Tunis : La Sprols crie «Dégage» et reprend ses biens

Tunis : La Sprols crie «Dégage» et reprend ses biens

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Tout de suite après la révolution de janvier 2011 en Tunisie

Tout de suite après la révolution de janvier 2011 en Tunisie, s’étaient multipliées les actions de squat de locaux de l’ancien parti au pouvoir le RCD et surtout d’immeubles entiers de la Snit (Société nationale immobilière de Tunisie) ou d’appartements de la société de promotion des logements sociaux (Sprols), qui sont les deux principaux acteurs publics en matière de logements. L’ARRU (Agence de réhabilitation et de rénovation urbaine), non plus, n’avait pas été épargnée et certaines de ses constructions avaient été squattées. Et si des locaux du parti dissous RCD, sont à ce jour occupés de manière illégale sans que le ministère des domaines de l’Etat s’en émeuve outre mesure, d’autres structures en sont encore à jeter la responsabilité sur l’autre, lorsqu’il s’agit d’exécuter les jugements d’expulsion du domicile occupé de manière illégale, dont elles disposent.

C’est ainsi que 27 logements de la société SNIT Nord et situés dans la ville du Krib (gouvernorat de Siliana), sont squattés depuis de nombreuses années. La société se limite, depuis, à déclarer son incapacité à faire évacuer les squatters, malgré les demandes d’aide des forces de l’ordre faites au ministère de l’intérieur sous le gouvernement de la Troïka.

La SNIT, de son côté, se voit depuis de longues années squatter deux terrains, que les voleurs entourent de clôtures bâties à leur frais pour empêcher l’accès du propriétaire attitré. L’un de ces terrains de la SNIT, situé dans la localité de «Tenmich » dans la zone de Ben Arous (Banlieue Sud de Tunis), est illégalement occupé par des personnes qui y ont même construit des maisons de manière anarchique. Un autre, à Sidi Ali Hattab à la Mornaguia, s’étend sur une superficie de 24 hectares, dont 5 sur sont déjà bâtis en construction anarchique. Selon des sources officielles, des juges et des universitaires seraient parmi les squatters. Ils devraient être, selon les mêmes sources, les premiers sur lesquels la SNIT devrait bientôt appliquer les jugements d’expulsion. Même l’ARRU n’y échappe pas. Sept de ses logements, situé au Kram-ouest, sont depuis quatre ans occupés par des squatters. Comme la SNIT, elle a pris des dispositions judiciaires pour reprendre ses biens et ceux de l’Etat. L’Etat lui-même refuse d’exécuter les décisions de justice. La société déclare en effet toujours son incapacité à faire évacuer les squatters, malgré les demandes d’aide des forces de l’ordre faites au ministère de l’intérieur dans les gouvernements de la Troïka et de Mehdi Jomaa

La Sprols reste cependant le principal promoteur immobilier qui pâtit le plus, car il est du secteur public, du squat et de l’occupation illégale d’un grand nombre de ses biens immeubles. C’est ainsi que 89 logements et 2 locaux commerciaux à Douar Hicher à la Manouba, appartenant à ce promoteur, restent jusqu’à présent squattés.

Le cas le plus endémique est celui des 49 logements, en plus d’un local de syndic de l’immeuble et d’une loge gardien, qui sont situés dans la région de «La Frina» à Monastir. Un ensemble résidentiel qui était, jusqu’à un mois avant la révolution, occupé par l’Onou (Office national des œuvres universitaires) qui le louait pour les besoins d’une cité universitaire. Profitant de la gabegie de la révolution, des squatters défoncent les portes et s’y installent. Certains y ont passé un temps et les louent actuellement à leur propre compte. Certains appartements se seraient même transformés en lieux de consommation libre de stupéfiants et d’hallucinogènes, alors que d’autres squatters demandent un pas-de-porte de 2.000 DT pour quitter au profit d’un nouveau squatter.

La Sprols semble avoir enfin décidé de sévir et de faire appliquer la loi. La deuxième semaine de ce mois de juin 2015 devrait ainsi être la date fatidique pour un «Dégage » collectif et par lequel l’entreprise sous tutelle du ministère de l’Equipement reprendra son bien et fera prévaloir de nouveau la loi.

Ka Bou

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