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Tunis : BCE a-t-il promis au gouvernement de Tripoli de relâcher Walid el Kleib ? Le ministre libyen de l’Intérieur l’affirme

Aucune milice libyenne n’a revendiqué jusqu’à présent sa responsabilité dans l’enlèvement des dix fonctionnaires et diplomates du consulat général de Tunisie pris d’assaut vendredi par un groupe armé qui serait composé de 25 individus cagoulés et armés de kalachnikovs. Toutefois, la seule indication donnée l’a été par le ministre de l’Intérieur du gouvernement de salut national, Mohamed Barghathi qui a souligné que cette opération a été lancée en réaction à « l’arrestation d’une personne de nationalité libyenne répondant au nom de Walid el Kleib et la décision de le traduire en justice », selon l’expression qu’il a utilisée dans des déclarations reprises ce dimanche par le quotidien tunisien Achourouk.

Il a affirmé à ce propos en marge d’une conférence tenue à Tripoli que « des informations sont parvenues à la famille et aux proches du prévenu, affirmant que ce dernier sera expulsé et remis au gouvernement de Tobrouk ». Le ministre s’en est dit étonné affirmant que « Walid el Kleib doit être remis au gouvernement légitime de Tripoli ».

Interrogé par le correspondant sur place du journal, il a confirmé que des démarches sont en cours à ce sujet, « à la condition que Walid el Kleib soit remis au gouvernement de Tripoli qui le traduira en justice, ensuite de quoi les otages tunisiens seront libérés », a-t-il assuré. Le ministre libyen a même affirmé que « le président de la République tunisienne, Béji Caïd Essebsi, a promis au gouvernement de Tripoli que Walid Kleib sera relâché », ajoutant que « cependant, nous avons été surpris d’apprendre que ce dernier a été traduit en justice sur la base d’une accusation sans aucun fondement », selon ses dires, précisant que son gouvernement a chargé des avocats pour défendre Walid el Kleib.

Le ministre libyen a, en outre, déclaré que les services de la sécurité relevant de son ministère sont en contact avec les ravisseurs pour obtenir leur libération, affirmant que « nous allons circonscrire la question ».

D’autre part, il a affirmé que la campagne lancée par les milices armées libyennes contre les ressortissants tunisiens est une réponse aux « mauvais traitements infligés par les agents de la sécurité en Tunisie qui arrêtent des Libyens pour les interroger sur leur appartenance politique ainsi qu’au harcèlement de voyageurs libyens lors de leur arrivée aux aéroports tunisiens », selon ses dires.

Négociations en cours !

Les négociations avec les auteurs de l’enlèvement des 10 fonctionnaires du consulat de Tunisie à Tripoli connaitraient du succès et les otages seraient libérés incessamment si tout va bien, a appris l’agence africaine APA de diverses sources dimanche dans la capitale libyenne.

Selon ces sources, le gouvernement tunisien à fait savoir aux ravisseurs avec lesquels il est en négociation que sa première condition est la libération des détenus avant de discuter les doléances avancés par les preneurs d’otages.

Au premier chef de ces doléances figure la remise en liberté du ressortissant libyen Walid Al-Ghalib, l’un des dirigeants du groupe Fajr Libya détenu en Tunisie.

Sur ces entrefaites, le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, est entré en lice pour révéler, lors d’un meeting populaire à Gabès, qu’il a « demandé à des parties libyennes, et point à des terroristes, d’intervenir pour libérer les diplomates tunisiens ».

Indignation et condamnations

Le ministère libyen des Affaires étrangères a dénoncé l’enlèvement par une milice armée libyenne des fonctionnaires du consulat général de Tunisie à Tripoli qualifiant de «lâche» cet «acte criminel».

Dans un communiqué, le ministère a appelé à «la libération des fonctionnaires retenus en otages» et a « imputé la responsabilité de la sécurité de la mission diplomatique tunisienne aux milices qui contrôlent Tripoli» depuis plusieurs mois.

De même, l’Algérie condamne « avec force » l’enlèvement des fonctionnaires du Consulat général de Tunisie à Tripoli (Libye), a affirmé samedi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Abdelaziz Benali Cherif qualifiant cet acte de « violation flagrante et inacceptable » des lois et coutumes internationales.

« Cet acte est une violation flagrante et inacceptable des lois et coutumes internationales qui garantissent l’inviolabilité des locaux diplomatiques et consulaires », a indiqué Benali Cherif dans une déclaration à l’APS.

« Au moment où nous clamons avec force notre rejet total de ces actes répréhensibles, nous exprimons notre solidarité avec le gouvernement de la Tunisie sœur et avec son peuple comme nous assurons les familles des fonctionnaires enlevés de notre soutien. Nous appelons les acteurs de cet acte à ne pas attenter à la vie de ces innocents et à procéder à leur libération sans entraves ni conditions », a ajouté le porte-parole du ministère algérien des AE.

Il reste à dire que, pour l’heure, les dix diplomates tunisiens enlevés demeurent séquestrés par leurs ravisseurs quelque part en Libye, auxquels sont venus s’ajouter huit autres citoyens tunisiens originaires du gouvernorat de Tataouine, enlevés hier samedi à l’ouest de tripoli, et dont on est sans nouvelles, ce qui complique encore plus la situation mais confirme que les pressions s’accentuent sur le gouvernement tunisien pour relâcher Walid EL Kleib en échange de la libération des 19 otages tunisiens, selon le dernier sinistre décompte.

Mohamed Lahmar

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