« Au lieu d’accorder de l’importance à la promotion de destination, il est temps de se concentrer sur la promotion d’investissement dans l’un des secteurs clés de l’économie, celui du tourisme dans un marché marqué par une concurrence rude», a préconisé la ministre du Tourisme, Amel Karboul.
Pour elle, la décision est clair, il s’agit de relancer le tourisme où l’investissement est en berne et a même ralenti depuis plus de deux ans pour un pays qui a une dépendance assez marquée vis-à-vis ce secteur stratégique.
Ce ralentissement est considérable comparé à 2010, année de référence, et ce faute de mise en place de certaines réformes et d’un manque de confiance des étrangers envers la jeune démocratie née de la révolution du Jasmin. Ce ralentissement est expliqué aussi par d’autres facteurs comme les lenteurs administratives, la réticence des bailleurs de fonds, les problèmes des garanties exigées des jeunes promoteurs et au profit des petits et moyens projets sans oublier la conjoncture assez délicate.
Pour toutes ces raisons, un atelier de travail a eu lieu ce vendredi 14 novembre en présence d’un grand nombre d’acteurs et de professionnels du secteur ainsi que des banquiers.
A la recherche de 500 millions de dollars pour financer le tourisme
Cet atelier était l’occasion pour examiner les possibilités d’investissement dans le secteur touristique. Car, il existe, selon plusieurs intervenants, un potentiel important à toute croissance économique. « Les crises sont de nature conjoncturelle pour les pays du printemps arabe y compris la Tunisie», a affirmé l’un des participants précisant cependant qu’ « elles constituent aujourd’hui une source de création de valeur pour la Tunisie qui dispose actuellement tous les atouts pour relancer l’investissement touristique ».
L’avis est partagé par d’autres orateurs qui ont convenu du rôle que pourrait jouer l’investissement touristique dans pareille situation où l’économie va de mal en pis. En effet, le déficit budgétaire a augmenté, le pouvoir d’achat est en baisse, l’inflation augmente et devrait atteindre 5,7% et le taux de croissance pourrait descendre à 2,4% d’ici fin de 2014, selon les prévisions de la Banque Centrale.
Aussi, le recours à la promotion d’investissement est-il une solution adéquate qui aurait dû être adoptée depuis 20 ans, selon Amel Karboul, notamment avec la présence d’une Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), investisseur public contra-cyclique, qui continue à investir dans différents secteurs stratégiques et qui connaissent déjà des difficultés.
Les promoteurs désireux de lancer des projets touristiques ne sont pas obligés de se limiter à cette caisse étant donné que deux autres fonds pourraient s’associer à cette démarche. Il s’agit également de Fonds Siyaha et celui de l’héritage culturel. Ces fonds sont destinés à investir dans l’infrastructure des unités hôtelières qui seront la clé de réussite du secteur touristique. D’ailleurs, ces deux fonds portent sur une quinzaine de projets porteurs comme le projet de station thermale d’El- Khbayet à El-Hamma (gouvernorat de Gabès).
Selon Jamel Belhaj, directeur général de la CDC, la priorité est donnée à l’investissement dans les nouvelles niches et les régions qui sont de plus en plus rentables. « Les catégories mal servies, particulièrement les unités de 3 à 4 étoiles font aujourd’hui l’objet de notre politique qui ne cherche pas uniquement à résoudre le problème de l’endettement de ces unités, mais également à relever la qualité des prestations de manière à assurer une meilleure équation entre l’offre et la demande », a-t-il relevé, l’objectif étant la garantie d’un meilleur repositionnement tout en arrivant à réaliser un mix entre l’hôtellerie et l’innovation.
C’est la raison pour laquelle le ministère du Tourisme cherche à collecter 500 millions de dollars pour financer la CDC au titre de la Caisse du tourisme.
Un premier pas est lancé ce vendredi par le département de Karboul qui estime obtenir des résultats positifs au cours de la période à venir, et ce, grâce à une meilleure synergie avec le futur gouvernement afin de gagner ce challenge.
Wiem Thebti








