Dimanche, 21 décembre 2014, la Tunisie a conclu avec un éclatant succès une «étape cruciale» dans sa transition vers la démocratie : des élections libres, transparentes et indépendantes dont tout le monde parle. Une étape primordiale pour la relance économique dont le pays a cruellement besoin aujourd’hui. A vrai dire ! Le volet économique a été vivement marginalisé depuis la Révolution à ce jour. Tous les indicateurs économiques sont en berne et la productivité nationale laisse à désirer.
Walid Belhadj Amor, président du Centre Tunisien de veille et intelligence économique (CTVIE) a affirmé dans une déclaration à Africanmanager, que l’achèvement avec succès de la transition politique en Tunisie est une étape nécessaire pour la relance économique qui devient, aujourd’hui, une urgence notamment après l’élection d’un président de la République et la mise en place d’une équipe gouvernementale.
Il est primordial, selon lui, que le pays fasse preuve de stabilité et de confiance au moins sur le moyen terme d’autant que l’investissement privé est totalement bloqué aujourd’hui : « Il est temps de retrouver suffisamment de confiance pour relancer l’investissement privé », a-t-il précisé.
La Tunisie se dotera bientôt d’un gouvernement qui va prendre en main les dossiers économiques et sociaux, soulignant, cependant, que la priorité devrait être essentiellement accordée à la productivité en remettant au travail l’ensemble des opérateurs au sein de l’administration tunisienne. « Si on ne s’attaque pas aujourd’hui à la productivité, on n’arrivera pas à redresser l’économie », a-t-il prévenu, appelant, à ce propos, à mettre fin aux grèves, à l’absentéisme, et aux revendications sociales qui n’ont aucun sens.
Le président du CTVIE a évoqué l’endettement de la Tunisie, estimant que la Tunisie a atteint aujourd’hui des niveaux qui ne seront plus soutenables à moyen terme, surtout si la Tunisie n’est pas en mesure de réaliser des taux de croissance record au delà de 5 ou 6%.
De son côté, l’expert en économie, Fethi Nouri, nous a déclaré que la réussite des élections présidentielles en Tunisie est un gage rassurant pour les investisseurs et opérateurs économiques, considérant la Révolution comme une compétition dont la première mi-temps (élections, mise en place des institutions de l’Etat), est achevée alors que la deuxième est encore en attente, laquelle porte sur le volet économique et l’accélération des réformes structurelles.
Il a, à ce propos, appelé la Banque centrale, l’APII, l’APIA, le CMF et toutes les institutions d’appui à s’unir ensemble pour la relance de l’investissement et de l’économie d’une manière générale.
Il a, également, appelé à revoir le budget économique élaboré par le gouvernement de Jomaâ pour qu’il réponde efficacement aux exigences de la période actuelle, estimant, toutefois, que bien que les deux premières années à savoir 2015 et 2016 soient des années très difficiles, elles seront protégées et soutenues par les réformes politiques réalisées alors.
Sur un autre volet, Fethi Nouri a dénoncé la faiblesse et les défaillances de la machine productive de la Tunisie, appelant, par conséquent tous les Tunisiens à se remettre au travail et les investisseurs privés à reprendre leurs financements.
Il a également invité les hommes d’affaires tunisiens à montrer de quoi ils sont capables aujourd’hui au niveau économique. « Allez créer de la richesse ! Vous avez tout aujourd’hui. Votre rôle n’est pas de faire de la politique mais plutôt de créer des projets et de l’emploi », a-t-il dit.
Il a, également, soutenu l’idée qu’au lieu de demander aux investisseurs étrangers et aux bailleurs de fonds d’investir en Tunisie, il faut que les Tunisiens montrent qu’ils sont en mesure d’être partie prenante dans le développement économique de leur pays sans écarter, toutefois, le rôle de l’Etat en tant que garant des investissements dans les secteurs stratégiques.
Khadija Taboubi








