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Tunis : La dette en dégradation exponentielle et ne se stabiliserait que dès 2019, selon le FMI

Dans son dernier rapport rendu public, lundi, le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué qu’en Tunisie, la dynamique de la dette publique reste vulnérable aux chocs défavorables et pourrait se dégrader sensiblement par rapport au scénario de référence (56 % du PIB).

Il a, dans ce contexte, souligné, que dans un scénario défavorable sans rééquilibrage budgétaire à moyen terme, la dette publique de la Tunisie serait sur une tendance haussière et avoisinerait 62 % du PIB d’ici 2019, expliquant, par conséquent, que la dynamique de la dette publique se détériorerait initialement dans tous les tests paramétrés, pour se stabiliser entre 56 et 68 % du PIB en 2019.

Selon le FMI, sous l’effet d’un choc ponctuel de 10 % du PIB sur les passifs conditionnels, la dette publique atteindrait environ 66 % du PIB en 2016, puis baisserait légèrement à environ 63 % du PIB en 2019 alors que sous l’effet d’un choc permanent sur la croissance réelle, la dette publique resterait orientée à la hausse, atteignant environ 67 % du PIB à fin 2019. « Étant donné qu’environ 69 % de la dette publique est libellée en devises, une dépréciation ponctuelle de 30 % augmenterait le ratio dette publique/PIB à environ 71 %; le ratio pouvant baisser ensuite à 68 % d’ici 2019. Par ailleurs, la dynamique de la dette publique serait relativement résiliente à un choc sur les taux d’intérêt, et resterait voisine de 56 % à moyen terme », indique le FMI.

S’agissant de la dette extérieure, le FMI a fait remarquer que, selon les projections de référence, la dette extérieure devrait augmenter pour atteindre 62,6 % du PIB en 2016, avant de baisser sous l’effet d’une dynamique favorable du compte courant. En conséquence, les risques qui pèsent sur la viabilité de la dette extérieure de la Tunisie semblent maîtrisés pour la période à venir à condition que les autorités tunisiennes procéderont à un rééquilibrage budgétaire important à moyen terme et continueront de mener une politique d’emprunt extérieur prudente.

Après être resté stable en 2013 à cause d’un financement extérieur largement insuffisant, le ratio dette extérieure/PIB devrait, également, augmenter en 2014 pour atteindre 57,3 %, puis culminer à 62,6 % en 2016 avant de baisser légèrement à environ 61 % d’ici à la fin de 2019.

Au sujet des perspectives, le FMI a souligné que les projections macroéconomiques continuent de signaler une croissance modérée, un repli de l’inflation et une certaine amélioration de la position extérieure.

La croissance devrait atteindre 2,8 % cette année, prévision inchangée par rapport aux estimations d’avril, alors qu’un niveau plus élevé de production agricole et de services devrait compenser une saison touristique plus modeste que prévu et par ailleurs les industries électromécaniques devraient connaître une certaine stagnation.

En revanche, compte tenu des profils saisonniers observés jusqu’à présent dans l’année et de la modeste reprise affichée par les partenaires commerciaux de la Tunisie, la croissance économique pour 2015 a été revue à la baisse à 4 % (au lieu de 4,2 %). Cependant, à supposer que la stabilité s’améliore après les élections et que le marché européen, dont l’importance est vitale pour le pays, se redresse, l’investissement devrait reprendre (également sous l’effet des récentes améliorations du dispositif de marchés publics) et contribuer à la croissance en 2015.

Cependant, après 2015, la croissance devrait continuer d’être tributaire de l’accélération du programme de réformes structurelles, souligne la même source.

Le FMI souligne, en outre, que les risques relatifs aux perspectives demeurent élevés. L’intensification des tensions sociales, y compris grèves et manifestations, pourrait ralentir davantage la production et retarder la mise en œuvre, si cruciale, des réformes. « Les tensions sécuritaires se sont atténuées mais les risques demeurent élevés, en partie à cause d’incidents terroristes sporadiques ou de turbulences régionales (en particulier en Libye) », souligne le rapport du FMI.

Kh.T

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