La fuite du document d’écoute adressée à la direction générale des services techniques du ministère de l’Intérieur ne semble pas passer inaperçue. Ce document « dangereux » publié par Wikileaks Tunisia continue d’alimenter la polémique surtout qu’il contient des informations accusant l’homme d’affaires Chafik Sarsar.
Ce dernier est, en fait, accusé d’avoir partie liée avec le parti libyen « Watan » et de s’employer à mettre la main sur des chaînes de télévision et des journaux tunisiens. Une communication entre lui et Jamel Saadaoui, dirigeant au parti « Al Watan » fuitée semble le confirmer. Dans cette communication, Jarraya informe son interlocuteur libyen qu’il contrôle des chaînes et journaux tunisiens, lui révélant qu’il est intervenu pour retirer 100 articles hostiles au parti Al Watan de Abdelhakim Belhaj. Jarraya ajoute que plusieurs parties, qui le redoutent, évitent de critiquer le dirigeant libyen.
Wikileaks Tunisia, mauvaise copie des sites étrangers
Ces accusations ont poussé Chafik Jaraya à tenir un point de presse, ce vendredi 13 mars au cours duquel il s’est appliqué à redorer son image en critiquant la fuite de semblable document « confidentiel ».
Devant un parterre des journalistes, il a au départ considéré « Wikileaks Tunisia » comme une mauvaise copie d’autres sites étrangers étant donné qu’il a dévoilé des numéros personnels. « Je ne suis pas contre la loi, mais il s’agit d’un acte illégal», a-t-il dit, soulevant force questions : Comment est-il possible de fuiter des documents confidentiels ? A-t-on l’autorisation juridique de mettre sur écouter des personnes ? Abdelhakim Belhaj est-il réellement classé comme terroriste ?
Si la réponse à ces interrogations est affirmative, je m’engage à déférer à la loi, a-t-il assuré. « Dès que le gouvernement décide de classer Abdelhakim Bel Haj comme terroriste, je m’engagerai à respecter cette décision et à préserver la sécurité nationale », a-t-il ajouté.
A cet égard il a rappelé qu’il a joué un rôle déterminant pendant les années de la révolution. D’ailleurs, affirme-t-il, « j’ai contribué à résoudre des problèmes auxquels faisaient face plusieurs diplomates tunisiens enlevés en Libye. Et c’est la raison pour laquelle, je vais multiplier les efforts afin d’obtenir la libération des deux journalistes kidnappés depuis septembre dernier. « Je suis en train de mener des pourparlers avec des parties libyennes dont notamment des hommes d’affaires pour libérer ces deux journalistes sachant qu’ils sont en bonne santé », a-t-il dit.
Les « menaces » de Ridha Bel Haj et le « complot » de Kamel Ltaief …
Sur un autre plan, Chafik Jarraya a relevé que les informations fuitées et les accusations lancées par Walid Jalled, membre de Nidaa Tounès lors de son récent passage à AL Hiwar Attounsi ne sont qu’un complot dirigé par Ridha BelHaj et Mohssen Marzouk, deux conseillers à la présidence de la République. « J’ai les documents qui prouvent l’implication de ces derniers dans cette affaire », a dit Jarraya avant de préciser que « j’ai reçu à maintes reprises des menaces de la part de Ridha Bel Haj à travers Walid Jalled, qui n’est qu’une pièce dans cette mécanique. Ce dernier m’a rendu visite chez moi à trois reprises pour passer des messages de chantage de la part de Ridha Belhaj. Le message concerne des documents secrets détenus par l’homme d’affaires Kamel Eltaïef pour réclamer une rencontre dans le but de réduire l’ampleur de la campagne médiatique contre Ridha Belhaj. Sinon, c’est la prison qui m’attend », a-t-il encore dit.
D’après Jarraya, Kamel Ltaief est en train de diriger la police parallèle, qui est à l’origine de la fuite des informations.
La crise de Nidaa Tounes est confirmée…
Un avis est partagé par son avocat, Faycel Jedlaoui qui a souligné que la fuite de ce document viole l’article 24 de la constitution stipulant le respect de la vie personnelle.
« 10 jours après l’adoption de la constitution, on s’est réveillé sur son dépassement. Car, le département de l’intérieur a procédé à l’écoute alors qu’il n’en a pas l’autorisation juridique, et c’est dangereux », a-t-il indiqué.
D’après l’avocat de Jarraya, la fuite de ce document en ce moment précis révèle un début de crise au sein de Nidaa Tounes, parti vainqueur des élections. « On est face à une crise grave puisque Ridha Bel Haj et Mohssen Marzouk sont en train d’écarter les autres ayant fortement soutenu ce parti ».
Jarraya poursuivi par Marzouk
De son côté, Mohsen Marzouk, conseiller auprès de chef du gouvernement a déclaré à Africanmanager que « eu égard à la gravité des accusations lancées par Chafik Jarraya, nous avons décidé de porter plainte à son encontre ».
Il a d’autre part signalé qu’il saisira le ministère public aux fins de l’ouverture d’une enquête. « Je ne veux pas répondre aux propos de Jarraya, le ministère public va mener les missions qui sont les siennes ».
Wiem Thebti








