Après moult contretemps et un marathon inédit dans les annales gouvernementales de la Tunisie, Habib Essid s’est enfin présenté, ce mercredi 4 février 2015, devant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) pour solliciter sa confiance pour son gouvernement quadripolaire, composé de quatre partis « prépondérants » assurant une majorité confortable, à savoir Nidaa Tounès, le mouvement Ennahdha, le parti Afek et l’UPL.
A la cadence où défilent les intervenants pour dire ce qu’ils pensent du gouvernement d’Habib Essid et de ses projets et programmes pour les Tunisiens, il sera difficile que le vote de confiance intervienne aujourd’hui même. D’ailleurs, selon des informations persistantes dans les coulisses du palais du Bardo, le vote aura lieu demain jeudi.
Pour convaincre les 217 députés d’entériner son gouvernement et ses programmes, Habib Essid a prononcé un discours où il a présenté les grandes lignes de l’action de son équipe ministérielle ainsi que les mécanismes qu’il juge utile de mettre en place pour arracher le pays à la condition qui est la sienne sur les plans, politique, économique et social, pour ne citer que ces trois composantes du programme gouvernemental.
Le chef du gouvernement désigné s’est engagé à préserver un climat de paix sociale à travers le recours aux négociations collectives avec les parties sociales pour aboutir à un accord de deux ou trois années.
Il a souligné que dans le domaine social, la réforme du système de santé est l’une des principales priorités de son gouvernement.
« Il s’agit d’améliorer les prestations dans les structures publiques de santé, de renforcer les soins de santé de base et de développer le réseau des hôpitaux dans les régions intérieures », a-t-il indiqué.
Concernant la promotion de l’intégration sociale, Essid a souligné la nécessité de lutter contre toutes formes de pauvreté et de marginalisation et de renforcer l’encadrement des personnes à besoins spécifiques en leur garantissant tous leurs droits.
Dans ce contexte, il a indiqué que le prochain gouvernement mettra en œuvre le pacte de la Tunisie des droits des personnes porteuses de handicap afin de leur faciliter l’accès à tous les services dans les différents domaines (économique, social, culturel, sanitaire, éducatif, informationnel et communicationnel).
Essid a, en outre, souligné la nécessité de renforcer la participation des jeunes à la vie publique et d’être à l’écoute de leurs aspirations afin de mieux les préparer à assumer leurs responsabilités dans l’avenir.
Il a ajouté que les jeunes sont au cœur des orientations et des réformes dans différents secteurs comme l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur, indiquant que le gouvernement et la société civile doivent redoubler d’effort pour protéger les jeunes de l’extrémise, de la drogue et autres phénomènes de société.
Habib Essid a aussi mis en exergue l’importance de renforcer la participation des Tunisiens à l’étranger dans les affaires d’intérêt national, faisant remarquer que la Tunisie défendra leurs droits dans les pays d’accueil et les aidera à contribuer au développement de leur pays.
Le chef du gouvernement désigné s’est engagé également à dévoiler toute la vérité sur les assassinats de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi dans les brefs délais et qu’il poursuivra les efforts en vue du rétablissement de la sécurité et la lutte contre le terrorisme.
Plus précisément, le renforcement des mesures de sécurité, de lutte contre la criminalité, l’extrémisme, et la fraude figureront en tête des priorités du nouveau gouvernement, et c’est à travers l’adoption de la loi de lutte contre le terrorisme le plus tôt possible qu’il pense pouvoir assurer la sécurité des citoyens.
Pour ce faire, des soutiens techniques et matériels seront fournis aux unités sécuritaires, outre le renforcement des efforts des agents de la douane, de la protection civile, et des prisons ainsi que la consolidation de la collaboration avec les pays voisins afin de protéger les frontières des risques terroristes.
Enfin, la réforme de la justice est l’élément clé pour imposer et concrétiser la justice et la primauté de la règle de droit. Habib Essid a souligné que son gouvernement travaillera sur la réforme de la justice pour qu’elle soit conforme avec la nouvelle constitution tout en rappelant son engagement à mettre en place les organes constitutionnels dont la cour constitutionnelle.








