars le kilogramme, dans les points de vente de la Société des Viandes et à 14 points de vente du Bureau des Terres Publiques.

Qu’en est-il du plafonnement des prix et des marges bénéficiaires ?

Des mesures ont été prises pour réguler de nombreux produits et définir des marges bénéficiaires maximales afin de maîtriser les prix.

Sur les marchés de gros, certains produits ont été plafonnés : pommes de terre à 1 600 millimes, poivrons à 2 900 millimes, tomates à 1 600 millimes, oignons frais à 1 dinar, oignons secs à 1 300 millimes, courgettes et aubergines à 3 millimes, oranges à 2 500 millimes.

Sur le marché de détail, les marges bénéficiaires ont été fixées à 25 % pour les circuits classiques et 15 % pour les grandes surfaces.

Les marges sur les viandes blanches : 15 % pour le poulet prêt à cuire et 20 % pour les tranches de dinde.

Pour le poisson, la marge maximale est de 25 %, et pour les fruits secs, de 5 % en gros et 10 % en détail.

L’expérience des points de vente direct producteur-consommateur a-t-elle été bien reçue ?

Le ministère intensifie ces points de vente, qui proposent des produits à prix préférentiels. Actuellement, presque toutes les régions y participent, et le dispositif a été très apprécié ces dernières années.

Cette année, les produits proposés seront diversifiés : dérivés alimentaires, café, épices et viandes. Les prix des produits de base seront de 10 à 20 % inférieurs aux prix du marché.

Quels sont les résultats récents du contrôle économique ?

Depuis le 1er février, un programme proactif a été lancé pour contrôler la distribution, garantir la transparence et lutter contre les abus et pratiques monopolistiques.

Entre le 1er et le 16 février, plus de 25 000 visites ont été effectuées, aboutissant à :

3 900 infractions économiques,

890 infractions relatives aux prix et au monopole,

1 922 infractions pour non-transparence des transactions,

13 infractions concernant la manipulation des subventions.

La plupart des infractions concernent les produits agricoles frais (1 700), les produits alimentaires généraux (1 300), les boulangeries, restaurants et cafés (plus de 200), et autres violations.

Les saisies ont porté sur : 5 tonnes de dérivés de céréales subventionnées, 25 tonnes de fruits et légumes, 2 250 kg de viandes de volaille et poissons, 43 000 litres d’huile végétale subventionnée, 1,4 tonne de sucre, entre autres produits.

Pourquoi les prix des oranges “Thomson” ont-ils augmenté ?

90 % de la production provient du gouvernorat de Nabeul. La gelée et les récentes inondations ont affecté la production. Les stocks diminuent fin février. Ces facteurs expliquent la hausse des prix, qui varie selon la qualité et la taille des fruits.

La crise de l’huile subventionnée est-elle terminée ?

Une cargaison de 6 000 tonnes est arrivée il y a deux semaines et est actuellement distribuée sous supervision régionale, en particulier dans les zones rurales et les quartiers populaires. Une nouvelle cargaison est attendue prochainement.

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