Dans une interview accordée à Africanmanager, Rzig Oueslati, Directeur général de l’Office National du Thermalisme et de l’Hydrothérapie a fait remarquer qu’une baisse entre 30 et 40% a été enregistrée dans le secteur de thalassothérapie suite à l’attentat de Sousse.
Il a affirmé que la réaction du gouvernement a été rapide offrant un terrain favorable aux hôteliers qui devront assumer une part de leur responsabilité pour mieux relancer ce secteur. Interview :
Quelles sont les retombées de l’attentat de Sousse sur le secteur de thalassothérapie ?
Le secteur de la thalassothérapie comme d’autres secteurs est en proie à des difficultés. En effet, l’attentat du 26 juin dernier a touché de plein fouet le secteur de thalassothérapie.
D’ailleurs, une baisse entre 30 et 40% a été enregistrée par rapport à l’activité normale. Cette chute est logique étant donné que les centres de la thalasso se trouvent dans les hôtels fortement touchés par cet attentat.
Dans le même contexte, l’attentat de Sousse a entraîné l’annulation massive des réservations sur les hôtels. Car, la destination principale des curistes est constituée par les centres de thalassothérapie. Donc, l’un empêche l’autre. Une fois l’hôtellerie est touchée, l’impact est immédiat.
Avez-vous des chiffres sur le volume des annulations ?
Pour l’instant, on n’a pas des statistiques exactes. Il est très difficile de se prononcer à un moment bien déterminé puisque la situation est fluctuante et change d’un moment à un autre d’autant plus il s’agit d’un secteur sensible.
Cependant, on peut assurer que le bilan relatif à cette activité était clair et régulier avant l’exécution de Sousse qui a coûté la vie à 38 touristes sachant que la thalassothérapie n’est pas trop sollicitée au cours de cette période de l’année, qui coïncide avec la basse saison.
Vos estimations par rapport à la prochaine période ?
Nous sommes en train de sonder les pistes de redressement de ce secteur stratégique pour qu’il ne puisse pas perdre sa clientèle potentielle, à savoir les étrangers en premier lieu.
Cette action est menée en coordination avec les professionnels du secteur afin de trouver d’autres alternatives pour y faire face.
On peut assurer qu’un effort louable est déployé actuellement sur le plan commercial pour atteindre cet objectif.
L’attentat de Sousse nous a obligés à dépenser plus dans le marketing pour gagner ce challenge. D’ailleurs, des visites aux salons internationaux sont prévues pour regagner la confiance de nos partenaires étrangers.
Avez-vous changé de plans alors ?
Justement. C’est pour cette raison que nous nous employons à trouver de nouveaux marchés en mettant le cap sur les clients algériens et ceux venant des pays de Golfe et en ciblant de nouvelles destinations.
Notre but est de diversifier notre produit, mais aussi de regagner la confiance d’autres marchés comme la Suisse.
Est-il possible de relever ce défi surtout dans cette période où la Tunisie a fait l’objet de deux attaques sanglantes ont coûté la vie de plus de 50 touristes ?
Bien sûr, c’est possible surtout que d’autres pays développés comme la France étaient l’objet d’une attaque terroriste et même de kidnapping.
C’est relatif d’autant plus la Tunisie a été touchée a été victime de son image de marque car si ces événements s’étaient produits dans un autre pays comme le Nicaragua, par exemple, les choses se seraient passées autrement. Donc, un tel incident revêt une énorme importance dans un pays comme la Tunisie.
Il n’en demeure pas moins qu’il ne faut jamais baisser les bras. Au contraire, il faut résister surtout qu’on est capable de convaincre nos partenaires. C’est une mission possible surtout que la Tunisie conserve ses alliés.
En outre, je pense que les médias ont un grand rôle à jouer dans pareille situation. Ils devront, à mon avis, commercialiser ce qui est positif et non s’attarder sur ce qui est négatif.
Avez-vous des réserves vis-à-vis de la batterie de mesures annoncée par le gouvernement en réponse à cet attentat ?
Je pense que le gouvernement a bien réagi et les récentes mesures sont claires et suffisantes. Le gouvernement a essayé de trouver des solutions conjoncturelles à une crise conjoncturelle. D’ailleurs, l’encouragement et le soutien aussi bien moral et financier aux professionnels et aux hôteliers viennent confirmer mes propos.
Toutefois, la question qui se pose actuellement est de savoir si les centres de thalassothérapie vont bénéficier des mêmes égards que les hôteliers ?
C’est une question importante puisqu’on a des personnels qui gèrent les centres en question et non pas des hôteliers. Ces derniers n’ont pas le droit à ce genre de compensation.
Le gouvernement a fait de son mieux en aménageant le terrain favorable aux hôteliers qui devront à mon avis assumer une part de leur responsabilité.
Donc, C’était une réaction rapide et à partir d’aujourd’hui, on peut parler de bonne gouvernance dans les hôtels.
Est-il possible de garder le classement de la Tunisie en tant que 2ème destination dans le monde en termes de tourisme de thalassothérapie ?
Il est important de préciser que ce classement est basé sur des critères scientifiques et non sur des critères conjoncturels. Si notre pays est classé deuxième, c’est parce que nous sommes les meilleurs en termes de normes, d’architecture et de qualité de service.
Donc, les touristes fréquentent la Tunisie pour profiter de son produit, mais aussi pour le know- how de ses personnels.








